Comment Saladin a transformé le Moyen-Orient : une étude approfondie
L’histoire de la façon dont Saladin a transformé le Moyen-Orient est passionnante. Saladin chassa les croisés du Moyen-Orient, y dressant l’étendard de sa religion, l’islam.
Avant son avènement, les croisés exerçaient leur emprise sur la majeure partie du Moyen-Orient, y compris la terre sainte de Jérusalem. Lisez la suite pour en savoir plus sur la vie de Saladin et sur la manière dont il conquit le Moyen-Orient, changeant à jamais le cours de son histoire.
Comment Saladin a-t-il transformé le Moyen-Orient ?
Pour comprendre comment Saladin a modifié le destin du Moyen-Orient, comment il a chassé les croisés de leurs forteresses et s’est emparé de la terre sainte de Jérusalem, il convient d’examiner d’abord les origines de Saladin.
De là, nous aborderons ses conquêtes, la situation du Moyen-Orient avant et après son règne, et enfin, la défaite des croisés.
Les origines de Saladin
Le véritable nom de Saladin était Al-Nasir Salah al-Din Yusuf ibn Ayub. Il naquit dans la ville de Tikrit, à Bagdad, en 1137. La famille de Saladin était d’origine kurde, la plupart de ses proches servant dans l’armée. Son père Ayyub et son oncle Shirkuh étaient d’éminents militaires au service d’Imad al-Din Zangi en Syrie.
Saladin grandit à Damas, où il acquit toutes les compétences essentielles d’un guerrier d’exception. C’est là qu’il apprit l’équitation et l’art du sabre. Élevé dans les principes de l’islam, il devint un musulman fervent. Il ne buvait pas et ne se livrait à aucun acte répréhensible.
Saladin rejoignit son oncle Shirkuh lors de son expédition en Égypte alors qu’il était encore adolescent. Shirkuh servait sous les ordres du fils de Zangi et héritier du trône égyptien, Nur al-Din, au sein du califat fatimide. Saladin se fit rapidement un nom dans l’armée, gravissant les échelons en un temps remarquablement court.
L’histoire définit son caractère comme celui d’un homme résolu, animé d’une volonté implacable de succès. Ses compagnons d’armes étaient impressionnés par sa personnalité et suivaient ses ordres aveuglément. Les exploits que Saladin accomplirait au cours de sa vie n’auraient pas été possibles sans ses troupes et sa détermination sans faille.
La situation du Moyen-Orient avant Saladin
Lorsque Saladin atteignit l’âge adulte, le Moyen-Orient était principalement sous domination musulmane, à l’exception de certains États contrôlés par les croisés. Le règne fatimide en Égypte traversait une période difficile. Les autres États, bien que musulmans en apparence, étaient également confrontés à des menaces extérieures et intérieures.
Les musulmans étaient par ailleurs divisés entre chiites et sunnites. Des conflits réguliers les opposaient et ils ne parvenaient pas à s’accorder sur une idéologie unifiée. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’emprise musulmane s’affaiblissait jour après jour.
La terre sainte de Jérusalem était sous le règne des Francs — des catholiques de langue française. Ceux-ci repoussaient également leurs frontières et désiraient une part plus grande du Moyen-Orient. Les Francs et les souverains musulmans signèrent de nombreux traités de paix, mais ceux-ci étaient invariablement rompus, les deux parties se détestant profondément.
Saladin : Gouverneur d’Égypte
Shirkuh, l’oncle de Saladin et commandant dans l’armée fatimide, mourut en 1169. Saladin, guerrier compétent, fut choisi pour remplacer Shirkuh au commandement. Il accepta cette nouvelle charge avec enthousiasme, gouvernant les troupes et faisant preuve d’une grande initiative.
Suite à sa nomination comme commandant de l’armée égyptienne, il fut nommé vizir du califat fatimide. Le califat était en proie à une agitation extrême et faisait face à des difficultés de toutes parts. Dans ces conditions, Saladin prit les rênes du vizirat et se mit au travail. Malheureusement, en 1174, Nur al-Din, le souverain du califat fatimide, mourut.
Il laissa derrière lui ses richesses et un royaume en ruine. La cour cherchait alors un nouveau dirigeant. Elle constata que Saladin avait été proche de Nur al-Din et qu’il était le vizir en titre. Il fut jugé préférable de lui confier le contrôle de l’Égypte. Cette décision modifia le cours de l’Égypte et, par conséquent, celui du Moyen-Orient.
Après la mort de Nur al-Din, les terres portant son nom furent attaquées et confisquées par des étrangers. Saladin se lança dans leur reconquête. Il sécurisa les frontières de l’Égypte et devint le souverain de ces territoires.
Les sièges des États musulmans voisins au Moyen-Orient
Saladin épousa la veuve de Nur al-Din, Ismat. Elle était la fille du souverain de Damas. Ce mariage s’avéra très fructueux pour Saladin : alors qu’il n’avait reçu que l’Égypte, il obtint également Damas en dot. Mais le règne sur deux royaumes ne suffisait pas à Saladin. Il souhaitait étendre son emprise, et c’est ce qu’il fit.
Les États voisins étaient tous gouvernés par des musulmans. Un à un, Saladin se mit à les conquérir tous. Il s’empara d’Alep, de Mossoul, du Yémen et, pour l’essentiel, de toute la bande de la mer Rouge. Il se présenta comme le seul véritable combattant musulman face aux croisés. Son plan maître était de rallier tous les États musulmans sous son autorité.
Les territoires musulmans qu’il convoitait étaient la Syrie, la Haute Mésopotamie, la Palestine et l’Égypte. Il concrétisait progressivement son ambition, un territoire à la fois. En 1186, Saladin avait conquis tous les territoires musulmans qui ne s’étaient pas joints volontairement à lui. Dès lors, il harcelait ouvertement les croisés et leur armée, lançant la croisade de Saladin au nom de l’islam.
Saladin voulait débarrasser le Moyen-Orient de tous les Francs, de leurs ordres et de leurs lois. Il ne dissimula aucune hostilité et les attaqua de plein fouet. L’armée de Saladin lui était fidèle et ne ménageait pas ses efforts non plus.
De même que les États musulmans connaissaient leurs propres difficultés, les États francs subissaient également de fortes tensions et une grande instabilité. La cité sainte de Jérusalem était l’un des principaux objectifs de Saladin, et l’heure était venue d’en marcher vers elle.
Saladin et Jérusalem
La cité sainte de Jérusalem était sous le règne de Baudouin IV. Baudouin était un roi croisé, communément appelé le Roi Lépreux. Il avait été diagnostiqué de la lèpre dans son adolescence. Son état s’aggrava à la mort de son père, le roi Amaury. Atteint de lèpre, il ne pouvait engendrer d’héritier pour le trône.
La mort prématurée de Baudouin était inéluctable, et sans héritier, l’on craignait que Jérusalem ne sombre dans une guerre civile. C’est pourquoi Baudouin IV désigna son neveu, Baudouin V, fils de Sibylle et de Guy de Lusignan, comme le légitime héritier du trône. Baudouin IV avait une demi-sœur, Isabelle, qui revendiquait également la couronne.
L’État de Jérusalem était en chaos permanent. D’abord, Baudouin IV mourut des suites de l’aggravation de sa lèpre, et Baudouin V devint roi. Mais le jeune enfant mourut peu après son couronnement, laissant le trône sans héritier. Au même moment, les forces de Saladin avançaient vers Jérusalem.
Saladin jugea que le moment était opportun, la royauté de Jérusalem étant déjà fragilisée par des conflits internes, ce qui faciliterait la prise de contrôle du territoire. À cette époque, Balian d’Ibelin, croisé et beau-père d’Isabelle, reçut le commandement de l’armée croisée. Quant à Guy de Lusignan, il fut fait roi de Jérusalem.
La bataille de Hattin
Jérusalem était en proie à une guerre civile. Après la mort de l’enfant-roi Baudouin V, l’ancien débat sur le véritable héritier du trône resurgit. Les acteurs de ce conflit ignoraient pour la plupart que Saladin attendait le moment optimal pour attaquer les Francs à Jérusalem et s’emparer de la ville. Le point de bascule survint lorsque les alliés de Guy offensirent une caravane musulmane traversant Jérusalem.
La bataille de Hattin, également connue sous le nom de bataille des Cornes de Hattin, opposa les armées de Saladin au roi Guy. L’armée de Saladin comptait environ 30 000 guerriers, tandis que le camp adverse n’en rassemblait qu’environ 20 000.
L’issue de la bataille fut sans appel : Saladin l’emporta. Seules quelques murailles imprenables se dressaient encore entre lui et le trône de Jérusalem.
Ces murailles étaient gardées par Balian. Saladin somma Balian de se rendre, leur roi Guy étant déjà capturé par Saladin et ses hommes. Balian usa de ses talents diplomatiques et négocia avec Saladin.
En conséquence, Saladin accepta d’épargner la vie de ses prisonniers de guerre. Saladin prit Jérusalem en 1187, et Balian d’Ibelin se retira à Tripoli.
Grâce à cette victoire, Saladin prit le contrôle de la majeure partie du Moyen-Orient, faisant de celui-ci un territoire principalement gouverné par les musulmans sunnites. Par ailleurs, les Francs furent contraints de partir et de regagner leur terre natale.
Les ordres et les chevaleries créés par les Francs reçurent l’ordre de se déplacer ou de disparaître. Mais ce ne fut pas la fin des Francs, dont la plupart se regroupèrent et lancèrent la Troisième Croisade.
La Troisième Croisade
Lorsque les chefs croisés des autres terres apprirent ce qui s’était passé à Jérusalem, ils furent furieux. Les souverains d’importants États chrétiens se réunirent et jetèrent les bases de la Troisième Croisade. Les figures majeures de cette entreprise étaient Frédéric Ier Barberousse, roi germanique et empereur du Saint-Empire, le roi Philippe II de France et Richard Ier Cœur de Lion, roi d’Angleterre.
L’objectif principal de la Troisième Croisade était de renverser d’abord la domination musulmane à Jérusalem, puis dans l’ensemble du Moyen-Orient. Les croisés partirent de Tyr. Ils s’emparèrent des petites villes l’une après l’autre. En 1191, ils atteignirent Acre et s’en emparèrent avec succès. Avec Acre sous leur contrôle, ils saisirent également une grande partie de la force navale et de l’équipement de Saladin.
Ce fut un coup dur pour Saladin et son règne. Il marcha sur Acre. Les chefs croisés de la Troisième Croisade et Saladin mesuraient les dégâts qu’une guerre infligerait aux deux camps. Il était de l’intérêt des deux parties de parvenir à une trêve. C’est exactement ce qui se produisit.
En 1192, Saladin et Richard Cœur de Lion signèrent une trêve. Cette trêve mit fin à la Troisième Croisade. Les historiens considèrent souvent la relation entre Saladin et Richard comme singulière. S’ils étaient les chefs de deux armées grandes et puissantes, pourquoi ont-ils accepté une trêve ? La réponse réside peut-être dans le fait qu’ils éprouvaient l’un pour l’autre une haute estime et un respect mutuel, rien de plus.
La mort de Saladin
En apparence, Saladin était un homme robuste, doté d’une expérience et d’une expertise exceptionnelles dans l’art de la guerre et du commandement. Mais au fond de lui, il était passionné par la faune et les jardins botaniques. Il était également très sensible aux artistes et à la calligraphie. À Damas, il existait un jardin botanique qu’il aimait visiter fréquemment.
En mars 1193, Saladin mourut dans ce même jardin. La cause exacte de sa mort ne fut jamais clairement établie, mais il s’éteignit paisiblement dans le lieu qu’il chérissait. Il fut inhumé dans un mausolée situé dans le jardin attenant à la mosquée des Omeyyades à Damas, en Syrie. Le site, autrefois partie intégrante d’une école, fut vidé et aménagé en tombeau pour la dernière demeure de Saladin.
Au moment de sa mort, la plus grande partie de ses richesses avait été distribuée à ses sujets. On raconte qu’il ne restait pas assez d’argent pour financer ses funérailles. Après sa disparition, la puissance du Moyen-Orient se disloqua. Mais ses descendants perpétuèrent le nom de la dynastie ayyoubide et continuèrent de régner sur l’Égypte et Damas pendant de longues années.
Certains historiens soutiennent que Saladin mourut parce qu’il était épuisé par les batailles et les guerres incessantes menées au nom de la religion. Lassé du trône et du pouvoir qui l’accompagnait, il aurait distribué toutes ses richesses pour s’allonger dans les jardins et y mourir. Seul Saladin lui-même aurait pu confirmer ou infirmer ses véritables intentions en renonçant à sa fortune.
Saladin et le Moyen-Orient
Avant que Saladin ne prenne le pouvoir et ne règne sur deux États en son nom, il n’était qu’un garçon en formation. À la même époque, le Moyen-Orient traversait ses hauts et ses bas. Chrétiens comme musulmans considéraient le Moyen-Orient comme une terre d’une importance capitale dans leur vie. Depuis le Moyen Âge, ils s’affrontaient pour en obtenir le contrôle.
Du temps de Saladin, les Francs, catholiques de langue française du Levant, étaient majoritaires au Moyen-Orient. Ils contrôlaient les principales villes et les routes commerciales, ainsi que la cité sainte de Jérusalem. En face, les musulmans étaient confinés à quelques États. Saladin constata que son armée et son État luttaient pour maintenir leur emprise sur Jérusalem. Il en fit alors le but de sa vie.
Saladin était un homme religieux, mais aussi un homme de guerre. Il n’épargna aucun effort pour avancer vers son objectif de prendre Jérusalem, et il y parvint enfin. Après que les musulmans eurent repris Jérusalem, une vague de patriotisme religieux balaya le Moyen-Orient. Partout, les musulmans se soulevèrent et reprirent le contrôle de leurs terres. Pour les Francs, ce fut la fin : ils furent contraints de retourner dans leurs pays d’origine.
Œuvres littéraires et cinématographiques
Saladin de Jérusalem et ses conquêtes au Moyen-Orient sont des sujets célèbres dans le cinéma et la littérature contemporains. De nombreux artistes, réalisateurs et romanciers ont publié leur propre version de son histoire et de ses épreuves. Certaines de ces versions saisissent fidèlement l’essence de Saladin et de sa vie au Moyen-Orient.
Le Livre de Saladin et La Trilogie des Croisades comptent parmi les œuvres littéraires les mieux accueillies.
Les séries Saladin: The Animated Series et The Kingdom of Hearts dépeignent la réalité de manière subtile. À Damas, une statue de Saladin dans toute sa gloire fut érigée en hommage au feu roi.
Conclusion
L’histoire de l’empire de Saladin et du Moyen-Orient est incontestablement fascinante. Nous savons désormais comment Saladin s’éleva pour devenir le souverain de deux États majeurs — l’Égypte et Damas — en un temps très court. Il rallia, par la force ou autrement, les États musulmans du Moyen-Orient sous la bannière de l’islam. Il s’était promis le contrôle et le pouvoir sur l’ensemble du Moyen-Orient.
Le roi Saladin fit exactement ce qu’il avait annoncé. Il bannit tous les Francs et les croisés du Moyen-Orient et reprit la terre sainte de Jérusalem.
Il remporta la bataille de Hattin et neutralisa la Troisième Croisade dirigée principalement contre lui et sa domination musulmane. En somme, il modifia le cours du Moyen-Orient et le fit basculer en faveur des musulmans.
Références
- Lane-Poole, Stanley (1906). Saladin and the Fall of the Kingdom of Jerusalem. Heroes of the Nations. London: G. P. Putnam’s Sons. Retrieved 2014-03-26.
- Lyons, M. C.; Jackson, D. E. P. (1982). Saladin: the Politics of the Holy War. Cambridge University Press. ISBN 978-0-521-31739-9. Retrieved 2014-03-26.
- Riley-Smith, Jonathan (2005). The Crusades: A History (Second ed.). Yale University Press. ISBN 9780300101287.
- Riley-Smith, Jonathan (2008). The Crusades, Christianity, and Islam. Columbia. ISBN 9780231517942.
- https://www.britannica.com/biography/Saladin
- https://www.worldhistory.org/Saladin/
- https://www.historyextra.com/period/medieval/saladin-conqueror-diplomat-empire-builder-legacy-reputation/
- https://www.history.com/topics/africa/saladin


