Senenmut : Un rotulier de haut rang proche du trône
Né rotulier vers 1464 av. J.-C.,** Sénenmut commença sa carrière comme architecte et fonctionnaire **au sein de la XVIIIe dynastie avant de devenir, par son humilité et son dévouement, un proche de la famille royale égyptienne.
Son nom est parfois orthographié Senemut ou Senmut, ce qui signifie « frère de la mère ».
Il eut la chance d’avoir des parents instruits, Ramose et Hatnofer, originaires de la ville d’Armant. Sénenmut avait trois frères, Pairy, Minhotep et Amenemhet, ainsi que deux sœurs, Ahhotep et Nofrethor.
Sénémut est reconnu par beaucoup pour les édifices qu’il a construits, notamment les tombeaux de ses parents, qu’il a lui-même conçus et dirigés. Il est intéressant de noter que les archéologues ont trouvé ces tombeaux intacts lors de leur découverte. Ils comptaient parmi les sépultures fouillées présentant un extérieur inviolé et des corps remarquablement préservés à l’intérieur.
Alors que d’autres membres de la famille royale avaient de nombreuses épouses, Sénémut demeura célibataire toute sa vie. On imagine que personne ne fut désigné pour présider ses funérailles lors de son décès. Dans ces circonstances, l’un de ses frères assuma l’honneur de diriger les rites funéraires du haut fonctionnaire, celui-ci n’ayant pas d’épouse.
En préparation de sa sépulture, le tombeau de Sénenmut fut établi, accompagné d’une chapelle, mais malheureusement, Sénenmut n’y fut pas inhumé à sa mort. Sa chapelle fut construite dans la Tombe des Nobles, tandis que son tombeau se trouvait à proximité du temple mortuaire d’Hatchepsout.
Cette proximité avec la sépulture d’Hatchepsout amena ses détracteurs à mettre en doute la nature de ses relations avec la reine. Toutefois, selon les témoignages, son tombeau se trouvait en un lieu très modeste, souterrain, sans aucune chapelle au-dessus.
Qui était Sénenmut ?
Sénémut venait d’un milieu des plus modestes. Il n’était même pas issu d’une famille royale, ses parents n’étant que de simples fonctionnaires. Néanmoins, grâce à son ardeur au travail, il reçut environ cent titres en récompense de sa loyauté et de sa détermination.
Vous avez peut-être entendu dire qu’il fut un conseiller exceptionnellement fidèle de Néférourê (ou Néfruâ), l’unique fille de la reine Hatchepsout. Serviteur dévoué s’il en fut, il commença à servir la famille royale dès le règne du roi Thoutmôsis II, époux d’Hatchepsout.
Par la suite, il fut nommé Architecte royal en chef et placé à la tête de l’ensemble des travaux d’ingénierie sous le règne d’Hatchepsout. Avec une détermination sans faille, il supervisa la construction du temple mortuaire de la reine situé à Deir el-Bahri. Il fut un serviteur zélé de la reine, et les représentations de sa vénération pour Sa Majesté font partie de l’histoire d’Égypte.
Une telle proximité avec la famille royale, en particulier avec la reine, constituait un privilège exceptionnel pour un rotulier. Sénémut et Hatchepsout œuvrèrent de concert pour mener à bien tous les projets de construction de la reine.
Il fut un superviseur attentif, dirigeant les travaux d’ingénierie dans l’enceinte de Karnak. Ses attributions comprenaient la planification des opérations de carrière et l’érection de deux obélisques somptueux en l’honneur d’Hatchepsout.
Les historiens qui ont consigné ces exploits attestent qu’il s’agissait des plus hautes structures de l’époque. Toutes ces réalisations reposaient entre les mains de Sénenmut, et il mena tout à bien, à la grande satisfaction de la reine.
Outre ces grands projets d’infrastructure, Sénémut fut également un confident proche d’Hatchepsout. Il aurait prodigué de sages conseils à la reine sur diverses affaires du royaume. En raison de sa proximité inhabituelle avec Sa Majesté, beaucoup ont suggéré l’existence d’une idylle romantique entre les deux.
Cependant, Hatchepsout et Sénenmut ne travaillaient étroitement ensemble que par engagement divin envers la gouvernance du royaume. Beaucoup s’interrogeaient sur son statut au palais et dans le cœur de la reine, car il était inhabituel qu’un simple travailleur fût constamment aux côtés du souverain.
Sa présence au sein de la famille royale le conduisit à s’engager de manière remarquable dans la gestion du palais et du royaume tout entier. On ne saurait nier son influence lorsque son nom fut associé à celui de la reine et de sa fille.
Les réalisations de Sénenmut
Vous savez peut-être que Sénenmut entama sa brillante carrière sous le règne de Thoutmôsis II, en tant que précepteur de Néférourê (ou Néfruâ), l’unique fille du roi et d’Hatchepsout. L’union paisible de la famille et la prospérité de l’Égypte à cette époque furent bouleversées lorsque Thoutmôsis II mourut subitement, laissant Hatchepsout et ses jeunes enfants sur le trône.
Selon la coutume, le fils du roi devait hériter du trône. C’est ainsi que Thoutmôsis III devint roi, bien qu’il fût encore très jeune. On comprend que, pour assurer la sécurité du royaume, Hatchepsout se proclama corégente, compte tenu du jeune âge du roi.
La présence de Sénenmut au palais se limitait alors à l’instruction de la princesse. Il veillait à l’éducation et à la sécurité de Néfruâ. Hatchepsout avait la certitude que son devoir royal de mère et d’éducatrice première était parfaitement accompli par le précepteur Sénenmut.
La reine considérait la présence de Sénenmut auprès de Néfruâ comme un moyen sûr d’instruire sa fille. Les historiens estiment que la proximité de Sénenmut avec la princesse fut déterminante pour sa position au palais.
Outre l’enseignement, il se vit confier d’autres fonctions, telles que celle de grand intendant d’Amon, le vénéré dieu égyptien de l’air. Il fut également nommé responsable des arts visuels, une charge qu’il obtint grâce à sa créativité.
Ses tombeaux constituent une preuve saisissante de son talent artistique. Ses artistes leur donnèrent une touche inhabituelle en les ornant du Livre des Morts. Il s’agissait d’une démarche singulière, associant le livre sacré à la sépulture d’un rotulier.
Dans le même esprit créatif, il entreprit le projet ambitieux de faire réaliser vingt-cinq statues de différents types. L’une d’elles captiva l’attention des critiques du royaume car elle représentait la princesse Néférourê (ou Néfruâ) assise sur les genoux de Sénenmut. Tout son corps était enveloppé d’un grand manteau, seule sa tête étant visible. Cette statue a suscité de nombreuses louanges en raison de l’intimité avec la jeune princesse qu’elle représentait.
Outre cette œuvre d’art, Sénémut fut également représenté en train de faire des offrandes aux dieux, acte royal qu’un non-royal n’aurait jamais dû s’approprier. Il apparut aussi dans une statue figurant le nom de la reine lors d’une offrande royale à Montou, célèbre divinité égyptienne.
En somme, Sénenmut était un rotulier, mais il reçut de nombreux privilèges lui permettant de vivre auprès de la famille royale. C’était une occasion inhabituelle pour un homme de sa condition. Cependant, la sérénité du royaume sous le règne de la reine fut troublée lorsque Sénémut disparut la sixième année de son règne. Nul ne put révéler la vérité sur sa mort, en dehors de spéculations non sollicitées selon lesquelles il serait mort vers 1466 av. J.-C.
L’héritage de Sénenmut
L’héritage de Sénenmut peut se résumer à son dévouement et à sa passion pour l’instruction de Néfruâ, l’unique fille de la reine Hatchepsout. Il joua un rôle remarquable dans l’éducation de la princesse, si bien qu’il fut appelé « Intendant de la Fille du Roi ».
Il reçut d’autres missions après le couronnement d’Hatchepsout comme reine. Son plus grand héritage fut la supervision d’un temple dédié à Amon-Rê et d’autres temples voués au culte des dieux, tels qu’Osiris, Hathor et Anubis.
Ces importants travaux d’ingénierie lui valurent le titre d’« Intendant de l’Épouse du Dieu ». En plus de diriger les constructions, il conseillait la reine dans la gestion quotidienne du palais. Il était un bâtisseur, et sa créativité aida la reine à affermir sa couronne.
Sénémut mourut vers 1454 av. J.-C. Son lieu de sépulture demeure inconnu, bien que deux tombeaux lui fussent réservés. L’un se trouvait le long d’une chapelle dans la Tombe des Nobles. L’autre fut découvert à proximité du temple funéraire d’Hatchepsout, ce que d’aucuns considérèrent comme un privilège exceptionnel.
En tant qu’architecte, le second tombeau passait pour lui être plus étroitement associé, car il était orné des inscriptions des douze mois du calendrier égyptien, soigneusement peintes au plafond. L’UNESCO a distingué ce tombeau unique, fondé sur un concept astronomique, en le classant site du Patrimoine astronomique et mondial.
Conclusion
On peut imaginer le besoin de la reine de s’entourer d’une personne fiable après la mort prématurée de son époux, Thoutmôsis II. Le royaume reposant sur les épaules d’Hatchepsout, veuve, c’était une tâche immense, mais un rôle auquel elle se consacra corps et âme. Le jeune âge de Thoutmôsis III conduisit la reine mère à agir comme corégente jusqu’à ce qu’elle se proclamât formellement pharaon par la suite.
Les contributions de Sénenmut à la maison d’Hatchepsout furent déterminantes dans l’éducation de l’unique princesse, Néférourê (ou Néfruâ), ainsi que dans la supervision de nombreux travaux d’ingénierie en l’honneur des dieux, des ancêtres et de la reine. Il dirigea les opérations de carrière, le transport, l’érection d’obélisques, la construction de temples et de pyramides dédiés aux membres de la famille royale.
Sa créativité et son dévouement furent les vertus qui l’élevèrent à la plus haute position du royaume. D’origines modestes, son honnêteté et son engagement lui conférèrent l’honneur.



