Maison de Skiold - La dynastie légendaire des Scylding (Skjold/Scyld)

Norse

La Maison de Skiold (Skjold) est une dynastie légendaire du Danemark. Skiold en fut le fondateur et l’éponyme des Skioldungar (Skjoldungar), ses descendants. Plusieurs traditions concernent les membres de la lignée des Skioldungar, qui diffèrent tant par leur généalogie que par les détails des récits.

La tradition danoise se trouve principalement chez Saxo Grammaticus, dans sa Gesta Danorum. Cependant, la légende n’était pas confinée au Danemark, puisque deux traditions différentes existaient, l’une en Islande et l’autre dans l’Angleterre anglo-saxonne.

Des références islandaises éparses se trouvent dans l’Edda poétique et dans l’Edda en prose de Snorri Sturluson. Aucune de ces sources ne raconte l’histoire complète de Skiold ou de l’un quelconque de ses descendants.

L’intégralité de la légende islandaise, de Halfdan à Hrolf, se trouve dans la page intitulée Hrolf Kraki, qui repose sur la Hrolfs saga Kraka du XIVe siècle. Dès lors, il n’est pas nécessaire de répéter le récit ici, si ce n’est pour donner un aperçu succinct de la généalogie de Skiold.

Dans la légende en vieil anglais, Skiold, issu de la tradition islandaise, était appelé Scyld, et sa dynastie portait le nom de Scyldingas.

Tradition danoise

La tradition danoise diffère considérablement de l’Edda islandaise (Edda poétique et Edda en prose) ainsi que de la Hrolfs saga, tant par la lignée que par certains détails concernant les Skioldungar. La principale source danoise provient de la Gesta Danorum, une histoire du Danemark rédigée par Saxo Grammaticus, qui vécut entre 1180 et 1220. Son ouvrage fut en réalité écrit en latin.

Selon Saxo, Skiold (latin : Skioldus) n’était pas le fils d’Odin. Son père était Lother, et son grand-père Dan, éponyme des Danois.

Dan était le fils de Humble et le frère d’Anglus. Il fut le père de Humble et de Lother. Dan était un roi guerrier, réputé grand chasseur.

Skiold fut un meilleur roi que son père, car Lother était un tyran. Skiold était également réputé comme guerrier et grand chasseur, à l’instar de son grand-père Dan.

La généalogie diffère à bien des égards. Le fils de Skiold était Gram, et non Fridleif comme dans l’Edda en prose de Snorri, et ses petits-fils étaient Hadding et Guthorm, et non Frodi comme dans l’Edda en prose. Ce Frodi (latin : Frode) était le fils de Hadding.

Lorsque Frodi hérita du trône, le royaume était appauvri par les guerres fréquentes de son père. Dans la littérature eddique, Frodi acquit ses richesses grâce à deux esclaves qui broyaient dans un moulin magique appelé Grotti, capable de produire tout ce que Frodi désirait. Il souhaita la richesse et la paix. Mais dans la Gesta Danorum, il n’y avait ni moulin ni esclaves géantes ; au lieu de cela, Frodi dut tuer un serpent géant qui gardait le trésor.

Dans la Gesta Danorum, Frodi était le père de Helgi (latin : Helge) et le (grand-)père de Hrolf (latin : Rolf). Helgi était également le père de Skulde (Skuld) et de Rute, qui épousa Bjarke.

Informations connexes

Sources

La Gesta Danorum fut rédigée en latin par Saxo Grammaticus.

Articles connexes

L’Edda et Snorri (Tradition islandaise)

Cet article s’appuie sur plusieurs sources islandaises relatives aux Skioldungar.

L’Edda poétique, et plus particulièrement le poème Grottasong, consigne quelques éléments sur la vie de Frodi, un descendant de Skiold. Bien que le Grottasong ne figure pas dans le Codex Regius, il s’agit d’un poème eddique, vraisemblablement composé avant 1200. On trouve également dans l’Edda poétique un poème intitulé Hyndluliod, ou Chant de Hyndla, qui mentionne Ali, bien que l’Edda en prose de Snorri Sturluson le nomme Halfdan l’Ancien. Nous reviendrons plus en détail sur Ali ou Halfdan l’Ancien à la fin de cet article.

L’autre ensemble de littérature eddique est l’Edda en prose, rédigée par Snorri Sturluson, qui tient lieu de manuel de littérature et de mythologie nordiques. Snorri écrivit également l’histoire des rois de Norvège, intitulée Heimskringla. Il fit brièvement allusion à la dynastie des Skioldungar dans la section de l’Heimskringla appelée Saga des Ynglingar. La Saga des Ynglingar étant l’œuvre de Snorri, elle constitue l’une des sources du présent article.

Dans l’Edda en prose, Snorri écrit que Skiold était le fils d’Odin, ou Woden. Odin venait à l’origine de Turquie, où se trouvait Troie. Doué du don de prophétie, il savait qu’il serait à jamais honoré dans les royaumes septentrionaux (Scandinavie et Germanie). Il se mit donc en route vers les terres du nord et s’établit en Saxe pendant un long moment. Odin partagea ensuite le territoire entre ses trois fils :

  • Veggdegg reçut la Saxe ;
  • Bledegg (Baldr) obtint la Westphalie ; et
  • Siggi reçut la France. Siggi fut l’ancêtre des Volsung, et des héros Sigmund, Sinfjotli, Helgi et Sigurd.

Voir la page de généalogie sur les Maisons des royaumes septentrionaux.

Odin se dirigea ensuite vers le nord, jusqu’au Reidgotaland, souvent désigné sous le nom de Gotland, mais que l’on appelle aujourd’hui le Jutland ou le Danemark. C’est là qu’Odin devint le père de Skiold.

Peu de détails sont fournis sur la vie de Skiold dans l’Edda de Snorri. On sait que Skiold fonda la dynastie royale en Zélande, l’île principale du Danemark. Skiold fut le père de Fridleif et le grand-père de Frodi.

Toutefois, Snorri donna davantage de détails dans la Saga des Ynglingar, qui figure dans le prologue de l’Heimskringla. Snorri raconte que Skiold épousa la déesse Gefjon, et qu’ils furent les fondateurs de la dynastie des Skioldungar. Gefjon avait divisé les terres du nord en coupant physiquement le sol avec sa charrue, tirée par quatre géants sous forme de bœufs.

L’Edda poétique ne fournit aucune référence à Skiold lui-même.

L’Edda en prose fait toutefois allusion à certains de ses descendants. Frodi, son petit-fils, régna après Fridleif ; son règne fut marqué par une période de paix et de prospérité dans le Nord, et l’on dit qu’il fut le contemporain d’Auguste César. Il existe un poème eddique intitulé Grottasong (« Chant du moulin à main de Grotti »), qui raconte la même histoire, mais de manière plus détaillée. C’est très probablement de ce poème que Snorri tira sa légende.

Frodi était fortuné car il avait acheté un moulin magique appelé « grotti ». Il l’avait acquis auprès de Fiölnir, roi de Suède. Le « grotti » pouvait moudre tout ce que son propriétaire souhaitait, et Frodi souhaitait l’or et la paix. Frodi possédait deux esclaves pour actionner le moulin, deux géantes nommées Fenia et Menia. Frodi ne leur laissait aucun repos et les faisait moudre sans relâche, produisant or et paix.

Frodi fut ensuite assassiné par Mysing, un Viking. Mysing s’empara du « grotti », le transporta sur son navire et prit à son service les esclaves géantes, Fenia et Menia. Mysing leur ordonna de ne moudre que du sel, ce qu’elles firent. Mysing n’accorda à Fenia et Menia pas plus de repos que leur ancien maître.

Fenia et Menia produisirent une telle quantité de sel que le navire coula sous le poids. Tous les passagers se noyèrent, Fenia et Menia comprises. C’est ainsi que les eaux douces des océans et des mers devinrent salées.

Le poème mentionne également que le fils d’Yrsa, c’est-à-dire Hrolf Kraki (bien que le nom de Hrolf ne soit pas explicitement prononcé), parent de Halfdan, vengerait Frodi, sans préciser « comment » Hrolf s’y prendrait.

Snorri fait allusion à Frodi et à ses esclaves, sans nommer Fenia et Menia, dans l’Heimskringla (Roi Harald Grafeld). Snorri mentionne le repas de Frodi, qui désigne l’or de Frodi, mais l’Heimskringla ne mentionne ni le moulin ni son nom, Grotti.


L’Edda en prose donne également davantage de détails sur Hrolf, un autre descendant de Skiold.

Aucune des deux Eddas ne mentionne Helgi ni la manière dont il épousa involontairement sa propre fille, Yrsa, ce que l’on retrouve en détail dans la saga islandaise — Hrolfs saga Kraka. Helgi engendra Hrolf de sa propre fille. Bien que Helgi ne soit pas mentionné, le nom d’Yrsa apparaît tant dans l’Edda en prose que dans l’Edda poétique (dans le Grottasong), en tant que mère de Hrolf Kraki.

L’Edda en prose relate quelques épisodes de la vie de Hrolf.

L’un de ces épisodes explique comment Hrolf acquit le surnom de « Kraki ». Cette version diffère de celle que l’on trouve dans la Hrolfs saga Kraka.

Hrolf était un jeune roi lorsqu’un garçon nommé Vogg, vivant dans la pauvreté, se présenta à la cour de Hrolf à Lejre (ou Leidre, capitale de Hrolf), et fut surpris par l’apparence du roi. Vogg avait ouï-dire que Hrolf était le plus grand homme du Nord, mais tout ce qu’il vit fut un adolescent maigre, semblable à une « petite perche » (kraki), assis sur le trône.

Le roi répondit qu’il devrait toujours être connu sous le nom de Hrolf Kraki. Hrolf déclara qu’il était de coutume d’échanger des cadeaux avec le roi, mais voyant que Vogg était pauvre et n’avait aucun présent à offrir, Hrolf donna au garçon un anneau d’or, tiré de son propre doigt.

En retour de cet anneau, Vogg promit de venger le roi, si jamais celui-ci était tué (ce qui constituait le cadeau de Vogg à Hrolf). Hrolf rit de ce qu’il ne fallait pas grand-chose pour satisfaire Vogg.

Dans la Hrolfs saga, Hrolf et Vogg n’étaient pas jeunes, et leur rencontre eut lieu à Uppsala, capitale d’Adils, et non à Lejre.

L’autre épisode concernant Hrolf que rapporte Snorri a trait à Adils, roi de Suède.

Adils épousa Yrsa, la mère de Hrolf, si bien qu’il était le beau-père de Hrolf. Adils appartenait à la célèbre dynastie mythique des Ynglingar. Adils résidait à Uppsala, sa capitale, à environ 70 km au nord de Stockholm. Adils passait pour un souverain très avare, cruel, manipulateur et, dans la Hrolfs saga, un lâche.

Adils était alors en guerre contre Ali, roi de Norvège. En tant que beau-père, il fit appel à Hrolf pour l’assister au combat, lui promettant de payer son armée ainsi que trois trésors parmi ceux de Suède. Hrolf ne se rendit pas au lac gelé de Vaeni, où la bataille devait se dérouler, car il menait lui-même une guerre contre les Saxons. Il envoya instead à Adils une partie de son armée, commandée par ses douze berserkir, les champions de Hrolf.

Snorri ne nomme que sept des douze berserkir : Bodvar Bjarki, Hialti (ou Hjalti), Hvitserk le Hardi, Vott, Veseti, et les deux frères — Svipdag et Beigud.

Grâce à l’aide des douze berserkir, Adils fut victorieux et le roi Ali tomba au combat. Adils s’empara du casque d’Ali, Hildisvin, et de son cheval, Hrafn. Les douze berserkir demandèrent trois livres d’or pour chaque guerrier, ainsi que les trésors — le casque Hildigolt, la cotte de mailles Finnsleif et l’anneau d’or Sviagris. Ce dernier était le bien le plus précieux d’Adils. Adils refusa de verser tant la solde que les trois trésors. La Saga des Ynglingar mentionne cette bataille contre Ali, mais non l’intervention des champions de Hrolf.

Les berserkir rentrèrent à Lejre, furieux du traitement que leur avait infligé le roi suédois. Hrolf prit alors des navires pour se rendre à Uppsala afin de confronter Adils pour sa promesse non tenue.

Yrsa accueillit son fils et offrit l’hospitalité à Hrolf et aux berserkir, sans le consentement de son époux. Tandis que Hrolf et ses berserkir buvaient l’ale et festoyaient dans la salle, les hommes d’Adils allumèrent un grand incendie. Hrolf et ses berserkir avaient la réputation de ne jamais fuir devant le fer ni le feu ; Adils espérait donc que son beau-fils et ses guerriers périraient dans les flammes. Au lieu d’éteindre l’incendie, Hrolf et les berserkir l’attisèrent en y jetant leurs propres boucliers. Puis Hrolf et ses guerriers précipitèrent les hommes d’Adils dans le feu, où ils furent brûlés vifs.

Yrsa, connaissant la perfidie et l’avarice de son époux, donna à son fils une grande corne remplie de pièces d’or, ainsi que l’anneau d’Adils, le Sviagris. Elle leur fournit également des chevaux, sur lesquels ils prirent la fuite.

Hrolf quitta donc Uppsala, poursuivi par l’armée d’Adils. Sur la plaine de Fyri, Hrolf dispersa les pièces d’or sur la route. Les soldats d’Adils s’arrêtèrent pour ramasser l’or, oubliant de poursuivre leurs ennemis. Snorri qualifia l’or que Hrolf dispersa sur les plaines de Fyri de « semence de Hrolf ».

Adils chevauchait en tête de son armée sur son cheval, Slungnir. Hrolf, voyant Adils revenir vers eux, prit l’anneau Sviagris et le jeta sur la route devant Adils. Adils s’arrêta immédiatement et se servit de sa lance pour ramasser l’anneau.

Dans la Hrolfs saga, le récit diffère légèrement. Hrolf se rendit à Uppsala pour récupérer son héritage, qu’Adils avait dérobé à Helgi. Et lorsqu’Adils se pencha pour ramasser le Sviagris, Hrolf utilisa son épée Skofnung pour trancher les fesses d’Adils.

Helgi est absent de l’Edda de Snorri, mais Snorri écrit brièvement à son sujet dans son autre œuvre, la Saga des Ynglingar.

Selon la Saga des Ynglingar, Adils était fils d’Ottar et succéda à son père sur le trône. Adils se trouvait dans l’un de ses raids vikings en Saxland (Saxe). Le roi Geirthjof et son épouse Alof régnaient conjointement sur le Saxland, mais le roi était absent au moment du raid. Adils pilla le Saxland et emmena l’une des filles à Uppsala. La jeune fille s’appelait Yrsa, et elle était aussi intelligente et sage que belle. Il l’admirait tant qu’il l’épousa.

Cependant, son mariage avec Yrsa fut de courte durée, car Helgi, fils de Halfdan et roi de Danemark, envahit la Suède. Au lieu d’affronter Helgi au combat avec son armée, Adils prit la fuite, abandonnant Yrsa. Lorsque Helgi s’empara d’Uppsala, il fit prisonnière Yrsa et retourna à Lejre, où il l’épousa.

Helgi et Yrsa eurent un fils appelé Hrolf Kraki (cette traduction le nomme Rolf Krake), et ils furent heureux, jusqu’à l’arrivée de la mère d’Yrsa. Alof révéla qu’Helgi était en réalité le père d’Yrsa : ils avaient donc commis un inceste.

Yrsa quitta alors Helgi et son fils, et retourna auprès d’Adils, en Suède. Helgi régna sur le Danemark jusqu’à sa mort au combat, mais la Saga des Ynglingar ne précise pas contre qui il combattit. Dans la Hrolfs saga, Helgi tomba dans une embuscade tendue par Adils. Hrolf succéda donc à son père au Danemark, alors qu’il n’avait que 8 ans.

Dans la Saga des Ynglingar, Adils fut tué alors qu’il montait son cheval, Raven, un rejeton du cheval d’Ali, Hrafn.


Enfin, dans le Chant de Hyndla (Hyndluliod, Edda poétique), le poème mentionne un puissant Skioldung nommé Ali. L’Edda en prose, rédigée par Snorri Sturluson, appelle ce personnage Halfdan l’Ancien. Halfdan l’Ancien (ou Ali) était apparemment distinct du Halfdan plus célèbre, qui était le père de Helgi et de Hroar. Dans le Chant de Hyndla, le poème dit :

« Ali fut autrefois le plus puissant des hommes,
le plus éminent des Skioldungar, avant Halfdan ;
célèbres furent les batailles qu’ils provoquèrent,
ses exploits étaient connus sous le ciel entier. »

Le Chant de Hyndla 15, tiré de l’Edda poétique
traduction de Carolyne Larrington

Fait intéressant, l’Edda en prose ne mentionne pas Halfdan l’Ancien comme Skioldung, et la Hrolfs saga Kraka ne mentionne ni Halfdan l’Ancien ni Ali ; seul le Chant de Hyndla qualifie Ali (Halfdan l’Ancien) de Skioldung.

Ce Ali (ou Halfdan l’Ancien) vécut donc avant l’époque de Halfdan, père de Helgi et de Hroar.

L’Edda en prose et le Chant de Hyndla indiquent tous deux qu’Ali ou Halfdan l’Ancien épousa Alvig la Sage (Almveig), fille du roi Emund de Novgorod, et qu’ils eurent dix-huit fils. Les neuf premiers naquirent ensemble et furent nommés Thengil, Ræsir, Gram, Gylfi, Hilmir, Iofur, Tiggi, Skyli ou Skuli et Harri ou Herra. Ils étaient tous de grands guerriers, mais tombèrent tous au combat, mourant sans postérité.

Les neuf autres fils d’Ali-Halfdan furent chacun l’ancêtre d’une dynastie célèbre. Voici la liste des fils de Halfdan l’Ancien, de la dynastie à laquelle ils se rattachent et des royaumes qu’ils fondèrent.

FondateurDynastieRoyaumeDescendants notables
HildirHildingsHarald à la Barbe rousse, Halfdan le Noir.
NefirNiflungs
(aussi appelés Giukings)
BourgogneGiuki, Gunnar, Hogni, Gudrun.
AudiOdlingsKiar.
YngviYnglingar
DagDoglings
BragiBragningsHalfdan le Généreux.
BudliBudlungAlti, Brynhild.
LofdiLofdungsEylimi, Sigurd Sigmundsson.
SigarSiklingsSiggeir.

S’il est vrai qu’Ali-Halfdan l’Ancien était un Skioldung, alors la quasi-totalité de ces descendants, y compris le héros des Volsung, Sigurd, étaient apparentés et descendaient de Skiold, d’une manière ou d’une autre, bien qu’ils appartinssent à des dynasties différentes régnant sur des royaumes distincts.

Informations connexes

Sources

L'Edda en prose et la Saga des Ynglingar (1ère partie de l'Heimskringla) furent rédigées par Snorri Sturluson.

Le Grottasong ("Chant du moulin à main de Grotti") est un poème eddique.

Articles connexes

Traditions islandaises alternatives (Hrolfs saga)

La principale source alternative en provenance d’Islande est la saga islandaise du XIVe siècle — la Hrolfs saga Kraka. La Hrolfs saga diffère considérablement de la plupart des traditions islandaises, y compris l’Edda en prose de Snorri Sturluson et l’Heimskringla, en particulier la Saga des Ynglingar, ainsi que du poème eddique (Edda poétique) Grottasong (« Chant du moulin à main de Grotti »).

Puisque j’ai déjà consacré une page à la Hrolfs saga, il serait superflu d’en traiter à nouveau ici. Je me bornerai donc à expliquer la généalogie de Skiold et la manière dont elle diffère de l’Edda.

Skiold n’est pas mentionné dans la Hrolfs saga, mais sa dynastie y est évoquée au moins une fois.

L’histoire commence en réalité avec deux frères, dont le père n’est pas nommé. Il s’agissait de Halfdan et de Frodi. Dans l’Edda, la parenté entre Halfdan et Frodi n’est pas précisée.

Selon la saga, Frodi assassina son frère pour s’emparer du royaume de Danemark. Frodi ne parvint pas à retrouver et à faire assassiner les fils de son frère, Helgi et Hroar, qui vengeraient plus tard la mort de leur père en brûlant Frodi dans son propre palais. Toutefois, dans le Grottasong, la mort de Frodi résulta directement de l’action de Mysing, et non d’Helgi et Hroar. Si l’on en juge par la saga, Frodi paraît être mort sans enfant, et donc sans héritier.

Helgi devint alors roi de Danemark, tandis que son frère Hroar devint roi de Northumbrie, dans le nord de l’Angleterre, par son mariage avec Ogn, et fut le père de Hrok.

Dans l’épopée en vieil anglais, Beowulf, ce Hroar n’était pas roi de Northumbrie, mais il était assimilé à Hrothgar (ou Hroðgar), roi de Danemark. Par ailleurs, Hrothgar avait pour épouse Wealhtheow, et non Ogn, et il avait trois enfants, et non un seul : Hrethric, Hrothmund et Freawaru (une fille). C’est ce Hrothgar qui fut tourmenté par le monstre Grendel, tué par le héros Beowulf. Beowulf fut assimilé au héros de la tradition nordique ancienne, Bodvar.

Helgi ne put épouser Olof, qui apparaît ailleurs sous le nom de Thora, aussi la viola-t-il. Elle devint la mère d’Yrsa. Helgi ignorait qu’Yrsa était sa fille ; lorsqu’il la vit un jour, il en tomba amoureux et l’épousa, faisant d’Yrsa la reine de Danemark. Ils eurent un fils nommé Hrolf. Le mariage fut rompu lorsqu’Olof révéla qu’ils étaient père et fille. Hrolf resta auprès d’Helgi, tandis qu’Yrsa fut contrainte d’épouser Adils, roi de Suède. Helgi eut un autre enfant d’une autre femme, une fille nommée Skuld. Helgi fut assassiné par les berserkir d’Adils dans une embuscade.

Hrolf devint le nouveau roi de Danemark, et il fut en quelque sorte l’équivalent du roi Arthur ou de Charlemagne, qui avaient leurs Chevaliers de la Table ronde ou leurs Douze Pairs, respectivement ; il s’agissait de champions au service de leur roi. Le plus grand champion de Hrolf fut Bodvar Bjarki (déjà mentionné plus haut), qui s’apparentait à Beowulf. Bodvar devint le gendre de Hrolf lorsque le héros épousa Drifa ; la saga ne mentionne pas que Bodvar eut des enfants. Dans Beowulf, le héros Beowulf n’épousa pas un membre de la famille de Hrothgar ; après avoir tué Grendel et sa mère, Beowulf rentra chez lui. Hrolf avait une autre fille, nommée Skur.

La Hrolfs saga comporte également deux longs épisodes consacrés à deux héros qui devinrent les champions de Hrolf — Bodvar Bjarki et Svipdag.

Pour l’histoire complète de la saga de Hrolf, lire Hrolf Kraki. Voir aussi la généalogie de Halfdan et Hrolf.

Informations connexes

Sources

La Hrolfs saga Kraka est une saga islandaise rédigée au XIVe siècle.

Articles connexes

Les Scyldingas : Tradition en vieil anglais (Beowulf)

La majeure partie de la tradition en vieil anglais sur les Skioldungar se trouve dans l’épopée en vieil anglais intitulée Beowulf, nommée d’après le héros (Beowulf). Le roi régnant sur le Danemark à l’époque des aventures de Beowulf était Hrothgar.

Puisque j’ai déjà consacré une page à Beowulf, je ne m’étendrai pas sur les aventures de Beowulf. Je me concentrerai plutôt sur l’ascendance de Hrothgar et ses enfants.

Dans Beowulf, la maison royale danoise était appelée les Scyldingas, au lieu du vieux norrois Skioldungar. Le fondateur s’appelait Scyld, au lieu du vieux norrois Skiold (ou Skjold).

On ne sait rien des parents de Scyld. Scyld était souvent appelé Scyld Scefing, si bien que son père portait peut-être le nom de Scef, mais ce n’est là que spéculation.

Dans sa jeunesse, Scyld n’était pas très fort et passait pour un « enfant trouvé », mais les choses changèrent progressivement à mesure qu’il atteignait l’âge d’homme. Il devint un guerrier puissant et finit par régner sur le Danemark, fondant sa propre dynastie. Selon Beowulf, le prédécesseur de Scyld, Heremod, avait mené le royaume (Danemark) au bord de la ruine, et les Danois considéraient Scyld comme leur sauveur. Les royaumes voisins le respectaient et le craignaient à la fois, si bien qu’ils le reconnurent comme suzerain et lui versèrent tribut.

Dans Beowulf, le poème indique également que les Scyldingas descendaient d’Ing, un roi mythique des Danois.

Dans la tradition islandaise antérieure, le fils de Skiold s’appelait Fridleif, tandis que les sources danoises (comme la Gesta Danorum) nommaient son fils Gram. Ainsi, des noms différents furent attribués au fils du fondateur de la dynastie danoise. Mais dans la tradition en vieil anglais (comme Beowulf), Scyld était le père de Beow.

Dans Beowulf, Beow était également réputé guerrier, à l’instar de son père. À la mort de ce dernier, il succéda à Scyld comme roi. Beow organisa de grandes funérailles, et Scyld reçut une sépulture navale. Un grand navire fut utilisé pour sa sépulture, richement doté de nombreuses épées, armures et trésors, apparemment destinés à l’au-delà de Scyld.

Le règne de Beow fut dit long, mais aucun détail n’est fourni. Beowulf précise qu’il fut le père de Healfdene, que l’on peut assimiler au vieux norrois Halfdan.

Healfdene succéda à son père au Danemark et eut quatre enfants, dont une fille ; une partie du texte est lacunaire, mais on suppose que sa fille était Yrse, qui épousa un roi suédois nommé Onela (dans la tradition islandaise, le roi suédois était Adils). Ses trois fils se nommaient Heorogar, Hrothgar (vieux norrois : Hroar) et Halga (vieux norrois : Helgi).

Heorogar était l’aîné, mais sa mort prématurée entraîna l’accession de Hrothgar au trône. Hrothgar (Hroar) indiqua gracieusement au héros Beowulf que son frère était un homme meilleur que lui. Hrothgar était réputé pour sa sagesse et sa générosité, ainsi que pour ses victoires militaires. Hrothgar comptait de nombreux valeureux guerriers à son service. Il fit bâtir une salle, appelée Herot, pour célébrer ses victoires au combat et loger ses guerriers. Mais une nuit, le monstre Grendel pénétra dans Herot et attaqua et tua les guerriers de Hrothgar.

Hrothgar avait épousé Wealhtheow, et il était le père de Hrethric, Hrothmund et Freawaru. Halga, le frère de Hrothgar, était le père de Hrothulf (Hrolf).

Lorsque Beowulf eut tué Grendel, Wealhtheow craignit que son époux ne nomme Beowulf comme héritier. Elle s’inquiétait également du neveu de Hrothgar, Hrothulf, qui était lui aussi un héritier possible.

Lorsque Beowulf rentra chez lui, au pays des Geats, il prédit qu’une querelle entre les Danois et les Heathobards renaîtrait. Hrothgar pensait que le mariage de sa fille Freawaru avec le prince heathobard, Ingeld, fils de Froda, réconcilierait les deux parties ; auparavant, les deux camps étaient en guerre. Le mariage fut de courte durée, tout comme la paix entre les deux royaumes.

Au cours d’un banquet à Herot, un vieux guerrier heathobard remarqua qu’un guerrier danois, un membre de la suite de Freawaru, portait une épée heathobarde, apparemment prise à un guerrier heathobard. Cela courrouça le vieux guerrier heathobard, qui incita les siens à passer à l’action. Cette nuit-là, le thane de Freawaru fut assassiné par le vieux Heathobard, qui s’enfuit et regagna son propre royaume. La paix entre Danois et Heathobards fut rompue, et la guerre éclata.

À Herot, l’avenir (ainsi que l’histoire passée) des Scyldingas a été évoqué à plusieurs reprises.

Informations connexes

Sources

Beowulf est probablement une épopée en vieil anglais du Xe siècle.

Les Fragments de Finnsburg furent rédigés en vieil anglais.

Articles connexes

Hrothgar (Hroar), Beowulf (Bodvar Bjarki), Healfene (Halfdan), Helga (Helgi), Hrothulf (Hrolf).

Pour la légende intégrale, lire Beowulf (épopée).

Généalogie : Beowulf et les Scyldingas.

Pour l’histoire complète de la légende, lire les pages suivantes :

Pages connexes

Généalogie

Maisons des Volsung et des Giuking (Niflung)

Créé :27 août 1999

Modifié :12 août 2024