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Le peuple assyrien : civilisation antique, puissance antique

Les Assyriens étaient un peuple antique qui vivait dans la partie septentrionale de la Mésopotamie, correspondant à l’actuel Irak, ainsi qu’en partie dans l’Iran, la Syrie et le Koweït.

Les Assyriens contrôlèrent un vaste territoire s’étendant du sud de l’Irak jusqu’à la côte méditerranéenne. Ils tirent leur nom de la ville d’Ashur, dont les ruines se trouvent aujourd’hui dans le nord de l’Irak. L’Empire assyrien exista pendant dix-neuf siècles, de 2500 av. J.-C. à 605 av. J.-C.

Écritures assyriennes

Durant son déclin, de 605 av. J.-C. à la fin du VIIe siècle, la région fut appelée Assyrie achéménide, Ator, Author, et parfois Syrie.

Qui étaient les Assyriens ?

Les Assyriens, également appelés Syriaques, étaient un peuple de langue sémitique établi près du fleuve Tigre en Haute-Mésopotamie. Cette région correspond aujourd’hui au nord de l’Irak, à la Syrie et au sud-est de la Turquie. Ils vénéraient le dieu nommé Ashur, qui possédait un sanctuaire sur le Tigre.

Le royaume d’Assyrie fut autrefois une puissance régionale. Les Assyriens exercèrent le contrôle sur un empire puissant qui dura plusieurs périodes. Les textes antiques ont décrit l’étendue et la puissance de l’Assyrie à son époque. Elle devint l’une des grandes puissances du Proche-Orient de l’âge du Bronze, aux côtés de Babylone, des Hittites et de l’Égypte.

Les Assyriens se distinguaient culturellement et génétiquement des autres peuples du Proche-Orient, tels que les Arabes, les Perses, les Juifs et les Arméniens. Ils parlaient et écrivaient l’akkadien avant que celui-ci ne cède la place à l’araméen. Les Assyriens vivaient en Grande Mésopotamie, que les historiens désignent souvent comme le « berceau de la civilisation ».

Qui sont les Assyriens d’aujourd’hui ?

Après la chute de l’Empire assyrien aux VIe et VIIe siècles, peu après l’invasion arabe, les Assyriens furent réduits à une petite nation vivant au milieu des peuples du Proche-Orient. Les Assyriens furent parmi les premiers peuples à embrasser le christianisme, ce qui les rendit victimes de persécutions meurtrières au cours des siècles suivants.

Les Assyriens modernes affirment descendre du peuple assyrien antique. Les chercheurs ont confirmé cette filiation sur la base de leur dialecte, qui dérive de l’araméen ancien. Les Assyriens d’aujourd’hui se désignent sous le nom de « Surayi », qui se traduit par « Assyrien » ou « Syrien ».

De nos jours, les seules personnes présentant le plus haut degré de parenté génétique, historique, linguistique et culturelle avec les Assyriens antiques sont les chrétiens assyriens d’Irak. On les trouve également dans le nord-ouest de l’Iran, le nord-est de la Syrie et le sud-est de la Turquie. Ce sont des chrétiens connus pour leur attachement à l’Église apostolique assyrienne de l’Orient, à l’Église catholique chaldéenne et à l’Église évangélique assyrienne.

De nombreux Assyriens modernes sont également restés sur leurs terres ancestrales, situées dans le nord de l’Iran, de l’Irak, de la Syrie et de la Turquie actuels. Ceux qui ont continué à vivre dans la même région ont également conservé leur foi chrétienne et la langue assyrienne néo-araméenne. Selon les données récentes, on compte environ 3,3 millions d’Assyriens dans le monde, dont la majorité vit en Irak et en Syrie, quelques-uns résidant aux États-Unis.

Histoire de l’Assyrie

Avant que la région ne soit appelée Assyrie, le territoire abritait une culture néandertalienne dont les vestiges furent découverts dans la grotte de Shanidar. Au XXVIe siècle av. J.-C., Assur et Ninive étaient des régions soumises à l’autorité sumérienne plutôt que des États indépendants.

Monument de l'Empire assyrien antique

L’Assyrie fut également dépendante de la Babylonie et du royaume du Mitanni. Elle n’émergea comme État indépendant qu’au XIVe siècle, avant de devenir, au cours de la période suivante, une puissance majeure de la Mésopotamie. Les spécialistes divisent généralement l’histoire assyrienne en trois périodes : l’Empire assyrien ancien, l’Empire assyrien moyen et l’Empire néo-assyrien.

L’Empire assyrien ancien

Cette ère est considérée comme la période la plus ancienne de fondation de la culture assyrienne. Elle se distingue de ses voisines du sud de la Mésopotamie. Les archéologues ont établi que sa capitale se trouvait à Ashur, sur le fleuve Tigre. Les ruines de la ville d’Ashur furent datées d’environ 1900 av. J.-C., date considérée aujourd’hui comme celle de la fondation de la cité.

Les premiers textes révélèrent que les premiers rois de l’Empire vivaient sous des tentes, ce qui suggère des communautés pastorales plutôt qu’urbaines. Les anciens Assyriens étaient principalement des agriculteurs de langue akkadienne vivant de l’agriculture et de l’élevage. Ils furent également d’habiles commerçants qui s’enrichirent en prélevant des taxes sur les marchands traversant leurs territoires.

Durant la période assyrienne ancienne, Assur était la plus grande ville contrôlant la Haute-Mésopotamie. Elle devint un important centre de commerce sous l’ancien Empire assyrien. Cependant, en raison du manque de sources documentaires, sa forme et sa structure précises demeurent un mystère.

À l’instar d’autres cités-États de l’époque, Assur était une oligarchie plutôt qu’une monarchie. Le pouvoir reposait sur trois autorités centrales : le souverain héréditaire, l’assemblée des Anciens et l’éponyme. Le souverain présidait l’assemblée et prenait la plupart des décisions. L’éponyme était élu chaque année et assumait la responsabilité de l’administration économique de la cité. Il avait le pouvoir d’incarcérer des individus et de confisquer les biens illicites.

Le centre commercial le plus lucratif était Karum Kanes, ou port de Kanesh. Il était considéré comme le lieu le plus important de la ville, où les marchands se rendaient pour affaires. La richesse générée par ce port assura stabilité et sécurité aux habitants d’Ashur. Celui-ci permit l’expansion de la cité, menant à l’essor de l’Empire.

L’un des souverains les plus célèbres de cette époque fut le roi Shamshi-Adad. Il contrôla le nord et enrichit les Assyriens. Après sa mort en 1781 av. J.-C., l’Empire s’affaiblit et tomba sous le contrôle de l’Empire babylonien.

La période assyrienne moyenne

De 1360 av. J.-C. à 1074 av. J.-C., l’Assyrie retrouva sa puissance grâce à ses prouesses militaires. Elle est souvent évoquée pour ses armées impitoyables. C’est durant cette période que l’Assyrie conquit la totalité de la Mésopotamie et étendit son empire, contrôlant la Babylonie, l’Égypte, Israël et Chypre.

La période assyrienne moyenne fut marquée par plusieurs guerres prolongées qui transformèrent l’Assyrie en une société guerrière. À cette époque, presque tous les citoyens de sexe masculin étaient tenus de servir dans l’armée. L’Assyrie domina également la Mésopotamie durant la première moitié du millénaire et se signala par ses guerriers redoutables et agressifs.

Les premières armées assyriennes étaient composées de lanciers paysans. L’armée s’améliora au fil des années, devenant l’une des plus meurtrières de son époque. Les Assyriens furent le premier empire à développer des armes en fer, supérieures aux armes de bronze utilisées par leurs ennemis. Leur maîtrise du travail du fer leur permit de forger des armes et des boucliers de meilleure qualité, rendant leurs soldats plus meurtriers que ceux de tout autre empire. Les armes de fer étaient supérieures au bronze et pouvaient être produites en masse, permettant aux Assyriens de lever de vastes armées.

Les Assyriens furent également les premiers à constituer des unités du génie qui dressaient des échelles et des rampes pour investir les villes fortifiées. Ils créèrent des chars de guerre qui leur conférèrent un avantage décisif sur le champ de bataille. Ils adoptèrent aussi les premiers les troupes légères de missiles, les unités de chameliers et de cavaliers. Les guerriers assyriens se montraient d’une brutalité extrême : ils torturaient, violaient, décapitaient et écorchaient leurs ennemis. Ils incendiaient les maisons, abattaient les vergers et salaient les champs.

Une autre tactique de guerre qui rendit les Assyriens célèbres consistait à dérober les statues et les symboles religieux des temples ennemis. Ce procédé visait à saper le moral de l’adversaire et à empêcher son dieu d’entendre ses prières.

Grâce à leurs ravages et à leur butin de guerre, les rois assyriens acquirent une immense richesse. Ils firent ériger plusieurs palais gigantesques à travers la région. Ils organisaient souvent des banquets pour plus de 70 000 personnes. Pendant des centaines d’années, l’Empire assyrien maintint sa puissance. Ce n’est qu’autour de 600 av. J.-C. que l’empire devint trop vaste à administrer et finit par se disloquer.

L’Empire néo-assyrien

Sous l’Empire néo-assyrien, la domination assyrienne s’étendit de la Mésopotamie à l’Asie Mineure et à l’Égypte. Ce fut le plus grand empire que le monde ait alors connu. De nombreux historiens le considèrent également comme le premier véritable empire de l’histoire.

Cette période marqua également les progrès des Assyriens en matière d’ingénierie. Les villes assyriennes, situées le long du Tigre, étaient solides et massives. Leurs palais étaient immenses et construits en pierre. Ils parvinrent à ériger des remparts colossaux capables de résister aux sièges.

Ce fut l’époque où l’Assyrie connut une série de souverains puissants tels que Tiglath-Phalasar III, Sargon II, Sennacherib et Assurbanipal. Sous l’impulsion de ces dirigeants, l’Assyrie conquit la majeure partie du Proche-Orient et de l’Égypte. Ils contrôlèrent les grandes routes commerciales et dominèrent les États de Babylone, d’Anatolie et du Levant. La ville d’Ashur devint la capitale religieuse de l’État. Les rois assyriens agrandirent et érigèrent également des édifices impressionnants dans d’autres villes.

Le roi assyrien Tiglath-Phalasar est mentionné à plusieurs reprises dans la Bible comme l’un des ennemis mortels des Israélites. Il y est souvent dépeint comme un souverain agressif et cruellement vindicatif. Il mena des guerres victorieuses qui terrorisèrent ses voisins. Tiglath-Phalasar III fut également le roi qui entreprit de vastes réformes de l’armée assyrienne, lui permettant de reconquérir le littoral méditerranéen et Babylone.

Le dernier grand roi assyrien, Assurbanipal, fit construire une grande bibliothèque dans la ville de Ninive. Il y rassembla des tablettes d’argile provenant de toute la Mésopotamie, incluant les récits de Gilgamesh, le Code d’Hammurabi et l’Enuma Elish. Pendant quarante-deux ans, Assurbanipal gouverna l’empire avec efficacité, jusqu’à ce que celui-ci devienne trop étendu et difficile à défendre.

Au sommet de sa puissance, l’Empire assyrien éprouva de grandes difficultés à maintenir son contrôle sur Babylone, et un conflit ne tarda pas à éclater. À la fin du VIIe siècle, l’empire s’effondra sous les assauts conjugués des Babyloniens du sud de la Mésopotamie et des Mèdes. Ils détruisirent Nimrud à deux reprises, y compris la bibliothèque d’Assurbanipal. En 612 av. J.-C., ils s’emparèrent d’Assur et de Ninive.

La culture assyrienne

Malgré leur réputation redoutable, les Assyriens formaient une civilisation organisée. Ils possédaient des documents rédigés en cunéiforme, et leurs villes étaient ornées de sculptures et de pierres peintes.

Les Assyriens construisaient principalement leurs infrastructures en briques de terre crue et en pierre. Leurs palaces étaient souvent ornés de pierres peintes et agrémentés de magnifiques jardins dotés de canaux artificiels. L’un de leurs ornements préférés, le lamassu, représente une statue ailée mi-homme, mi-taureau qui se dressait souvent de chaque côté des portails, à l’instard du Sphinx égyptien.

Monument de la culture assyrienne

Leurs territoires étaient administrés par leurs rois. Le roi était considéré comme le chef du gouvernement et le palais comme le siège de l’administration. Le roi s’entourait de conseillers qu’il consultait avant de prendre les décisions importantes. Il assumait également la fonction de grand-prêtre d’Ashur, le dieu de l’État.

Les premiers souverains d’Assyrie se désignaient sous le titre de « vicegerent » du dieu Ashur, que les spécialistes considèrent comme un autre terme pour désigner le gouverneur. Cependant, sous le règne de Shamshi-Adad, ce souverain s’attribua le titre se traduisant par « roi de l’univers ».

Les Assyriens fortunés pratiquaient la chasse depuis leurs chars. La plupart des habitants des villes devaient payer des impôts et des tributs sous forme de denrées, de marchandises et d’or. Ils disposaient également d’un vaste réseau routier qui facilitait le déploiement de leurs armées vers différentes destinations.

Les Assyriens inventèrent également la première langue écrite au monde, le cercle à 360 degrés et le Code d’Hammurabi. Le Code d’Hammurabi fut gravé sur une stèle de pierre de huit pieds et placé dans les villes de l’empire. La célèbre formule « Œil pour œil, dent pour dent » repose sur le Code d’Hammurabi.

La géographie joua également un rôle essentiel dans la culture assyrienne. Les Assyriens étaient originellement établis dans les hautes terres du nord du Tigre, au nord de Babylone et au sud de l’Arménie. Ils vivaient entourés de Perses, de Turcs, de Kurdes et d’Arabes.

Lors de l’essor de l’islam au Proche-Orient, les musulmans sunnites et chiotes prirent pour cibles les Assyriens. Ils contraignirent ces derniers à se réfugier dans les montagnes rocailleuses du Hakkari, où ils créèrent des forteresses naturelles. Le climat en Assyrie était plus frais que dans le sud de la Mésopotamie. La région recevait également davantage de pluie, ce qui rendait l’irrigation superflue pour l’agriculture.

Le patriarcat

Bien que les femmes de l’Assyrie antique jouissent d’un statut supérieur à celui des autres cultures proche-orientales, la société demeurait largement patriarcale. Dans la culture assyrienne, les hommes étaient autorisés à répudier leurs épouses. Si une femme commettait l’adultère, elle était battue ou mise à mort. Les femmes du harem royal et leurs servantes subissaient fréquemment des châtiments sévères tels que les coups, la mutilation et la mort.

Malgré cela, les femmes assyriennes bénéficiaient d’une plus grande implication dans la vie publique que les Sumériennes et les Akkadiennes. Elles jouèrent également des rôles publics importants. Elles pouvaient témoigner dans les affaires juridiques et financières. Elles pouvaient également posséder des biens et exercer des métiers dans la production alimentaire et le tissage.

Parfois, les femmes étaient également admises dans des emplois traditionnellement masculins, et les hommes dans des emplois féminins. Les écoles n’étaient réservées qu’aux fils de nobles et de familles aisées. Les femmes n’étaient pas autorisées à fréquenter une école ni à occuper des postes d’autorité.

Le commerce

Les Assyriens étaient des maîtres du commerce. Ils contrôlaient également diverses routes commerciales, ce qui les enrichit considérablement. Les Assyriens commerçaient fréquemment avec des régions éloignées et créèrent bientôt un réseau entre la Mésopotamie et la vallée de l’Indus. Ils vendaient souvent des biens de luxe et des technologies. Ils échangeaient leurs chars et leurs ouvrages en fer avec d’autres empires.

La religion assyrienne

La religion assyrienne fut profondément influencée par les Sumériens, leurs prédécesseurs mésopotamiens. Elle demeura également un élément d’identification essentiel pour les Assyriens modernes. Les Assyriens auraient été christianisés entre le Ier et le IIIe siècle en Syrie romaine.

Au Ve siècle, ils devinrent une minorité religieuse au sein des populations musulmanes de Mésopotamie. Après l’effondrement de l’Empire ottoman, les Assyriens subirent des génocides et une série de massacres de la part des Arabes et des Kurdes. Ces épreuves contraignirent la plupart d’entre eux à vivre dans la diaspora. Après avoir été chassés de Turquie, de nombreux Assyriens se réinstallèrent dans le sud-est du pays.

Les Assyriens vénèrent un dieu suprême qu’ils appellent Ashur, duquel leur capitale et leur culture tirent leur nom. Ils firent également ériger des ziggurats en briques de terre crue, à l’instar des Sumériens et de leurs voisins méridionaux. Ashur apparaît dans le livre de la Genèse. Selon ce texte, Ashur était le fils de Sem, lui-même fils de Noé. Après le Déluge, on raconte que Noé fonda des villes assyriennes, et il est probable que le nom fut donné en l’honneur de son petit-fils Ashur.

Résumé

Monument montrant les visages du peuple assyrien antique
  • Les Assyriens, également appelés Syriaques, étaient un peuple antique de langue sémitique établi près du fleuve Tigre en Haute-Mésopotamie.
  • La cité antique d’Ashur fut un important centre de commerce sous l’ancien Empire assyrien. Le centre commercial le plus lucratif était Karum Kanes, ou port de Kanesh.
  • Au sommet de sa puissance, l’Empire assyrien s’étendait de Chypre à l’Arménie, de la péninsule Arabique à l’Égypte.
  • La période assyrienne moyenne fut marquée par plusieurs guerres prolongées qui transformèrent l’Assyrie en une société guerrière.
  • L’Assyrie est souvent considérée comme la civilisation ayant remporté le plus de victoires militaires et disposant des meilleures avancées technologiques dans l’art de la guerre.
  • Le roi assyrien Assurbanipal fit construire une grande bibliothèque dans la ville de Ninive.
  • Après la chute de l’Empire assyrien, les Assyriens furent réduits à une petite nation vivant désormais au milieu des peuples du Proche-Orient.

Créé : 11 janvier 2022

Modifié : 26 février 2024