Hjordis (Sisibe)

Norse

Dans la légende islandaise, Hjördís (Hjordis) était l’épouse de Sigmund et la mère du héros Sigurd.

Hjördís est connue sous divers noms. Dans les œuvres islandaises, elle s’appelait Hjördís ou Hiordis, fille du roi Eylimi (bien que dans le Chant de Hyndla, son père fût appelé Hraundung), au sein de la famille appelée Odlings. Hiordis ainsi que son père étaient des descendants de Lofdi, d’où leur appartenance aux Lofdungs.

Elle était la sœur de Svava, une walkyrie, bien que ce lien entre les deux femmes résultât uniquement de la paternité commune d’Eylimi. Mais dans la Thiðrekssaga norvégienne, elle s’appelait Sisibe, fille du roi Nidung d’Espagne. Dans le Nibelungenlied, elle était appelée Sieglind et n’était connue que comme l’épouse du roi Siegmund des Pays-Bas.

Dans le mythe nordique, elle fut la dernière épouse de Sigmund. Hjördís était réputée pour sa grande beauté et fut courtisée par Lyngvi, le fils du roi Hunding, mais elle préféra Sigmund bien que le héros fût considérablement plus âgé qu’elle.

Selon la Saga des Völsungar, elle était enceinte lorsque Sigmund et son père (Eylimi) tombèrent au combat face aux fils de Hunding. Sigmund fut mortellement blessé. Il demanda à Hjördís de rassembler les fragments brisés de son épée afin qu’ils soient reforgés pour leur fils à naître. Hjördís s’enfuit au Danemark, où elle épousa Alf, le fils du roi Hjalprek. Hjalprek éleva son fils Sigurd comme s’il était son propre fils, sous la tutelle et le fosterage de Regin. Lorsque Sigurd fut assez âgé pour venger la mort de son ancien mari, Hjördís lui remit les fragments de l’épée de Sigmund pour que Regin les forgeât à nouveau. Avec l’épée Gram, Sigurd tua Lyngvi et ses frères au combat, puis tua ensuite un dragon nommé Fafnir qui gardait le fabuleux trésor du nain Andvari.


Dans la Thiðrekssaga, le récit est fort différent.

Sigmund était le roi de Tarlungaland (la majeure partie de la France) et il avait séduit avec succès Sisibe (Hjördís), la fille du roi Nidung d’Hispanie (Espagne).

Contrairement à la Saga des Völsungar, ce n’est pas un roi rival qui avait fait la guerre à Sigmund à cause de la beauté de Sisibe, mais les propres vassaux et conseillers de Sigmund qui l’avaient trahi pendant son absence.

Ils n’étaient rentrés que depuis sept jours lorsque Sigmund reçut une nouvelle de sa sœur l’informant que le roi Drasolf, son beau-frère, faisait appel à lui pour une guerre dans le Pulinaland. Pendant l’absence de son mari, elle et le royaume de Sigmund furent laissés aux mains de ses deux vassaux, le comte Artvin (Artwin) et le comte Hermann (Herman). Sigmund quitta son royaume avec son armée, sans savoir que sa jeune épouse était déjà enceinte.

Artvin convoitait l’épouse enceinte de Sigmund. Lorsqu’il lui fit part de son attirance, elle le somma de la laisser tranquille sous peine d’affronter la colère de son mari. Craignant que Sisibe ne révélât tout à son époux, Artvin conspira avec son compagnon Hermann pour discréditer la reine.

Lorsqu’Artvin et Hermann rencontrèrent Sigmund dans la forêt, ils lui annoncèrent qu’elle avait commis un adultère avec son thrall (esclave). Artvin affirma avoir tué l’étranger ainsi que tout témoin de sa trahison. Sigmund, croyant les mensonges d’Artvin, ordonna à ses comtes de la déchoir de son titre de reine avant son retour à la cour. Le plan d’Artvin était d’attirer Sisibe dans la forêt appelée forêt de Svava (la Forêt-Noire ?) et de lui couper la langue pour l’avoir repoussé.

Le plan se déroula presque sans accroc. Sisibe pensait qu’elle se rendait dans la forêt pour y retrouver son mari. Lorsqu’ils la tirèrent de son cheval au bord d’un ruisseau, Artvin se vanta que son mari leur avait donné la permission de la punir pour adultère.

Sisibe fut stupéfaite par cette nouvelle et terrifiée au-delà de toute raison, mais elle parvint à leur échapper un instant. Hermann, qui avait été réticent dès le début à participer aux intrigues d’Artvin contre la reine, ressentit à présent de la pitié pour cette femme innocente mais terrorisée. Hermann se sentit coupable d’avoir également menti à leur roi. Dès lors, Hermann refusa de commettre une atrocité contre une reine enceinte et se tint prêt à la défendre.

Artvin et Hermann étaient amis et frères de sang, mais ils se battirent désormais l’un contre l’autre avec haine. Pendant qu’ils se battaient, Sisibe rampa jusqu’à l’endroit où se trouvaient leurs affaires, près de l’eau. C’est là qu’elle mit au monde Sigurd.

Effrayée par son épreuve et affaiblie par l’accouchement, elle enveloppa son fils dans un linge de lin. Sisibe passa également un collier d’or autour du cou de son fils, orné d’un anneau portant des inscriptions runiques. Elle parvint à le placer dans un coffret de cristal avant de s’évanouir d’épuisement et d’effroi.

Hermann s’avéra être le meilleur guerrier et repoussa son ancien ami. De son épée, Hermann trancha la tête d’Artvin. En tombant, le pied d’Artvin fit basculer le coffret de cristal dans la rivière. Sisibe, voyant son fils nouveau-né dériver au fil du courant, s’évanouit de désespoir et mourut. Hermann enterra son corps.

(Selon une tradition différente, après avoir tué Artvin, Hermann se tourna vers la reine. Voyant que Sisibe était froide et inanimée, il crut que la reine était morte. Il abandonna donc les corps sur place.)

Hermann retourna auprès du roi avec la nouvelle de la mort de son épouse et de son fils. Hermann annonça également au roi qu’il avait tué Artvin. Sigmund bannit Hermann pour avoir tué Artvin et désobéi à son ordre.

L’enfant dans le coffret s’échoua sur des rochers, où Sigurd fut trouvé et allaité par une biche. Le bébé vécut avec la biche pendant douze mois, mais il grandit rapidement ; il était plus grand et plus fort que n’importe quel garçon de quatre ans.

Un jour, Mimir, le grand forgeron, découvrit le garçon dans la forêt avec la biche. Mimir constata que le garçon ne savait pas parler, et il comprit que la douce biche l’avait élevé. Mimir, qui était marié mais n’avait pas de fils, décida d’emmener le garçon chez lui et devint son père adoptif. C’est Mimir qui donna au garçon le nom de Sigurd.

Comme on peut le constater, cette version de la naissance de Sigurd diffère considérablement de la légende islandaise, telle que la Saga des Völsungar et les Eddas, où Sigmund mourut au combat avant la naissance de son fils, et où Hjördís vécut pour épouser Alf, le fils du roi Hjalprek du Danemark. Dans la Thiðrekssaga, Sisibe (Hjördís) mourut, mais non Sigmund.


Dans le Nibelungenlied, elle était connue sous le nom de Sieglind et elle était mariée à Siegmund (Sigmund), le roi des Pays-Bas. Son seul rôle dans l’épopée germanique consista à s’inquiéter de la volonté de son fils Siegfried (Sigurd) de courtiser Kriemhild (Gudrun), la princesse burgonde, puis, plus tard, à accueillir sa nouvelle belle-fille lorsque Siegfried et Kriemhild vinrent vivre auprès d’eux aux Pays-Bas. Dans ce récit, les deux parents survécurent à leur fils, Siegfried (Sigurd).

Informations connexes

Nom

Hjordis, Hjördís, Hiordis (islandais).
Sisibe (norvégien).
Sieglind (allemand).

Hjördís Eylimadóttir.

Maison (Dynastie)

Lofdungs (descendants de Lofdi).

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Créé :16 août 2003

Modifié :10 mai 2024