Comment l'Empire assyrien est-il tombé : Un récit de vengeance et de coups d'État
Les étapes qui menèrent à la chute de l’Empire assyrien sont tragiques. Les Assyriens figuraient parmi les nations les plus résilientes et les plus avancées de tous les temps. Leur chute s’explique par des problèmes de succession, des guerres civiles, des coups d’État et des conflits permanents avec les nations voisines.
Lisez la suite pour découvrir en détail l’ascension et la chute de cet empire mésopotamien et son héritage.
Comment l’Empire assyrien est-il tombé
L’Empire assyrien, également connu sous le nom d’Assyrie, comptait parmi les nombreux royaumes mésopotamiens. Cet empire connut de nombreux souverains, religions et cultures qui le gouvernèrent à différentes époques de son histoire.
Nous connaissons l’Assyrie antique grâce aux historiens assyriens ainsi qu’aux textes et objets découverts lors des fouilles archéologiques. Pour comprendre les Assyriens, il convient d’abord de plonger dans l’histoire de l’Empire assyrien et ses origines.
L’origine de l’Assyrie
L’Assyrie était une région de langue sémitique placée sous l’autorité du royaume mésopotamien. Son nom dérive de sa capitale, Assur. La première apparition d’Assur dans l’histoire remonte à environ 1365 av. J.-C. L’Assyrie était située sur la rive occidentale du Tigre, en Haute-Mésopotamie. Cette région correspond aujourd’hui au nord de l’Irak, au nord de la Syrie, au nord-ouest de l’Iran et au sud-est de la Turquie.
L’empire mésopotamien reposait sur les Assyriens, les Akkadiens et les Babyloniens. Les Assyriens constituaient l’une des cultures les plus importantes des royaumes mésopotamiens. L’Assyrie connut de nombreuses péripéties au fil de son existence. En raison de divers facteurs politiques, internes et externes, elle connut multiples ascensions et chutes.
Sous différents souverains, le royaume assyrien atteignit des sommets de gloire. À une époque, l’Assyrie régna sur l’Égypte, Babylone, Chypre et tous les États voisins. Cependant, après la mort de ces grands dirigeants, le peuple assyrien fut manipulé et soumis. Cela entraîna la perte de tous les territoires conquis et des richesses accumulées.
Les Assyriens étaient un peuple travailleur. Ils possédaient d’importantes routes commerciales et édifièrent de nombreuses structures remarquables, en avance sur leur temps. Les fouilles menées sur les sites assyriens antiques ont mis au jour des outils et des œuvres d’art d’une qualité exceptionnelle, témoignant du talent et du sens artistique des Assyriens.
La première ascension et chute de l’Assyrie
L’Assyrie s’éleva pour la première fois lors de l’effondrement de l’Empire akkadien voisin. L’Empire akkadien s’effondra en raison d’une gouvernance faible et de catastrophes naturelles telles que la sécheresse, puis la famine. L’Empire assyrien était alors sous le règne du roi Shamshi-Adad. Celui-ci vit dans cette situation une opportunité et s’empara d’une grande partie de l’Empire akkadien.
Les Assyriens contrôlaient le nord de la Mésopotamie, tandis que les Babyloniens contrôlaient le sud.
Sous le règne de Shamshi-Adad, l’Empire assyrien s’étendit et prospéra à une vitesse sans précédent. Shamshi était un stratège. Chacune de ses décisions était mûrement réfléchie et s’avérait la plus favorable pour son empire. Il apporta richesse et prospérité à son peuple.
Malheureusement, il mourut d’une maladie inconnue en 1781 av. J.-C., laissant derrière lui son trône et ses richesses. Sa mort déclencha une guerre civile en Assyrie et une lutte pour le pouvoir, ce qui provoqua finalement l’effondrement de l’empire.
La deuxième ascension et chute de l’Assyrie
La seconde ascension de l’Assyrie se produisit après une longue période. Vers 745 av. J.-C., l’Assyrie obtint Téglath-Phalasar III comme roi. Le roi Téglath révolutionna l’Assyrie.
Il introduisit des lois nouvelles et améliorées pour le commerce et la gouvernance. On lui attribue la création de la première armée permanente professionnelle d’Assyrie. Outre d’importantes réformes gouvernementales, il introduisit diverses formes d’art et stimula la culture assyrienne.
Il est l’un des commandants militaires les plus éminents de Mésopotamie et du monde. Ses tactiques de guerre et ses méthodes de contrôle civil lui permirent de conquérir l’ensemble de la Mésopotamie.
Sous son règne, il prit le contrôle de Babylone, de Chypre, d’Israël, de la Grèce, de la Perse, de certains États de la péninsule Arabique et de la route commerciale la plus importante de l’époque, la mer Noire. L’indépendance et l’empire assyriens s’épanouirent sous son autorité.
L’une des clés de son succès en tant que conquérant militaire fut sa politique de déportation. Téglath recourut à la déportation massive des populations des territoires conquis afin de minimiser les révoltes et les guerres civiles. Cette technique se révéla remarquablement efficace. Elle non seulement incitait les peuples à accepter sa suprématie, mais inspirait également la crainte, les rendant ainsi plus dociles.
Avec la mort de Téglath, l’Empire assyrien s’effondra à nouveau. Les Assyriens perdirent le contrôle de la plupart de leurs territoires ; les colonies déportées commencèrent à revenir et à réclamer leurs terres. L’Assyrie sombra dans le déclin.
L’ascension finale et la chute définitive de l’Empire assyrien
Du IXe au VIIe siècle av. J.-C., l’Assyrie connut de grands souverains et guerriers qui la portèrent aux sommets de la civilisation, du progrès et de la puissance. Cette période de l’empire est également appelée la période de l’Empire néo-assyrien.
Durant cette époque, de nouvelles villes furent fondées au nom de l’Empire assyrien. Ces villes comptent parmi les plus célèbres à ce jour.
Sargon II, Sennacherib et Assurbanipal furent les rois de l’Empire néo-assyrien. Sous leurs règnes successifs, l’Assyrie prit le contrôle de l’Égypte et de la plupart des cités et royaumes du Proche-Orient.
L’Empire assyrien contrôlait les routes commerciales les plus importantes et dominait les États voisins de Babylone, de l’Iran occidental, de l’Anatolie et du Levant. L’empire s’engagea à maintenir une autorité bienveillante sur tous les États conquis et renonça à la déportation des populations indigènes.
Après toute la gloire, la puissance et la richesse dont jouirent les Assyriens, leur chute était inéluctable. L’Empire assyrien tomba pour la dernière fois et ne se releva jamais. Plusieurs raisons expliquent cette catastrophe historique.
Examinons ces raisons en détail :
Coups d’État planifiés et problèmes de succession
Bien que l’ascension de l’Empire assyrien puisse paraître glorieuse, en réalité, elle fut sanglante, marquée par la trahison et la jalousie. Les rois n’accédèrent pas légitimement au pouvoir : Sargon organisa un coup d’État, et Sennacherib fut assassiné par ses propres fils qui convoitaient le trône.
Les guerres civiles incessantes et les luttes pour le trône et la succession légitime comptèrent parmi les causes majeures de la chute de l’Empire assyrien.
Batailles territoriales
L’Empire assyrien contrôlant de nombreux territoires simultanément, ces territoires commencèrent à se révolter. L’Assyrie fut engagée dans des conflits permanents à ses frontières. Cela épuisa l’armée assyrienne ainsi que ses réserves de vivres et de richesses. Ces batailles annonçaient la perte inévitable de l’Empire assyrien.
La vengeance des Babyloniens
Depuis longtemps, les Assyriens contrôlaient les États et territoires babyloniens. Babylone, à l’origine, était l’un des trois États mésopotamiens, qui jouissait de sa puissance et de son autorité dans le sud. Depuis le IXe siècle av. J.-C., Babylone était sous l’Empire assyrien. Au début du VIIe siècle av. J.-C., une vague d’émancipation parcourut les Babyloniens.
L’une des raisons de cette vague d’émancipation fut l’émergence d’une nouvelle civilisation dans le royaume d’Iran, les Mèdes. Les Mèdes étaient un peuple de langue iranienne qui ambitionnait d’étendre leur contrôle sur les États mésopotamiens et du golfe Persique.
Les Babyloniens jugèrent préférable de s’allier aux Mèdes pour abattre la superpuissance de l’époque, l’Assyrie. Après la chute de l’Empire assyrien et la libération de leurs terres de sa domination, les Babyloniens négocieraient ensuite leur indépendance.
Les Mèdes ne pouvaient refuser une telle offre, car sans les Babyloniens, ils n’avaient aucun accès véritable au cœur de l’Empire assyrien, Ninive. Les Babyloniens et les Mèdes unirent leurs forces et s’employèrent à détruire l’Assyrie et sa domination. De son côté, l’Assyrie était déjà aux prises avec des guerres civiles et des conflits territoriaux.
À la fin du VIIe siècle, sous les offensives incessantes des Babyloniens et des Mèdes, et après la bataille finale d’Assur, l’Empire assyrien fut rayé de la carte du monde.
Ses grandes villes, Assur et Ninive, connurent un sort funeste : elles furent démantelées et réparties entre les États voisins. Les richesses et les trésors assyriens furent également partagés, ne laissant aucune trace de l’un des plus célèbres royaumes mésopotamiens.
L’héritage de l’Empire assyrien
L’Empire assyrien ** donna naissance à de nombreuses cultures civiles** et à d’importants édifices. La bibliothèque de Ninive est l’une des bibliothèques les plus importantes au monde, abritant plus de 10 000 tablettes, parmi lesquelles le code de Hammurabi et les récits de Gilgamesh. Les différents rois de l’Empire assyrien apportèrent une évolution architecturale majeure à la région. Leurs palais et les remparts protecteurs autour des cités constituent des merveilles architecturales.
La chute du grand Empire assyrien fut une tragédie, mais elle laissa une empreinte dans le monde.
Conclusion
Rappelons les points essentiels de la chute de l’Assyrie :
- L’Assyrie était l’un des trois royaumes de Mésopotamie
- Elle connut de multiples ascensions et chutes au cours de son histoire
- Le roi Téglath fut l’un des souverains assyriens les plus éminents
- Sous le roi Téglath, l’empire conquit Babylone, Israël, Chypre et bien d’autres États
- Les Babyloniens et les Mèdes vainquirent les Assyriens lors de la bataille d’Assur
- La défaite lors de la bataille d’Assur, les conflits internes et les problèmes de succession mirent l’Empire assyrien à genoux
Références
- https://www.worldhistory.org/assyria/
- Department of Ancient Near Eastern Art. « Assyria, 1365–609 B.C. » In Heilbrunn Timeline of Art History. New York: The Metropolitan Museum of Art, 2000–. http://www.metmuseum.org/toah/hd/assy/hd_assy.htm (originally published October 2004, last revised April 2010)
- Berlejung, Angelika (2012). « The Assyrians in the West: Assyrianization, Colonialism, Indifference, or Development Policy? ». Congress Volume Helsinki 2010. Leiden: Brill. pp. 21–60. ISBN 978-9004205147.
- Chisholm, Hugh, ed. (1911), « Tiglath-Pileser, » Encyclopædia Britannica, 26 (11th ed.), Cambridge University Press, p. 968
- Saggs, H.W.F. (1984), The Might That Was Assyria, London, ISBN 978-0-283-98961-2


