Xerxès Ier — Roi de Perse, Thermopyles, Hybris et Déclin
Xerxès, le roi de Perse, est important en raison du rôle qu’il a joué dans la célèbre bataille des 300 — c’est ce que la plupart des gens retiennent de lui. Il apparaît dans les œuvres d’Hérodote, de Plutarque et même dans la Bible.
Qu’avait donc Xerxès le Grand de si grand ?
Découvrez-en davantage sur lui et son importance dans notre article fondé sur les sources historiques ci-dessous.
Pourquoi Xerxès était-il important : Le pouvoir absolu corrompt absolument
L’histoire du roi perse Xerxès est souvent citée comme un avertissement contre l’hybris. Bien que les accomplissements de Xerxès durant son règne aient été nombreux, il devint tristement célèbre pour son indulgence envers lui-même, son emportement, sa cruauté, son infidélité et ses dépenses somptuaires. En somme, il se comporta comme l’enfant gâté qu’il avait toujours été. Ses actes conduisirent à son assassinat et marquèrent le début du déclin de l’Empire perse.
Les informations sur l’ancien roi Xerxès proviennent en grande partie des œuvres d’Hérodote et d’autres auteurs grecs. Les Grecs et les Perses étant de farouches ennemis, les premiers embelirent le récit pour noircir davantage la réputation de Xerxès. Néanmoins, il existe suffisamment de sources impartiales pour corroborer l’opinion générale.
Les origines de Xerxès : Né dans la grandeur des deux côtés
La mère de Xerxès était la fille de Cyrus le Grand. Celui-ci avait fondé le premier grand empire perse, appelé l’Empire achéménide. Le père de Xerxès était Darius le Grand, dont les origines étaient elles-mêmes singulières. Peut-être aurait-il dû être surnommé Darius le Rusé, et vous comprendrez bientôt pourquoi.
L’histoire de Darius le Grand
Le père de Darius était un noble de la cour de Cyrus le Grand. Darius lui-même servait comme porte-lance auprès du fils et successeur de Cyrus, Cambyse II. Avant sa mort, Cyrus eut une vision selon laquelle Darius régnerait sur le monde plutôt que Cambyse. Cette vision finit par se réaliser grâce à l’habileté de Darius à tirer parti des circonstances.
Cambyse II accéda au pouvoir, Darius restant un membre loyal de sa cour. Cependant, au bout de quelques années, Cambyse sombra dans la folie et assassina son frère, Bardiya. Darius et six autres nobles étouffèrent l’affaire, mais un usurpateur nommé Gaumata organisa une révolte en se faisant passer pour le frère assassiné.
Les sept nobles loyaux assassinèrent Gaumata et firent échouer la rébellion. Malheureusement, Cambyse mourut d’une blessure à la jambe sans rapport avant que les sept n’aient pu mener leur tâche à bien.
Qui deviendrait le prochain roi ?
Les six nobles qui convoitaient le trône se réunirent devant le palais avant l’aube, à cheval. Ils convinrent que le premier dont le cheval hennirait en voyant le soleil deviendrait roi.
Au lever du soleil, l’esclave de Darius toucha le nez de son étalon ; secrètement, l’esclave avait auparavant touché les parties génitales d’une jument en chaleur. L’étalon s’excita et hennit au bon moment, et les autres nobles mirent pied à terre et s’agenouillèrent devant leur nouveau roi, Darius Ier.
Les débuts du règne de Xerxès : Dissensions et domination
Avec Darius le Grand pour père et Cyrus le Grand pour grand-père, Xerxès hérita de la gloire, de la fortune et du pouvoir avant même d’avoir levé le petit doigt. Darius favorisait Xerxès au détriment de son demi-frère aîné, Artabazénès, dont la mère était une roturière.
Comme en Égypte, le droit divin des rois en Perse était souvent interprété comme une divinité à part entière. Dès lors que Xerxès se considérait comme un dieu vivant, ses actes égoïstes et capricieux semblent moins surprenants.
Xerxès accéda au pouvoir en tant que Shahan Shah (« roi des rois ») en 486 av. J.-C., à l’âge de 35 ans. L’un de ses premiers actes fut de réprimer un soulèvement en Égypte qui avait commencé sous le règne de Darius. Si son père avait gouverné l’Égypte avec une force minimale, Xerxès attaqua avec sauvagerie et dévasta la région du Delta.
À peine avait-il terminé son offensive en Égypte qu’une nouvelle opposition surgit à Babylone. Deux rebelles nationalistes se succédèrent et tentèrent de prendre le pouvoir. Après des batailles acharnées, les Perses réprimèrent la révolte et mirent la ville à sac, causant des dégâts considérables.
Xerxès ajouta l’insulte à l’injure en faisant exécuter leur grand prêtre et en faisant fondre la statue dorée du dieu babylonien Marduk. Auparavant, Cyrus comme Darius avaient obtenu la paix diplomatique en participant aux rituels annuels de prospérité célébrant Marduk. En ordonnant la destruction de la statue, Xerxès se désigna comme l’ennemi des dieux pré-zoroastriens.
La vengeance de Xerxès : Porter la guerre en Grèce
La discipline restaurée, Xerxès aurait pu se contenter de consacrer son immense richesse à des projets de construction et au faste de son existence. Cependant, son cousin Mardonios et d’autres conseillers le pressèrent de tourner ses regards vers la Grèce et de venger la défaite de son père à Marathon en 490 av. J.-C.. Comme d’autres souverains régnant par droit divin, Xerxès considérait l’opposition grecque comme un blasphème, pour lequel il entendait infliger un châtiment sévère.
Les Perses consacrèrent trois ans à préparer la plus vaste entreprise militaire de l’histoire. Ils levèrent des troupes dans toutes les régions, appelées satrapies, et constituèrent une flotte de 700 à 800 navires. Hérodote estima qu’il y avait cinq millions de soldats, tandis que les estimations modernes avancent environ 360 000 hommes.
Xerxès mena ses armées jusqu’au détroit de l’Hellespont, connu aujourd’hui sous le nom de Dardanelles. Ils installèrent deux ponts de bateaux à travers le détroit, mais une tempête les détruisit rapidement. Accablé par ce mauvais présage, Xerxès fit décapiter les ingénieurs et ordonna que la mer reçoive trois cents coups de fouet pour son insolence. Une fois les ponts reconstruits, il fallut sept jours à l’armée entière pour traverser le détroit.
Xerxès et l’invasion de la Grèce : Des victoires difficiles
En 480 av. J.-C., les Perses remportèrent de justesse une victoire navale à l’Artémision tandis que les forces terrestres se dirigeaient vers les Thermopyles pour livrer l’une des batailles les plus célèbres de l’histoire. Quelques milliers de Grecs, avec 300 hoplites spartiates en avant-garde, affrontèrent les Perses dans un passage montagneux large à peine de 15 mètres. L’étroitesse du champ de bataille annulait l’avantage numérique de l’armée perse, et les Spartiates obstruaient davantage le passage avec les cadavres ennemis.
Pendant deux jours, les Spartiates contenurent les Perses, parvenant même à vaincre les forces d’élite perses connues sous le nom d’Immortels. Cependant, le troisième jour, un traître grec nommé Éphialtès (qui signifie « cauchemar » en grec) révéla aux Perses un itinéraire alternatif à travers le passage, leur permettant d’attaquer par l’arrière. Pressentant la défaite, le général spartiate Léonidas renvoya les autres forces grecques, et lui et ses Spartiates restèrent pour défendre le passage jusqu’à ce qu’aucun d’entre eux ne survive.
Après les Thermopyles, Xerxès et sa force encore massive poursuivirent leur route vers Athènes. Ils vainquirent la ville, mais les citoyens continuèrent de résister. Furieux, Xerxès ordonna que la ville entière soit incendiée pour punir leur infidélité.
Xerxès et l’invasion de la Grèce : Défaite et détresse
Bien que Xerxès fût victorieux lors des premières attaques contre la Grèce, la situation finit par se retourner, peut-être au sens propre. Leur première défaite significative eut lieu dans la baie de Salamine, lorsque le général athénien Thémistocle poussa Xerxès à engorger toute sa flotte dans le détroit.
Privée d’espace pour manœuvrer, la flotte perse fut acculée par les navires grecs qui la mirent en pièces. Xerxès assista impuissant à cette défaite depuis les falaises surplombant le détroit.
Après cette humiliante défaite, Xerxès prit le chemin du retour, laissant une partie de ses forces sous le commandement de Mardonios. Mardonios tenta de poursuivre la conquête de la Grèce, mais il tomba au combat à Platées le 7 août 479 av. J.-C.
Ce même jour, la flotte restante perdit la bataille du cap Mycale. Ayant épuisé leurs ressources, Xerxès et son armée souffrirent de la faim et de la maladie lors de la retraite, n’atteignant Sardes qu’avec une fraction des soldats initiaux.
Dans les années qui suivirent, les Grecs lancèrent des contre-offensives, libérant Byzance et d’autres possessions perses en Asie Mineure. Xerxès envoya des forces à l’Eurymédon en 466 av. J.-C. pour repousser les envahisseurs, mais elles furent sévèrement défaites par terre et par mer. La Perse ne tenta plus jamais de conquérir la Grèce.
Les dernières années de Xerxès : Des constructions somptueuses et coûteuses
Pour apaiser son ego meurtri, Xerxès entreprit plusieurs projets de construction extravagants à Persépolis. Il acheva le palais de Darius, puis en fit construire un deux fois plus grand pour lui-même. Il éleva également la Porte de toutes les Nations, ordonna l’entretien de la Route royale perse et engagea la construction de la Salle aux Cent Colonnes.
Les coffres royaux étant épuisés par la campagne de Grèce, Xerxès imposa de lourds impôts pour financer ces projets décadents. Le ressentiment grandit à travers tout l’Empire, et ce climat d’agitation contribua peut-être à la chute de Xerxès.
Les dernières années de Xerxès : Infidélité et assassinat
Xerxès épousa Amestris et engendra six enfants, mais il entretenait également un vaste harem pour satisfaire ses appétits variés. Il s’éprit également de l’épouse de son frère et mena une longue liaison avec leur fille. Amestris ordonna la mutilation de la mère, et Xerxès tua son frère et d’autres conspirateurs avant qu’ils ne puissent se venger.
En 465 av. J.-C., Xerxès le Grand connut une mort peu glorieuse ; il fut poignardé dans son sommeil par l’un de ses conseillers les plus proches. Son fils aîné subit le même sort, et son fils cadet, Artaxerxès, monta sur le trône. L’Empire achéménide ne retrouva jamais sa grandeur d’antan après la mort de Xerxès.
Conclusion
Les accomplissements de Xerxès comprennent des victoires militaires et d’opulents projets de construction, mais il demeure considéré comme un mauvais souverain.
Voici un résumé de ce que nous avons abordé concernant Xerxès et son importance :
- Xerxès était le fils de Darius le Grand et le petit-fils de Cyrus le Grand
- Il était réputé pour son égoïsme, son emportement, ses frasques amoureuses et son extravagance
- Il remporta des batailles contre la Grèce, dont la célèbre bataille des Thermopyles, mais ne parvint pas à soumettre la nation
- Ses fastueux projets de construction contribuèrent à la gloire durable de l’Empire achéménide mais épuisèrent gravement ses coffres
- Son infidélité provoqua un scandale majeur qui mena au meurtre de son frère et à la mutilation d’une femme innocente
- Il fut assassiné par l’un de ses propres conseillers et l’Empire perse ne retrouva jamais la grandeur qu’il avait au début de son règne
Assurément, l’arrogance et l’égoïsme de Xerxès affaiblirent l’Empire perse et conduisirent à sa perte. On aurait pu espérer mieux de la part d’un dieu vivant.





