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Reza Shah Pahlavi — Shah d'Iran, modernisateur (Reza Khan)

Reza Shah Pahlavi s’appelait à l’origine Reza Khan. Il devint un chef redoutable de la dynastie Pahlavi et introduisit des changements majeurs dans le royaume.

Carte de l'Iran moderne

Ses réformes sociales, politiques et économiques se sont avérées catalyser des changements progressistes dans la modernisation de l’Iran, ce qui lui valut le titre de « Fondateur de l’Iran moderne ».

Dans cet article, vous découvrirez comment il a impulsé la modernisation d’un pays ancien et dénué de ressources.

Qui était Reza Shah Pahlavi ?

Reza était né pour gouverner, et grâce à ses compétences militaires et à son courage, il parvint à prendre le commandement de l’ensemble de la brigade cosaque et à s’emparer de Téhéran en février 1921. Il dirigea également le nouveau gouvernement iranien en tant que commandant en chef de l’armée et ministre de la Guerre.

Après avoir déposé Ahmad Shah Qajar en 1925, il proposa un amendement à la constitution afin de pouvoir accéder au trône en tant que Shah d’Iran. Par conséquent, il fonda la dynastie Pahlavi, qui perdura jusqu’en 1979.

Diriger l’Iran n’était pas une tâche simple en raison des conflits nationaux avec les envahisseurs étrangers, mais son autorité stratégique le rendit populaire. Il n’est pas étonnant qu’il reçut le titre de Reza Shah le Grand en 1950.

Le parcours de Reza à la tête du pays ne fut pas sans difficultés. Il dut surmonter de nombreuses controverses, mais ses partisans étaient convaincus qu’il représentait un phare de modernisation dans un Iran dévasté par la guerre. D’un autre côté, certains de ses détracteurs affirmaient qu’il régnait de manière despotique et qu’il n’avait pas véritablement modernisé le pays.

Certains de ses critiques dénoncèrent également sa volonté de réprimer la présence de certains groupes sociaux et ethniques en Iran. Néanmoins, il demeura inébranlable dans sa conviction que l’Iran avait besoin d’une forte volonté politique pour surmonter ses dilemmes nationaux.

D’ascendance iranienne mazandarani, Reza élabora une politique globale de modernisation du pays, connue sous le nom de persianisation. Il conçut ce plan dans la lignée du succès de Mustafa Kemal Atatürk, qui avait redressé la Turquie après la chute de l’Empire ottoman grâce à sa campagne de turquification.

Reza était convaincu qu’un changement radical était nécessaire car il pouvait ouvrir la voie à la fondation d’une nation nouvelle.

L’enfance de Reza

Reza Shah Pahlavi naquit le 15 mars 1878 de Major Abbas-Ali Khan et de Noush Afarin, une immigrée musulmane de Géorgie (alors partie intégrante de la Russie). Son lieu de naissance fut Alasht, un village du comté de Savadkuh, dans la province du Mazandaran. Son père était un militaire courageux qui avait servi durant la guerre anglo-perse de 1856.

Cependant, Abbas-Ali mourut subitement alors que Reza n’avait que huit mois. Reza et sa mère déménagèrent chez le frère de celle-ci à Téhéran peu après la mort de son père.

Lorsque sa mère se remaria en 1879, elle le confia à la garde de son oncle. Par la suite, le jeune Reza fut envoyé chez un ami de la famille, Amir Tuman Kazim Khan, haut officier de la brigade cosaque persane.

Ce foyer lui offrit un véritable chez-soi et un soutien éducatif, car il eut l’opportunité d’étudier avec les précepteurs des enfants de Kazim Khan. Ce dernier tint lieu de véritable père pour Reza, lui fournissant un foyer et l’éducation que tout enfant mérite.

Reza semblait être né sous une bonne étoile. À seize ans, il décida d’intégrer la brigade cosaque persane. Il accomplit sa formation avec passion, comme Kazim Khan lui-même put le constater. Ainsi, à vingt-cinq ans, il fut choisi comme garde et domestique auprès du consul général néerlandais Fridolin Marinus Knobel.

Doté d’une taille imposante et d’une constitution robuste, Reza inspirait le respect et le commandement naturel. En outre, il faisait preuve d’une agilité remarquable, d’une intelligence créative et d’une détermination à diriger. Ces qualités le rendaient parfaitement apte à occuper le trône d’Iran.

Il servit dans l’armée impériale, où il se distingua par son excellence dans le maniement des mitrailleuses. Connaissez-vous un jeune soldat dont les compétences seraient comparables aux siennes ? Avant sa promotion, ses supérieurs avaient remarqué sa passion et sa persévérance.

Par la suite, il fut nommé général de brigade dans la brigade cosaque persane, ce qui lui conféra l’honneur d’en être le dernier commandant, et le seul Iranien à occuper ce poste dans la longue histoire de la brigade.

Il choisit finalement le nom de Pahlavi comme nom de famille, lequel devint également le nom officiel de la dynastie qu’il fonda.

L’ascension de Reza vers le trône

Reza Shah Pahlavi

La révolution russe fut une bataille âprement disputée par la Grande-Bretagne et la Russie. Cependant, la Grande-Bretagne utilisa l’Iran comme collaborateur pour une attaque en 1921. En représailles, la Russie occupa des portions de la Perse. Il s’ensuivit une situation humiliante pour l’Iran, placé sous le contrôle simultané de la Russie et de la Grande-Bretagne.

Pour riposter, Reza Khan, fraîchement promu chef du bataillon de Tabriz, mena son armée contre les soldats britanniques. Ainsi, il devint connu sous le nom de Sardar Sepah, ou commandant en chef de l’armée. Reza Khan déploya beaucoup d’efforts pour maintenir la stabilité de Téhéran.

Il réussit dans sa campagne visant à sécuriser la principale ville d’Iran contre tout envahisseur, jusqu’à sa nomination au poste de Premier ministre en 1923. Dès sa prise de pouvoir, il constitua immédiatement un cabinet politique pour aider à la mise en œuvre de ses plans de modernisation du pays.

Respecté pour sa bravoure, Reza Khan parvint à convaincre le Majlis, le conseil législatif, de renverser et d’exiler Ahmad Shah afin de l’installer comme Shah d’Iran. Il envisagea de convertir le pays en une république, à l’instar de son homologue turc Atatürk, mais il y renonça en raison de la présence de l’armée britannique.

Avec la chance de son côté, le Majlis convoqua une assemblée et le proclama Shah d’Iran le 12 décembre 1925. Shah est l’équivalent de roi. Il sembla que toutes les forces s’accordèrent sur sa direction, car il fut investi premier shah de la dynastie Pahlavi le 5 décembre 1925.

Il avait 47 ans lors de son couronnement le 25 avril 1926, tandis que son fils Mohammad Reza Pahlavi fut également proclamé prince héritier.

Coup d’État en Iran

Aspirant à un souverain digne de ce nom, on sait également que l’Iran présentait alors un visage de désintégration sous le règne tumultueux des envahisseurs étrangers. À l’époque, Ahmad Shah de la dynastie Qajar se révélait immature, inefficace et corrompu. Il permit à une puissance étrangère de contrôler l’Iran malgré les clameurs du peuple réclamant des réformes.

Il était évident que la Russie et la Grande-Bretagne projetaient de soumettre l’ensemble du pays pour leurs gains économiques et politiques, compte tenu de la situation stratégique du pays et des ressources naturelles susceptibles de dynamiser leur économie.

Shah Reza Khan élabora rapidement un plan pour sauver le pays de la domination étrangère. Il s’engagea à mettre fin aux tourments dans lesquels se débattait l’Iran et à renforcer la direction de la monarchie.

Il fut heureux que Shah Pahlavi ait sauvé l’Iran. Il souhaitait réformer le pays et entreprendre la construction de son économie. Son accession au pouvoir fut extraordinairement rapide. Afin d’éviter trop de publicité autour de ses intentions, il s’abstint de discuter publiquement de ses projets pour le pays.

Ahmad Shah fut envoyé en exil en Europe. Il refusa de retourner en Iran et de comparaître devant la cour. L’administration de Reza Khan souhaitait le convoquer pour répondre aux accusations portées contre lui, mais il les ignora.

Les réformes du gouvernement

Dès le couronnement de Reza Shah, il mobilisa rapidement son gouvernement pour réformer les lois chaotiques du pays. Il mit fin aux traités inéquitables avec les puissances étrangères. Il construisit le chemin de fer transiranien. Il accorda la liberté aux femmes et leur demanda de retirer leurs voiles.

Il géra également les finances et les communications du pays. En outre, il fit bâtir des écoles, des hôpitaux et des routes. Sous son autorité, la première université fut fondée en 1934.

Vie privée

Shah Reza Khan épousa sa cousine Maryam Savadkoohi en 1894. Ils eurent une fille nommée Princesse Hamdamsaltaneh Pahlavi avant qu’elle ne mourût en 1904.

Reza Shah épousa sa deuxième femme en 1916, Nimtaj Khnoum, qui prit par la suite le nom de Reine Tadj-ol-Molouk. Lorsqu’il accéda au trône, elle devint l’épouse officielle de Reza Shah. Leur union donna naissance à quatre enfants : la Princesse Shams Pahlavi (1917–1996), Mohammad Reza Shah Pahlavi (1919–1980), la Princesse Ashraf Pahlavi (1919–2016) et le Prince Ali Reza Pahlavi (1922–1954).

Sa troisième épouse était issue de la dynastie Qajar, la Reine Turan Amirsoleimani (1905–1995). Ensemble, ils eurent un fils : le Prince Gholam Reza Pahlavi (1923–2017).

Sa quatrième et dernière épouse fut une princesse de la dynastie Qajar, la Reine Esmat Dowlatshahi (1905–1995). La Reine Esmat était l’épouse préférée de Reza Shah, qui l’accompagna dans son exil. Ils eurent cinq enfants : le Prince Abdul Reza Pahlavi (1924–2004), le Prince Ahmad Reza Pahlavi (1925–1981), le Prince Mahmoud Reza Pahlavi (1926–2001), la Princesse Fatemeh Pahlavi (1928–1987) et le Prince Hamid Reza Pahlavi (1932–1992).

Tous les enfants de Reza Shah reçurent des soins et une éducation appropriés. Il était strict et disciplinaire, mais il connaissait ses responsabilités envers ses enfants. Reza Shah abdiqua son trône et permit à son fils Mohammad Reza Pahlavi d’accéder au pouvoir. Il passa ensuite ses dernières années à Johannesburg, où il mourut en juillet 1944.

Conclusion

Portrait de Reza Shah Pahlavi

Reza Shah Pahlavi mena une vie progressiste. Sa puissance de leadership façonna l’esprit de son peuple et l’encouragea à œuvrer avec le gouvernement pour atteindre ses objectifs. Il fut orphelin à huit mois, lorsque son véritable père mourut.

Fort heureusement, il trouva en Amir Tuman Kazim Khan un homme responsable qui forgea son sens du commandement, son éducation et son autonomie, lui apportant tout ce dont il avait besoin pour devenir le chef d’une monarchie et d’une dynastie.

Créé : 11 janvier 2022

Modifié : 16 mars 2024