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Apriès : Le Grand Pharaon Malchanceux et Vaincu qui Perdit Tout

Apriès fut le pharaon d’Égypte qui crut régner avec la même magnificence que ses prédécesseurs. Peu après quelques succès initiaux, il se trouva engagé dans des eaux troubles avec les Perses, qui non seulement vainquirent son armée à Jérusalem, mais attisèrent également la discorde interne entre lui et ses troupes.

Temple d'Apriès à Memphis

Cette discorde lui ravit son royaume et sa place légendaire dans l’histoire.

Dans cet article, nous examinerons la vie entière d’Apriès et approfondirons son époque en tant que pharaon ; poursuivez votre lecture pour en savoir davantage.

Qui était Apriès ?

Apriès, originellement nommé Wahibré Haaibré, fut un pharaon d’Égypte appartenant à la vingt-sixième dynastie. Les experts estiment qu’il régna pendant dix-neuf années.

Par ailleurs, il était le fils de Psammétique II, qui régna immédiatement avant lui. En tant que l’un des souverains les plus influents de son époque, il affronta des défis internes désastreux qui finirent par lui coûter son trône.

Son ambition de bâtisseur

En tant que pharaon, il perpétua la tradition de construction de temples et édifia plusieurs sanctuaires en des lieux tels que Memphis, l’oasis de Bahariya et Sias. Athribis, connue sous le nom de Tell Artib, comptait parmi ses constructions.

Signification du nom d’Apriès et mention dans l’Ancien Testament

Son nom de naissance était Wah-ib-re, signifiant « Le cœur de Rê est constant », tandis que son nom de trône était Haa-ib-re, qui signifiait « Le cœur de Rê est joyeux à jamais ». Il est également largement considéré comme le pharaon nommé Hophra dans l’Ancien Testament.

La sœur d’Apriès : la signification de son nom

La sœur du pharaon Apriès, Ânkhnesnéferibré, fut nommée Épouse du Dieu et devint ainsi Épouse du Dieu Amon.

La politique d’intervention militaire d’Apriès et Jérusalem

Suivant les traces de son père, Apriès continua à s’immiscer dans les affaires palestiniennes. Il dut faire face à d’innombrables conflits militaires tant intérieurs qu’extérieurs. Les prédécesseurs d’Apriès avaient tenté de repousser l’invasion de Jérusalem par Nabuchodonosor II de la dynastie chaldéenne. Il s’allia aux cités phéniciennes et à Sédécias de Juda pour vaincre les Chaldéens de Babylone.

Sédécias de Juda et le pharaon Apriès

Sédécias de Juda s’allia à Apriès, espérant que cette association permettrait de vaincre les Chaldéens. Cette alliance s’avéra bientôt une erreur fatale, car Jérémie lui avait depuis longtemps interdit de nouer un tel partenariat. Nabuchodonosor II considéra cette alliance comme une trahison et marcha sur Jérusalem. C’est là que les forces de Nabuchodonosor II et d’Apriès s’affrontèrent.

L’échec face aux Chaldéens

Apriès ne parvint pas à soumettre les Chaldéens, ce qui aboutit à l’invasion de l’Égypte en 580 av. J.-C. À mesure que les relations avec les Phéniciens se détérioraient, il mena un assaut contre la Phénicie et Chypre entre 574 et 570 av. J.-C. Ces offensives s’avérèrent fructueuses : il réussit à s’emparer du port de Sidon, auparavant sous contrôle phénicien.

L’immigration des captifs juifs

Après la victoire de Nabuchodonosor II à Jérusalem contre Apriès, de nombreux Juifs furent faits captifs ; cependant, Guedalia, le gouverneur chaldéen, fut assassiné, provoquant la fuite des Juifs. Un certain nombre d’entre eux se réfugièrent en Égypte et s’établirent à Tahpanhès, Tell Defenneh, aujourd’hui associé à un monument connu sous le nom de Qasr Bint el-Yahudi, ou « le Palais de la Fille du Juif ».

Le récit de Jérémie

Jérémie avait prophétisé que Nabuchodonosor II s’emparerait bientôt de l’Égypte. Lorsque la forteresse de Tahpanhès fut découverte en 1886, elle portait une inscription indiquant que c’était en ce lieu que Nabuchodonosor II prit le contrôle et étendit son pavillon royal. Les experts mentionnent ainsi qu’en 568 av. J.-C., la prophétie se réalisa avec la conquête perse de l’Égypte.

Tête de statue d'Apriès en Égypte

La vague de mutineries

Apriès fut frappé par la tragédie au cours de son règne lorsque ses troupes commencèrent à se soulever contre lui. Une série de mutineries affaiblit l’empire au point qu’Apriès se retrouva en grande difficulté. Cette situation offrit alors une opportunité aux envahisseurs, qui commencèrent à mener des assauts depuis l’extérieur.

La mutinerie d’Éléphantine

La première tentative de mutinerie provint de l’un des groupes les plus importants de l’armée : la garnison d’Assouan à Éléphantine, l’actuelle Assouan. Ces troupes représentaient une valeur inestimable pour Apriès, qui fut accablé par leur trahison. Il parvint à la réprimer, mais elle laissa une tache sur son règne qui devait avoir des conséquences funestes.

La guerre civile consécutive à la défaite de Cyrène

Le pire survint lorsqu’il envoya des troupes pour assister les Libyens face aux envahisseurs grecs de Cyrène. L’armée égyptienne fut écrasée, ce qui sema le trouble parmi les soldats. Ce mécontentement dégénéra en guerre civile à leur retour en Égypte. Les historiens estiment qu’une autre cause de la mutinerie résidait dans la prédilection d’Apriès pour les mercenaires étrangers, ce qui avait suscité l’hostilité de l’armée indigène.

Le général Amasis II trahit Apriès

Face au déclenchement de la révolte, Apriès dut dépêcher son général le plus fidèle, Amasis II, pour rétablir la situation. Les rebelles lui demandèrent de les mener non pas en tant que général, mais en tant que roi. Fort du soutien des rebelles, il se proclama roi en 570 av. J.-C., scellant ainsi le destin du pharaon Apriès. Ce dernier ne put que prendre la fuite.

Comment Apriès mourut-il ?

Plusieurs versions existent concernant la mort du roi Apriès. Toutefois, deux d’entre elles sont largement acceptées par les historiens. Ces deux versions s’accordent sur le fait qu’Apriès, accompagné de ses mercenaires étrangers, affronta Amasis II et l’armée égyptienne à Memphis, où ils luttèrent pour la légitimité du trône d’Égypte. Malheureusement, Apriès fut vaincu par Amasis II, contraignant son armée à la retraite.

Première version : Apriès continue à gouverner des terres égyptiennes jusqu’à sa mort

La première version soutient qu’Apriès retourna à son palais de Memphis, où il continua à régner sur certaines contrées d’Égypte jusqu’à sa mort. Il aurait pu tenter de sauver son royaume et recouvrer sa gloire, mais ces efforts auraient échoué. Cette version peut paraître plausible sous certains angles, mais Apriès n’était plus véritablement le roi depuis que sa défaite face à Amasis II avait fait de ce dernier le souverain officiel en 570 av. J.-C.

Deuxième version : le meurtre d’Apriès

La deuxième version affirme qu’Apriès s’enfuit du pays après sa défaite et fut finalement retrouvé par les Égyptiens qui le mirent à mort et rapportèrent son corps à Amasis II. Il est cependant largement admis que, dans tous les cas, Amasis II traita le corps d’Apriès avec respect. Sa dépouille fut transportée à Saïs, où il reçut des funérailles officielles.

– Les événements après la mort d’Apriès

Amasis II fut un grand chef et un brillant stratège militaire, mais son règne après la mort d’Apriès marqua le déclin de la XXVIe dynastie. Les Perses envahirent l’Égypte et y déchaînèrent la destruction en représailles au traitement qu’Apriès leur avait infligé à Jérusalem.

De surcroît, l’armée était insuffisante pour les contrer, et Amasis II avait perdu la confiance des mercenaires étrangers, qui avaient joué un rôle crucial dans les victoires égyptiennes antérieures. En conséquence, Amasis II ne parvint pas à unifier la nation.

Le mariage d’Amasis II avec la fille d’Apriès

Amasis II souhaitait consolider son autorité et s’établir comme le successeur légitime d’Apriès. C’est pourquoi, peu après la mort de ce dernier, il épousa Khedebneithirbinet II, que les experts considèrent comme la fille d’Apriès. Amasis II devint alors le dernier grand pharaon d’Égypte avant la conquête perse.

Amasis II pouvait croire que gouverner l’Égypte suffirait, mais le royaume était divisé lors de son accession au trône. Cette désunion offrit aux Perses l’opportunité de s’emparer de l’Égypte.

Monuments

Les historiens affirment qu’il existe une tête de statue authentique d’Apriès qui subsiste de nos jours. Par ailleurs, il existe un sphynx du Comte de Caylus, actuellement conservé au célèbre musée du Louvre. Un obélisque érigé par le pharaon de la XXVIe dynastie existe également ; il fut déplacé par Dioclétien en 3 apr. J.-C. Actuellement à Rome, l’obélisque se trouve dans la basilique Santa Maria sopra Minerva.

FAQ :

Quand le palais de Memphis fut-il découvert ?

Au cours des fouilles de 1909, le palais d’Apriès à Memphis fut découvert, là où le pharaon avait résidé comme mentionné précédemment. C’était un palais magnifique, doté de grands couloirs et de cours immenses.

Un ornement de litière en argent massif, orné d’un buste d’Hathor au visage doré, fut découvert parmi de nombreux autres objets de valeur.

Conclusion

Apriès à Memphis

Vous avez appris tout ce qu’il faut savoir sur Apriès, ses actions personnelles et politiques qui lui coûtèrent son royaume. Voici un résumé de ce que vous avez retenu :

  • Apriès fut le quatrième pharaon de la XXVIe dynastie d’Égypte
  • Son père était Psammétique II et sa sœur fut la deuxième épouse du Dieu
  • Il tenta de vaincre Nabuchodonosor II de la dynastie chaldéenne en s’alliant à Sédécias de Juda
  • Il échoua dans sa bataille contre Nabuchodonosor II à Jérusalem et fut vaincu par les Chaldéens, victime de ses propres erreurs de jugement
  • Son armée se retourna contre lui, ce qui dégénéra en guerre civile et entraîna la perte de son royaume au profit d’Amasis II
  • Néanmoins, il fut un grand bâtisseur et un bon souverain pendant une période non négligeable

Apriès fut un grand dirigeant, mais ses décisions lui coûtèrent cher. Sa mort affaiblit le royaume égyptien au point que celui-ci ne survécut pas à la conquête perse de 568 av. J.-C.

Créé : 14 mars 2022

Modifié : 6 mars 2024