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Le roi Darius III : Dernier souverain du puissant Empire perse

Le roi Darius III fut le dernier souverain du grand Empire perse. Son règne, marqué par la controverse et la déchéance, s’inscrivit dans le déclin de l’une des périodes les plus grandioses et les plus prospères de l’histoire. Comme le dit l’adage, toute chose grandiose doit prendre fin, et il en alla de même pour l’Empire perse. Lisez la suite pour découvrir comment Darius III orchestra l’épilogue de près de deux siècles de règne de la dynastie achéménide.

Tombe du roi Darius III

Qui était Darius III ?

Darius III fut le dernier roi de la dynastie achéménide du grand Empire perse. Son règne s’étendit de 336 à 330 av. J.-C., une période relativement brève. Le roi Darius III hérita d’un royaume instable en raison de l’absence de dirigeants forts et éclairés, ce qui entraîna un désordre dans les satrapies et de nombreuses révoltes. La Perse était devenue un royaume si vulnérable qu’un tant soit peu d’imprudence suffirait à faire basculer l’équilibre et à précipiter la fin de l’empire. C’est précisément ce qui se produisit sous le règne de Darius III.

Son père était Arsamès, cousin du roi Artaxerxès III, et Sisygambis était sa mère. Le roi Darius épousa Stateira Ire, avec laquelle il eut plusieurs enfants. Il avait deux filles ; la plus éminente était Stateira II, qui devint par la suite l’épouse d’Alexandre le Grand, son successeur.

Son nom avant son accession au pouvoir était Artashata, et il était aussi affectueusement appelé Dara dans certains récits perses. L’historien grec Justin évoqua la possibilité que Darius III ait porté le nom de Codoman avant son règne.

La plupart des écrits sur Darius III proviennent d’historiens grecs, car il s’avère que durant la dernière période de l’Empire achéménide, aucun document perse n’était disponible, probablement en raison des pillages perpétrés par les conquérants du royaume.

Chronologie des événements marquants de la vie de Darius III

AnnéeÉvénements principaux
336Darius III devient roi
335Darius III fait exécuter Bagoas
333Darius III combat à la bataille d’Issos
331Darius III combat à la bataille de Gaugamèles
330Darius III meurt

Comment Darius III accéda-t-il au pouvoir ?

À l’instar d’autres souverains célèbres, l’accession au trône de Darius III fut particulièrement controversée. On disait qu’il était un descendant direct de la famille de Cambyse, le fondateur de la dynastie achéménide.

D’autres, en revanche, estimaient qu’il n’était pas véritablement un parent mais plutôt un soldat robuste et habile dont les exploits avaient lancé sa carrière politique. Plusieurs travaux académiques récents suggérèrent que Darius aurait pu être un esclave dont les actes l’auraient conduit à la grandeur. D’autres écrits sujetts à débat restent ouverts à d’autres interprétations.

Bien que les sources historiques divergent quant à la manière dont Darius III devint l’un des rois de l’Empire perse, la version la plus communément admise est que le roi Artaxerxès III, son fils le roi Arsès, ainsi que ses prédécesseurs, furent empoisonnés par un eunuque de cour ambitieux nommé Bagoas, laissant le trône vacant.

L’avènement de Darius III

Cherchant à s’emparer du trône pour lui-même, l’eunuque Bagoas tenta ensuite de placer un parent éloigné du roi — Darius III. Darius gouvernait alors la satrapie d’Arménie sous le nom de Codoman. Celui-ci était déjà quelque peu célèbre pour les actes de bravoure qu’il avait accomplis lors d’une guerre contre les Cadusiens.

Codoman, ou Darius Codoman, prit alors le nom de règne de Darius III en l’honneur des empereurs précédents, notamment Darius le Grandl’un des souverains légendaires de la dynastie achéménide. Au début de son règne, le roi Darius III fit preuve de fermeté et de vivacité d’esprit, comme on l’attendait d’un souverain.

Parfaitement conscient des agissements malveillants de Bagoas, qui préparait déjà sa mort afin de s’emparer du trône, Darius III élimina l’eunuque en lui faisant boire une coupe de poison lors d’une cérémonie du royaume. Cet acte permit au roi Darius III de sécuriser son trône.

Quelle était l’étendue du royaume de Darius III ?

Le dernier roi de l’Empire perse, Darius III, administra un territoire d’une ampleur sans précédent dans l’histoire des empires du monde. L’Empire perse couvrait environ deux millions de miles carrés et s’étendait des Balkans et de l’Europe de l’Est à l’ouest jusqu’à la vallée de l’Indus à l’est. L’empire était si vaste qu’il abritait près de la moitié de la population mondiale de l’époque.

L’Empire perse était l’un des plus vastes empires du monde. Cette immensité s’accompagnait d’une grande richesse, non seulement en ressources naturelles, mais surtout en ressources humaines. Les impôts, les présents et les autres contributions de valeur affluaient certainement de la part des sujets de l’empire.

Naturellement, cette prospérité dont jouissaient le peuple et son souverain ne manqua pas d’attirer l’attention du reste du monde — citoyens et conquérants confondus. C’était une opulence qui aiguillait l’appétit des grandes âmes avides de conquêtes lointaines.

Néanmoins, c’est précisément l’immensité de l’empire et la succession de différents souverains, bien qu’appartenant majoritairement à une même famille, qui finirent par engendrer la confusion, le mécontentement et les révoltes dans le royaume. Le roi Darius III hérita d’un vaste mais fragile royaume. Cette situation, conjuguée à la complaisance de Darius III, contribua à la chute de l’illustre Empire achéménide.

Darius III et les territoires voisins

Bien avant que Darius III ne débutât son règne, le roi Philippe de Macédoine, du territoire grec voisin, préparait déjà sa Ligue de Corinthe, dans le but de conquérir les parties occidentales de l’Empire perse. Les historiens avancèrent plusieurs raisons pour expliquer cette ambition.

Il pouvait s’agir notamment de venger les actes perpétrés par les empereurs précédents — Darius le Grand et Xerxès Ier — à l’encontre de la Grèce, notamment la profanation des temples de leurs dieux et déesses à Athènes. C’était un acte considéré comme un sacrilège par le peuple grec, pieux dévoué à ses divinités.

Bien que Philippe II lui-même n’y parvînt pas — il fut assassiné avant de pouvoir réaliser son projet —, le plan du roi Philippe fut repris par un jeune conquérant macédonien, Alexandre le Grand, son fils.

En 334 av. J.-C., la première entreprise de Darius III fut de reconquérir l’Égypte. Celle-ci faisait partie du territoire perse, mais les révoltes et les soulèvements l’en avaient éloignée. C’était une tâche que le roi Darius III jugeait plus importante que la menace posée par les envahisseurs approaching.

Pendant ce temps, Alexandre le Grand enchaînait les succès dans la conquête de l’Asie Mineure, notamment lors de la bataille du Granique, un exploit que le roi Darius III n’avait pas daigné prendre au sérieux, estimant que cette force mineure venue de Grèce serait neutralisée par les satrapes de ses provinces et ne représenterait jamais une véritable menace pour son royaume. Ce fut une erreur irréparable.

Image numérique d'Alexandre devant le corps sans vie de Darius III, dernier roi de Perse

Darius III et les batailles qu’il ne remporta jamais

La victoire initiale de la Ligue macédonienne aurait dû inciter le roi Darius à évaluer tactiquement ses ennemis, mais ce fut en vain, car il n’en fut nullement affecté. Peut-être par orgueil, confiance aveugle en soi, ou simple folie, le roi Darius III ne fit rien pour contrer l’invasion menée par Alexandre aux confins de son royaume. Il se trouva mal préparé lorsqu’Alexandre le Grand et son armée unie de guerriers grecs s’imposèrent face à l’Empire perse.

La bataille d’Issos

En 333 av. J.-C., Darius III se rendit sur les champs de bataille et affronta la force somme toute modeste d’Alexandre le Grand lors de ce que l’on appela la bataille d’Issos. Souhaitant atteindre le golfe d’Issos, Alexandre le Grand et une partie de ses hommes se rendirent au col de Jonas, où Darius III et son armée se tenaient déjà en position défensive, attendant l’attaque ennemie. Malgré plus de 120 000 hommes — cavaleries, infanteries et mercenaires —, le roi Darius III subit une défaite lors de cette bataille.

Selon les spécialistes de l’histoire, la bataille d’Issos constitua une victoire décisive pour les Grecs. Elle est considérée comme le début de la fin des Perses et de l’Empire perse.

À l’issue de cette bataille, Darius III abandonna sa famille, y compris son épouse, ses enfants et sa mère, à la merci du conquérant grec, Alexandre le Grand. On crut qu’il s’était enfui vers l’Euphrate. Ses proches perçurent cet acte comme une lâcheté, si l’on en croit les écrits des historiens grecs.

La bataille de Gaugamèles

En 331 av. J.-C., deux ans après sa défaite à la bataille d’Issos, Darius III affronta à nouveau Alexandre le Grand lors de la bataille de Gaugamèles, également appelée bataille d’Arbèles. Le site se situe aujourd’hui dans le nord de l’Irak.

Avant la bataille de Gaugamèles, le roi Darius III fit une proposition à Alexandre le Grand — une proposition inouïe, tout particulièrement au regard de ses prédécesseurs. Elle comprenait la moitié des terres de son territoire, une quantité considérable de richesses, ainsi que la main de sa fille, en échange de sa famille et de la paix dans le royaume.

C’était une offre qu’Alexandre le Grand n’accepta pas, tout simplement parce que, selon ses propres termes, le ciel ne pouvait avoir deux soleils. Il exigea même que le roi Darius III lui rendît hommage — un acte qu’un roi avait le plus grand mal à accepter et à accomplir.

Face au refus d’Alexandre le Grand de répondre à l’appel à la paix du roi Darius III, la bataille d’Arbèles eut lieu. Ce fut la dernière guerre avant la chute du grand Empire achéménide perse. Lors de ce combat décisif, le roi Darius III perdit à nouveau la bataille.

On raconte que durant l’affrontement, son aurige fut malheureusement touché et tué. Le roi Darius chuta de son char. À cette vue, ses armées furent prises de panique, ce qui provoqua une bousculade. Une fois encore, le roi Darius III et ses centaines de milliers d’hommes ne remportèrent pas cette bataille.

La légende veut que les Perses étaient condamnés à perdre cette bataille en raison d’un signe céleste que les sages perses avaient aperçu dans le ciel auparavant. Il s’agissait d’une éclipse — la lune qui saigne —, un présage annonçant la défaite de l’armée perse. Cet événement inéluctable était peut-être déjà écrit dans les astres.

Comment Darius III mourut-il ?

Le dernier roi de l’Empire perse, Darius III, périt lorsqu’un satrape bactrien, Bessos, et ses complices le ligotèrent, le jetèrent dans un chariot tiré par des bœufs et l’abandonnèrent à la mort. Bien qu’il existe d’autres récits concernant la mort de Darius III, celui-ci est le plus fréquemment mentionné.

Après sa défaite à la bataille d’Arbèles/Gaugamèles, le roi Darius III s’enfuit à Erbil, puis à Ecbatane, dans l’actuel Irak. Là, il tentait de lever une nouvelle armée pendant qu’Alexandre le Grand occupait les villes et Persépolis. Cependant, avant qu’il ne pût mener à bien son projet, il trouva la mort de la main de ses propres sujets. Le satrape de Bactriane, Bessos, tua le roi afin de mettre un terme à la poursuite d’Alexandre le Grand.

Spéculations

Beaucoup estimèrent que le jeune conquérant grec aurait souhaité rencontrer Darius III vivant pour de multiples raisons — peut-être pour accepter l’offre précédemment faite par le roi, ou peut-être pour obtenir une reconnaissance complète en tant que nouvel empereur du royaume. Cependant, au moment où Alexandre le Grand arriva, Darius III était déjà mort. Alexandre retira alors l’anneau du doigt de Darius III et le passa au sien. L’anneau symbolisait son autorité en tant que nouvel empereur de l’Empire perse.

Un autre récit, fictif celui-là, raconta que Darius III avait pu prononcer un noble discours devant Alexandre le Grand et lui avait accordé sa bénédiction avant de mourir.

De quelque manière que le roi rendît son dernier soupir, une chose est manifeste : la mort de Darius III marqua la fin du grand Empire perse, tandis qu’un nouveau souverain et un nouveau royaume s’apprêtaient à recueillir l’héritage de sa puissance.

Comment Darius III fut-il inhumé ?

Des obsèques dignes de la royauté furent accordées à Darius III. Alexandre le Grand veilla à ce que les honneurs et la dignité fussent rendus à cet éminent souverain du grand Empire perse. Le corps de Darius III fut ramené dans la cité principale.

Bien qu’aucune inscription n’ait été découverte, on suppose que Darius III fut inhumé dans l’une des tombes de Persépolis.

Que se passa-t-il après la mort de Darius III ?

Le satrape Bessos, qui avait tué le roi Darius III, poussé par sa propre ambition et sa ruse, prit le nom d’Artaxerxès V. Il alla même jusqu’à se proclamer roi d’Asie, un titre qu’il ne jouit guère longtemps, car il fut capturé et torturé par Alexandre le Grand.

Quant à Stateira II, la fille de Darius III, elle épousa Alexandre le Grand, comme le dernier souverain de l’Empire perse l’avait proposé.

Fort heureusement, la famille du roi Darius III vécut une vie digne de la royauté. Malgré la disparition du roi Darius III, elle fut traitée avec un grand respect et une haute considération dans la société désormais gouvernée par un nouveau souverain. Alexandre le Grand veilla à ce que la famille de Darius III menât une existence honorable.

Par ailleurs, d’autres historiens révélèrent que Sisygambis, la mère de Darius III, gagna l’affection du nouveau souverain. Alexandre le Grand appelait Sisygambis « mère », et elle le considérait comme son second fils. L’épouse de Darius III, en revanche, mourut en couches peu après l’assassinat de son mari. Ce fut la fin de la lignée de Darius III et de l’Empire achéménide.

L’héritage de Darius III

Lorsqu’on aborde l’histoire de Darius III, il convient de garder à l’esprit que la quasi-totalité des sources disponibles furent rédigées afin de glorifier les exploits et les conquêtes d’Alexandre le Grand du point de vue des historiens grecs survivants.

Plusieurs récits relatèrent comment Alexandre le Grand pilla et saccagea les grandes villes de l’Empire perse lors de sa conquête. Il est permis d’affirmer que des chroniques, des archives et des annales majeures furent également détruites lors de l’invasion de Persépolis par cet étranger.

Darius III n’est mentionné que comme le dernier souverain du vaste Empire perse, ainsi que pour sa fuite lâche et la remise de sa famille et de son empire au jeune conquérant. Malgré la supériorité numérique dont il disposait face à l’ennemi lors des différentes batailles qu’il livra, la mauvaise utilisation de ses tactiques militaires conduisit à sa perte.

Le meilleur héritage que le roi Darius III ait laissé est peut-être la leçon de ne jamais sous-estimer ses ennemis. Bien qu’il sût qu’un ennemi se présentait à sa porte, il n’y prêta aucune attention. Il croyait que ses subordonnés seraient capables de neutraliser cette force mineure.

Conclusion

Le roi Darius III

Pendant deux siècles, l’Empire achéménide avait prouvé la grandeur et la puissance de ses souverains et de ses citoyens ; pourtant, comme toute chose bonne en ce monde, il devait lui aussi trouver son repos. Le roi Darius III, par ses manœuvres qu’elles fussent intentionnelles ou non, fut le souverain qui coucha le grand Empire perse dans sa tombe, ouvrant la voie à une grande période hellénistique en devenir.

Le roi Darius III est connu pour avoir été :

  • Le dernier souverain du grand Empire perse ;
  • Le dernier souverain de la dynastie achéménide ;
  • Le souverain qui offrit la main de sa fille à Alexandre le Grand ;
  • Le souverain dont la fille devint l’épouse d’Alexandre le Grand ;
  • Le souverain perse vaincu par Alexandre le Grand.

Le règne de Darius III nous enseigne qu’il faut véritablement connaître ses ennemis ; ne jamais les sous-estimer. Connaître son ennemi, c’est aussi se connaître soi-même. Ce n’est qu’alors que nous pourrons prendre l’initiative de vaincre nos adversaires.

Créé : 27 avril 2022

Modifié : 11 mars 2024