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L'écriture cunéiforme : L'innovation née d'un besoin pressant

L’écriture est une forme de communication humaine qui implique l’usage de la langue, et l’écriture cunéiforme est reconnue comme la plus ancienne forme d’écriture de l’humanité.

Vous découvrirez ici comment les premiers peuples communiquaient par l’écriture grâce à un système appelé cunéiforme.

Leur écriture avait-elle la même profondeur que nos poèmes actuels ? Vous comprendrez comment les anciens transmettaient leurs idées et organisaient leur vie face au développement de leur civilisation.

Avec l’essor de l’agriculture et du commerce, la communication revêtait une importance capitale pour les Sumériens.

De même, les progrès dans les domaines du commerce, de la religion, de la politique et des systèmes militaires comptaient parmi les nombreux facteurs essentiels en Mésopotamie qui créèrent le besoin de l’écriture. L’émergence de sociétés complexes, de structures politiques et de l’agriculture convergea pour rendre indispensable la tenue de registres écrits.

Tablette murale portant une écriture cunéiforme

Si l’écriture témoigne de la profondeur du savoir et de la sagesse, elle révèle également des pensées inoubliables enfouies dans l’esprit de celui qui écrit. C’est un moyen de transposer une langue sous forme écrite. D’aucuns affirment que l’on écrit aussi pour que d’autres puissent juger notre intellect.

Qu’est-ce que l’écriture cunéiforme ?

Le cunéiforme est un système logo-syllabique méthodique utilisé pour écrire plusieurs langues du Proche-Orient ancien. Le terme désigne les impressions en forme de coin caractéristiques qui forment ses signes.

Le mot « cunéiforme » vient du latin et du moyen français, et l’on peut apprécier qu’il constitua le système d’écriture le plus répandu et le plus significatif sur le plan historique dans le Moyen-Orient antique.

Originellement inventé par les anciens Sumériens de Mésopotamie vers 3500-3000 av. J.-C., le cunéiforme, forme archaïque d’écriture, est considéré comme l’une des contributions les plus majeures des Sumériens à notre civilisation. On peut y voir l’engagement des Sumériens envers le monde qui les entourait et leur effort sincère pour faciliter la circulation de la communication à leur époque.

Où l’écriture cunéiforme était-elle utilisée ?

Le cunéiforme représentait des noms propres selon un principe similaire à celui du rébus. Le rébus consiste à utiliser des formes pictographiques pour évoquer dans l’esprit du lecteur une forme sonore et un sens sous-jacents plutôt que la notion littérale de l’objet dessiné. Il faut comprendre que le rébus transcrivait des sens et non le symbole littéral des mots, ce qui mena à une transition de l’écriture purement logographique vers un script partiellement phonétique.

Le cunéiforme fut initialement créé pour transcrire la langue sumérienne du sud de la Mésopotamie, l’actuel Iraq. Au même titre que les représentations symboliques égyptiennes, il constitue l’une des formes les plus anciennes d’écriture. Au fil de son histoire, le cunéiforme fut adapté pour écrire diverses langues linguistiquement sans rapport avec le sumérien.

Cependant, la finalité première du développement du cunéiforme était de faciliter un commerce et des échanges plus efficaces. C’est pourquoi l’écriture s’avérait indispensable pour les tenir à jour dans leurs registres.

Quelle est l’ancienneté de l’écriture cunéiforme ?

L’origine du cunéiforme remonte potentiellement à 4000 ans av. J.-C. À cette époque, les Sumériens dominaient le sud de la Mésopotamie ainsi que la région à l’ouest de l’Euphrate connue sous le nom de Chaldée. On comprendra aisément qu’il s’agit là d’une langue classique.

S’il ne s’ensuit pas qu’ils étaient les premiers habitants de la région ni les véritables utilisateurs de la langue, c’est auprès d’eux que furent découvertes les premières preuves attestées de l’écriture cunéiforme.

Les premiers témoignages de la langue sumérienne consistent en des tablettes pictographiques provenant d’Uruk (Erech), manifestement des registres d’articles identifiés d’après les dessins des objets, combinant des chiffres et des noms individuels sur ce qu’ils appelaient une tablette cunéiforme.

Origine et caractère de l’écriture cunéiforme

Le cunéiforme s’écrivait à l’aide d’un stylet en roseau taillé de manière à produire une empreinte en forme de coin sur les tablettes. Il utilisait entre 600 et 1 000 caractères — que l’on appelle l’alphabet cunéiforme — pour exprimer des mots ou des parties de mots, voire des syllabes.

La première phase de l’écriture cunéiforme employait des images pour exprimer un sens, lesquelles furent ensuite utilisées pour noter des sons. Il ne faut pas croire que les Mésopotamiens l’ont adopté immédiatement, car le système paraissait complexe. En réalité, il était difficile à maîtriser, d’où l’existence de scribes chargés d’enregistrer les transactions commerciales. Il est possible qu’il ait même précédé l’écriture hiéroglyphique égyptienne. On imagine les efforts déployés pour que tout fonctionne.

Fait remarquable, l’écriture cunéiforme continua d’être utilisée dans les activités commerciales, l’éducation et la correspondance jusqu’au premier siècle de notre ère, devenant ainsi une composante essentielle du système d’écriture mésopotamien.

Dès ses origines, les signes cunéiformes furent rassemblés et évoluèrent pour représenter des sons, si bien qu’ils visaient à transcrire la langue parlée. Une fois cet objectif atteint, les idées et les informations purent être développées et communiquées par écrit.

L’écriture cunéiforme servait à consigner toutes sortes d’informations, parmi lesquelles les rituels du temple, le commerce et les échanges. Le cunéiforme fut également conçu pour mettre par écrit des récits, des mythes et des archives.

L’exemple le plus récent connu de cunéiforme est un traité astronomique datant de 75 apr. J.-C. Au cours de ses 3 000 ans d’histoire, le cunéiforme fut employé pour écrire une quinzaine de langues différentes, dont le sumérien, l’akkadien, le babylonien, l’assyrien, l’élamite, le hittite, l’urartéen et le vieux perse. On mesure, à la lumière de ce constat, l’importance que prit finalement le système d’écriture cunéiforme dans la société antique.

La diffusion de l’écriture cunéiforme

La forme la plus ancienne du cunéiforme en Mésopotamie fut appelée le vieux-akkadien, mis au jour dans les inscriptions du souverain Sargon d’Akkad (décédé vers 2279 av. J.-C.).

Sumer, la partie la plus méridionale du pays, continua de contrôler ses cités-États autonomes jusqu’à ce qu’elle fût unifiée par Gudea de Lagash (décédé vers 2124 av. J.-C.). Le cunéiforme était alors en usage dans cette impressionnante culture sumérienne. C’était une époque faste pour le commerce, et les peuples cherchaient des moyens d’améliorer leurs registres, leurs communications et leurs échanges.

Écriture cunéiforme antique

Le système politique passa ensuite de manière décisive entre les mains des Akkadiens. On se souviendra certainement de l’héritage du roi Hammurabi de Babylone (décédé en 1750 av. J.-C.), qui unifia tout le sud de la Mésopotamie. Babylone devint par la suite le centre névralgique exceptionnel et influent de la culture mésopotamienne, car c’est là que les inventions et les développements culturels apparaissaient en premier.

Le célèbre Code de Hammurabi fut rédigé en cunéiforme vieux-babylonien, qui servit de fondement à l’ancienne norme d’obligation morale du peuple. Vous avez peut-être rencontré le Code de Hammurabi à l’école. Il contenait une philosophie remarquable et des leçons morales pour l’ensemble de l’humanité. Le cunéiforme fut employé dans les registres des colons assyriens d’Asie Mineure centrale et dans le Code de loi du moyen-assyrien ainsi que dans d’autres archives.

Le développement de l’écriture cunéiforme en dehors de la Mésopotamie commença au troisième millénaire. On sait que les cultures et les traditions s’influencent mutuellement lorsque les peuples se rencontrent. L’Élam, au sud-ouest de l’Iran, entra en contact avec la culture mésopotamienne et adopta ce système d’écriture, considérant qu’il s’agissait d’une réalisation majeure de l’homme que de pouvoir consigner son commerce et ses succès.

L’influence élamite du cunéiforme se prolongea bien avant dans le premier millénaire av. J.-C., époque à laquelle il fut vraisemblablement enseigné aux Perses indo-européens au moyen d’exemples d’un nouveau cunéiforme quasi-alphabétique simplifié pour la langue vieux-perse.

Dans le nord de la Mésopotamie, les Hourrites apportèrent également une contribution notable en adoptant le cunéiforme vieux-akkadien vers 2000 av. J.-C. et en le transmettant aux Hittites indo-européens qui avaient envahi l’Asie Mineure centrale à cette époque.

Au deuxième millénaire, l’akkadien de Babylone devint rapidement une lingua franca chez les marchands du monde entier au Moyen-Orient, utilisant l’écriture cunéiforme pour des transactions plus efficaces.

Cette série d’événements fit du cunéiforme un medium universel de communication écrite. L’homme avait prouvé son ingéniosité et sa sagesse une fois pour toutes.

On imagine également l’efficacité du cunéiforme, qui sut se maintenir en dépit des innovations de l’époque. De nouveaux systèmes d’écriture apparurent, mais le cunéiforme fut largement adopté par les différentes tribus.

Même après la chute des royaumes assyrien et babylonien aux VIIe et VIe siècles av. J.-C., alors que l’araméen était devenu une langue courante, le cunéiforme demeura utile.

Les pictogrammes

Vous savez déjà que nos ancêtres utilisaient à l’origine des pictogrammes dessinés ou gravés sur des tablettes d’argile à l’aide d’un stylet en roseau affûté ou incisés dans la pierre. Ils employaient des pictogrammes pour désigner les noms de villes, de divinités, d’arbres, et ainsi de suite.

Par la suite, de nombreux pictogrammes furent associés à différentes acceptions. Les signes et symboles acquirent de nouveaux sens à mesure que les peuples prenaient conscience de leur utilité.

L’écriture cunéiforme archaïque

Le milieu du troisième millénaire fut marqué par de nouvelles avancées dans l’écriture. C’est à cette époque que le sens de l’écriture passa d’une disposition en colonnes verticales à des signes tracés de gauche à droite en rangées horizontales.

On découvrit également l’usage d’un nouveau stylet en biseau, que l’on enfonçait dans l’argile pour produire un symbole en forme de coin. On devine l’enthousiasme que suscita cette nouvelle invention.

L’écriture cunéiforme akkadienne

Les Akkadiens adoptèrent l’usage du cunéiforme archaïque avec de nombreuses modifications par rapport aux autres systèmes d’écriture vers 2500 av. J.-C. Ces changements évoluèrent vers le cunéiforme vieux-assyrien. En raison du grand nombre d’utilisateurs, les significations sémitiques des signes furent altérées et reçurent de nouvelles valeurs phonétiques.

L’écriture cunéiforme assyrienne

Cette méthode « mixte » de l’écriture cunéiforme assyrienne se perpétua jusqu’à la fin des empires babylonien et assyrien. Il ne faut pas perdre de vue qu’il existait à l’époque une tendance au « purisme ». La méthode babylonienne de syllabation était une combinaison d’écriture phonétique et idéographique.

Le cunéiforme hittite est une adaptation de la méthode d’écriture vieux-assyrienne. Lorsque le script cunéiforme fut converti pour écrire le hittite, certains éléments de l’orthographe akkadienne furent ajoutés au script, produisant des mots dont nous ne savons plus comment prononcer la prononciation.

La disparition du cunéiforme

La compréhension du cunéiforme était à la portée des Mésopotamiens et des tribus voisines, telles que les Hittites et les Hourrites, mais il disparut de manière significative en même temps que leurs archives écrites.

On peut se demander comment cela s’est produit. Les savants estiment que le cunéiforme a disparu en raison de la popularité rapide du script phénicien dans la région occidentale du Moyen-Orient.

On conviendra également qu’un système ancien peut disparaître lorsque les peuples lui préfèrent un système d’écriture supérieur, comme le système phénicien. Il a été avancé que le cunéiforme ne pouvait offrir de véritable concurrence car le nouveau système était plus complet, plus flexible et mieux organisé. Son influence, prédominante au deuxième millénaire, avait décliné vers 500 av. J.-C.

L’influence du cunéiforme

Le cunéiforme a influencé les modalités commerciales de ce millénaire. On peut ajouter qu’il fut inventé pour améliorer le commerce et les échanges entre les Mésopotamiens et les tribus voisines. Il influença profondément l’écriture hiéroglyphique des Hittites, des Mycéniens et d’autres peuples.

Les archives montrent que le système sumérien semble être la forme la plus ancienne. De ces formes d’écriture découlèrent un commerce plus rapide, un système de communication amélioré, des connaissances développées en écriture, mathématiques et histoire, et surtout, la facilitation du commerce.

Grâce au cunéiforme, les peuples apprirent à consigner leurs récoltes, ce qui ouvrit la voie à une meilleure communication. Il est peut-être surprenant de constater qu’à travers ce système d’écriture, la fraude fut évitée car les transactions étaient consignées de manière tangible.

L’écriture cunéiforme facilita également la communication entre employeurs et serviteurs. Cela renforça leurs relations car ils faisaient confiance à leurs registres et correspondances écrits. On peut affirmer que la culture, le commerce et les relations devinrent plus efficaces grâce à l’existence de ces archives écrites.

Avec le cunéiforme, les scribes pouvaient mieux transmettre les récits, relater des histoires colorées et comprendre le règne des rois. Par ailleurs, le cunéiforme fut utilisé pour consigner officiellement le système judiciaire, tout particulièrement le Code de Hammurabi.

Le déchiffrement du cunéiforme

Le cunéiforme constitua une innovation car il ouvrit la voie à de meilleurs échanges commerciaux entre les Mésopotamiens et les nations voisines. Nombre des civilisations utilisant le cunéiforme, telles que les Hourrites, les Hittites et les Urartéens, disparurent progressivement. On peut en déduire que cette forme d’écriture s’éteignit avec elles.

Les experts avancèrent que cette disparition était due à l’émergence d’une langue plus forte et plus efficace. Ils suspectaient qu’elle résultait de l’essor de la forme phénicienne. Les peuples furent intrigués par cette nouvelle méthode d’écriture, que d’aucuns considéraient comme plus systématique que le cunéiforme.

De plus, le cunéiforme était déjà utilisé au Moyen-Orient. Pourtant, les illustres savants de Grèce ignoraient encore son existence, a fortiori lorsqu’il disparut définitivement, à l’exception de la brève mention qu’en fait Hérodote.

Lorsque les tablettes cunéiformes classiques du système d’écriture mésopotamien furent découvertes et déchiffrées à la fin du XIXe siècle, elles allaient pratiquement transformer et influencer la compréhension humaine de l’histoire. Avant la découverte des écrits cunéiformes, la Bible était reconnue comme le plus ancien et le plus fiable des livres au monde.

Cette traduction permit l’interprétation d’autres tablettes cunéiformes, ce qui conduisit les experts à reconsidérer la compréhension traditionnelle de la version biblique de l’histoire et à résoudre d’entreprendre des explorations historiques plus rigoureuses et détaillées.

Conclusion

Le cunéiforme est considéré comme un système d’écriture antique utilisé pour la première fois par l’humanité vers 3400 av. J.-C. Reconnaissable à ses marques en forme de coin sur les tablettes d’argile, l’écriture cunéiforme est reconnue comme la plus ancienne forme d’écriture au monde, estimée être apparue même avant les hiéroglyphes égyptiens.

Écriture cunéiforme

Le cunéiforme fut initialement créé pour transcrire la langue sumérienne du sud de la Mésopotamie, l’actuel Iraq. Au même titre que les représentations symboliques égyptiennes, il constitue l’une des plus anciennes formes d’écriture au monde. Les deux principales langues écrites en cunéiforme sont le sumérien et l’akkadien, de l’Irak antique.

À l’origine, l’alphabet cunéiforme comptait plus de 1 000 caractères, bien qu’il fût réduit dans ses formes ultérieures à environ 400. Ces caractères de l’alphabet cunéiforme se composaient de diverses lignes et de triangles en forme de coin qui reflètent la signification du mot cunéiforme en latin. Cuneus signifie « coin », ou simplement « en forme de coin », soit la forme produite chaque fois qu’un scribe enfonçait son stylet dans l’argile. Le stylet était fabriqué à partir d’un roseau spécialement taillé pour l’écriture.

Les tablettes étaient largement disponibles sur les rives des fleuves des cités mésopotamiennes, ou dans ce qui constitue aujourd’hui l’Irak et la Syrie. Les historiens ont expliqué que ces tablettes étaient de petite taille et n’étaient utilisées que pendant quelques heures ou quelques jours pour enregistrer les récoltes au marché. On se souviendra que ces tablettes n’ont survécu que par accident.

Les Sumériens utilisaient des symboles allant du plus simple au plus complexe. Ces caractères étaient combinés pour former des mots composés et des expressions apparentées. Ils débutèrent sous forme de représentations pictographiques et évoluèrent vers un agencement complexe de coins et de lignes.

Historiquement, le cunéiforme est né de la nécessité de mesures comptables sur le marché mésopotamien antique. Les peuples trouvèrent leur propre manière de compter leur bétail et leurs récoltes. Il ne faut pas oublier qu’avant la création de l’écriture cunéiforme, les marchands utilisaient alors des jetons d’argile enfoncés dans des tablettes pour les aider à mémoriser leurs échanges. Lorsque les Mésopotamiens abandonnèrent les jetons, ils se mirent à dessiner des symboles dans l’argile à l’aide de roseaux.

Toutes les raisons nous conduisent à croire que les écritures antiques sont nées de la perplexité des peuples et de leur ingéniosité à résoudre de tels dilemmes. Le système d’écriture cunéiforme nous enseigne que l’innovation naît d’un besoin pressant. En d’autres termes, les découvertes et les inventions ont pu surgir de notre curiosité à créer quelque chose de nouveau. Ainsi, on peut toujours compter sur la créativité innée de l’être humain.

Créé : 11 janvier 2022

Modifié : 26 février 2024