Djedefre : gouverner l'Égypte par la puissance divine de Rê
Djedefre, connu comme le successeur immédiat au trône de Khéops, était prêt à orienter le destin du royaume égyptien grâce à sa puissance durable. Beaucoup a été écrit sur l’histoire de l’Égypte antique, et la vie de Djedefre constitue un jalon supplémentaire dans l’existence des peuples de cette époque.
Pour découvrir ses réalisations et le lien privilégié qu’il entretenait avec le dieu Rê — mais aussi, de manière plus saisissante, sa vie personnelle troublée et sa quête de pouvoir — poursuivez votre lecture.
Qui était Djedefre ?
Djedefre était le fils aîné du grand roi Khéops, également connu sous les noms de Djedefra ou Redjedef. On se souvient de Khéops comme de l’architecte de la Grande Pyramide de Gizeh. Cependant, rien n’a été écrit au sujet de sa mère, qui serait issue d’une famille non royale.
Djedefre (2528–2518 av. J.-C.), troisième roi d’Égypte sous la IVe Dynastie, incarnait la vénération envers Rê, le dieu solaire. Ainsi, son titre Sa-Rê désigne le « Fils de Rê, » tandis que son nom signifie « durable comme Rê. »
Il convient de souligner qu’il s’agissait là d’un acte audacieux de proclamer sa foi dans le dieu Rê, car d’autres divinités étaient encore largement vénérées à cette époque. Certains historiens soutiennent qu’il serait né à une époque où le culte de Rê occupait déjà une place prépondérante dans la vie des Égyptiens, ce qui aurait nourri son inclination pour le dieu solaire. En d’autres termes, Djedefre n’aurait fait qu’inaugurer une tradition poursuivie jusqu’à la Ve Dynastie.
La Liste royale de Turin indique que Djedefre régna pendant huit ans. Il épousa Hétep-Hérés II, sa sœur et la veuve de son propre frère, Kaouab. Il prit également pour épouse Khentetenka, qui lui donna trois fils — Setka, Baka et Hornet — et deux filles — Hétep-Hérés et Néferhétepès.
L’histoire familiale complexe de Djedefre
Les historiens estiment que Kaouab, le frère de Djedefre, était né de Khéops et d’une reine égyptienne, ce qui lui conférait un droit au trône plus solide que celui de Djedefre, dont la mère demeurait inconnue.
On pourrait donc s’interroger sur son accession au trône en tant que pharaon de la IVe Dynastie. Tous les autres pharaons recouraient au népotisme pour obtenir les positions convoitées. Cette pratique permettait de placer proches et alliés aux postes de pouvoir, mais engendrait aussi jalousie, rivalité et ressentiment — tout particulièrement parmi les neuf fils de Khéops.
Tel fut également le cas de Djedefre. Il agit avec rapidité en s’emparant de la place de son frère pour conquérir le trône. Ce fut un acte inacceptable pour les membres de la famille royale, mais Djedefre fit preuve d’une détermination inébranlable au détriment de son frère ; une décision qui ruina les relations au sein de la maison de Khéops.
Par ailleurs, Hétep-Hérés II épousa successivement Kaouab, Djedefre et Khéphren, tous ses frères, rendant la situation encore plus complexe. Il n’est guère surprenant que, après l’accession de Djedefre au trône, Khéphren ait tramé un complot pour s’emparer du pouvoir. Malheureusement, cela ne s’acheva pas favorablement pour Djedefre. Pour découvrir ce qui lui arriva, passez à la section suivante.
Comment Djedefre mourut-il ?
Vous savez à présent comment Djedefre s’empara du pouvoir, mais vous vous demandez peut-être comment il périt. Eh bien, de même que Djedefre avait fait périr Kaouab pour s’emparer du trône et épouser son épouse, il fut assassiné par son frère cadet, Khéphren, par vengeance.
Les archéologues ont découvert des objets importants dans le complexe funéraire de Djedefre qui furent détruits délibérément, et les membres de la famille désignèrent Khéphren comme le responsable. Ils supposèrent que Khéphren, animé par un désir de vengeance, orchestra la mort de Djedefre ainsi que le pillage des objets religieux déposés dans la pyramide.
Quand Djedefre mourut-il ?
Étant donné que Djedefre vécut à une époque très reculée, la chronologie exacte de sa vie est difficile à établir, y compris la durée de son règne. La Liste royale de Turin lui attribue un règne de huit ans. Toutefois, une inscription portant le nom de Djedefre sur des blocs de couverture dans la fosse à barque voisine de la Grande Pyramide de Khéops semble indiquer qu’il était encore vivant l’« année du bétail » — ce qui aurait correspondu à la onzième année de son règne.
Cette hypothèse est corroborée par le fait que sa pyramide, située à Abou Rawash, était achevée au moment de sa mort. Cette pyramide était particulièrement imposante et aurait dû nécessiter plus de huit ans de construction. Au vu de ces éléments, on peut estimer que son règne se serait prolongé au-delà de huit ans, s’approchant davantage d’une décennie complète.
Le culte de Djedefre
Des recherches récentes ont révélé que Djedefre fonda un culte, et que le peuple continua à le vénérer après sa mort. On s’est longtemps interrogé sur les raisons qui l’avaient conduit à ériger sa pyramide à Abou Rawash, mais de nouvelles fouilles archéologiques ont confirmé ses dispositions religieuses, attestées par de nombreux éléments votifs.
On peut raisonnablement conclure qu’il utilisa le titre de « Fils de Rê » dans le cadre de ses dévotions religieuses. Son nom fut gravé sur divers matériaux pour affirmer son nom royal, sa puissance et son influence. Certains rapports indiquent également que Djedefre souhaitait être inhumé à proximité d’Héliopolis, la ville consacrée au centre cultuel de Rê.
Certains témoignages suggèrent que le pharaon Djedefre pourrait avoir été le père de Nykau-Radjedef et que tous deux furent enterrés près de sa pyramide à Abou Rawash. Apparemment, Djedefre chercha également à y transférer le siège de son pouvoir, car c’était le centre de son culte.
Après son règne, Menhé, son frère cadet, décida à son tour de construire une pyramide à Abou Rawash. Djedefre n’envisageait pas seulement son propre tombeau. Il déploya tous ses efforts pour achever la pyramide de Khéops, son père. Pour ce faire, il confia cette mission à son neveu, Mykérinos.
La pyramide de Djedefre
Compte tenu de sa grande dévotion envers Rê, le peuple croyait que Djedefre avait acquis un pouvoir solaire émanant directement du dieu solaire. Certains affirmaient même qu’une puissance solaire irradiait de la pyramide de Djedefre.
Outre sa propre statue déposée dans sa pyramide, les archéologues découvrirent également la statue d’Hétep-Hérés II, son épouse. Cette statue fut façonnée en forme de sphinx, et les artisans consacrèrent beaucoup de temps à l’édification de ce qui constitue le premier sphinx d’Égypte. On peut en déduire qu’il fut également l’initiateur de la création du Grand Sphinx de Gizeh en l’honneur de son dieu favori, Rê, ainsi que l’a soutenu l’égyptologue français Vassil Dobrev.
À Zaouiet el-Aryan se dresse une autre pyramide qui ressemble à celles de Gizeh. Les archéologues y découvrirent le nom de Djedefre sur une plaque de pierre. La signification de cette découverte reste sujette à spéculation, mais il semblerait que cette pyramide ait également été commanditée par le roi Djedefre.
Le temple funéraire de Djedefre
La vénération de Djedefre envers Rê le conduisit à ériger son temple funéraire à Abou Rawash, une nécropole située sur la rive occidentale du Nil. En partant de Gizeh, il suffit de parcourir environ 5 miles vers le nord pour s’y rendre. On y découvre une pyramide édifiée sur une vallée culminant à 165 yards au-dessus des vallées environnantes.
Les archéologues ne découvrirent sa pyramide qu’à la fin du XIXe siècle. Naturellement, elle n’est plus aujourd’hui qu’un ensemble de ruines dont seules quelques structures restent visibles. Grâce à la persévérance des archéologues, il fut possible de fouiller l’ensemble du complexe pyramidal, y compris le vaste mur d’enceinte.
La pyramide était agrémentée d’une longue chaussée reliant le nord au sud, menant à un espace ouvert destiné au temple funéraire. Quelques vestiges de statues portant des inscriptions nominatives furent mis au jour. Le complexe comprenait des piliers de pierre, des murs en pierre des champs et un sphinx féminin en calcaire.
La pyramide présente un agencement typique de temple avec une cour, pourvue de multiples chambres et magasins comportant quelques éléments structurels préservés. La chambre funéraire et les couloirs étaient situés en sous-sol. L’inclinaison de la pyramide était plus accentuée que celle des autres, mais on n’en peut plus observer la disposition originelle que dans les musées, car elle s’est détériorée au fil du temps. On suppose que la structure comportait probablement une antichambre et une chambre funéraire, aujourd’hui réduites à l’état de ruines.
Conclusion
Djedefre fut l’un des membres les plus illustres de la famille de Khéops et régna en tant que troisième roi de la IVe Dynastie d’Égypte. En raison de sa dévotion envers Rê, le dieu solaire, il adopta le titre de « Fils de Rê, » qui incarnait toutes ses louanges adressées à la divinité solaire.
Il s’empara du trône d’Égypte après la mort de son père en arrachant la couronne à son frère Kaouab, épousant Hétep-Hérés II — qui était sa sœur et la veuve de son frère défunt — et en gouvernant l’Égypte de sa poigne ferme pendant huit ou onze ans, selon les sources.
Son règne s’acheva lorsqu’il fut assassiné par son frère Khéphren. Il laissa derrière lui ses trois fils et ses deux filles nés de Khentetenka, sa seconde épouse. En tant que fils légitime de Khéops, il jouissait du prestige attaché au nom glorieux de son père. On peut dire que son héritage principal résida dans sa vénération du dieu Rê et dans l’adoption du titre de Fils de Rê, lequel incarnait sa dévotion envers la puissance du dieu du soleil.


