Neuvième croisade : regard rétrospectif sur la guerre sainte
La Neuvième Croisade, parfois associée à la Huitième Croisade, est généralement considérée comme une campagne médiévale majeure vers la Terre sainte, menée par l’expédition militaire du seigneur Édouard, couronné par la suite roi Édouard Ier d’Angleterre.
Elle se déroula sur une période extrêmement courte, de 1271 à 1272, et laissa une empreinte indélébile dans l’histoire du monde. Les croisades constituèrent une série de conflits religieux à l’époque médiévale, initiés et parfois dirigés par l’Église romaine.
Il s’agissait de conflits déclenchés sans provocation contre des pays qui menaient des batailles en Terre sainte, conflits qui durèrent des siècles. Au vu des événements qui s’entremêlèrent dans ces mouvements, on peut aisément imaginer l’hostilité qui surgit et perdure entre les chrétiens et les musulmans depuis lors.
Visant à libérer la Terre sainte de l’emprise musulmane, les croisades débutèrent avec le désir ardent de délivrer tout le pays et de lancer une campagne pour la propagation du christianisme à travers le monde.
Il convient également de prendre en compte la volonté de ces nobles d’amoindrir la puissance islamique, d’établir leur autorité sur les contrées païennes et de recouvrer les anciens territoires chrétiens au cours de la campagne.
Saurez-vous mesurer l’impact qu’eurent les croisades au fil des siècles ? Les croisés menèrent bravement huit croisades majeures et des dizaines de croisades mineures, laissant de nombreux enseignements dans l’histoire. Avec le soutien de l’ordre du Temple, ces mouvements prospérèrent à l’époque médiévale. Les templiers se révélèrent des guerriers vaillants et talentueux, défendant les intérêts de l’Église et des croisés.
Comment la Neuvième Croisade commença-t-elle ?
Les croisades furent une succession de conflits entre chrétiens et musulmans, initiés par l’Église romaine principalement pour prendre le contrôle des lieux saints, en particulier la Terre sainte. Située stratégiquement au carrefour des religions juive, musulmane et chrétienne, la Terre sainte, ou la Terre promise, constitue un lieu de pèlerinage majeur pour les fidèles de diverses confessions.
Ce lieu sacré, situé en Israël, accueille tous les pèlerins, sans distinction de religion. Néanmoins, sa situation géographique au cœur d’un bastion musulman a engendré un dilemme pour d’autres qui souhaitaient y prier, notamment les chrétiens et les juifs.
Ce conflit territorial donna naissance à la campagne des croisés chrétiens visant à reprendre possession de la Terre sainte, principalement face aux musulmans. Il convient de rappeler que ces événements majeurs de l’histoire européenne et du Moyen-Orient trouvèrent leur origine dans la détermination de la noblesse européenne, de l’empereur du Saint-Empire et des dirigeants religieux qui s’étaient engagés à reconquérir la Terre sainte après la chute de Jérusalem, des siècles auparavant.
Si ces croisades jouèrent un rôle déterminant dans l’histoire des chrétiens et des musulmans, elles contribuèrent également à l’expansion de la présence religieuse en Europe. Malheureusement, les croisades ouvrirent la voie à un ressentiment tenace entre ces deux grands acteurs religieux du monde.
La dernière croisade est consignée comme la dernière bataille médiévale menée par le seigneur Édouard d’Angleterre contre Baybars, le quatrième sultan mamelouk d’Égypte. Selon les sources historiques, les croisés menés par le seigneur Édouard étaient animés par l’espoir immense de sécuriser la Terre promise et de mettre fin à l’expansion de l’emprise musulmane.
On se souviendra que les premiers croisés furent entravés par les forces de Baybars, un sultan redoutable de la dynastie bahrie. Ce fut une bataille digne d’intérêt historique, car les croisés atteignirent la Terre sainte, mais durent finalement se retirer du combat lorsque le seigneur Édouard réalisa l’ampleur des dommages que la poursuite des hostilités aurait pu infliger à l’ensemble du royaume. Les deux camps remportèrent des succès limités au cours de cette croisade.
Le seigneur Édouard avait également des préoccupations dans son propre royaume, parmi lesquelles la mort de son père, le roi Henri III. On pourrait affirmer que la dernière croisade chrétienne aboutit à l’effondrement inéluctable des derniers croisés sur la côte méditerranéenne.
Par ailleurs, cette ultime croisade fut perçue comme un moyen de rédemption et d’expiation des péchés. Les adversaires des guerres saintes étaient des guerriers chevronnés, prêts à attaquer les croisés chrétiens de toutes leurs forces.
Sauriez-vous croire que les places fortes des croisés tombèrent les unes après les autres ? Ils sollicitèrent même des renforts auprès de l’Europe, mais leurs alliés ne purent envoyer des troupes en temps opportun. Il fut navrant de constater que les chrétiens étaient en infériorité numérique au cœur de la zone de combat.
La chronologie de la Neuvième Croisade
La chronologie de la Neuvième Croisade trouva son origine dans l’échec de la Huitième Croisade (1267–1270). On sait qu’en 1270, le roi Louis IX de France fut convaincu par son frère, Charles d’Anjou, d’attaquer Tunis, une immense ville du nord-est de la Tunisie sur la mer Méditerranée. La dynastie hafside contrôlait alors Tunis et défendit victorieusement la cité face aux croisés européens.
Considérez-la comme une bataille funeste, mais on pouvait pressentir la défaite des Européens lorsque le roi Louis IX mourut d’une fluxion de l’estomac le 25 août 1270.
Cependant, la liesse des musulmans fut de courte durée lorsque la Neuvième Croisade (1271–1272), menée par le seigneur Édouard d’Angleterre en collaboration avec Charles d’Anjou de Sicile, conduisit leurs forces vers Saint-Jean-d’Acre, la capitale du royaume de Jérusalem, en 1271.
Il fallait redouter le redoutable Baybars, qui assiégeait déjà la ville de Tripoli à cette époque, mais les chrétiens avancèrent audacieusement leurs forces pour affronter les musulmans. Il convient de noter que Tripoli était un territoire chrétien abritant des milliers de réfugiés chrétiens lorsque l’attaque commença.
Au début, l’effort conjoint du seigneur Édouard et de Charles s’avéra efficace pour progresser contre Baybars. On pouvait observer qu’ils se montrèrent tout aussi implacables lorsqu’ils brisèrent les lignes intérieures des forces musulmanes, ce qui constitua le premier triomphe des croisés après des années de combats.
L’alliance avec les Mongols
Les audacieuses stratégies militaires d’Édouard d’Angleterre et de Charles de Sicile semblèrent efficaces dans leur campagne contre les forces musulmanes. Le seigneur Édouard arriva à Saint-Jean-d’Acre en mai 1271 avec seulement mille chevaliers. Sa première manœuvre couronnée de succès fut de s’allier aux Mongols, qui étaient les ennemis des musulmans. Les Mongols, menés par Abaqa Khan (1234–1282), confirmèrent leur alliance avec les Européens le 4 septembre 1271.
Ils parvinrent à s’emparer de la ville sarrasine de Qaqun. De plus, le soutien apporté par le roi Hugues III de Chypre, roi de Jérusalem, inspira du courage au prince européen et à ses hommes. Cependant, sauriez-vous croire qu’Abaqa Khan n’envoya que 10 000 cavaliers mongols sous le commandement du général Samagar, car ses autres forces étaient engagées dans des campagnes au Turkestan ?
Les croisés combattirent vaillamment avec foi ; bien qu’en nombre réduit, ils parvinrent à vaincre les musulmans, qui furent contraints de se replier sur Le Caire. Empli de gratitude, Édouard rendit hommage aux Mongols pour leur férocité et leur implacabilité au combat. Néanmoins, ceux-ci ne purent demeurer plus longtemps aux côtés des Européens en raison de leurs autres campagnes militaires.
Pendant ce temps, Baybars, le chef mamelouk, lança une contre-offensive lorsque les Mongols se furent retirés. Il mal calcula ses stratégies et repoussa les Européens vers la mer. L’attaque navale ne favorisa pas les musulmans, ce qui encouragea Édouard à poursuivre les musulmans, ou les Sarrasins, comme on les appelait durant les croisades.
La trêve entre les musulmans et les chrétiens
Comment le seigneur Édouard percevait-il le combat ? On pouvait comprendre que les victoires continues des Européens n’étaient que temporaires, car Édouard d’Angleterre réalisa également que ses forces étaient inférieures en nombre face à l’accroissement des effectifs musulmans et que sa victoire lors de la campagne navale n’était considérée que comme une faveur divine.
En rétrospective, il conclut que ses forces n’égaleraient pas celles des musulmans en nombre et en appui d’artillerie. C’est pourquoi il jugea inéluctable de conclure une trêve avec le sultan Baybars d’Égypte plutôt que de perdre davantage de vies sur le champ de bataille.
Ce qui suivit ne fut guère surprenant, car la fin inattendue de la rivalité entre les États croisés fut plutôt favorable. Ainsi, une médiation fut entreprise entre le seigneur Édouard d’Angleterre et le sultan Baybars d’Égypte en 1271. On aurait pu penser que le cessez-le-feu fut respecté, mais Baybars ourdit un plan perfide pour assassiner Édouard.
Il envoya des hommes se faisant passer pour de nouveaux convertis cherchant le baptême, mais Édouard intercepta personnellement les assassins. Il envisagea de riposter, mais il reçut la nouvelle du décès de son père, le roi Henri III, en Angleterre. Sans plus tarder, il mit un terme à sa campagne et s’embarqua immédiatement pour le retour, où il fut couronné roi Édouard Ier d’Angleterre.
Les conséquences des croisades
Étant donné que le seigneur Édouard était l’autorité principale de la Neuvième Croisade, nombreux furent ceux qui la désignèrent sous le nom de « croisade du seigneur Édouard ». Ce fut l’ultime époque des batailles séculaires opposant les Sarrasins aux chrétiens. Il importe de savoir que les forces chrétiennes parcoururent des milliers de kilomètres vers la Terre sainte pour établir leur pouvoir au cœur de la région sous contrôle musulman.
Si les objectifs de la Neuvième Croisade ne furent pas atteints, et que l’on sait qu’ils perdirent également leur emprise sur la Terre sainte, on peut affirmer qu’ils étendirent leur présence à travers l’Europe grâce à ces croisades.
En 1291, les Sarrasins remportèrent finalement le siège de Saint-Jean-d’Acre, le dernier État chrétien en Israël. Ce fut la fin du pouvoir chrétien en Terre sainte, ainsi que la défaite de ses partisans au Moyen-Orient.
Par conséquent, on comprendra qu’il s’agit de la dernière campagne des chrétiens contre les musulmans, considérée comme significative à l’époque moderne en raison de sa valeur historique.
Les Mamelouks, de leur côté, étendirent leur règne, mais les troupes mongoles se révélèrent invincibles. Ghazan Khan, un chef d’armée mongol, réussit à lancer ses offensives contre les Mamelouks en 1299.
L’histoire vit se multiplier les raids contre les musulmans et les attaques contre les soldats mongols. À la manière d’une lutte pour la survie du plus apte, les Mamelouks finirent par démanteler les soutiens chrétiens et les soldats mongols.
La Neuvième Croisade marqua un tournant crucial dans l’histoire, lorsque les efforts des chrétiens s’avérèrent inférieurs à ceux des envahisseurs musulmans. Alors que les chrétiens souhaitaient maintenir leur autorité sur Jérusalem, ils démontrèrent qu’ils ne pouvaient égaler la force et la domination des musulmans en raison de leur insuffisance militaire.
Ce qui suivit la Neuvième Croisade fut une déception pour l’Europe en 1291. Même les efforts de pape Nicolas IV pour organiser une aide demeurèrent vains. En outre, en tant que rempart essentiel contre les envahisseurs musulmans, la France ne pouvait combattre en raison de son conflit pressant avec l’Angleterre.
On perçoit désormais qu’après la chute des croisades, l’autorité papale déclina. En revanche, le pouvoir royal gagna en popularité, ce qui conduisit au lancement de campagnes de croisade plus modestes aux objectifs insubstantiels. Ce scénario transforma le siècle, car les puissances européennes comprirent que les appels à la croisade étaient vains, si bien qu’elles ne répondirent plus aux injonctions pontificales pour de nouvelles expéditions militaires.
De ce fait, les historiens considérèrent que les croisades ne servirent finalement que de composantes essentielles du développement de l’Europe. On peut comprendre la déception de ceux qui avaient investi du temps, des efforts et même de l’argent dans des fondations ecclésiastiques pour soutenir les croisades. Le temps et l’argent perdus auraient pu être remplacés, mais les vies fauchées provoquèrent un profond découragement parmi les soldats et leurs familles.
Conclusion
Animés par leur ambition de reconquérir la Terre sainte, la Neuvième Croisade, qui débuta en 1271, révéla l’effort concerté des Européens contre les musulmans. On peut attester du courage de ces soldats chrétiens prêts à se battre pour leur foi.
Menés par le seigneur Édouard d’Angleterre, les valeureux soldats chrétiens d’Europe marchèrent avec audace pour restituer aux chrétiens l’honneur de contrôler la Terre sainte. Ce fut une période âprement disputée pour les deux camps, qui s’acheva par le retrait du seigneur Édouard, conscient que sa campagne ne pourrait soumettre les musulmans.
Il proposa une trêve en mai 1272. À son retour, il monta sur le trône sous le nom de roi Édouard Ier d’Angleterre à la suite du décès de son père.
Peut-être souhaitez-vous savoir ce qu’il advint des objectifs des croisades ? Il est probablement juste d’affirmer que la Neuvième Croisade permit de renforcer le développement et l’influence de l’Europe, mais qu’elle ne réalisa pas ses objectifs, en premier lieu la reconquête de la Terre sainte.


