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Sésostris III : Le brillant dirigeant qui a bâti le royaume d'Égypte

Sésostris III (1878–1860 av. J.-C.) fut un dirigeant spectaculaire à l’origine du développement économique massif de l’Égypte. Également connu sous le nom de Sesostris III, il fut le cinquième roi de la XIIe dynastie, honoré comme une divinité dès son vivant en raison de ses accomplissements extraordinaires durant son règne.

Temple d'Abydos en Égypte

Pour de nombreux historiens, son régime fut l’incarnation même du succès du Moyen Empire, et beaucoup considéraient qu’il s’agissait de l’Âge d’or de l’histoire égyptienne. Les récits qui le concernent révèlent son excellence dans la gestion de l’économie, de l’armée et du gouvernement. Il fut considéré comme le roi le plus puissant de la dynastie, et sa grandeur surpassa même celle de ses prédécesseurs.

Qui était Sésostris III ?

Né dans la famille de Sésostris II et de Khénemetnéferhedjet I, Sésostris III fut également reconnu sous d’autres noms,** tels que Senwosret III et Sesostris III**. Ses épouses comprenaient Itakayt, Khénemetnéferhedjet II et Neferthenut. Sésostris III eut quatre filles : Sithathor, Méret, Senetsenebtysy et Ménét, et son fils unique, Amenemhat III, lui succéda sur le trône.

Le règne de Pharaon Sésostris III fut le plus grand de son époque. Il fut l’instigateur d’améliorations considérables dans les domaines de la science, de l’architecture, de la littérature et de l’art.

Il veilla également à ce que le pays développe ses échanges commerciaux avec les autres nations. Les textes relatifs à sa monarchie racontent comment il s’imposa comme un dirigeant monumental qui mena l’Égypte vers la stabilité économique et militaire.

Parmi ses plus grands accomplissements figurait la construction du Canal des Pharaons, qui constitua la gloire de son administration. On ne peut qu’admirer l’ingéniosité des ingénieurs de l’époque, car le Canal des Pharaons était un projet ambitieux reliant le Nil à la mer Rouge en passant par Ouadi Toumilat.

À ce jour, on peut constater l’importance de ce grand canal en tant que précurseur du célèbre canal de Suez.

En plus du Canal des Pharaons, Sésostris III ordonna également l’amélioration d’une autre voie navigable traversant la première cataracte du Nil. Animé par son désir de promouvoir les projets d’infrastructure, il mena une vigoureuse campagne pour le contrôle ultérieur de la Nubie et construisit des forteresses fluviales facilitant le transport et le commerce. Ces forteresses furent établies à Shalfak, Toshka, Semna, Uronarti et Bouhen.

Pour mieux comprendre les projets de développement de Sésostris III, il convient d’examiner les explorations minières qui débutèrent sous son règne. Il lança d’importantes opérations d’extraction dans le Sinaï, où il fonda également des sanctuaires et des temples majeurs. Sa vénération pour les dieux fut la raison pour laquelle il construisit un temple dédié à Rê-Atoum, centre du culte solaire à Héliopolis.

Associé à son héritage figurait la légende de Sésostri, connu pour ses triomphes militaires qui menèrent à l’essor économique prospère de la nation. Les historiens ont considéré l’histoire de Sésostri comme un mythe, mais le peuple le reconnaissait pour son courage et sa bravoure.

Plus tard, il fut révélé que les œuvres menées par Sésostri correspondaient aux mêmes développements dirigés par Sésostris III, car il s’agissait d’une seule et même personne.

Le peuple d’Égypte était reconnaissant d’avoir Sésostris III comme roi-guerrier, car il incarnait la quête égyptienne d’un dirigeant et défenseur fiable. Il apporta l’harmonie et la paix en Égypte et renforça la confiance du peuple, désormais protégé des attaques de ses ennemis.

Il fut un guerrier invincible redouté par ses ennemis et un sage conseiller en temps de besoin. Ces qualités royales lui valurent les plus grands honneurs et une vénération égale à celle d’une divinité.

Son nom, Sésostris III, signifiait également «** l’homme de la déesse Ousret**. » Étant donné qu’Ousret était une déesse thébaine, Sésostris III y fut également vénéré, là où il prouva ses talents de combattant incomparables. Sésostris III fut connu des Égyptiens comme le grand roi.

Il était représenté avec le némès et la cobra d’Oudjat. On le dépeignait portant un pagne plissé accompagné d’une queue de taureau que l’on pouvait voir pendre entre ses jambes. Son ensemble complet s’accompagnait de neuf arcs entre ses pieds, symbolisant les ennemis vaincus de l’Égypte.

Les rois égyptiens avant lui étaient beaux et dignes, mais Sésostris III était représenté avec des paupières étrangement épaisses, lui conférant un aspect sombre. C’était un roi aux yeux creux, aux joues ridées et émaciées, aux oreilles démesurées, au visage sillonné d’une expression grimaçante et aux lèvres saillantes. En revanche, son corps était musclé et jeune, évoquant un roi majestueux.

Les historiens sont certains de l’existence de la tête fragmentaire de Sésostris III, que l’on croit avoir existé entre 1879 et 1840 av. J.-C. Cette image singulière d’un roi antique est considérée comme un trésor dans les annales de l’histoire égyptienne en raison de sa sagesse et de ses accomplissements.

Nul ne savait pourquoi il se représentait de manière si inhabituelle, mais par la suite, d’autres rois suivirent son style, ce que les historiens expliquèrent comme la manière pour les rois de manifester leurs vertus. On se souviendra de ce que d’autres historiens ont expliqué au sujet de son apparence. Certains supposèrent qu’il était solitaire et désenchanté. Comme tout être humain ordinaire, il était préoccupé et accablé par ses devoirs de roi.

Malgré la volonté du peuple de le diviniser, Sésostris III montra sa réalité humaine, décevante et difficile. Une autre interprétation de son caractère fut celle d’un souverain autocratique. Il affichait une humeur stricte et sombre pour se distancer de son peuple et ainsi inspirer la crainte.

De plus, ses campagnes militaires furent considérées comme féroces et déterminées. Il s’efforça d’empêcher les étrangers d’entrer en Égypte, proposant ainsi la construction d’une nouvelle frontière. Pendant ce temps, il désigna son fils, Amenemhat III, comme corégent pour superviser ses projets ambitieux. Il souhaitait également former le jeune homme aux excellentes méthodes de gouvernement de sa bien-aimée Égypte.

Le monde antique

Sésostris III fonda une ville ainsi qu’un temple remarquable à Abydos et Médamoud. Il y construisit également son temple mortuaire, que l’on peut considérer comme une partie significative de son héritage. Pour régner sur l’Égypte avec dévouement, il fallait l’assistance de grands dignitaires chargés d’appliquer les lois du pays. Sésostris III eut la chance de compter sur des hommes fiables à ses côtés, notamment sesvizirs** Nébit et Khnoumhotep**.

Ils jouèrent des rôles cruciaux dans le royaume, tandis que son trésorier, Ikhernofret, fut un gardien fidèle des richesses à Abydos. Un autre trésorier, Sobekemhat, fut honoré royalement à sa mort pour sa loyauté et ses contributions inestimables au royaume. Séankh fut chargé de dégager le canal à Sehel. Enfin, l’ami le plus fidèle du roi était Horkherty.

Certains spécialistes de la chronologie biblique ont proposé que le règne de Sésostris III aurait pu chevaucher l’époque de l’histoire biblique de Joseph. Cette théorie, fondée sur des calculs situant l’Exode vers 1446 av. J.-C., placerait l’arrivée de Joseph en Égypte aux alentours de 1876 av. J.-C., durant le Moyen Empire. Il convient toutefois de noter qu’il ne s’agit que d’une parmi plusieurs théories concurrentes — d’autres situent Joseph dans la IIIe dynastie (l’identifiant à Imhotep) ou dans la XIIIe dynastie — et que l’égyptologie classique ne confirme aucune synchronisation biblique spécifique.

En tant que souverain avisé, Sésostris III créa trois régions principales : la Basse-Égypte, la Haute-Égypte et la partie méridionale d’Éléphantine, chacune dirigée par un conseil placé sous l’autorité du vizir. Avec ce système, les nomarques furent affaiblis, ce qui affecta le mode de vie opulent des familles puissantes.

Le nouveau système de gouvernement engendra un pouvoir centralisé plus fort, dans lequel les groupes militaires des riches furent dissous. Le roi se vit attribuer davantage de pouvoir et de souveraineté. On peut se rappeler qu’un système de castes existait également dans la société égyptienne, mais il fut aboli sous le règne de Sésostris III.

Auparavant, il y avait d’un côté les nobles de la haute société et les travailleurs, et de l’autre les officiers de la classe inférieure et leurs vastes familles. Dans le nouveau système, des officiers bien rémunérés furent soutenus, ce qui attira davantage de personnes vers les domaines des arts et de la sculpture. Ces artistes produisirent des œuvres fonctionnelles plutôt que des créations purement esthétiques.

Ils veillaient à créer des objets précieux et pratiques. Parmi ces œuvres figuraient des peintures à valeur historique, des statues représentant un dieu et des temples destinés au culte. Même une fibule devait avoir une utilité pratique plutôt que de servir de simple ornement. Sésostris III encourageait le peuple à imaginer des moyens créatifs d’utiliser l’art de manière pratique.

Pour renforcer la foi du peuple, Sésostris III construisit davantage de temples destinés au culte, tels que le temple d’Amon à Karnak. Il ajouta également un temple richement décoré dédié à Montou, le dieu du peuple de Thèbes. Il ordonna la construction de forteresses en Nubie pour surveiller les migrations des populations du sud.

Ses campagnes militaires témoignèrent de ses talents de combattant et de sa maîtrise stratégique. Ses victoires, telles que l’expansion de la partie méridionale de l’Égypte qui mena à l’invasion de la Nubie et du nord-est de Canaan, furent consignées dans l’histoire. Il soumit la Nubie à plusieurs reprises de 1872 à 1860 av. J.-C. et s’avéra triomphant, à l’exception de sa dernière tentative, qui fut une campagne abandonnée.

Sésostris III était un combattant, mais derrière ce guerrier se cachait un homme profondément religieux. Il vénérait humblement les dieux anciens et favorisait des relations pacifiques entre les pharaons et les prêtres. Cette entente cordiale entre les deux autorités fut bénéfique pour les deux parties.

Sésostris III jouissait d’un profond respect de la part de son peuple, y compris les Nubiens, qui le considéraient comme un dieu. Les Égyptiens et les Nubiens vécurent par la suite en harmonie, illustrée par l’unité divine entre les deux peuples. Le peuple le vénéra même après sa mort.

Comment Sésostris III est-il mort ?

On pouvait s’attendre à ce que sa grandeur mérite une pyramide majestueuse. C’est pourquoi Sésostris III fit construire un colossal complexe pyramidal situé au nord-est de la pyramide rouge de Dahchour.

Sa beauté rivalisait avec toutes les pyramides construites au cours de la XIIe dynastie en termes d’envergure, d’opulence et d’importance. On ne peut être certain que Sésostris III y fut enseveli, car il possédait également une autre pyramide imposante à Abydos.

Les archéologues ont rapporté que sa pyramide mesurait 105 mètres carrés de largeur et 78 mètres de hauteur. Compte tenu du fait qu’elle fut construite en briques crues, les architectes ont supposé que les bâtisseurs n’utilisèrent pas des moules de taille standard. Pour décrire l’intérieur, on ne pouvait manquer la chambre funéraire, construite en granit. Ensuite, il y avait une seconde chambre dotée de cinq poutres en calcaire disposées par paires.

Ce complexe était doté de petits temples mortuaires et de pyramides plus petites pour les reines. On comptait un total de sept pyramides plus petites pour les épouses du roi. Par la suite, les fouiles mirent au jour les trésors de deux reines significatives : Sithathor et Méret.

Sésostris III servit l’Égypte de la manière la plus puissante qu’un roi puisse le faire, et l’on constate l’amour que le peuple lui portait. Les archéologues n’ont pas retrouvé de nombreuses références concernant sa mort, mais son héritage survécut à son nom. Il devint un nom familié en Égypte pour son héroïsme et son grand leadership.

Conclusion

Temple d'Abydos

Sésostris III fut un roi célèbre du Moyen Empire. Son engagement fut immense, et il mena l’Égypte dans une brillante campagne d’expansion économique et militaire.

Rappelons les points essentiels de son héritage :

  • Sésostris III régna durant ce que l’on considère comme l’Âge d’or de l’histoire égyptienne.
  • Le peuple le vénérait et le considérait comme une divinité vivante car il incarnait toutes les grandes qualités d’un dieu.
  • Il fit preuve d’honneur, de justice, de sagesse et de courage en tant que roi et commandant militaire.
  • Grâce à ses projets ambitieux, l’Égypte se développa et atteignit la plus haute stabilité économique de la région à cette époque.
  • En tant que dirigeant sincère, son peuple l’adora pour sa vision, et les prières lui furent adressées même des siècles après sa disparition.

Sésostris III jouit de la faveur de son peuple. Jusqu’à sa mort, il fut vénéré comme le roi divin qui mena l’Égypte vers le progrès et la paix.

Créé : 11 janvier 2022

Modifié : 1 mars 2024