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Baïonnette triangulaire : les faits essentiels à connaître

Une baïonnette triangulaire est un type de baïonnette caractérisé par sa section transversale triangulaire. Les baïonnettes se révélèrent très utiles et gagnèrent en popularité au début du XVIIe siècle.

Qu'est-ce qu'une baïonnette triangulaire

Elles remplacèrent même un type d’arme utilisé dans les attaques d’infanterie. Cependant, la première conception de la baïonnette présentait un défaut significatif.

Lisez la suite pour découvrir comment ce problème fut résolu et comment cela mena au développement de la baïonnette triangulaire.

Qu’est-ce qu’une baïonnette triangulaire ?

La baïonnette triangulaire tire son nom du fait qu’il s’agit d’une baïonnette à douille dotée de trois arêtes. Cette baïonnette à douille est une lame munie d’un collier qui s’ajuste autour du canon d’un mousquet et s’y verrouille, transformant le mousquet ou le fusil à chargement par la bouche en une courte pique. Il s’agissait d’une arme efficace capable de percer des armures solides au début du XVIIe siècle.

Les baïonnettes triangulaires résultaient d’une amélioration de la baïonnette, utilisée comme arme principale dans les attaques d’infanterie jusqu’à la Première Guerre mondiale. Les unités de marche, ou « régiments de marche », se composaient autrefois de mousquetaires et de piquiers.

Les piquiers protégeaient les mousquetaires pendant le rechargement de leurs armes et lors des charges de cavalerie. La pique fut finalement abandonnée à la fin du XVIIe siècle lorsque la baïonnette prit sa place.

Pourquoi les baïonnettes sont-elles triangulaires ?

Selon un mythe tenace, l’objectif des baïonnettes triangulaires serait de rendre l’arme plus létale en produisant une blessure difficile à suturer, provoquant une hémorragie lente et douloureuse. La plaie en forme de triangle pouvait également prendre des mois, voire des années, à guérir — si tant est qu’elle guérisse jamais.

Cependant, la raison logique de la forme triangulaire de la baïonnette était étroitement liée aux procédés de fabrication et à la technologie disponibles à l’époque : la lame triangulaire était plus facile à forger. Elle offrait également une plus grande stabilité qu’une baïonnette-lame à deux tranchants, sans ajouter de poids significatif.

Mais d’où vient donc la baïonnette triangulaire ?

Examinons son origine.

Histoire des baïonnettes

Au début du XVIIe siècle, la première conception de la baïonnette fut inventée à Bayonne, en France. Il s’agissait d’une lame droite d’un pied de long, à double tranchant, dotée d’un manche en bois effilé destiné à être fixé sur le canon d’une arme à feu. Elle ressemblait à une pique, mais était nettement plus courte.

La baïonnette améliora le mousquet, qui passa d’une arme à moyen et long portée à une arme pouvant également être utilisée au corps à corps. Un soldat pouvait désormais se défendre contre un ennemi à moins de cent yards, c’est pourquoi les piquiers n’étaient plus nécessaires pour protéger les mousquetaires au combat. La baïonnette fut principalement utilisée au combat rapproché et lors des attaques de cavalerie. Le poids, la forme et le mode de fixation des baïonnettes évoluèrent au fil du temps afin d’améliorer l’efficacité du mousquet et de la baïonnette.

Histoire de la baïonnette

Au cours du XIXe siècle, les baïonnettes servirent principalement à chasser les ennemis du champ de bataille.

Celui qui remportait le combat était celui qui contrôlait le terrain.

Malgré la brutalité des blessures causées par un coup de baïonnette, celles-ci ne représentaient moins de trois pour cent de l’ensemble des pertes durant la guerre.

Cela s’explique par le fait que les baïonnettes sont avant tout une arme psychologique : à la vue d’une baïonnette, les ennemis se dispersaient fréquemment pour éviter d’être transpercés.

Le développement de la baïonnette

Les baïonnettes furent utilisées pour la première fois par l’armée française en 1647, lors de la bataille d’Ypres. Celles-ci étaient insérées dans le canon par un système de bouchon, d’où l’appellation « baïonnette à bouchon » (plug bayonet).

La baïonnette à bouchon

La première conception de la baïonnette présentait divers problèmes, notamment le risque d’explosion de l’arme si une baïonnette à bouchon était insérée dans le canon d’un mousquet chargé et que l’on tirait. Ce type d’incident était fréquent parmi les civils. Il était si courant qu’en 1660, Louis XIV dut émettre une proclamation interdisant l’utilisation de couteaux dans les canons des armes de chasse.

Le principal problème militaire était que les mousquetaires ne pouvaient ni charger ni tirer pendant que la baïonnette était insérée dans le canon. Il était également difficile de la retirer, car l’emboîtement de la baïonnette était enfoncé en force, mais elle permettait aux mousquetaires de servir de piquiers. En effet, l’ajout de la baïonnette transformait le mousquet en lance ou demi-pique, leur permettant de combattre les charges de cavalerie.

Dès 1650, les baïonnettes étaient articulées à l’arme à l’usine, tout en se repliant vers l’arrière le long du canon. Les fusiliers français adoptèrent la baïonnette à bouchon comme équipement réglementaire standard en 1671, et les fusiliers anglais firent de même en 1685.

La baïonnette à douille

En 1688, un ingénieur militaire nommé Sébastien Le Prestre de Vauban, de l’armée française, introduisit la baïonnette à douille. La nouvelle conception comportait des anneaux libres sur la hampe qui s’ajustaient autour du canon, ainsi qu’un tenon sur le canon qui s’insérait dans une rainure à angle droit de la douille pour la sécuriser davantage.

Cette conception résolut efficacement la difficulté du retrait de la baïonnette. Elle devint la conception fondamentale des baïonnettes jusqu’au XIXe siècle, lorsque certaines furent modifiées pour servir d’outils de génie, tandis que d’autres étaient utilisées comme outils de tranchée. Elle devint un équipement standard de l’infanterie française dès 1689.

L’avantage principal de la baïonnette à douille résidait dans la possibilité de tirer avec le mousquet tout en ayant la baïonnette montée. C’est pourquoi la baïonnette à douille fut modifiée pour incorporer une fente sur le côté, afin de pallier le fait que tous les soldats n’utilisaient pas la même arme ni les mêmes calibres de canon. Une fente intentionnelle parcourant la longueur de la douille permettait de l’ajuster à la taille du canon.

La baïonnette à douille possédait trois arêtes, ce qui lui valut le nom de « baïonnette triangulaire ». Les baïonnettes à douille à lame triangulaire furent employées jusqu’au milieu du XXe siècle, bien qu’après la fin des années 1800, la forme triangulaire devint obsolète.

Les baïonnettes triangulaires sont-elles illégales ?

Il existe une croyance selon laquelle les baïonnettes triangulaires auraient été interdites, la raison étant que les blessures infligées par les baïonnettes triangulaires sont plus difficiles à guérir et provoquent davantage de saignements initiaux que celles causées par les baïonnettes à deux tranchants. Après un combat, les blessures infligées par une baïonnette triangulaire étaient réputées durer des années, voire ne jamais guérir. Cela signifiait également que la plaie était plus sujette à l’infection avant le milieu du XIXe siècle, ce qui en faisait la principale cause de décès lors de la guerre de 1812.

De plus, le mythe prétend que la Convention de Genève aurait interdit les baïonnettes triangulaires en 1949 pour ces raisons, arguant qu’elles causent des souffrances inutiles longtemps après la fin du conflit.

De nombreuses personnes croient que la Convention de Genève de 1949 a rendu la baïonnette triangulaire illégale, bien que cela ne soit pas le cas. Les baïonnettes triangulaires ne sont pas mentionnées expressément dans la Convention. Par ailleurs, la Convention de Genève a établi de nombreuses règles de la guerre, dont l’interdiction des « baïonnettes à bord dentelé », en réponse à l’utilisation de baïonnettes (Comité international de la Croix-Rouge).

Les baïonnettes triangulaires sont-elles encore utilisées aujourd’hui ?

Avec les progrès technologiques actuels, les baïonnettes sont rarement utilisées dans l’armée. Les Marines sont la seule branche de l’armée américaine à inclure encore l’entraînement à l’assaut à la baïonnette dans leur formation de base. Lors de leur formation initiale aux arts martiaux, tous les Marines apprennent à utiliser la baïonnette. Le parcours d’assaut à la baïonnette, où les Marines sont lancés pour baïonneter tout ce qui se présente, est le lieu où se déroule une partie de cet entraînement.

Les baïonnettes ont-elles de la valeur ?

Divers types de baïonnettes peuvent souvent être achetés pour 100 $ ou moins, ce qui les rend accessibles à un grand nombre de collectionneurs. Parmi les nombreux types de baïonnettes de la Seconde Guerre mondiale, les plus rares peuvent coûter des milliers de dollars. Les baïonnettes originales de la guerre de Sécession sont également extrêmement précieuses.

Les prix varient ; par exemple, une véritable baïonnette allemande K98 Elite Diamant de la Seconde Guerre mondiale peut coûter jusqu’à 500 $, tandis qu’une baïonnette japonaise Type 30 Arisaka, plus courante, peut être acquise pour moins de 100 $.

Conclusion

Baïonnette triangulaire

Dans l’armée d’aujourd’hui, les baïonnettes sont rarement utilisées ; les Marines sont la seule branche de l’armée américaine à encore inclure l’entraînement à l’assaut à la baïonnette dans leur formation de base. La baïonnette triangulaire est le résultat d’une amélioration apportée à la toute première baïonnette.

Voici quelques points essentiels à retenir concernant les baïonnettes triangulaires :

  • Les baïonnettes triangulaires, comme leur nom l’indique, sont des baïonnettes à section triangulaire initialement mises au point au XVIIe siècle en France. Elles constituaient une amélioration par rapport à la baïonnette à bouchon, dont l’inconvénient était d’empêcher le tir de l’arme une fois fixée.
  • L’avantage fondamental des baïonnettes à douille et à douille fendue de forme triangulaire réside dans la possibilité de tirer avec le mousquet tout en ayant la baïonnette fixée à l’arme.
  • Beaucoup ont cru que la Convention de Genève de 1949 sur la baïonnette triangulaire avait interdit les baïonnettes triangulaires parce que les blessures qu’elles infligent causent une douleur excessive même après la bataille, la peau déchirée et la plaie causée par les baïonnettes triangulaires étant impossibles à suturer ; cependant, seules les baïonnettes à bord dentelé furent officiellement interdites.
  • Bien que les baïonnettes triangulaires soient rarement utilisées aujourd’hui, elles conservent une valeur, en particulier celles datant des guerres précédentes. Elles peuvent coûter jusqu’à un millier de dollars ou moins de cent dollars, selon le type spécifique.

Les baïonnettes sont employées comme arme de corps à corps et outil utilitaire dans le monde entier. Cependant, en raison des avancées technologiques, de nombreux conflits se déroulent désormais à plus grande distance, rendant les baïonnettes obsolètes.

Créé : 9 avril 2022

Modifié : 25 mars 2024