Lamassu : La déesse mésopotamienne antique à tête humaine et corps de taureau ailé
Lamassu, également connue sous les noms de Lama ou Lamma, est une déesse mésopotamienne antique. Cette divinité protectrice était généralement considérée comme féminine, bien qu’elle ait parfois été représentée sous une forme masculine. Divinité hybride, elle possédait une tête humaine, le corps d’un taureau — parfois d’un lion — et des ailes.
Lisez cet article pour découvrir l’importance de cette déesse mésopotamienne et comment elle devint un être hybride aux yeux des Assyriens.
Qui est Lamassu ?
Lamassu est la déesse hybride protectrice de l’époque assyrienne de la Mésopotamie antique. Le plus souvent considérée comme une déesse, elle porte également les noms de Lama ou Lamma, tout en possédant un pendant masculin, la version moins connue de cette divinité nommée Shedu. Lamassu jouait un rôle de déesse médiatrice entre les autres divinités.
Une représentation de cette déesse fut mise au jour à Uruk en Mésopotamie, où elle fut identifiée sous le nom de Lamma. D’autres figurines présentant des caractéristiques similaires furent également découvertes : robe à volants, tiare cornue et bras levés vers le ciel. Cette déesse apparut durant la période sumérienne antérieure, mais c’est à l’époque assyrienne ultérieure qu’elle devint une divinité hybride.
C’est à cette période qu’elle apparut comme la déesse mi-humaine, mi-animale. Parfois, le nom de Lamassu désigne plusieurs divinités ou esprits, et plus tardivement, elle devint un motif et un symbole de puissance ainsi que de protection. Lamassu représentait également le zodiaque, les étoiles et les constellations.
Lamassu, description complète du lion ailé assyrien
Lamassu devint une déesse hybride à l’époque assyrienne et fut transformée en une sorte de taureau humanoïde. Cet empire dura de 900 à 600 av. J.-C. en Mésopotamie, et durant cette période, elle se développa en une déesse dotée d’une tête humaine, du corps d’un taureau ou d’un lion, d’ailes d’oiseau et parfois de cinq pattes. La première image de cette divinité hybride apparut durant le règne du roi d’Assyrie Teglath-Phalasar II.
Ce type de représentation, le taureau ailé à tête humaine, n’était pas inconnu au Proche-Orient et y était même fort répandu. Dans les sculptures assyriennes de Lamassu, ces créatures étaient souvent disposées par paires devant les cours ou les palais, tournées vers la rue, exhibant leur puissance. De face, elles semblaient immobiles ; de profil, elles paraissaient en marche.
Elles apparaissaient également parfois à l’intérieur des palais, sous forme de figurines plus petites, toujours présentes pour protéger leurs occupants. Certains palais possédaient plus de deux représentations de Lamassu à leur entrée, accompagnées de lions ou d’un héros capturant un lion.
La mythologie de Lamassu, la déesse hybride mésopotamienne
Lamassu était une figure divinisée dans une grande partie de la religion mésopotamienne. En plus de ses autres attributs animaux, elle pouvait également posséder des cornes ou des oreilles de taureau.
Lamassu et les dieux Lamassu étaient à l’origine considérés comme des divinités protectrices du peuple assyrien commun. Ce n’est que plus tard qu’ils devinrent les divinités tutélaires des palais et des classes supérieures.
Non seulement elles apparaissaient à l’entrée des palais, mais elles pouvaient également être placées à l’entrée des villes. De taille imposante, elles manifestaient ainsi leur puissance et leur capacité à protéger ceux qui se trouvaient à l’intérieur. Pour protéger les demeures, la figure de Lamassu était gravée sur des tablettes d’argile, qui étaient enfouies sous le seuil de la porte.
Lamassu, le taureau assyrien, dans l’art
Cette déesse apparaît dans de nombreux exemples de l’art mésopotamien ainsi que dans les sites antiques de Mésopotamie.
On peut notamment citer :
- Le palais de Sargon II à Dur-Sharrukin
- Les sceaux-cylindres : utilisés pour imprimer des motifs sur l’argile
- La Porte de toutes les Nations en Iran
- Le Louvre à Paris
- Le Metropolitan Museum of Art à New York
- Et bien d’autres
La destruction du Lamassu de Ninive par l’EIIL en 2015
Malheureusement, une œuvre représentant Lamassu fut détruite par l’État islamique en 2015. Cette représentation se trouvait à Ninive en Irak ; si les zones environnantes furent attaquées par des bombardements, le visage de Lamassu fut détruit à la perceuse. Cet acte fut perpétré délibérément pour symboliser la conquête de la région, allant jusqu’à percer les yeux de Lamassu, en guise de déclaration.
Cette démarche rappelle l’Antiquité, où l’on considérait qu’une conquête n’était achevée que lorsque les œuvres d’art de la nation vaincue étaient mutilées. Fort heureusement, tout ne fut pas perdu, car quelqu’un souhaita redonner vie à ce Lamassu. Un professeur américain nommé Michael Rakowitz fut chargé de recréer cette sculpture, qui est désormais exposée à Trafalgar Square à Londres.
Cette réplique fut réalisée à partir de 10 000 boîtes de sirop de dattes irakien et constitue un symbole de couleurs éclatantes dans l’environnement sombre et gris de Londres. Le projet s’intitule « The Invisible Enemy Should Not Exist », et l’ambition de Michael Rakowitz s’étendait à la réplique de nombreux autres objets détruits lors de l’invasion de l’EIIL.
Lamassu dans la culture populaire
Lamassu était si populaire en Mésopotamie que son iconographie se développa et se diffusa largement. Cette déesse subsiste encore aujourd’hui dans la culture populaire.
Son symbole apparaît dans plusieurs contextes :
- La 10e armée britannique, en activité dans les années 1940 en Irak et en Iran, utilisa Lamassu comme emblème
- Encore aujourd’hui, Lamassu figure sur le logo des forces armées américaines en Irak
- Lamassu apparaît dans « Le Lion, la Sorcière et l’Armoire » comme l’un des personnages animaliers présents à la Table de Pierre
- Une figure de Lamassu figure dans « Aladdin », après qu’Aladdin et Abu sont entrés dans la Grotte des Merveilles
- Elle apparaît également dans le film « Alexandre » à la porte d’Ishtar à Babylone
- Lamassu fait une apparition dans le jeu « Donjons et Dragons »
- Elle est aussi intégrée au jeu de cartes à collectionner « Magic : L’Assemblée »
- Lamassu apparaît dans la série « Fablehaven »
Questions fréquentes sur Lamassu
- De quoi est faite Lamassu ? : De nombreuses statues de Lamassu étaient réalisées en calcaire blanc
- Quel est le pluriel de Lamassu ? : Le pluriel de Lamassu est Lamassi
- Comment Lamassu manifeste-t-elle sa puissance ? : Elle représente la puissance par son apparence hybride, combinant traits humains et animaux. Le fait qu’elle monte la garde à l’entrée des édifices importants témoigne également de sa puissance majestueuse
- Pourquoi Lamassu a-t-elle une tête humaine ? : Il n’était pas rare à cette époque que ce type de figure possède une tête humaine
Conclusion
Voici un résumé de ce que nous avons appris sur Lamassu dans cet article :
- Lamassu, ou Lama/Lamma, était une déesse mésopotamienne
- Elle était le plus souvent représentée sous une forme féminine, mais au fil du temps, elle fut parfois dépeinte comme masculine, voire asexuée
- Parfois, son nom désigne de multiples esprits ou divinités
- Son pendant masculin est appelé Shedu
- Elle apparut d’abord durant la période sumérienne, puis, à l’époque assyrienne, elle devint une divinité hybride, mi-animale et mi-humaine
- Lamassu était considérée comme une figure protectrice, et au fil du temps, diverses œuvres d’art attestèrent de la valeur qu’on lui accordait en tant que protectrice
- Elle était également considérée comme une divinité médiatrice entre les autres dieux et représentait le zodiaque et les constellations
- Les savants lui donnèrent le nom de Lamassu car une statue fut mise au jour à Uruk en Mésopotamie, où cette déesse était appelée Lamma
- D’autres figurines similaires, considérées comme la représentant, furent découvertes au fil du temps. Elles présentaient toutes des caractéristiques similaires : robe à volants, tiare cornue et bras levés vers le ciel
- Durant la période assyrienne, de nouvelles images de la déesse apparurent, la dépeignant avec cinq pattes, des ailes d’oiseau, une tête humaine et le corps d’un taureau ou d’un lion
- L’idée d’une divinité hybride était une image très courante au Proche-Orient
- Elle était particulièrement populaire à l’époque assyrienne. Durant cette période, les statues de Lamassu ornaient les entrées des édifices importants, disposées de part et d’autre des portails de palais et même de demeures
- Parfois, les gens dessinaient Lamassu sur des tablettes d’argile et les enfouissaient sous le seuil de leur porte pour protéger leur maison
- Ces images peuvent être admirées en de nombreux endroits, et des œuvres la représentant se trouvent aujourd’hui dans de nombreux musées à travers le monde
- Malheureusement, en 2015, l’imposante statue de Lamassu à Ninive, en Irak, fut détruite par l’EIIL
- Les destructeurs lui percèrent les yeux à la perceuse pour symboliser la conquête de la région
- En forme de « rétorsion », un professeur américain recréa la sculpture à partir de boîtes de sirop de dattes irakien ; elle est désormais exposée à Trafalgar Square
- Lamassu apparaît dans « Donjons et Dragons », « Le Lion, la Sorcière et l’Armoire », « Aladdin », et constitue l’emblème du logo des forces armées américaines en Irak
Lamassu était une divinité puissante et protectrice de la religion mésopotamienne antique, qui manifestait sa puissance par la combinaison de qualités humaines et animales, la rendant à la fois forte et redoutable.
Elle était jugée suffisamment puissante pour protéger ceux qui se trouvaient dans les édifices qu’elle gardait, mais elle prouve également sa puissance par sa diffusion si vaste à travers le monde. Même après avoir été détruite par des hommes dans la terre qu’elle habitait, sa puissance perdure, car elle est revenue à la vie sous une forme nouvelle et en un lieu nouveau.


