Le bouclier samouraï : histoire, types et usages (tate, tedate)
Le bouclier samouraï remplissait à la fois la fonction d’élément d’armure et d’arme, et son usage a été mal compris et remis en question par beaucoup.
Souhaitez-vous connaître les faits relatifs au bouclier samouraï ?
Parcourons cet article et découvrons ce que l’histoire japonaise nous révèle du bouclier samouraï.
Qu’est-ce qu’un bouclier samouraï ?
Le bouclier samouraï était l’une des armes utilisées par certains guerriers antiques et chevaliers médiévaux pour se protéger au combat. Il était fabriqué à partir de plaques de fer, de bois ou de plusieurs couches de cuir brut laqué, et possédait une poignée en bois en son centre. Il s’agissait d’un bouclier rectangulaire portatif mesurant environ 40 à 60 pouces (100 à 150 centimètres) de longueur et 20 à 28 pouces (50 à 70 centimètres) de largeur.
Le tedate ou temochi tate était le bouclier samouraï le plus couramment utilisé, depuis le IIIe siècle jusqu’au VIIIe siècle de l’ère pré-samouraï. Un bouclier samouraï, ou bouclier portatif, était généralement associé à une épée, une lance ou une hache au combat.
Par la suite, le bouclier samouraï évolua vers un autre type de bouclier, plus grand et plus lourd.
Les différents types de boucliers samouraïs
Outre le tate et le tedate, les guerriers japonais de l’époque utilisaient d’autres types de boucliers, tels que les mantelets et les taketaba.
Temochi Tate ou Tedate
Le tate était un grand bouclier en bois utilisé par les samouraïs durant l’ère féodale. Les Japonais employèrent le tate comme type principal de bouclier tout au long de la période samouraï, jusqu’à l’époque de Heian et au-delà.
Le tate était généralement porté à la main par les soldats ou maintenu par des poteaux. Les guerriers portaient le tate dans le dos pour se protéger lorsqu’ils décidaient de battre en retraite. Il s’agissait d’une grande barrière servant à protéger les troupes de tir, tandis que le tedate en était la version réduite.
Taketaba, bouclier d’archer ou de tir
Le taketaba était un type de bouclier plus avancé et plus élaboré ; il était constitué d’un rouleau épais de bambou résistant, suffisant pour arrêter des tirs d’armes à feu à distance. Ce type de bouclier était manœuvré par une équipe sur le champ de bataille : un chargeur, un tireur et un porteur de bouclier.
Mantelets ou Pavois européen
Le mantelet était l’un des principaux types de boucliers utilisés tout au long de l’époque de Heian. Ce bouclier permettait aux archers de tirer tout en restant à couvert. Il leur servait de mur portatif. Ce type de bouclier était doté de poteaux et pouvait être déplacé pour le transport et le stockage.
Les différents types de mantelets
Les samouraïs japonais utilisaient généralement des mantelets composés de couvertures recouvrant un matelas afin d’atténuer les effets des débris sur le champ de bataille. Parmi les autres types de mantelets qu’ils employaient figuraient : le mantelet en osier en forme de U, le mantelet à planches de bois, le pavois et le mantelet à planches sur roues.
- Le mantelet en osier en forme de U sur roues était réputé pour sa légèreté ; il était facile à construire et très efficace. Les roues ajoutées à ce bouclier permettaient aux soldats d’avancer lentement mais sûrement.
- Le mantelet à planches de bois, également appelé mantelet en L, était plus lourd et nécessitait davantage de temps et d’efforts pour sa construction.
- Le pavois était un type de bouclier médiéval semblable au mantelet en osier. Il ne s’agissait pas d’un mantelet très résistant et constituait probablement l’option la plus économique et la plus simple. Il était fabriqué en métal ou en bois pour protéger le corps du guerrier.
- Le mantelet à planches de bois sur roues offrait un bouclier à structure boisée tout en restant mobile. Ce mantelet pouvait être poussé et maintenu en position verticale.
Qui utilisait le bouclier samouraï ?
Les samouraïs et les ashigaru utilisaient des boucliers portatifs, plus communément appelés tate.
Le terme samouraï est un mot japonais qui signifie « servir quelqu’un. » Les samouraïs étaient les fonctionnaires et soldats de la première classe. Ils constituaient la caste militaire héréditaire jouissant de privilèges prestigieux et particuliers, tels que le port de deux épées.
Au VIIIe siècle au Japon, les communautés locales subissaient des menaces extérieures et devaient combattre pour survivre.
C’est ainsi que commença l’histoire des samouraïs. Certains guerriers japonais considéraient ce rôle comme essentiel pour manifeste leur loyauté envers les maîtres qu’ils servaient.
Outre la protection et le service rendus à leurs clans et maîtres, les samouraïs japonais développèrent une technique de combat appelée Kenjutsu, qui demeure encore aujourd’hui appréciée et pratiquée.
Même les ashigaru, ces fantassins japonais de la première heure, utilisèrent le bouclier samouraï dès le milieu du VIe siècle. Le type de bouclier qu’ils employaient n’était pas le bouclier portatif ; il s’agissait plutôt d’un grand bouclier à panneaux de bois, également appelé mantelet.
Les ashigaru étaient des fantassins japonais qui, de simples paysans, devinrent les soldats des daimyo et évoluèrent en combattants professionnels. Les daimyo étaient les seigneurs de guerre et grands propriétaires terriens du Japon ancien.
Les samouraïs combattaient-ils avec des boucliers ?
Oui, mais certains guerriers choisissaient de ne pas porter de bouclier car il était difficile à transporter au cours des batailles. Les guerriers japonais utilisaient parfois des boucliers durant la période ancienne du Japon, puis par la suite, leurs armes évoluèrent vers des types plus avancés et modernisés.
Les soldats portaient leurs boucliers dès le début afin que leurs mains puissent encore accomplir certaines fonctions, comme tirer des flèches. Les samouraïs n’étaient pas uniquement des épéistes ; ils étaient des combattants polyvalents.
Des preuves archéologiques attestent également de l’évolution de leurs armes. Lors de leurs batailles contre les Mongols, on vit des samouraïs s’abriter derrière des boucliers en bois. Le bouclier était planté dans le sol de sorte que leurs mains restaient libres pour d’autres tâches, comme saisir l’épée, riposter en tirant ou tenir fermement une arme d’hast. Il y avait probablement des soldats désignés pour courir çà et là afin de planter les boucliers.
Durant la période des États guerriers, les cavaliers ashigaru utilisaient le tanegashima tout en se dissimulant derrière le tate. L’évolution des armes à feu devint plus courante. On comptait trois rôles distincts au combat : un tireur, un chargeur et un porteur de bouclier.
Les plates-formes de tir d’archer taketaba et les boucliers d’artillerie témoignaient de l’archerie et des armes à poudre devenant modernisées et avancées, si bien que l’exigence de boucliers de tir plus lourds et plus élaborés se mua en contrainte.
Les origines du bouclier samouraï
Avant l’ère des samouraïs
Des preuves archéologiques datant du IIIe au VIIIe siècle, relatées dans les annales dynastiques chinoises, attestent de l’existence de boucliers japonais, appelés boucliers samouraïs. Le tate et le tedate étaient les boucliers portatifs les plus répandus à cette époque.
Ce fut durant la fin de l’époque de Nara et le début de l’époque de Heian que les boucliers stationnaires commencèrent à être utilisés par l’armée Ritsuryō ; il s’agissait des mantelets, ou pavois européens. Ce type de bouclier était plus haut et plus large que le bouclier samouraï ordinaire.
Durant l’ère des samouraïs
Sous l’ère des samouraïs, le bouclier tate était répandu mais moins utilisé qu’auparavant durant l’époque de Heian. Des controverses et des débats existaient quant à la manière dont les guerriers japonais utilisaient le bouclier portatif, et l’importance ainsi que le rôle de cette arme faisaient l’objet de discussions.
Les archers montés étaient les samouraïs du XIe au XIVe siècle de la première ère des samouraïs. Ils étaient formés à l’utilisation de l’arc et à l’équitation, car ces disciplines constituaient alors les activités martiales courantes de l’élite. C’est également à cette époque que l’arc japonais était la seule arme idéale.
Par la suite, au XIVe siècle, certains cavaliers remplacèrent les arcs japonais par des armes d’hast, et c’est quelque part au XIIIe siècle qu’un samouraï fut représenté avec un bouclier tate à cheval.
Afin de pouvoir manier l’arc, les samouraïs japonais cessèrent d’utiliser le bouclier portatif, bien que certains fantassins continuassent à s’y fier. Lors des batailles, les archers se positionnaient derrière le tate tandis que d’autres guerriers employaient encore des boucliers portatifs au combat.
Le bouclier samouraï modifié
Durant l’ère des samouraïs, les boucliers portatifs furent spécifiquement modifiés en bois et prirent une forme rectangulaire, bien que certains boucliers portatifs arrondis fussent encore utilisés à cette époque.
La guerre japonaise commença à évoluer au XIVe siècle lorsque le combat à pied prit une importance considérable pour ensuite devenir très courant. Les archers montés furent abandonnés, et les samouraïs se constituèrent en diverses formes d’unités de cavalerie.
Les Japonais de l’époque développèrent un système d’armure plus complet et plus étendu plutôt que de dépendre excessivement du bouclier portatif. Dès lors, ils étaient couverts de la tête aux pieds d’une armure lamellaire, de mailles et de plaques.
Les armures japonaises et les nouvelles unités d’infanterie commencèrent à apparaître durant la période Sengoku ; les ashigaru reçurent des armes telles que des arquebuses, des piques et des arcs, ce qui les empêcha d’utiliser des boucliers portatifs.
Les anciens modèles de boucliers tate étaient détruits par les canons portatifs et les armes à feu. Le nouveau modèle était fabriqué en fer et en une épaisse « gerbe de bambou roulé » appelée take wa ou taketaba, utilisée pour protéger les guerriers des tirs d’armes à feu.
Période Sengoku ou Edo
L’époque d’Edo illustra certaines défenses parant les coups de pistolet à cheval à l’aide du tedate.
La période Sengoku ou Edo se caractérisa par l’utilisation de boucliers employés à pied, à cheval, lors d’attaques nocturnes éclair, ainsi que dans les batailles rangées. C’est durant l’époque d’Edo que le bouclier portatif fut transformé en un petit équipement servant de protection pour la main.
L’école Yagyū Shingan Ryū fut celle où l’usage le plus célèbre du bouclier portatif était enseigné. Le casque en fer Jingasa était utilisé comme bouclier à cette époque ; il s’agissait d’une technique acceptable mais néanmoins très dangereuse.
Les armes importantes utilisées par les premiers samouraïs
L’armement et l’équipement des samouraïs jouaient un rôle essentiel dans leur image, car ils symbolisaient pouvoir et statut. Il y avait six armes particulièrement importantes chez les samouraïs japonais.
Kabutowari
Couteau brise-crâne signifiant « briseur de casque » ou « briseur de crâne » — kabuto désigne le casque porté par les anciens samouraïs. Le petit sabre qui l’accompagnait se divise en deux types : le type matraque et le type dague. La lame du type dague avait pour but de fendre le casque de l’ennemi.
Yumi
L’arc long japonais ancien. Le yumi est un arc long japonais de forme asymétrique. Il joua un rôle essentiel pour les samouraïs durant la période féodale du Japon ; il tire les flèches japonaises appelées « ya. »
Naginata
Une lame longue montée sur hampe. Il s’agissait d’une arme d’hast à longue lame, plus lente et plus lourde que l’épée japonaise.
Tantō
Un couteau à double tranchant. Le tantō était un couteau à un ou deux tranchants, conçu pour poignarder ou taillader.
Wakizashi
Une lame auxiliaire. Elle était utilisée comme arme de secours pour accomplir le suicide rituel du seppuku. Cette arme devait être gardée auprès du lit du samouraï, ce qui explique que le wakizashi signifie le « bras gauche » du samouraï.
Katana
L’âme et la lame du guerrier. Ce type d’arme japonaise était un sabre long, fin et courbe à un seul tranchant, doté d’une poignée longue de forme circulaire ou carrée. Le katana devint célèbre en raison des mutations et du développement du combat rapproché. Avec cette arme, le samouraï pouvait aisément frapper l’ennemi en un seul mouvement.
L’armure des samouraïs
L’armure des samouraïs était unique, de la tête aux pieds. Selon le type d’armure samouraï porté, on pouvait facilement déterminer la dynastie pour laquelle le guerrier combattait. Outre le bouclier samouraï, les samouraïs étaient réputés pour leur armure. L’armure traditionnelle samouraï comprenait : le kabuto (casque), le dō (armure pour le torse), le kusazari (armure pour les jambes), le kogake, le kote (armure pour les bras) et le sabre katana.
Conclusion
Le bouclier samouraï a joué un rôle essentiel dans les débuts de l’histoire japonaise. Nous avons découvert que les guerriers japonais utilisaient le bouclier samouraï, et nous avons vu comment son usage commença et comment il prit fin.
Vérifions si nous avons couvert tout ce qu’il faut savoir :
- La définition claire du samouraï et du bouclier samouraï.
- Outre le tate, il existait d’autres types de boucliers samouraïs utilisés par les guerriers japonais.
- Les samouraïs employaient de nombreux types d’armes.
- Le bouclier samouraï possède une histoire ancienne passionnante.
- Les premiers guerriers japonais utilisaient différents types de boucliers samouraïs.
Le bouclier samouraï a peut-être disparu en raison du développement rapide de l’art de la guerre japonaise en matière d’armes et d’équipements. Cependant, on ne saurait négliger l’héritage de ce bouclier et des armes que les Japonais utilisaient jadis. Assurément, le bouclier samouraï est devenu une partie significative de l’histoire.


