Taharqa - Pharaon kouchite, roi de la XXVe dynastie d'Égypte
Taharqa régna de 690 à 664 av. J.-C., une période d’opulence pour l’Égypte. Il était connu comme le quatrième roi de la XXVe dynastie et le roi de Koush. Il accéda au pouvoir en tant que successeur de son frère, Chebitqo, mais ses débuts furent marqués par des décisions malencontreuses qui engendrèrent des difficultés au commencement de son règne.
Comment ses décisions ont-elles affecté son image royale ?
Bien que son armée ne fût pas encore suffisamment préparée aux batailles rangées, il soutint la résistance de la Palestine contre le roi Sennachérib d’Assyrie.
Cette initiative entraîna sa défaite lorsque son armée fut écrasée par Assarhaddon, fils de Sennachérib, en 671 av. J.-C. À la grande déception de Taharqa, Assarhaddon envahit également Memphis et s’empara de ses joyaux de la couronne et de ses concubines royales.
À cette époque, le pharaon Taharqa trouva refuge en Haute-Égypte pour se protéger d’Assarhaddon. Sans cela, une rencontre sanglante aurait été inévitable, compte tenu de la puissance d’Assarhaddon.
Qui était Taharqa ?
Le roi Taharqa était issu d’une famille nubienne qui avait envahi l’Égypte en premier lieu. Son nom signifie « jeune homme » ou « jeune guerrier ». Son père, Piye ou Piankhi, roi de Napata, était au sommet de sa puissance lorsque Taharqa, le Pharaon noir, vit le jour.
L’ascension royale de sa famille comptait son frère, Chebitqo, qui devint son prédécesseur en Égypte. La prospérité familiale commença avec les invasions victorieuses de Piankhi et de son frère, Shabaka, qui entraînèrent l’accumulation de richesses et de pouvoir considérables.
Il convient de souligner que Taharqa fut l’un des « Pharaons kouchites » qui contrôlèrent victorieusement l’Égypte pendant près d’un siècle. Ses parents, le roi Piankhi et la reine Abar, inculquèrent à leurs enfants le devoir de perpétuer l’héritage royal du père. Il épousa Naparaye, et ils eurent trois enfants : Amenirdis II, Atlanersa et Abdi-Milkutti.
Le règne de Taharqa
Les inscriptions de la stèle du Sérapéum indiquent que le règne de Taharqa débuta en 690 av. J.-C. On présume également que son règne s’acheva en 664 av. J.-C. Il déclara avoir succédé au trône de son frère, Chebitqo, et omet délibérément le nom de son oncle, Shabaka, de son récit historique, car il l’avait évincé du pouvoir à la suite d’une lutte d’influence entre les deux hommes.
Les sources relatives à son règne offrent un récit détaillé de ses voyages à travers le pays. Il relate notamment sa navigation vers la région nord de Thèbes en compagnie des jeunes et talentueux envoyés par Chebitqo depuis la Nubie. Il raconta également l’affection que lui portaient les nobles d’Égypte et la manière dont il obtint la couronne à Memphis.
Cet épisode de la vie de Taharqa illustre son parcours de la Nubie vers l’Égypte avec l’appui de Chebitqo. Néanmoins, il choisit de s’affranchir de l’ombre de Shabaka afin de projeter une royauté légitime, à l’abri de toute contestation liée à son oncle. De même, il tenait à affirmer que Chebitqo le favorisait davantage que tout autre membre de leur lignée royale.
Maître du récit, Taharqa déclara sur sa stèle son origine comme pharaon nubien d’Égypte. Son règne symbolise celui du dernier souverain de la XXVe dynastie, que les historiens appellent affectueusement la dynastie éthiopienne. Il ajouta qu’il affronta les Assyriens, qui le surmontèrent et le chassèrent de Basse-Égypte au début de leur campagne militaire.
Une autre version de l’héritage nubien rapporte que Shabaka conquit la Basse-Égypte avec son neveu, Taharqa, alors âgé de seulement vingt ans. Taharqa se rangea du côté du commandant de l’armée égyptienne et ne combattit pas aux côtés de Shabaka. Cependant, après vingt-trois années de présence nubienne en Égypte, Taharqa se proclama roi du Nil de son propre droit.
On observe un régime pacifique au début du règne de Taharqa. Il transféra ensuite sa capitale à Tanis, dans la région du Delta, afin de mieux s’impliquer dans les affaires des autres pays asiatiques. Par exemple, l’Égypte et l’Assyrie s’engagèrent dans une confrontation militaire en 671 av. J.-C., au cours de laquelle les Assyriens vainquirent les soldats de Taharqa.
Assarhaddon, le roi assyrien, traversa audacieusement le Sinaï et écrasa les troupes affaiblies de Taharqa. Il était notoire que les Assyriens surpassaient leurs adversaires en discipline, en stratégies militaires et en armement.
La défaite de Taharqa
Conscient de l’infériorité de ses soldats face à ceux d’Assarhaddon, Taharqa s’enfuit en Haute-Égypte, laissant Assarhaddon prendre le contrôle de la Basse-Égypte. Toutefois, il n’abandonna pas sa quête de victoire et rassembla des renforts ainsi qu’un jeune bataillon de soldats pour défier Assarhaddon une nouvelle fois. L’audace de Taharqa lui valut un succès, mais celui-ci fut de courte durée.
On peut ressentir son ardeur à vaincre en dépit d’une armée insuffisamment entraînée. Il était un jeune roi fier qui entendait préserver son image de conquérant. En représailles, Assarhaddon chargea son successeur, Assurbanipal, de lancer une offensive contre les soldats de Taharqa, qui furent une fois encore repoussés vers le sud.
Taharqa tira de nombreuses leçons de cette bataille et accepta sa défaite définitive en n’envoyant plus ses soldats vers le nord. Hélas, cette situation ouvrit les portes de l’Égypte à une période d’invasions étrangères. Il convient de rappeler que l’Égypte était jadis vénérée pour son immense puissance, mais son déclin incita des chefs étrangers à venir défier la terre, les dieux et leur peuple.
Les réalisations de Taharqa
L’Égypte était un pays prospère dont chacun pouvait jouir. Les gens venus d’autres contrées étaient toujours émerveillés par la grandeur de l’ingénierie, de l’architecture, de la science, de l’éducation et de l’économie égyptiennes.
Taharqa consacra du temps à la restauration de nombreux temples et monuments majeurs durant son règne. Il dirigea la construction de temples dans le pays de Koush, l’État nubien étant situé en Haute-Égypte. Il érigea également des monuments à Thèbes, Karnak et Tanis en Basse-Égypte pour symboliser sa puissance.
Dès son plus jeune âge, il avait manifesté son goût pour les projets architecturaux, qu’il mena durant les huit dernières années de son séjour à Koush. Il exprima toujours un vif intérêt pour l’ingénierie et le design, disciplines qu’il s’efforça d’adapter à sa région natale.
Convaincu qu’il n’était pas trop tard pour accomplir un autre devoir royal, il accepta une corégence avec Tanoutamon en 663 av. J.-C. Ses ministres furent tout aussi surpris par cette décision, car la nature de ses liens avec Tanoutamon restait ambiguë. Cette décision s’avéra être une autre erreur, car il mourut en 662 av. J.-C. et fut inhumé dans sa pyramide à Nouri.
Peu après son inhumation, Tanoutamon agit avec véhémence en conquérant la Basse-Égypte. Avec une audace remarquable, il s’empara de la région en sa qualité de corégent de Taharqa.
Cette période de la direction de l’Égypte offrit de nombreuses leçons au peuple et à ses dirigeants locaux. Tanoutamon domina la Basse-Égypte pendant environ une décennie, jusqu’à ce que son peuple soit chassé par les Assyriens.
On peut estimer que les Nubiens parvinrent à conquérir l’Égypte pendant environ soixante-quinze ans. Ils avaient été les ennemis jurés de l’Égypte. Ils connaissaient les faiblesses des Égyptiens, mais l’histoire favorisa l’Égypte lorsque de grands dirigeants naquirent sur cette terre, Taharqa compris. Entre-temps, les Nubiens réussirent à contrôler le royaume de Koush, situé dans le nord du Soudan actuel, pendant environ mille ans.
L’héritage de Taharqa
Les historiens saluent encore Taharqa pour son courage dans le renforcement de l’Empire kouchite, ou dynastie nubienne, en Égypte. Cette période fut également appelée celle des Pharaons noirs, ou XXVe dynastie d’Égypte. On remarquera que Taharqa fut en conflit avec certains membres de sa famille, à l’instar de Shabaka. Il se distingua également par ses affrontements avec les Assyriens.
On pourrait qualifier cette période d’ère d’opulence, car le pays s’enrichit sous la royauté de Taharqa. Le timing fut parfait pour la croissance économique, le Nil étant généreux envers le peuple en ce temps-là.
Par conséquent, les récoltes furent abondantes, ce qui stabilisa davantage l’économie. Outre cela, la période de Taharqa vit naître des ressources intellectuelles et matérielles considérables.
On constate le soutien généreux qu’il réservait aux intellectuels, convaincu que son gouvernement pouvait prospérer grâce à des esprits éclairés occupant diverses fonctions. Ses inscriptions sacrées révèlent ses dons abondants d’or au temple d’Amon situé à Kawa. Les historiens estiment que la restauration du temple de Kawa constitua l’un des fleurons de son règne. En outre, l’empire de la vallée du Nil prospéra sous son égide.
Les contributions culturelles de Taharqa
La XXVe dynastie sous le règne de Taharqa fut une période de renaissance pour les Égyptiens. Les historiens s’accordent à la qualifier de période de renouveau culturel et de restauration architecturale. De plus amples lectures sur cette époque conduiront aux grandes réalisations et contributions instituées par Taharqa.
On ne peut qu’être émerveillé par les projets qu’il soutint dans les domaines de la religion et des arts. Taharqa veilla également à ce que les restaurations culturelles et architecturales soient menées dans le respect de leurs formes originales, couvrant la grandeur de l’Ancien, du Moyen et du Nouvel Empire.
Sur le plan religieux, les doctrines principales de la théologie thébaine furent intégrées aux doctrines royales et à l’idéologie du pouvoir. En outre, le développement culturel fut mis en avant. Il poursuivit l’intégration culturelle de l’Égypte et de Koush, bien que leurs cultures respectives fussent impossibles à transformer en profondeur.
Restaurations de temples
Durant son règne, Taharqa ordonna la restauration et l’agrandissement de nombreuses chapelles, temples et monuments en divers lieux. Les historiens affirment que son effort de restauration des temples de Karnak et du Djebel Barkal fut remarquable. Il projetait de construire un vaste complexe de monuments et de sanctuaires centré sur le grand temple d’Amon.
Un tel projet constituait un rêve grandiose pour Taharqa, dont l’objectif était de l’achever en tant qu’héritage principal pour son peuple. Il considérait que les temples du Djebel Barkal et de Karnak étaient similaires et ambitionnait de développer les deux comme l’aboutissement des croyances religieuses du peuple. Ainsi, grâce à ses projets de construction, les habitants pourraient bénéficier de « villes-temples », où ils pourraient interagir avec le gouvernement, travailler et prier leurs dieux avant toute autre chose.
Les bâtisseurs égyptiens reconnurent que le règne de Taharqa fut, au sein de la XXVe dynastie, celui des premières pyramides à grande échelle, notamment dans le Soudan actuel. Ils attestèrent la construction de la plus grande pyramide de Nubie, utilisant des pierres finement taillées. La pyramide mesurait 52 mètres carrés, soit 560 pieds carrés à la base, et était composée d’environ 1 070 chaouabtis de tailles, dessins et couleurs variés. On pense que Taharqa y fut inhumé.
Les petites figurines de pierre, ou chaouabtis, étaient faites d’albâtre, de granit et d’ankérite verte. Les Égyptiens croyaient qu’elles étaient placées dans les tombes pour fournir des serviteurs aux défunts, au cas où ceux-ci seraient requis pour accomplir des tâches ménagères dans l’au-delà. Cette coutume offre un aperçu supplémentaire des rites funéraires antiques observés par les peuples anciens.
La pyramide de Taharqa
Taharqa occupait une double fonction à son époque. Il était à la fois pharaon d’Égypte et roi de Koush. Sa vie fut une célébration de prestige, de luxe et même d’échecs sur le plan des campagnes militaires, mais Taharqa n’était pas de ceux qui se résignent facilement. Il œuvra sans relâche pour préserver son titre et son pouvoir.
Après des années d’opulence, il mourut en 662 av. J.-C. à Thèbes, en Égypte, mais fut inhumé à Nouri, au Soudan, afin de perpétuer les traditions de sa famille nubienne. Il fut enterré dans la pyramide de Taharqa à Nouri, un édifice imposant illustrant ses accomplissements, ses prières et ses supplications à son dieu.
Les historiens relancèrent l’étude de sa vie lorsqu’une statue du pharaon Taharqa fut découverte en 2010. Les archéologues mirent au jour cette statue à 350 kilomètres au nord-est de Khartoum, la capitale du Soudan. Ses obligations royales furent assumées par Tantamani, fils de Shabaka.
Conclusion
Taharqa était connu comme le « roi égyptien noir » qui régna sur l’Égypte durant une période de stabilité économique. Il était doté des compétences et de la formation appropriées pour un pharaon.
Voici d’autres points remarquables concernant son règne :
- Taharqa est resté célèbre pour ses débuts difficiles en Égypte, en raison de son conflit avec son oncle, Shabaka, et de ses décisions imprudentes qui mirent son autorité au bord de la ruine.
- Son rêve ambitieux d’étendre le territoire et la puissance politique du pays s’avéra fort ardu, car il devait vaincre des nations tout aussi redoutables autour de l’Égypte.
- Il subit des défaites lors de certaines de ses campagnes militaires.
- Néanmoins, il ne renonça jamais et finit par l’emporter, témoignant de sa détermination à s’imposer comme un dirigeant dynamique.
- Ses projets de restauration dans les arts, la culture, la religion, l’architecture et l’économie lui valurent l’admiration de nombreux contemporains.
Son règne ne débuta pas sans difficultés, mais Taharqa trouva finalement sa voie, ce qui lui valut d’être reconnu comme un pharaon africain respecté en Égypte.




