Nouakchott, Mauritanie : La perle cachée de l'Afrique de l'Ouest
Nouakchott est la ville dominante de Mauritanie, assumant à la fois le rôle de capitale et de principal centre économique du pays. La ville est surtout remarquable pour son port en eau profonde qui génère une part importante de ses revenus, ainsi que pour son rôle de centre majeur d’accueil des réfugiés du Sahara durant les années 1970.
Poursuivez votre lecture pour en savoir davantage sur l’histoire, la géographie et la configuration de la ville de Nouakchott.
Où se trouve Nouakchott ?
Nouakchott est la capitale de la Mauritanie et constitue son principal centre administratif ainsi que le cœur économique du pays. La ville est située à proximité de la côte ouest-africaine, sur un plateau, à environ 430 kilomètres au nord-est de Dakar, au Sénégal.
Le nom de la ville provient à l’origine du mot berbère Nawākšūṭ, qui se traduit par « lieu des vents ».
Climat
La ville bénéficie d’un climat chaud typique des régions désertiques, caractérisé par des températures moyennes élevées et une brise fraîche lors des nuits d’hiver. Grâce à sa situation sur la côte atlantique, la ville jouit d’un climat nettement plus tempéré que d’autres cités du nord-ouest de l’Afrique.
Les températures maximales moyennes au cours de l’année avoisinent les 33 °C, tandis que les températures minimales peuvent osciller entre 13 °C et 25 °C selon la saison. En moyenne, la ville reçoit 94 millimètres de précipitations annuelles.
Population
Le XXIe siècle a mis en évidence une croissance démographique spectaculaire en Mauritanie. En 2000, la population de Nouakchott comptait 558 195 habitants. Ce chiffre est passé à 743 500 en 2005, tandis qu’un recensement de 2013 a révélé que la population frôlait le million d’habitants. La population de la ville représente environ un tiers de la population totale de la Mauritanie.
Une partie de la difficulté à établir des chiffres précis tient au fait qu’une grande partie des classes pauvres de la ville mène une existence nomade, se déplaçant au sein et en dehors de la ville dans des habitations temporaires selon les opportunités économiques disponibles.
L’histoire de Nouakchott
La ville était à l’origine un petit village côtier fortifié de pêcheurs, relié à Dakar, au Sénégal, par une piste désertique avant sa colonisation par les Français. Ce n’est qu’ensuite que Nouakchott est devenue l’une des principales villes de Mauritanie.
À l’approche de l’indépendance de la Mauritanie en 1958, l’administration de Moktar Ould Daddah a désigné la ville comme la capitale de la Mauritanie. Ould Daddah souhaitait que la capitale du pays nouvellement indépendant reflète ses ambitions de modernité et d’unité nationaliste.
Cette désignation faisait de Nouakchott un emplacement idéal, situé entre l’important port côtier de Nouadhibou et Saint-Louis, au Sénégal, qui était la capitale coloniale de la région. Les régions côtières étant ethniquement plus diversifiées, ce choix permettait d’éviter la controverse que susciterait l’implantation de la capitale dans une région dominée par les Maures arabes ou par les Africains noirs.
Vers l’indépendance
En 1958, le gouvernement mauritanien a entrepris la construction de logements supplémentaires dans la ville pour accueillir une population d’environ 15 000 habitants. Les travaux ont été achevés au moment de l’indépendance officielle du pays vis-à-vis de la domination française, en 1960. Le plan initial pour la ville prévoyait d’en faire un centre administratif et démographique majeur, sans nécessairement un vocation économique.
Le quartier des affaires, situé au centre-ville, présente de larges avenues et une structure en damier. Le Cinquième District est progressivement devenu le principal quartier résidentiel de la ville et abritait un grand marché en plein air. Durant les années 1960, la ville s’est dotée de son propre gouvernement local.
La ville s’est trouvée au cœur du projet d’urbanisation que le gouvernement mauritanien souhaitait mettre en œuvre dans le pays nouvellement indépendant. En dépit des efforts déployés par les colonisateurs français, la majeure partie de la population mauritanienne menait encore une existence nomade avant l’indépendance. Une fois le pays affranchi, le gouvernement espérait que le transfert de sa population vers des zones résidentielles contribuerait à la modernisation du pays.
Nouakchott face aux épreuves : guérillas et désertification
Nouakchott a été attaquée à deux reprises par les guérilleros du Polisario en 1976, au cours du conflit du Sahara occidental, sans que la ville ne subisse de dommages majeurs.
Durant les sécheresses et l’intensification de la désertification qui ont frappé la région saharienne à la fin des années 1960 et au début des années 1970 (en particulier en 1968, 1972 et 1973), la ville a servi de centre d’accueil majeur pour les réfugiés.
Cette période a engendré une urbanisation massive et une croissance démographique fulgurante à Nouakchott. La plupart des réfugiés se sont installés dans des bidonvilles insalubres et pauvres en périphérie de la ville. Cette croissance démographique se poursuit inexorablement jusqu’à aujourd’hui.
Le Port de l’Amitié
L’installation portuaire de Nouakchott, dénommée Port de l’Amitié, se trouve à environ 8 kilomètres à l’ouest de la ville. Les principales exportations mauritaniennes transitant par ce port sont le pétrole et le cuivre. Ce cuivre provient des mines situées à proximité de la localité d’Akjoujt, à quelque 190 kilomètres au nord-est de Nouakchott.
Dans les années 1980, la China Road and Bridge Corporation a discerné une opportunité économique dans l’expansion démographique rapide de Nouakchott et a proposé la construction d’un port en eau profonde sur le littoral de la ville. Cette infrastructure permettrait d’approvisionner Nouakchott par voie maritime plutôt que par voie terrestre depuis le Sénégal.
La République populaire de Chine a accordé à la Mauritanie un prêt sans intérêt de 150 millions de dollars pour la construction du port.
Le site choisi ne constituant pas un port naturel, des brise-lames en béton ont dû être érigés pour garantir la sécurité des navires. Plus de 400 ouvriers venus de Chine ont utilisé plus de 100 000 blocs de béton pour créer le port.
Les conditions de travail se sont révélées extrêmement dangereuses pour ces ouvriers, qui devaient non seulement manutentionner des blocs de béton pouvant peser plus de 12 tonnes, mais aussi lutter contre les vents violents et les marées de l’océan.
L’inauguration du port et les développements futurs
En septembre 1986, le port a été achevé avec plusieurs mois d’avance sur le calendrier prévu. Au XXIe siècle, des plans ont été élaborés pour accroître la capacité du port, et en 2011, la Banque mondiale a entrepris de concevoir une nouvelle installation pour les conteneurs maritimes.
Jusqu’à présent, le port a dépassé les attentes tant des Chinois que des Mauritaniens : il traitait 1,5 million de tonnes de port en lourd de marchandises en 2009, alors qu’il avait été conçu pour une capacité de seulement 500 000 tonnes de port en lourd. Le gouvernement chinois a investi 282 millions de dollars en 2009 pour étendre ses opérations.
En 2001, le gouvernement espagnol a élaboré des projets pour implanter un terminal pétrolier à proximité du port. En 2003, le Mali a prévu la construction d’un entrepôt de 92 000 mètres carrés dans le port pour gérer ses exportations et importations.
Bien que le Port de l’Amitié soit le siège d’une intense activité, le port de la ville de Nouadhibou, plus au nord, enregistre un trafic annuel supérieur. Néanmoins, Nouakchott est considérée comme le moteur central de l’économie du pays, les trois quarts du secteur tertiaire de la Mauritanie étant concentrés dans la ville. L’écrasante majorité des transactions économiques de la ville relève du secteur informel, et une grande part de sa main-d’œuvre effectue des allers-retours quotidiens pour travailler.
Les régions de la capitale mauritanienne
La ville a été initialement divisée en quatre départements dans les années 1970, puis en neuf départements en 1986. En 2014, elle a été réorganisée en trois régions administratives distinctes, chacune dirigée par un gouverneur nommé par le gouvernement mauritanien.
La région de Nouakchott-Nord comprend les départements nord-occidentaux de la ville : Dar-Naim, Teyarett et Toujouonine. La capitale de la région est Dar-Naim, où se trouve également l’aéroport international.
La région de Nouakchott-Ouest englobe les départements nord-orientaux de la ville : Ksar, Sebkha et Tevragh-Zeina. La capitale de la région est Tevragh-Zeina, où se trouve le Palais présidentiel.
La région de Nouakchott-Sud est constituée des départements méridionaux de la ville : Arafat, El Mina et Riyad. La capitale de la région est Arafat, et le port en eau profonde y est implanté.
Le plan de développement de la région sud
Cette région méridionale constitue une véritable réussite en matière de relogement des populations des bidonvilles. En 2009, le gouvernement mauritanien a lancé une stratégie de transfert de 24 000 familles des bidonvilles du sud de la ville vers des logements planifiés en milieu urbain.
Les bidonvilles ont été transformés en habitations sociales pour les classes défavorisées, et de nombreuses familles pauvres ont été relogées dans des logements abordables au sein de la ville. Cette initiative est considérée comme un succès et est créditée d’avoir aidé plus de 180 000 Mauritaniens vivant dans la pauvreté.
Parallèlement à ces régions distinctes, un conseil régional de la ville chargé de promouvoir le développement social et économique a été créé en 2018. Sa première présidente a été Fatimatou Abdel Malick.
La configuration de la ville
Nouakchott est située sur la côte atlantique ouest-africaine du désert du Sahara. La ville est essentiellement plate, ne s’élevant qu’à quelques mètres au-dessus du niveau de la mer. La bande côtière est en grande partie inhabitée et laissée aux inondations, à l’exception du Port de l’Amitié et d’un petit port de pêche. Une section de la plage de la ville est réservée aux pêcheurs locaux, auprès desquels les habitants peuvent acheter du poisson frais au marché.
La ville se trouve sur la portion centrale de la principale voie routière du pays, qui relie les régions méridionales plus peuplées, à vocation agricole, aux zones septentrionales faiblement peuplées mais riches en minerais.
La plage de Nouakchott est jalonnée de bancs de sable et présente même des zones de sables mouvants à proximité du port. Les dunes de sable de la bande côtière soulèvent des préoccupations environnementales pour la ville, car elles ont progressé depuis l’est. Des projets environnementaux ont été mis en œuvre par la municipalité pour lutter contre l’avancée des dunes de sable.
La majeure partie de la ville est étalée et la plupart des bâtiments ne comptent qu’un seul étage. La place principale de la ville, la Place de l’Indépendance, comprend une zone industrielle et un aéroport. L’aéroport international de Nouakchott-Oumtounsy est l’un des deux aéroports internationaux de la Mauritanie. Examinons à présent les principaux quartiers distincts de la ville.
L’avenue Nasser
La ville est en grande partie construite autour d’une artère majeure, l’avenue Gamal Abdel Nasser, nommée en l’honneur du deuxième président d’Égypte. Cette route traverse le centre-ville en direction du nord-est jusqu’à l’aéroport international. Elle divise la ville en deux, avec les quartiers résidentiels au nord et le district historique ainsi que le bidonville au sud.
Le bidonville
Le bidonville, appelé « kebbe » en Mauritanie, a été constitué dans les années 1970 et 1980 pour faire face à l’afflux croissant de réfugiés. En dépit de nombreux programmes qui ont permis d’améliorer les conditions de vie des populations défavorisées, une grande partie des habitants vit encore dans la pauvreté dans cette partie sud de la ville, souvent dans des tentes, des baraques ou des bâtiments en ciment provisoires.
L’Université de Nouakchott
L’Université de Nouakchott a été fondée en 1981 et constitue la principale université du pays. En 1995, elle comptait 2 800 étudiants et 70 professeurs. L’Université internationale libanaise de Mauritanie, l’École nationale d’administration, le Collège des sciences et technologies ainsi que l’Institut supérieur scientifique sont également implantés dans la ville.
Le Palais présidentiel
Le Palais présidentiel se trouve en plein centre-ville et se distingue comme un édifice particulièrement somptueux et richement décoré. Il est situé juste au nord de l’Université internationale libanaise de Mauritanie et de la Banque centrale de Mauritanie, et jouxte l’ambassade des États-Unis.
Le Musée national de Mauritanie
Le Musée national de Mauritanie est également situé à Nouakchott. Il abrite de nombreuses salles archéologiques et ethnographiques présentant des poteries, des pointes de flèches et divers artefacts culturels locaux. Le bâtiment, construit par les Chinois en 1972, compte deux étages.
Bien que les lieux de culte de la ville soient principalement des mosquées, on y trouve également plusieurs églises chrétiennes, parmi lesquelles le diocèse catholique romain de Nouakchott, ainsi que plusieurs églises protestantes et évangéliques.
Conclusion
Vous disposez à présent d’une connaissance approfondie de la configuration et de l’histoire de la capitale de la Mauritanie, Nouakchott. Récapitulons les faits les plus marquants de la ville :
- La ville est située sur la côte atlantique ouest-africaine de la Mauritanie et en est la capitale.
- Elle possède un port en eau profonde construit par le gouvernement chinois dans les années 1980, qui constitue un hub majeur pour le commerce pétrolier et cuprifère de la Mauritanie.
- Dans les années 1970, la ville a été une destination de premier plan pour les réfugiés fuyant une période de sécheresse et de désertification intense dans le Sahara.
- Elle a mis en place un programme de relogement des bidonvilles et d’aide aux populations défavorisées qui a porté ses fruits.
Nouakchott est une composante essentielle de l’économie et de la structure politique mauritaniennes. Son succès économique grâce à son port en eau profonde, ses programmes sociaux en faveur des classes les plus modestes et l’expansion de sa population témoignent d’une ville qui accomplit des progrès considérables, en dépit de sa situation dans ce que beaucoup considèrent comme l’une des régions les plus arides du monde.


