Sire Gareth

Arthurian Legends

Le Livre de Sir Gareth se trouve dans le Livre VII du Morte d’Arthur, œuvre de l’auteur anglais Sir Thomas Malory (v. 1469). Cet épisode est l’un des rares que l’on puisse véritablement attribuer à l’invention de Thomas Malory, sans qu’il s’appuie sur des sources françaises ou anglaises antérieures. Ce récit peut d’ailleurs se lire indépendamment du reste de l’œuvre de Malory, car il n’entretient aucun lien avec les autres livres du Morte d’Arthur.

Cependant, l’aventure de Gareth demeure l’un des récits arthuriens les plus typiques, car elle met en œuvre un thème récurrent : celui d’un jeune homme mystérieux que nul ne peut identifier, qui se fait adouber, puis conquiert un nom illustre en terrassant de puissants adversaires au cours d’une quête visant à délivrer une dame, que le héros épouse ensuite.

Dans nombre de romans de l’ancien français, il est identifié à Guerrehet.

Beaumains

Le roi Arthur tenait sa cour à Kinkenadon lors de la fête de la Pentecôte lorsque deux hommes et un nain accompagnaient un jeune homme, aussi grand que beau. Ses mains étaient larges et puissantes. Le jeune homme était manifestement de noble lignée.

Le jeune homme, qui refusait de donner son nom, demanda trois dons au roi, précisant qu’il en sollicitait un dès maintenant et les deux autres après douze mois. Le premier don qu’il réclamait était l’autorisation de séjourner à la cour du roi pendant les douze mois, en recevant nourriture et boisson en suffisance. Le roi acquiesça à cette première requête.

Sir Kay, le rustre sénéchal d’Arthur, entendant cette étrange requête, réprimanda et insulta le jeune homme, le traitant de vilain glouton. Kay le surnomma Beaumains, c’est-à-dire « Belles-Mains », et lui déclara qu’il aurait abondance de nourriture et de boisson, car le sénéchal installa le jeune homme dans les quartiers misérables, parmi les domestiques de la cuisine.

Sir Lancelot et Sir Gawain furent contrariés par les manières grossières et les railleries du sénéchal, et offrirent au jeune homme de meilleurs logements, ce qu’il déclina poliment. Ainsi, pendant douze mois, le jeune homme supporta avec grâce les railleries et les mépris constants de Sir Kay, jusqu’à la Toussaint. Le jeune homme accepta également le nom que Kay lui avait donné.


Lors de la fête de la Toussaint à Caerleon, une damoiselle se présenta à la cour avec une requête. La jeune femme exposa au roi Arthur et à ses chevaliers de la Table Ronde qu’un cruel chevalier connu sous le nom de Chevalier Rouge des Terres Rouges avait conquis toutes les terres de sa dame et assiégeait cette dernière dans son château. La damoiselle refusant de révéler le nom de sa dame, Arthur lui déclara qu’il n’était nullement tenu d’envoyer un chevalier à son secours.

Beaumains, entendant le message de la damoiselle au roi, prit la parole. Le jeune homme demanda au roi, les douze mois étant écoulés, à révéler les deux derniers dons qu’il souhaitait obtenir. Beaumains voulait que cette aventure — délivrer la dame de la damoiselle — constitue l’un des dons ; l’autre étant que nul autre chevalier que Sir Lancelot du Lac ne pût l’adouber. Le roi accepta.

La jeune femme partit avec dégoût à l’idée qu’un jeune page de cuisine inexpérimenté viendrait au secours de sa dame. Beaumains demanda aussitôt à ses deux serviteurs et à son nain d’aller chercher son armure et son cheval. Il avait si hâte de suivre la damoiselle qu’il se trouvait dépourvu de bouclier et de lance.

Sir Kay, méprisant toujours le jeune homme dont il avait la charge, se hâta de rattraper Beaumains, espérant lui apprendre à le respecter en tant que supérieur. Kay chargea, bouclier et lance prêts. Beaumains fit face à la charge, dégaina et frappa de son épée le flanc de Kay, désarçonnant sans cérémonie son tourmenteur. Kay gisait à terre, apparemment inconscient. Beaumains s’empara alors de la lance et du bouclier de Sir Kay.

Lancelot, qui avait assisté à la défaite de l’arrogant sénéchal face au jeune homme, fut fort impressionné. Beaumains demanda à Lancelot de jouter avec lui, afin d’éprouver sa valeur et de se montrer digne de la chevalerie. Ils s’affrontèrent donc en joute et se désarçonnèrent mutuellement. Puis ils dégainèrent leurs épées et échangèrent de nombreux coups. Le combat se solda par un match nul.

Avant de l’adouber, Lancelot demanda son véritable nom au jeune homme. Beaumains révéla qu’il s’appelait en réalité Gareth, et qu’il était le plus jeune fils du roi Lot d’Orkney et de la sœur d’Arthur, Morgawse. Cela signifiait que Gareth était également le frère de Sir Gawain. Gawain n’avait pas reconnu son propre frère, car Gareth n’était encore qu’un jeune garçon lorsque Gawain était devenu chevalier d’Arthur, quinze ans plus tôt.

Lancelot promit de ne révéler le nom de Gareth à personne à la cour d’Arthur. Lancelot adouba ensuite Gareth, qui se mit aussitôt en route pour porter secours à la damoiselle.

La damoiselle, à l’instar du rustre sénéchal, voyant le jeune homme la suivre, se moqua méchamment de Gareth, lui déclarant que cette aventure convenait mieux à un chevalier aguerri qu’à un inexpérimenté garçon de cuisine. Elle ordonna à Beaumains de retourner à la cuisine d’Arthur. Beaumains, humilié par ses insultes, refusa courtoisement de se laisser détourner de cette périlleuse quête. Sir Gareth suivit donc résolument la damoiselle hors de Caerleon.

Informations connexes

Nom

Gareth (anglais, français ?).
Beaumain — Belles-Mains (surnom).
Guerrehet (français).

Lyonesse, Lionesse.

Lynet, Lynette.
Damoiselle Sauvage.

Sources

Le Livre VII du Le Morte d'Arthur fut rédigé par Sir Thomas Malory.

Articles connexes

La Damoiselle Sauvage

Gareth voyagea avec la damoiselle, qui ne cessait de couvrir d’opprobre le héros nouvellement adoubé, le traitant de garçon de cuisine et déclarant ne pas supporter son odeur.

Ils rencontrèrent deux chevaliers au gué, et la damoiselle le nargua en lui demandant s’il allait prendre la fuite. Irrité par ses railleries, Gareth attaqua et tua les deux chevaliers. Au lieu de louer son adresse, elle prétendit que l’un des chevaliers était tombé de son cheval qui avait trébuché. Nous apprîmes bien plus tard qu’il s’agissait de chevaliers renégats nommés Garrad de Breuse et Arnold de Breuse.

Lorsqu’ils rencontrèrent un autre chevalier en armure noire, connu sous le nom de Chevalier des Terres Noires, elle lui conseilla de fuir. Le Chevalier Noir demanda à la damoiselle s’il (Gareth) était le champion d’Arthur venu délivrer sa dame, et elle se contenta de répondre qu’il n’était qu’un garçon de cuisine. Le Chevalier Noir exigea alors que Gareth descendît de cheval et ôtât son armure, qu’il n’était pas digne de porter.

Offensé par le mépris du chevalier et humilié par sa compagne de voyage, Gareth déclara qu’il était de noble lignée et qu’il prendrait l’armure et le cheval du Chevalier Noir sur son cadavre. Ils s’affrontèrent donc en joute, et Gareth parvint à transpercer le flanc du Chevalier Noir. Malgré cette blessure, le Chevalier Noir combattit âprement pendant une heure entière, avant de succomber à sa blessure et de choir de son cheval, mort. Gareth dépouilla le chevalier défunt de son harnais avant de suivre la damoiselle, qui avait quitté les lieux du combat. De nouveau, elle insulta Gareth, lui disant qu’il sentait la cuisine et lui ordonnant de s’en aller. Gareth déclara à la damoiselle qu’il refusait de se laisser détourner de sa quête.

Ils rencontrèrent ensuite un autre chevalier, cette fois en armure verte. Nous apprîmes que le Chevalier des Terres Noires se nommait Sir Percard, et que le Chevalier Vert était son frère. Le Chevalier Vert, nommé Sir Pertelope, espérait venger son frère, mais il fut désarçonné puis vaincu par la supériorité de Gareth au maniement de l’épée.

Le Chevalier Vert cria merci, déclarant qu’il pardonnerait même à Beaumains la mort de son frère. Gareth lui répondit qu’il ne l’épargnerait que si la damoiselle l’y autorisait, mais malgré cet honneur que Beaumains accordait à la damoiselle, celle-ci sembla se soucier comme d’une guigne que Sir Beaumains tuât ou non le Chevalier Vert. La damoiselle fut surprise lorsque le chevalier vaincu proposa de prêter serment de fidélité à Beaumains, offrant trente chevaliers au service de son vainqueur. Ce ne fut qu’alors que la damoiselle dit à Beaumains d’épargner Sir Pertelope.

Le Chevalier Vert offrit l’hospitalité de son château aux compagnons de voyage fatigués. Toutefois, la damoiselle offensante refusa de s’asseoir à la même table que Sir Beaumains. Sir Pertelope s’étonnait que la damoiselle tournât sans cesse en ridicule le brave chevalier. Elle agissait ainsi parce qu’elle le croyait de basse naissance.


Au matin, ils quittèrent le château du Chevalier Vert et rencontrèrent un autre frère, en la personne de Sir Perimones, connu sous le nom de Chevalier Rouge. Le Chevalier Rouge souhaitait provoquer Sir Beaumains (Gareth). La damoiselle déclara au nouveau chevalier qu’il n’était qu’un garçon de cuisine (encore une fois) de la cour du roi Arthur. Elle encouragea le Chevalier Rouge à combattre et à tuer Beaumains, afin de se débarrasser enfin de sa compagnie. Lorsque le Chevalier Rouge apprit que Beaumains avait tué l’un de ses frères et vaincu l’autre, il s’apprêta à les venger.

Mais comme ses autres frères, Beaumains le vainquit également. Sir Perimones offrit également de jurer fidélité à Beaumains et de lui consacrer ses cinquante chevaliers. Une fois encore, Beaumains ne consentit à épargner le Chevalier Rouge que si la damoiselle intercédait en sa faveur. La damoiselle n’hésita pas cette fois à épargner le Chevalier Rouge. Beaumains et la damoiselle séjournèrent au château de Perimones pour la nuit et repartirent au matin.


Une fois encore, ils voyagèrent ensemble jusqu’à ce qu’ils rencontrassent le quatrième frère, Sir Persant d’Inde, également connu sous le nom de Chevalier Bleu. Le Chevalier Bleu séjournait dans son pavillon, dans une grande clairière de la forêt. De nouveau, la damoiselle lui conseilla de fuir devant le chevalier, mais il refusa de quitter son côté et se disposa à affronter le Chevalier Bleu. Cependant, cette fois, la damoiselle se montra véritablement inquiète pour la sécurité de Beaumains. Elle reconnut qu’elle n’avait pas rendu justice au courage de Beaumains et parut repentante. Beaumains répondit courtoisement qu’il ne se souciait guère de ce qu’elle lui avait dit, car ses insultes avaient alimenté sa colère lors des combats contre ses ennemis, semblant lui conférer une force supplémentaire pour prouver qu’il n’était point un lâche.

Lorsque les deux chevaliers se rencontrèrent, ils s’affrontèrent en joute. Cependant, la force de l’impact fut telle que non seulement ils brisèrent leurs lances sur les boucliers respectifs, mais leurs montures se heurtèrent avec une telle violence qu’elles tombèrent mortes. Les deux cavaliers parvinrent à sauter de leurs chevaux avant de s’attaquer à l’épée. Ils combattirent pendant plus de deux heures ; chacun était grievement blessé. Finalement, Beaumains prit le dessus sur son adversaire en portant un coup terrible au heaume du Chevalier Bleu, qui laissa Sir Persant étourdi sur le sol. Rejetant son bouclier cabossé, Beaumains arracha le heaume de son ennemi et menaça de le tuer. Le Chevalier Bleu implora merci, ce que Beaumains accorda aussitôt.

Sir Persant accueillit Beaumains et la damoiselle dans son pavilion. Nous apprîmes alors les noms des frères de Persant. À l’instar de ses frères, Persant jura fidélité à Beaumains. Il fit préparer un lit pour Beaumains. Cette nuit-là, Sir Persant envoya sa fille partager la couche du jeune chevalier. Comme on le lui avait ordonné, elle s’allongea auprès de Beaumains. Il apprit qu’elle était la fille de son hôte et qu’elle était vierge. Refusant de déshonorer la jeune fille, il la renvoya auprès de son père. Persant sut alors qu’il avait affaire à un preux chevalier de noble naissance.

Au matin, Persant demanda à ses hôtes où ils se rendaient. La damoiselle raconta à leur hôte qu’elle avait amené ce chevalier pour lever le siège du Château Périlleux appartenant à sa sœur. Le Château Périlleux était assiégé depuis deux ans. Persant connaissait le Chevalier Rouge des Terres Rouges, autrement dit Sir Ironside, qui possédait la force de sept hommes. Il savait également que le guide de Beaumains devait être Lynet (Lynette), sœur de Dame Lyonesse. Lynet était par ailleurs connue sous le nom de Damoiselle Sauvage, en raison de ses remarques caustiques à l’égard du pauvre Sir Beaumains.

Son hôte savait également que le siège avait pour but d’attirer Sir Lancelot ou Sir Gawain afin qu’ils affrontent le Chevalier Rouge. Beaumains révéla son véritable nom à son hôte et à son guide : il était Gareth d’Orkney. Ils quittèrent la compagnie de Persant et parvinrent à l’ermittance.

Informations connexes

Nom

Gareth (anglais, français ?).
Beaumain — Belles-Mains (surnom).
Guerrehet (français).

Lyonesse, Lionesse.

Lynet, Lynette.
Damoiselle Sauvage.

Sources

Le Livre VII du Le Morte d'Arthur fut rédigé par Sir Thomas Malory.

Articles connexes

Le Chevalier Rouge des Terres Rouges

Au Château Périlleux, un nain arriva avec la nouvelle que sa sœur (Lynet) approchait accompagnée d’un chevalier qui pourrait la délivrer du Chevalier Rouge. Le nain dut raconter en détail les aventures du jeune chevalier, à l’exception de son nom, bien qu’il révélât que le chevalier était fils du roi Lot. Dame Lyonesse renvoya le nain avec de la nourriture et du vin dans des coupes d’argent pour le chevalier et sa sœur.

Tandis que le nain faisait l’aller-retour entre le château et l’ermittance, il croisa le Chevalier Rouge des Terres Rouges (Sir Ironside) et l’informa qu’il serait défié par Sir Beaumains de la cour de Sir Arthur. Le Chevalier Rouge parut déçu qu’il ne s’agît pas de Lancelot ou de Gawain.


Le lendemain, ils s’approchèrent du château assiégé. Beaumains aperçut des arbres où de nombreux chevaliers avaient été pendus par le cou. Le Chevalier Rouge avait tué chacun d’eux et les avait pendus comme de vulgaires criminels. Ces chevaliers défunts subirent une mort honteuse, car le Chevalier Rouge espérait que la nouvelle se répandît, son but étant d’attirer Lancelot ou Gawain pour l’affronter.

Alors que Sir Beaumains et Lynet s’approchaient de l’armée assiégeante, ils découvrirent un grand cor sous un sycomore. Le cor était façonné dans une défense d’éléphant. Lynet conseilla au héros de ne point sonner le cor avant midi, car avant cette heure le Chevalier Rouge possédait la force de sept hommes. Cependant, Beaumains ignora cet avertissement et sonna le cor immédiatement.

Lynet fit observer que non seulement son ennemi approchait, mais que sa sœur les observait depuis le château. Même à cette distance, Gareth admira la beauté de Dame Lyonesse et souhaita devenir son prétendant. Le héros et le Chevalier Rouge échangèrent quelques mots, puis se préparèrent au combat mortel.

Ils chargèrent l’un vers l’autre, lances en arrêt. Ils se frappèrent avec une telle violence que tous deux furent désarçonnés. Des deux côtés, ceux du château et ceux de l’armée assiégeante virent le Chevalier Rouge désarçonné pour la première fois.

Les deux chevaliers terrassés se relevèrent, placèrent leurs boucliers devant eux et dégainèrent leurs épées. Ils échangèrent des coups furieux à l’épée jusqu’à ce que leurs boucliers fussent mis en pièces, leurs armures lacérées et leurs multiples blessures saignantes. Ils avaient combattu pendant des heures lorsque tous deux durent se reposer. Profitant d’un instant où Beaumains avait ôté son heaume, il en profita pour contempler Dame Lyonesse sur les remparts. Le héros parut alors ragaillardi.

Ils se jetèrent de nouveau l’un sur l’autre pour reprendre le combat. Le Chevalier Rouge laissa échapper son épée en frappant le heaume de Beaumains. Cependant, le coup aurait dû l’étourdir et le terrasser. Le Chevalier Rouge se jeta sur Beaumains, espérant le maintenir au sol tout en récupérant son épée. Lynet poussa un cri, et ses paroles lui conférèrent une vigueur nouvelle. Il parvint à se dégager, à récupérer son épée et à assommer le Chevalier Rouge d’un coup sur le heaume. Beaumains arracha le heaume du Chevalier Rouge et leva son épée pour trancher la tête de son ennemi.

Sir Gareth renverse le Chevalier Rouge

Sir Gareth renverse le Chevalier Rouge
(la damoiselle Lynet à gauche)
Arthur Hughes
Huile sur toile

Le Chevalier Rouge se rendit et implora merci, mais Beaumains refusa de l’accorder, car le Chevalier Rouge avait infligé à d’autres chevaliers des morts cruelles et ignominieuses. Le Chevalier Rouge expliqua au héros qu’il était lié par le serment d’une femme qu’il aimait, qui lui avait ordonné d’attirer Lancelot pour l’affronter, car Lancelot avait tué son frère. Cette femme avait donc conféré au Chevalier Rouge la force de sept hommes avant midi.

Beaumains ne consentit à épargner le Chevalier Rouge, qu’il savait maintenant être Sir Ironside, qu’à la condition qu’il restituât toutes les terres volées à Dame Lyonesse et implorât la miséricorde de Lancelot à la cour d’Arthur. Sir Ironside accepta toutes les conditions de Beaumains. Tandis que Beaumains retournait à l’ermittance pour se rétablir, Sir Ironside se rendit au Château Périlleux, restitua toutes les terres à Dame Lyonesse, puis partit pour la cour d’Arthur afin de s’en remettre à Lancelot.

Informations connexes

Nom

Gareth (anglais, français ?).
Beaumain — Belles-Mains (surnom).
Guerrehet (français).

Lyonesse, Lionesse.

Lynet, Lynette.
Damoiselle Sauvage.

Sources

Le Livre VII du Le Morte d'Arthur fut rédigé par Sir Thomas Malory.

Contenu

Beaumains
La Damoiselle Sauvage
Le Chevalier Rouge des Terres Rouges
Dame Lyonesse

Articles connexes

Dame Lyonesse

Une fois Sir Beaumains (Gareth) remis de ses forces à l’ermittance, il se dirigea vers le Château Périlleux. Cependant, le pont-levis était levé et il se vit refuser l’entrée par nulle autre que Dame Lyonesse.

La Dame de Lyonesse

La Dame de Lyonesse
Arthur Rackham
Illustration

Dame Lyonesse déclara au héros stupéfait qu’il devait rechercher aventures et gloire pendant douze mois avant qu’elle ne lui permît de pénétrer dans son château. Beaumains fut accablé par ces paroles, car il croyait avoir déjà conquis sa main en mariage. Il s’éloigna donc tristement, accompagné de son nain.

Dame Lyonesse confia à sa sœur Lynet (Lynette) et à son frère Gringamore qu’elle souhaitait découvrir la véritable identité de son libérateur. Elle chargea donc son frère d’enlever le nain de Beaumains et de l’amener dans un autre château où ils pourraient l’interroger afin de découvrir le vrai nom et la parenté de Beaumains.

Gringamore trouva Beaumains endormi près de l’eau. Il enleva le nain et s’enfuit au galop, en direction de son château de l’Île d’Avilion. Beaumains s’éveilla au cri de son nain et se lança aussitôt à la poursuite du chevalier en fuite.

Le nain révéla la vérité : le véritable nom de Beaumains était Gareth, fils du roi Lot et de Morgawse. Lyonesse fut satisfaite d’apprendre que Gareth était de lignée royale.

Gareth parvint au château, exigeant qu’on lui rendît son nain. Dame Lyonesse demanda à son frère de relâcher le nain et d’inviter Gareth à entrer au château.

Dame Lyonesse rejoignit alors leur hôte ; ils tombèrent amoureux l’un de l’autre instantanément. Cependant, Sir Gareth ne reconnut pas qu’elle était la Dame du Château Périlleux. Lorsqu’il apparut manifeste qu’ils s’aimaient et qu’ils connaissaient la véritable identité de Gareth, ils déclarèrent le jeune héros digne de l’amour de leur sœur. Ils révélèrent également la véritable identité de Dame Lyonesse lorsque Lynet apparut. Gareth et Lyonesse se fiancèrent.

Au lieu de dormir dans l’une des chambres, Gareth, sur les conseils de Dame Lyonesse, décida de dormir dans la grande salle. Cependant, Lynet, sachant que sa sœur rendrait visite au héros durant la nuit plutôt que d’attendre leur mariage, envoya un chevalier qui attaqua Gareth tandis que le jeune couple s’échangeait baisers et embrassades. Le chevalier blessa Gareth à la cuisse, mais le héros décapita son agresseur. Puis Gareth perdit connaissance en raison de la perte de sang et de la profondeur de sa blessure.

Gringamore accourut dans la salle en entendant le cri de Lyonesse. Il eut honte que son hôte eût été attaqué sous son toit. Tandis que le frère et la sœur soignaient la blessure de Gareth, Lynet arriva.

Lynet prit la tête, oignit le cou d’un onguent, puis rattacha la tête au corps. Aussitôt le chevalier mort se releva et se rendit dans la chambre de Lynet.

La nuit suivante, alors que Lyonesse rendait une nouvelle fois visite à son fiancé pendant que tous dormaient, le chevalier que le héros avait tué attaqua de nouveau Gareth. Dans un combat acharné, Gareth tua ce même chevalier une seconde fois. Cette fois, il ne se contenta pas de le décapiter : Gareth tailla la tête en cent morceaux avant de les jeter par la fenêtre dans les douves.

Gareth s’évanouit de nouveau, car son ancienne blessure s’était rouverte et saignait davantage encore durant le combat. Lyonesse et Gringamore furent accablés de voir leur hôte attaqué une fois encore sous leur propre toit. Bien que la blessure eût cessé de saigner, elle ne guérissait pas convenablement.

Lynet revint avec tous les morceaux de la tête et, grâce à son onguent, ressuscita le chevalier défunt. Gareth fut courroucé contre Lynet, mais celle-ci affirma au héros qu’elle agissait dans l’intérêt de sa sœur et de lui-même. Elle voulait que sa sœur conservât sa virginité jusqu’à son mariage avec Gareth.


À la cour d’Arthur à Caerleon, les trois frères chevaliers arrivèrent et se rendirent à Arthur, comme Sir Beaumains (Gareth) le leur avait ordonné. Ils racontèrent au roi comment le jeune héros les avait vaincus l’un après l’autre. Ils servaient désormais Beaumains en tant que vassaux.

Quelques jours plus tard, Sir Ironside (le Chevalier Rouge des Terres Rouges) arriva et se rendit à Sir Lancelot, comme Beaumains le lui avait commandé. Tous furent impressionnés que Beaumains eût vaincu Sir Ironside. Ironside demanda alors le pardon de Lancelot et de Gawain, qu’ils accordèrent volontiers. Arthur gracia ensuite Ironside de ses crimes.

Lors de la fête de la Pentecôte, Morgawse, reine d’Orkney et sœur d’Arthur, arriva à la cour, exigeant de savoir où se trouvait son fils Gareth. Lorsqu’elle apprit que son fils avait été traité en garçon de cuisine pendant douze mois, elle exigea de son frère et de ses autres fils des explications sur le mauvais traitement infligé à son fils. Ce ne fut qu’alors que Sir Beaumains fut révélé comme étant véritablement Gareth. Arthur et son neveu Gawain expliquèrent à la reine courroucée qu’ils ne l’avaient pas reconnu, et que Gareth ne leur avait pas donné son nom. Ils l’informèrent que Lancelot avait adoubé son fils et que Gareth était parti délivrer Dame Lyonesse.

Arthur promit de retrouver Gareth pour sa sœur, mais son fils Gawain conseilla à son oncle d’envoyer chercher Dame Lyonesse.

Lorsqu’un message arriva requérant la présence de Dame Lyonesse devant le roi Arthur, Gareth préféra que sa localisation exacte demeurât inconnue de la cour d’Arthur. Dame Lyonesse se rendit donc auprès d’Arthur et les invita à participer à un tournoi qu’elle avait organisé le jour de l’Assomption de la Vierge. Elle les assura qu’ils y auraient très probablement des nouvelles de Gareth.

Elle rentra ensuite chez elle. Gareth fut satisfait des nouvelles apportées par Dame Lyonesse, mais s’inquiétait que sa blessure ne lui permît point de prendre part au tournoi. Lynet réconforta Gareth et appliqua son onguent pour le guérir, ce qui sembla le rendre miraculeusement valide.

Lynet conseilla à Gareth de convoquer tous les chevaliers devenus ses vassaux pour l’accompagner au tournoi, tandis qu’Arthur amènerait ses propres chevaliers au Château Périlleux.

Juste avant le tournoi, Gareth souhaitant y participer de manière anonyme, Gringamore lui fournit une nouvelle armure et un cheval. Lyonesse remit à Gareth un anneau magique. Cet anneau possédait plusieurs propriétés merveilleuses : il rehaussait la beauté d’une femme, changeait magiquement la couleur de l’armure de son porteur et empêchait toute perte de sang au combat.

Lors du tournoi, Gareth vainquit de nombreux chevaliers célèbres dans les joutes, y compris son propre frère Gawain. Chaque fois qu’il désarçonnait un chevalier, son armure et ses armes changeaient de couleur. Lorsque Gareth retira l’anneau de Lyonesse un instant, quelqu’un le reconnut. Gareth s’enfonça dans les bois, espérant que personne ne le suivrait.


Gareth parvint au château du duc de la Rowse, où il fut accueilli par l’épouse du duc, celui-ci étant absent. Cependant, elle l’avertit que son mari n’appréciait guère les membres de la Table Ronde d’Arthur.

En chevauchant vers la montagne, Gareth croisa un chevalier nommé Sir Bendelaine. Bendelaine refusait de laisser quiconque franchir le passage à moins qu’un chevalier de passage ne joutât avec lui. Gareth lui transperça donc le corps de sa lance. Mortellement blessé, le chevalier s’enfuit vers son château, où il mourut. Voyant que leur seigneur avait été tué, vingt hommes armés attaquèrent Gareth.

Ne pouvant venir à bout du jeune héros, ils tuèrent son cheval. Pourtant, ils ne faisaient toujours pas le poids face à Gareth, même à pied. Gareth se mit à les abattre un par un, jusqu’à ce qu’il n’en restât plus que quatre. Ils prirent la fuite. Gareth s’empara de l’un des chevaux de ses assaillants et poursuivit sa route.

Gareth chevaucha et parvint à un autre château, où il entendit trente dames et gentil dames se lamenter. Gareth découvrit que ces femmes étaient veuves, car le seigneur du château n’était autre que le Chevalier Brun sans Pitié qui avait massacré leurs maris. Gareth provoqua le Chevalier Brun en duel et le tua en lui enfonçant sa lance dans le corps.

Au matin, Gareth envoya les dames à la cour d’Arthur, avant de repartir dans la direction opposée. Le héros atteignit la montagne où séjournait le duc de la Rowse — dans le château duquel il avait logé la nuit précédente — et le provoqua en combat singulier. Gareth désarçonna le duc, puis le vainquit à l’épée. Gareth l’épargna et l’envoya également à Arthur.

Tandis que le duc s’éloignait, un autre chevalier apparut. Sans un mot de part et d’autre, ils s’affrontèrent en joute. Le chevalier blessa Gareth au flanc de sa lance. Ils poursuivirent le combat à l’épée pendant deux heures.

Le combat prit fin lorsque Lynet arriva. Elle cria à l’autre chevalier, qui n’était autre que Gawain, d’arrêter de combattre son frère Gareth. Entendant le nom de son frère, Gawain rejeta son épée et son bouclier et s’agenouilla devant son cadet, se rendant. Gareth, réalisant qu’il avait combattu son frère, jeta ses armes et se rendit à son tour.

Les deux frères pleurèrent en s’étreignant. Lynet soigna les blessures des deux chevaliers. Gawain pria Lynet d’amener le roi auprès d’eux, car leurs chevaux étaient à présent trop faibles pour être montés. Morgawse et toute la cour accompagnèrent le roi.

Arthur prit les dispositions pour le mariage de son neveu Gareth avec Lyonesse. Ils furent unis lors de la fête de la Michelmas, au Château Périlleux. Les chevaliers que Gareth avait vaincus — Sir Ironside, les trois frères chevaliers et le duc de la Rowse — étaient non seulement devenus les vassaux de Gareth, mais reçurent également des places à la Table Ronde.

Les deux frères aînés de Gareth se marièrent le même jour : Gaheris épousa la Dame Lynet, et Agravain épousa la nièce de Lyonesse.

Une profonde amitié naquit entre Lancelot et Gareth, car ce dernier admirait éperdument le grand héros. Malheureusement, un jour viendrait où l’un causerait accidentellement la mort de l’autre, événement qui s’inscrirait parmi la série de drames destinés à briser la Table Ronde.

Ainsi s’achève le récit de Sir Gareth d’Orkney.

Informations connexes

Nom

Gareth (anglais, français ?).
Beaumain — Belles-Mains (surnom).
Guerrehet (français).

Lyonesse, Lionesse.

Lynet, Lynette.
Damoiselle Sauvage.

Sources

Le Livre VII du Le Morte d'Arthur fut rédigé par Sir Thomas Malory.

Articles connexes

Créé :12 avril 2000

Modifié :7 juin 2024