L'histoire du Maroc : une belle tapisserie historique
Le Maroc est l’un des pays les plus fascinants de la région du Maghreb.
Sa situation géographique offre un mélange singulier d’influences africaines, méditerranéennes et arabes. C’est également l’une des destinations les plus prisées par les voyageurs, car chacun peut aisément y trouver de quoi s’identifier et s’éprendre du pays.
Cependant, avant d’atteindre son état actuel, le Maroc a traversé une riche histoire qui mérite d’être comprise, et cette histoire constitue en soi un véritable voyage qui vaut la peine d’être entrepris.
Histoire du Maroc
Les origines du Maroc peuvent être divisées en deux phases principales : l’époque carthaginoise et l’époque maurétanienne.
- L’époque carthaginoise débuta avec l’arrivée des Phéniciens au Maroc, qui y régnèrent pendant plusieurs siècles. Ces commerçants établirent de nombreux comptoirs pour des produits essentiels, notamment les minerais et le sel. L’une des raisons pour lesquelles le Maroc est parsemé de nombreuses villes portuaires tient à la facilité d’accès commercial qu’offrait l’extensive façade maritime du pays. Les trois principaux établissements antiques furent Mogador, Lixus et Chellah, Mogador étant considéré comme l’une des colonies phéniciennes les plus anciennes et les plus importantes. Fondée vers le VIe siècle av. J.-C., Mogador constitue depuis longtemps un jalon majeur de la colonisation du Maroc.
- L’époque maurétanienne débuta vers 300 av. J.-C. À cette époque, un royaume indépendant d’origine berbère fut établi sous la direction de Bocchus Ier, le plus ancien roi connu de Maurétanie. Alors que les rois berbères régnaient sur les territoires intérieurs, les comptoirs côtiers furent largement relégués au second plan, ce qui permit toutefois à l’autorité romaine de s’exercer. La Maurétanie était considérée comme l’un des États clients de l’Empire romain dès 33 av. J.-C., jusqu’à ce qu’elle devienne une province sous l’empereur Caligula, lorsque celui-ci ordonna l’exécution du dernier souverain, Ptolémée de Maurétanie, vers 39-40 apr. J.-C.
Durant ces époques, les frontières territoriales demeuraient encore très imprécises, et les alliances prévalaient sur l’occupation militaire. Les comptoirs présentaient une importance mutuelle sur le plan économique. Ainsi, tout au long de ces deux époques, le Maroc fut considéré comme une région stratégique pour l’Empire romain.
La Maurétanie était considérée comme un État vassal sous le règne de l’empereur Auguste. Un État vassal désigne une entité liée par des obligations mutuelles envers un empire ou une puissance supérieure. Ce statut était très répandu à cette époque, ainsi que durant le Moyen Âge européen.
Juba II fut l’un des souverains de cette période qui prit le contrôle de toutes les régions au sud de Volubilis, la capitale de la Maurétanie à cette époque. L’empereur Auguste établit trois colonies principales dans le cadre du règne de Juba II, ce qui porta finalement le nombre total de colonies à douze. Ce fut une période de croissance économique significative pour les Romains. Cependant, ces derniers décidèrent de déplacer la capitale régionale de Volubilis à Tanger, ce qui diminua l’importance de Volubilis.
Vers le IIe siècle apr. J.-C., le christianisme fut introduit dans la région, et des adeptes et des convertis furent gagnés parmi les Berbères et les esclaves. Ce développement se propagea rapidement et, à la fin du IVe siècle, le christianisme s’était enraciné dans les sociétés des régions romanisées. Une conversion massive eut lieu durant cette période.
Parallèlement, des mouvements hérétiques et schismatiques se développèrent également, exprimant des dissensions politiques. Cet essor des appartenances religieuses contribua également à l’accroissement de la population juive.
Contrairement à une opinion répandue, le mouvement musulman apparut autour du VIIe siècle apr. J.-C., soit après l’essor des religions antérieures. Cet événement marqua l’arrivée de l’islam et de la langue arabe dans la région. Si les tribus berbères autochtones adoptèrent l’islam comme leur religion, la majorité des coutumes juridiques traditionnelles furent conservées.
Ce fut également l’époque durant laquelle de nombreux établissements plus modestes prospérèrent, dont ce qui est encore considéré comme une grande représentation du Maroc médiéval, à savoir l’émirat de Sijilmassa, entre les années 757 et 976.
Le Sultanat du Maroc
Le Maroc a été gouverné par plusieurs dynasties et sultanats aux juridictions territoriales et aux allégeances variées, qui formèrent finalement le pays tel que nous le connaissons aujourd’hui.
Tout commença avec le califat almohade au début des années 1100. Le califat almohade était un empire berbère musulman d’Afrique du Nord qui contrôlait la péninsule Ibérique et la majeure partie de l’Afrique du Nord. Lui succéda la première véritable dynastie aux frontières et juridictions mieux définies : le sultanat mérinide.
La dynastie mérinide s’étendit de 1244 à 1465, avec des frontières englobant le Maroc actuel, y compris la région de Gibraltar. Elle tira son nom de la tribu berbère zénète des Banu Marin.
La dynastie mérinide fut suivie de la dynastie wattaside, qui s’étendit de 1472 à 1554. Contrairement à la dynastie mérinide, la dynastie wattaside ne contrôlait que la région septentrionale du Maroc, la partie méridionale du pays étant divisée en principautés.
Ce règne pâlit en comparaison avec celui des Mérinides, et les Wattasides furent supplantés en 1554. À l’issue de la bataille de Tadla entre le dernier souverain wattaside et les princes de la dynastie saadienne, ces derniers s’imposèrent à l’issue du conflit.
Le sultanat saadien amorça son ascension au pouvoir en 1510 et connut une croissance exponentielle à partir de 1511, lorsque le sultanat commença à régner sur la région méridionale du Maroc. Ce sultanat constitue l’un des plus vastes de l’histoire marocaine, avec des territoires s’étendant sur la quasi-totalité de l’Afrique du Nord.
L’époque saadienne est l’une des plus importantes de l’histoire marocaine, car c’est durant cette période que de véritables progrès furent réalisés et maintenus. De la modernisation de l’armée aux merveilles architecturales, les Saadiens sont considérés jusqu’à ce jour comme des mécènes de l’art et de l’architecture.
Les dernières années du sultanat saadien furent tumultueuses, marquées par des rivalités féroces entre les fils d’Ahmad al-Mansur et une épidémie de peste qui dévasta la majeure partie de l’Europe et de l’Afrique du Nord. Cela entraîna rapidement la dégradation des conditions du sultanat, jusqu’à ce que la dynastie actuelle et la plus longue à régner lui succédât : la dynastie alaouite.
La dynastie alaouite fut fondée en 1631, et c’est durant cette période que le Maroc traversa une série complexe de crises multidimensionnelles qui s’aggravèrent considérablement aux XVe et XVIe siècles.
Ces crises portaient sur des questions socio-économiques, politiques et culturelles, qui conduisirent toutes à la stagnation du commerce traditionnel, notamment lorsque la région méridionale fut isolée après la prise de tous les ports par les Portugais. De plus, durant cette période, les villes de la région connurent une détérioration des conditions de vie et le progrès s’immobilisa.
Cependant, en dépit des circonstances tumultueuses qui entourent la fondation de cette dynastie, elle survécut aux décennies suivantes jusqu’aux XVIIIe et XIXe siècles, époque à laquelle l’influence croissante des puissances européennes s’établit davantage dans la région. Cela affecta directement l’évolution et le développement de l’empire marocain.
La colonisation française du Maroc et les protectorats français et espagnol
Durant l’immense progression de l’industrialisation de l’Europe, la partie septentrionale de l’Afrique constituait une cible de choix pour la colonisation, en particulier la région nord-occidentale.
La France manifesta un intérêt accru pour le Maroc au début du XVIIIe siècle, le pays se trouvant dans une position stratégique idéale pour protéger le territoire franco-algérien. De plus, la position géographique du Maroc représentait un pôle commercial très lucratif, situé à proximité de la région méditerranéenne et du vaste océan Atlantique.
Lorsqu’un territoire est considéré comme l’une des principales portes d’entrée vers deux continents, il présente un avantage précieux pour quiconque le gouverne, car il confère un atout économique et politique prometteur face aux autres colonies ou empires.
Ce plan progressiste fut momentanément perturbé dans les années 1860, lorsque l’Espagne déclara la guerre sur l’enclave de Ceuta, située dans la partie septentrionale du Maroc. La guerre s’acheva par la victoire de l’Espagne, faisant ainsi de l’enclave de Ceuta une partie du règlement. En 1904, des zones d’influence furent délimitées, d’un commun accord entre la France et l’Espagne.
Cet accord fut également reconnu par le Royaume-Uni, mais il provoqua la réaction de l’Empire allemand. Il en résulta une crise en 1905, qui fut résolue en 1906 lors de la conférence d’Algésiras.
La colonisation française du Maroc constitue l’une des phases les plus brèves de l’histoire du pays, mais aussi l’un des tournants les plus déterminants. Avec l’Espagne, l’influence française demeure forte aujourd’hui dans des domaines tels que la langue, le mode de vie et la cuisine du Maroc.
L’indépendance du Maroc
Le Maroc obtint finalement son indépendance en 1956 grâce aux efforts et au soutien des Marocains qui réclamaient la pleine indépendance, une constitution démocratique et la réunification nationale. Dans un premier temps, le leader moins populaire Mohammed Ben Arafa prit la succession du sultan Mohammed V d’août 1953 à octobre 1955.
Cependant, la pression nationale pour rétablir le sultan exilé, qui était également son cousin germain, l’incita à quitter ses fonctions, et il fut remplacé par le sultan Mohammed V. L’indépendance du Maroc est considérée comme l’un des événements les plus importants du XXe siècle, marquant une période où un niveau significatif d’unité et de paix fut atteint après un passé tumultueux.
Hassan II devint roi du Maroc en mars 1961, après la mort de Mohammed V. Deux ans plus tard, en 1963, le Maroc tint ses premières élections générales, mais l’état d’urgence fut décrété et le parlement suspendu. En 1971, une tentative avortée de renverser le roi visant à établir une république eut également lieu.
Le règne d’Hassan II fut entaché de nombreux conflits, en particulier au Sahara occidental, où des affrontements entre troupes marocaines et algériennes se produisirent à de multiples reprises.
La révolution marocaine
Plus récemment, le Maroc a connu deux révolutions majeures, qui ont entraîné un grand nombre de manifestants et un chaos considérable. Il s’agit des protestations marocaines de 2011 et 2012.
Cette série d’événements fut provoquée par de nombreux facteurs ayant conduit à la dégradation des conditions de travail et de vie, s’ajoutant aux restrictions déjà imposées par le gouvernement. Des facteurs tels que la corruption généralisée, la fraude électorale, la brutalité policière et un taux de chômage extrêmement élevé constituèrent les raisons principales, déclenchant une révolution poursuivant deux objectifs : des réformes constitutionnelles et la reconnaissance linguistique.
La reconnaissance linguistique constitue l’un des points saillants de cette révolution, car elle mit en lumière l’importance de la préservation et de l’identification des langues. Cela concernait plusieurs langues locales mineures et majeures de la région.
Le printemps arabe survenu en 2011 demeure l’un des événements les plus marquants pour le Maroc. La série de protestations qui eurent lieu au Maroc et dans d’autres pays d’Afrique du Nord inspira des milliers de Marocains à se rassembler dans la capitale, Rabat.
Les citoyens exigèrent que le roi Mohammed abandonne une partie de ses pouvoirs. Ils considéraient que l’autocratie devait être éliminée et le changement embrassé. Ce premier rassemblement à Rabat entraîna d’autres manifestations planifiées dans plusieurs grandes villes, notamment Marrakech et Casablanca. Malheureusement, des incidents de désordre et de pillage se produisirent dans des villes telles que Tanger, Chefchaouen, Fès, Sefrou et même Marrakech.
Environ 60 000 manifestants se rassemblèrent à Casablanca et Rabat pour une démonstration en juin, et beaucoup d’entre eux portaient une photo de Kamal Amari, la victime la plus emblématique de la brutalité policière durant cette période. Cette manifestation mit en évidence l’intensification de la brutalité policière à l’encontre des manifestants.
Les protestations marocaines de 2011 s’étalèrent sur plusieurs mois, de février à septembre 2011. La dernière grande manifestation eut lieu en septembre 2011 à Casablanca, où environ 3 000 manifestants se rassemblèrent pour mettre fin à la corruption et aux abus de pouvoir prévalents.
En dépit du chaos et de la violence à l’échelle nationale, qui entraînèrent de nombreux actes de désobéissance civile, d’émeutes, de manifestations, d’activisme en ligne et même d’immolations, la révolution marocaine de 2011 se solda par six décès documentés et environ cent vingt-huit blessés.
Le pays subit moins de victimes et de dégâts collatéraux que ses voisins, eux aussi éveillés par le printemps arabe. Néanmoins, le bilan demeure significatif à l’échelle interne, sachant que l’instabilité politique compromit gravement les progrès du pays.
La fréquence des manifestations diminua pendant plusieurs mois alors que le gouvernement tentait de s’entendre avec ses citoyens. Cependant, une seconde vague de protestations et de nouvelles manifestations s’ensuivirent quelques mois plus tard.
En mai 2012, des milliers de Marocains manifestèrent à Casablanca contre l’incapacité du gouvernement à remédier à l’aggravation du chômage à travers le pays, dénonçant l’inaptitude du Premier ministre Abdelilah Benkirane à honorer les réformes promises.
Ces événements furent suivis d’une série de manifestations de moindre envergure dans d’autres villes, mais les plus marquantes se tinrent en juillet et août 2012, sous l’égide du Mouvement du 20-Février. Le groupe protesta contre les promesses non tenues, la détérioration persistante des conditions de vie et la hausse du coût de la vie.
L’intensité des manifestations conduisit la police à recourir à la violence, avec des actes de brutalité policière commis à l’encontre des manifestants et des vendeurs. Durant cette période, la voix du peuple devint impossible à ignorer et acquit une grande valeur dans la lutte pour les droits humains les plus fondamentaux et les préoccupations patriotiques.
La dernière manifestation documentée eut lieu en septembre 2012. La protestation fut principalement menée par des jeunes Marocains demandant aux autorités de libérer les membres emprisonnés du Mouvement de la Jeunesse du 20-Février. Ce fut également l’une des manifestations qui s’acheva pacifiquement.
Le Royaume du Maroc
Le nom arabe complet du Maroc est al-Mamlakah al-Maghribiyyah (المملكة المغربية). La traduction la plus proche de ce nom est « Royaume de l’Occident ». Le Maroc est aujourd’hui considéré comme l’un des pays les plus riches sur les plans historique, culturel, gastronomique et naturel.
Doté d’un long littoral, de montagnes majestueuses, de régions désertiques idylliques et de villes forgées par le temps et l’histoire, le Maroc est une merveille en soi. Ses étapes fondatrices et sa position géographique, ainsi que les influences qui ont façonné le Maroc pour en faire la nation moderne qu’il est aujourd’hui, méritent d’être comprises et appréciées.
La direction du roi actuel Mohammed VI et du Premier ministre Saadeddine Othmani a contribué à accélérer les progrès nationaux sur les plans économique et géopolitique.
Le Maroc aujourd’hui
Le Maroc connaît une croissance économique régulière ces dernières années. Celle-ci a été réalisée grâce à l’exploitation de secteurs importants de l’économie marocaine, tels que l’industrie des phosphates, le tourisme, le textile et les technologies de l’information, qui constituent l’épine dorsale de l’économie du pays.
Le Maroc a accueilli près de 14 millions de touristes en 2019 seulement, ce qui explique pourquoi le gouvernement améliore et développe continuellement les installations touristiques afin de maintenir une progression constante des activités touristiques pour les années à venir. L’objectif ultime est de faire reconnaître le pays parmi les 20 meilleures destinations touristiques au monde.
Le Maroc est géographiquement privilégié, offrant le meilleur de presque tout, ce qui rend chaque aventure passionnante à chaque visite. Des déserts infinis et des sommets exigeants aux plages, villes portuaires, terres agricoles distinctes et villages colorés, le Maroc est véritablement une destination de premier plan que les touristes peuvent visiter et apprécier.
Les influences qui ont façonné son état actuel témoignent d’une synthèse délicate de notes européennes, arabes, berbères et africaines, mêlées pour forger l’essence même du Maroc.
Conclusion
Le Maroc est l’un des pays au monde doté de l’une des histoires les plus longues. Elle s’étend sur plusieurs siècles de développements variés qui ont contribué à forger le pays tel que nous le connaissons aujourd’hui. Elle débuta lentement, avec de nombreuses guerres et effusions de sang, jusqu’à l’essor de nouvelles puissances et à la chute de dynasties.
Des influences fondatrices aux empires, dynasties et sultanats dignes d’un roman, en passant par le développement enraciné des tribus locales et des relations intercontinentales, le Maroc offre une histoire véritablement singulière — à l’image d’une tapisserie aux motifs complexes et minutieusement détaillés.


