1. Accueil
  2. Récits
  3. Pourquoi les scribes étaient-ils importants : La raison de l'essor de la civilisation

Pourquoi les scribes étaient-ils importants : La raison de l'essor de la civilisation

En vérité, pourquoi les scribes étaient-ils si importants ? Les scribes étaient les personnes chargées de consigner les informations, en tenant notamment le registre des transactions commerciales, des pactes et des droits de propriété de manière claire (du moins pour l’époque). Comme la taille des villes ne cessait de croître, il devenait impossible de tout mémoriser ; les scribes furent donc les premiers à utiliser des symboles picturaux gravés sur des tablettes d’argile comme méthode concrète de tenue de registres. Si vous souhaitez comprendre pourquoi les scribes étaient si importants, poursuivez votre lecture pour découvrir comment ils étaient formés et comment ils œuvraient dans le monde antique.

Quand l’écriture est-elle apparue ?

L’écriture est apparue à la fin du quatrième millénaire, et la toute première langue écrite en Mésopotamie fut le sumérien.

Quel était le rôle des scribes et pourquoi étaient-ils importants ?

Comme vous l’aurez probablement deviné, les scribes sumériens étaient des personnes dans l’Antiquité qui savaient lire et écrire. Leur rôle était d’une importance capitale, car ils tenaient la documentation pour le gouvernement, participaient au recensement et enregistraient les affaires judiciaires. Ils assuraient également le suivi des réserves alimentaires et conservaient toute la documentation nécessaire pour le roi.

Comment devenait-on scribe ?

Pour devenir scribe, il fallait fréquenter une école et suivre une formation spécialisée. À l’époque, le matériel pédagogique était très limité. C’est pourquoi les élèves devaient travailler avec acharnement, les écritures étant complexes et nécessitant une pratique constante. Les textes étaient consignés sur des feuilles de papyrus, des éclats de calcaire ou des tessons de poterie.

Généralement, les descendants de scribes reprenaient le métier de leurs pères. Il était rare qu’une personne exerçant une autre profession envisageât de faire de ses enfants des scribes.

Grenier avec scribes
Ce fichier a été donné à Wikimedia Commons dans le cadre d'un projet du Metropolitan Museum of Art, CC0, via Wikimedia Commons

Pourquoi les scribes étaient-ils importants : les scribes mésopotamiens

La population de Mésopotamie était largement analphabète. Lorsque le premier système d’écriture pratique fut mis au point, il conféra à la société un degré de permanence et de continuité sans précédent.

De plus, les scribes mésopotamiens étaient formés à l’écriture cunéiforme et étaient également préparés à consigner les différentes langues parlées dans la région. Sans les archives de ces scribes, la majeure partie des connaissances sur la civilisation mésopotamienne aurait été perdue. Les scribes utilisaient principalement des tablettes d’argile et le cunéiforme pour préserver leurs écrits.

Les tablettes d’argile

Lorsque les scribes de Mésopotamie souhaitaient écrire sur des tablettes d’argile, ils prélevaient de l’argile fraîche, y inscrivaient leur texte, puis laissaient l’argile durcir. Ils obtenaient ainsi un document écrit permanent, conçu pour durer.

Le cunéiforme

Le terme « cunéiforme » signifie « en forme de coin ». Le scribe utilisait un stylet taillé dans un roseau pour tracer des marques en forme de coin sur la tablette d’argile. La plupart de ces signes étaient picturaux et représentaient des images, comme celle d’une main.

Par la suite, ces signes cunéiformes furent combinés et évoluèrent vers des valeurs phonétiques. On disposa ainsi d’un moyen de transcrire la langue parlée par écrit. Comme vous le savez peut-être déjà, il s’agit là de l’une des plus anciennes formes d’écriture.

Le déchiffrement des tablettes

Les archéologues et les historiens se sont toujours intéressés au déchiffrement des tablettes. Celles-ci avaient été rédigées par les scribes de la Mésopotamie antique. Le déchiffrement de ces textes n’était pas une mince affaire, car on dénombrait environ 700 symboles différents.

Ces symboles variaient également d’une ville à l’autre. Les érudits sont parvenus à déchiffrer un grand nombre de ces tablettes. On se demande souvent : que contenaient exactement ces tablettes ?

Le cunéiforme servait à consigner diverses informations utiles aux temples et au gouvernement. Les données relatives au commerce et aux échanges étaient également enregistrées. Des récits et des mythes furent préservés, tout comme les lettres personnelles. Des œuvres telles que l’Épopée de Gilgamesh furent retrouvées sur ces tablettes, ce qui constitue, en quelque sorte, l’origine des récits de super-héros.

De même, d’intéressants récits historiques sur le roi assyrien Assurbanipal ont été déchiffrés. L’une des tablettes présentait également une carte unique du monde mésopotamien. Les archéologues ont découvert que Babylone en était la ville centrale, tandis que l’Assyrie, l’Élam et de nombreux autres lieux y figuraient également.

Pourquoi les scribes étaient-ils importants : les scribes de l’Égypte ancienne

Dans le monde de l’Égypte ancienne, l’alphabétisation était l’échelle que l’on gravissait pour réussir dans la vie.

L’exemple d’Horemheb l’illustre parfaitement. Horemheb fut élevé à un rang militaire distingué grâce à sa formation de scribe. Sous le règne de Toutankhamon, il était le commandant en chef des forces égyptiennes. Il fut un conseiller éminent du pharaon et était désigné pour lui succéder sur le trône si le roi mourait sans descendance.

Les hiéroglyphes

Les hiéroglyphes, ou « la parole divine », constituaient le système d’écriture que les scribes de l’Égypte ancienne apprenaient. Comparé au système d’écriture mésopotamien, ce système comptait plus de mille caractères distincts.

Ce système offrait deux modes d’écriture. Le premier reposait sur les idéogrammes, qui représentaient un mot entier ou une idée en un seul signe. Le second faisait appel aux phonogrammes, qui transcrivaient un son alphabétique.

Par ailleurs, le second mode était largement utilisé dans les inscriptions sur les murs des temples et les papyrus funéraires. Ces deux formes d’écriture existèrent pendant au moins 2 500 ans et étaient couramment employées par les scribes de l’Égypte ancienne.

Un dernier fait remarquable : les scribes de l’Égypte ancienne écrivaient sur des éclats de calcaire appelés « ostraca ».

Quelle était l’importance de l’écriture dans ces civilisations antiques ?

Les Égyptiens vénéraient la parole écrite. Ils croyaient fermement que les choses pouvaient se réaliser dès lors qu’elles étaient consignées par écrit.

De plus, comme tout le monde ne savait ni lire ni écrire, les gens engageaient des scribes pour rédiger des contrats, des lettres et des inventaires. Les scribes étaient responsables de la validité permanente et contraignante de ces documents. L’employeur faisait confiance au scribe pour transcrire fidèlement ce qui avait été dit. Il est donc naturel que les pères éprouvassent une immense fierté lorsque leurs fils devenaient scribes et consignaient des informations importantes.

La boîte à outils du scribe

Un scribe devait toujours être studieux et posséder une habileté exceptionnelle dans l’art de l’écriture. Sa palette était une étroite planchette rectangulaire dotée d’un emplacement pour l’encre et d’une fente pour les calames. L’encre était fabriquée à partir de pigments finement broyés.

Si l’on souhaitait utiliser un pinceau, on mâchonnait l’extrémité du calame pour le transformer en pinceau. Celui-ci était ensuite trempé dans un bol d’eau, qui pouvait être une écaille de tortue. Le pinceau était alors frotté sur un bloc d’encre sèche pour se charger de couleur. Lorsque le pinceau s’effilochait, le scribe coupait cette extrémité et la mâchonnait à nouveau pour créer de nouvelles « soies ».

Sur quels supports les scribes écrivaient-ils et comment effaçaient-ils leurs erreurs ?

Les scribes écrivaient sur des éclats de calcaire, des planches blanchies à la chaux, des rouleaux de cuir et du papyrus. En cas d’erreur, celle-ci pouvait être effacée avec un chiffon humide ou raclée au moyen d’une pierre sableuse. Le sac du scribe contenait toujours des outils d’écriture tels qu’un bol d’eau, des blocs d’encre et des instruments pour effacer, de sorte qu’il était toujours paré à corriger ses inévitables erreurs. Son sac renfermait même un couteau pour couper et affûter les extrémités des calames.

Les écoles de scribes

Toutes les grandes villes, les départements gouvernementaux et les temples soutenaient des établissements où les enfants pouvaient être formés pour devenir scribes, que l’on appelait des « étables ». Il est fascinant d’apprendre que les enfants commençaient leur formation dès l’âge de six ou sept ans. Les domestiques de la maison fournissaient nourriture et boisson pendant de nombreuses années, jusqu’à ce que le scribe puisse subvenir à ses propres besoins. Les élèves pauvres qui souhaitaient devenir scribes devaient compter sur leurs proches fortunés pour couvrir leurs dépenses.

La formation scribale

Le scribe devait apprendre les principes fondamentaux de l’écriture hiératique. Il lui fallait généralement un grand nombre d’années pour maîtriser les techniques élémentaires de ce script. Les élèves devaient copier des textes à partir de documents, de lettres et de rapports pour s’approprier les conventions de rédaction. Il est à noter que les enseignants corrigeaient parfois les erreurs à l’encre rouge.

Un élève de niveau de base devait connaître au moins 450 signes s’il voulait consigner des informations importantes. Outre l’apprentissage de l’écriture, le scribe était également formé à la tenue de registres et au classement de dossiers. Il apprenait aussi à établir et à mettre à jour des listes.

Les scribes qui aspiraient à des fonctions plus avancées, comme celles de haut fonctionnaire, de prêtre ou de juriste, devaient se former pendant encore de nombreuses années. Ils devaient enrichir leur vocabulaire en mémorisant près d’un millier de signes. Ces scribes chevronnés possédaient une écriture remarquablement élégante et se voyaient confier des tâches importantes, telles que la réalisation d’illustrations raffinées de textes funéraires, appelés Livres des Morts.

D’autres scribes se tournaient vers différents types de travaux professionnels et techniques, devenant par exemple artistes ou architectes. De même, les médecins consignaient leur propre savoir médical, incluant symptômes, traitements et conseils thérapeutiques. Toutes ces informations furent mises au jour dans des textes découverts dans la Maison de la Vie, située dans la bibliothèque du temple.

Même les juristes devaient maîtriser parfaitement le corpus du droit civil et religieux. Leurs archives étaient également tenues avec une grande méthodique.

En résumé

Les sociétés antiques dans leur ensemble dépendaient fortement des scribes qualifiés de toutes spécialités. Voici un résumé de ce que faisaient ces scribes et de la manière dont ils étaient formés :

●      La toute première langue écrite en Mésopotamie fut le sumérien

●      Des personnes étaient formées à la lecture et à l’écriture : on les appelait des scribes

●      Le parcours pour devenir scribe était long et exigeant

●      Les élèves devaient passer sept à huit années en formation, à copier des textes de documents pour acquérir les compétences requises

●      Les scribes consignaient leurs écrits sur des tablettes d’argile en cunéiforme

●      Le cunéiforme consistait à associer un son à un mot ou à une lettre, ce qui permettait d’écrire ce que l’on entendait

●      Certains scribes ayant reçu une formation plus avancée sont devenus architectes, artistes, médecins et même juristes Les informations consignées par les scribes nous offrent un éclairage précieux sur le mode de vie des Anciens et sur le fonctionnement de leurs sociétés. Si vous avez trouvé cet article utile, n’hésitez pas à revenir pour en apprendre davantage à tout moment !

Créé : 15 février 2024

Modifié : 24 octobre 2024