La guerre des Ases et des Vanes

Norse

Une guerre éclata entre les Ases et les Vanes, lorsque les Ases eurent torturé la déesse van, Gullveig.

Gullveig aimait l’or. C’était tout ce dont elle parlait. De l’or, de l’or, encore de l’or ! Les Ases étaient las de l’entendre sans relâche vanir l’or. Ils ligotèrent Gullveig dans la halle d’Odin et la transpercèrent de lances. Par trois fois, ils brûlèrent Gullveig dans un feu magique, mais à chaque fois elle ressuscita.

Les Vanes exigèrent des Ases des réparations pour le tort infligé à l’une des leurs — ils réclamaient un statut égal à celui de leurs rivaux —, mais au lieu de satisfaire cette exigence, les Ases déclarèrent la guerre aux Vanes, pourtant plus pacifiques.

Les Vanes, cependant, prenaient le dessus dans le conflit. Les Ases, si guerriers fussent-ils, essuyaient une défaite après l’autre, avant d’accepter de mettre fin aux hostilités et d’accorder aux Vanes un statut égal.

La paix fut suivie d’un étrange rituel au cours duquel les deux camps crachèrent dans un récipient. De la salive mêlée naquit un être nouveau — Kvasir venait au monde.

S’ensuivit un échange d’otages destiné à garantir la paix des deux côtés. Le Vane Njörd (Njord) et son fils Freyr furent remis aux Ases comme otages, accompagnés de Kvasir, le plus sage des Vanes. Les Vanes reçurent en retour Hoenir (ou Vili) et Mimir (le plus sage des Ases) comme otages.

Dans un premier temps, les Vanes se réjouirent de l’échange et crurent Hoenir aussi sage que Mimir, jusqu’à ce qu’ils comprissent qu’Hoenir n’était guère intelligent. Mimir avait secrètement conseillé Hoenir. Les Vanes se sentirent floués. Ils firent décapiter Mimir avant de renvoyer sa tête aux Ases. Ces derniers ne ripostèrent pas de la même manière. Odin fit embaumer la tête et s’en servit pour acquérir du savoir. (Voir la Tête de Mimir et l’Hydromel poétique, dans la page Sur les traces de la sagesse.)

Les Vanes Njörd et ses enfants, Freyr et Freyja, furent grandement honorés par les Ases, qui leur offrirent une place parmi eux. Toutefois, la mère de Freyr et Freyja n’était autre que la propre sœur de Njörd (qui resta anonyme). L’inceste et les mariages entre frères et sœurs étaient tolérés à Vanaheim, mais point à Asgard. Aussi, lorsque Njörd se rendit à Asgard avec ses enfants, dut-il renoncer à sa sœur-épouse.

Njörd rentrerait chez lui à Vanaheim lorsque les dieux ases affronteraient les géants du givre lors du Ragnarök, selon le court passage du Vafthrudnismal (Discours de Vafthrudnir).

Informations complémentaires

Noms

As    (s)
Ases, Æsir (pl); Asyniur (f)

Vane    (s)
Vanes, Vanir (pl)

Sources

Voluspa (« Prophétie de la Sibylle ») tirée de l'Edda poétique.

Vafthrudnismal (« Dits de Vafthrudnir ») tiré de l'Edda poétique.

Gylfaginning, tiré de l'Edda en prose, rédigé par Snorri Sturluson.
Ynglinga Saga fut rédigée par Snorri Sturluson.

Créé :23 juillet 1999

Modifié :10 mai 2024