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Khafre (Chephren) — Le pharaon bâtisseur du Sphinx de Gizeh

Le roi Khafre et le Sphinx de Gizeh, mondialement célèbre, ne font qu’un. Un examen attentif révèle que les traits du pharaon se retrouvent dans ceux du sphinx. C’est un moyen remarquable de rappeler aux spectateurs l’identité du bâtisseur de ce monument grandiose. Lisez la suite pour découvrir comment le roi Khafre gouverna le royaume d’Égypte antique, sous le regard du Grand Sphinx lui-même.

Le roi Khafre et le Sphinx de Gizeh

Qui était Khafre ?

Khafre, également appelé Khafra et Chephren, fut le quatrième souverain de l’Ancien Empire d’Égypte. Son règne dura près de trente ans, approximativement de 2575 à 2545 av. J.-C., bien que d’autres érudits égyptiens, tels que Manéthon, affirment qu’il s’étendit sur près de six décennies. Son règne se distingua par une prospérité architecturale et une richesse manifestes, comme en témoignent les nombreux édifices et constructions — pyramides et statues — qu’il fit ériger.

Le roi Khafre était le fils de Khufu, l’ingénieur originel des Grandes Pyramides d’Égypte. Sa mère était la reine Henoutsen, la troisième épouse de Khufu. Il avait sept frères et quatre sœurs. Le roi Khafre succéda à son frère Djédefrê, lui-même successeur de leur père, dont le règne fut bref et ne dura que huit ans.

Selon certaines rumeurs, Khafre aurait trempé ses mains dans le sang pour accéder au trône. Néanmoins, de nombreux historiens ne soutiennent pas cette thèse, et son trône fut par la suite assumé par son fils Menkaourê.

Il eut de nombreuses épouses, longtemps restées inconnues : la reine Khamerernebty Iʳᵉ, la reine Meresankh III, Hekenuhedjet, et une autre encore anonyme à ce jour. Il engendra dix fils et filles de ses multiples épouses. Cependant, il n’était pas rare que les souverains aient plusieurs femmes et de nombreux enfants ; jusqu’à présent, aucun document n’a été découvert traitant de sa vie familiale ni de sa descendance.

Le roi Khafre et son règne

Les historiens grecs, tels qu’Hérodote, affirmaient qu’à l’instar de son père Khufu, Khafre était un souverain cruel et tyrannique. Cette réputation reste sujet de débat, car l’historien ne put détailler les brutalités commises par le souverain. Au contraire, plusieurs écrits dépeignent le roi Khafre comme un chef sage et puissant. Des preuves indiquent que, sous son règne, le commerce et la diplomatie étaient bien établis dans la Haute et la Basse-Égypte.

Le règne du roi Khafre est considéré comme prospère ; il fut qualifié de boom immobilier de l’Égypte antique en raison des nombreux édifices qu’il fit construire. Les découvertes archéologiques ont révélé que les ingénieurs, architectes et même les ouvriers de Khafre étaient traités avec soin et munificence, notamment en matière d’alimentation provenant d’une vallée voisine spécialement approvisionnée pour eux.

Des traces attestent que de la viande de qualité était servie comme aliment de base aux bâtisseurs. Afin de maintenir la fraîcheur des idées et la vigueur des travailleurs, ceux-ci étaient organisés en rotations. Après une période de travail sur un projet, ils étaient autorisés à rentrer chez eux, tandis qu’un autre groupe prenait le relais.

Veiller au bien-être de sa main-d’œuvre est une stratégie essentielle pour garantir un travail de qualité. Il faut disposer de l’énergie nécessaire — physique et mentale — pour accomplir les tâches ardues à venir.

Si la capacité à ériger des structures colossales est un indicateur de la qualité d’un règne, alors le roi Khafre fut un souverain remarquable, si l’on en juge par les méga-structures qu’il légua au monde.

Le roi Khafre et les pyramides de Gizeh

Se dressant fièrement aujourd’hui, les magnifiques pyramides d’Égypte, connues sous le nom de Grandes Pyramides de Gizeh, constituent un témoignage impérissable du passage du temps. Khufu et Khafre furent les principaux bâtisseurs des deux plus grandes pyramides de Gizeh. Bien que la pyramide du pharaon Khafre soit légèrement plus courte de dix mètres que celle de son père, elle fut stratégiquement édifiée sur un terrain plus élevé, d’environ dix mètres, afin de paraître plus imposante et grandiose.

Vue de loin, Wer(en) Khafre paraissait plus grande. Wer(en) Khafre, signifiant « Khafre est Grand », était le nom donné à sa pyramide.

Au fil des années, le surplomb de dix mètres s’est progressivement érodé, réduisant la taille de cette merveille architecturale, mais jamais sa magnificence en tant que deuxième plus grande pyramide de Gizeh.

Dimensions et composition

Wer(en) Khafre fut construite avec des matériaux spécifiquement choisis pour ce projet du pharaon Khafre. Des blocs de calcaire de Toura d’environ deux tonnes chacun furent principalement utilisés, ainsi que du granit rose et de la calcite blanche.

Cette pyramide mesure 136,4 mètres de haut, avec une base de 215,28 mètres de côté. Elle se distingue des autres pyramides par son sommet également revêtu d’un parement en calcaire, un défi technique remarquable pour l’époque.

À l’intérieur de la pyramide

Désignée comme tombeau du pharaon Khafre, cette édifice majestueux abrite, outre la chambre funéraire, différents compartiments aux fonctions distinctes. Il y a le temple de la vallée, où le corps du souverain défunt était reçu et subissait le processus de momification. Vient ensuite le temple mortuaire, où des prières, des offrandes alimentaires et des objets matériels étaient présentés au défunt. On y découvrit cinquante-deux statues grandeur nature ou plus grandes encore, ainsi que des représentations du pharaon Khafre.

Enfin, le temple du Sphinx, édifié près des pattes du sphinx lui-même, était destiné à soutenir le colossal Grand Sphinx de Gizeh, construit indépendamment de la pyramide.

Le roi Khafre et le Grand Sphinx de Gizeh

Sur le côté droit menant à l’entrée de la pyramide de Khafre se dresse le Grand Sphinx. Cette structure colossale a l’apparence d’un lion à tête humaine, veillant patiemment sur le tombeau de son maître.

Le Grand Sphinx de Gizeh est une structure monolithique, ce qui signifie qu’il fut sculpté dans un seul bloc de pierre — en l’occurrence, le plateau de Gizeh. Contrairement à ses homologues grecs, ce sphinx égyptien ne possède ni ailes d’oiseau ni visage de femme. Il se présente comme un lion couché doté de la tête et du visage d’un humain, que l’on croit être le pharaon Khafre, coiffé d’un némès — tel est l’aspect du Grand Sphinx de Gizeh.

Cette sculpture gigantesque illustre la puissance du souverain dieu-roi, symbolisée par le lion, animal royal. Le pharaon égyptien Khafre était associé au dieu solaire égyptien Râ, et Khafre signifie « Apparaissant comme Râ ». Le lion couché est souvent associé au soleil à l’horizon.

Un examen attentif de la statue révèle que sa tête est plus petite que son corps. Cette disproportion structurelle peut s’expliquer par la stratification de la roche : la partie supérieure est plus tendre que la partie inférieure du socle rocheux d’où elle fut taillée. Ainsi, le corps allongé du lion corrige en quelque sorte cette imperfection.

Le temple du Sphinx

Khafre et le Grand Sphinx de Gizeh

Devant l’imposante silhouette du Grand Sphinx se trouve le temple du Sphinx. De nombreux écrits spéculent sur la vocation de ce temple. Certains avancent que c’est en ce lieu que le roi Khafre devait être ressuscité par la puissance du soleil. D’autres affirment que le temple du Sphinx était un lieu de culte exclusivement dédié au dieu solaire Râ, dont le roi Khafre était un fervent croyant.

Khafre Enthroned

En 1860, un égyptologue du nom de François Auguste Mariette découvrit la statue grandeur nature du roi Khafre dans toute sa splendeur. Elle fut appelée Khafre Enthroned. La statue fut réalisée en pierre de diorite, provenant vraisemblablement des carrières du sud de l’Égypte.

Sur cette statue, le roi Khafre est assis sur un trône en bois orné de pattes de lion. L’une de ses mains repose à plat sur sa cuisse, l’autre est fermée en poing. Un motif de lotus et de papyrus orne les côtés du trône. Ces symboles représentaient l’harmonie entre la Haute-Égypte et la Basse-Égypte, une belle représentation de son règne.

Sur sa tête, une coiffe rappelant les ailes d’un faucon perché sur l’épaule du grand souverain. Les coiffes sont un symbole de royauté. Le faucon représente le dieu Horus, fils d’Osiris. En portant cette coiffe, le roi Khafra signifiait qu’il était le successeur du dieu Osiris.

La statue de Khafre Enthroned se trouve aujourd’hui dans un musée égyptien. Elle est considérée comme l’une des découvertes inestimables et des statues les plus importantes de cette époque, non seulement pour son histoire, mais surtout pour le matériau utilisé. Aucune autre statue n’utilisa le même matériau que celle de Khafre Enthroned.

Le roi Khafre et sa religion

Durant son règne, on observe une croissance notable du culte du dieu solaire Râ dans toute l’Égypte. Cela peut être attribué au souverain lui-même, qui professait une foi profonde envers le dieu du soleil.

Le plan de l’un de ses temples dans la pyramide aurait été conçu de manière à capter toute la puissance du soleil et ressusciter le dieu-roi. Le sphinx qu’il fit édifier fut également conçu pour veiller sur le lever et le coucher du soleil, manière certaine de garantir que son dieu s’acquitte de ses devoirs envers l’humanité.

Comment le roi Khafre mourut-il ?

Aucun texte savant ne peut dire comment mourut le quatrième pharaon du royaume d’Égypte antique. Cependant, beaucoup estiment qu’il fut inhumé dans sa pyramide.

De nombreux articles établissent que le tombeau fut pillé durant le Moyen Empire et la Deuxième Période intermédiaire (avant le Nouvel Empire). En outre, les cinquante-deux statues grandeur nature de Khafre furent « recyclées » par Ramsès II ; il y apposa ses propres inscriptions et s’en empara comme siennes.

En 1818, lorsque le tombeau fut rouvert par Giovanni Belzoni, le sarcophage était déjà ouvert et aucun vestige significatif ne fut découvert. Cela nourrit les doutes de certains experts quant à savoir si le roi Khafre fut réellement inhumé dans sa pyramide.

Réalisations

L’efficacité d’un souverain se mesure principalement à ses accomplissements. Malgré la rareté des sources historiques, le roi Khafre accomplit des réalisations grandioses encore visibles aujourd’hui. Parmi les exemples les plus notables figurent ses merveilles architecturales — pyramides, temples et statues.

Conclusion

Khafre

Le règne de Khafre dans le monde antique ne saurait être mis en doute, car même aujourd’hui, à l’ère moderne, ses témoignages de grandeur en tant que souverain d’Égypte demeurent debout. Son règne est notamment connu pour :

  • Il intégra des plans et des conceptions impressionnantes dans ses vastes projets de construction.
  • Il édifia la deuxième plus grande pyramide des célèbres Pyramides de Gizeh.
  • Il construisit le colossal Sphinx de Gizeh en reproduisant ses propres traits pour la tête.
  • Sa statue appelée Khafre Enthroned constitue l’une des découvertes les plus merveilleuses de l’archéologie en raison du matériau unique employé.
  • Son corps et d’autres vestiges ne furent pas retrouvés dans son tombeau.

En dépit de la rareté des témoignages sur le monde qu’il gouverna, le roi Khafre, sa pyramide et son sphinx ont toujours été là pour témoigner du déroulement de l’histoire au fil du temps.

Créé : 27 avril 2022

Modifié : 12 mars 2024