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Ampélus — Satyre grec de la vigne, amant de Dionysos

Ampélus, dans la mythologie grecque, est un satyre qui fut décrit, célébré et évoqué de diverses manières, et dont la présence se retrouve même dans d’autres traditions mythologiques. Ce satyre fut celui qui s’éprit, avec une témérité sans pareille, d’une déesse — plus précisément de la déesse du vin.

satyre

Qui est Ampélus ?

Ampélus incarne la vigne et son amant n’est autre que Dionysos, dieu du vin et de la fête, de la fertilité et de l’extase. La beauté du jeune satyre attira l’attention des dieux, mais c’est Dionysos qui conquit son cœur. Hélas, sa vie fut brisée dans sa fleur.

C’était un satyre qui symbolisait la vigne et qui tomba amoureux du dieu de la viticulture et des vergers, Dionysos. Il passa pour un jeune effronté dont les écarts entraînèrent sa mort, que son amant pleura amèrement.

Certains érudits estiment que ce satyre ne figurait pas dans la mythologie grecque classique et qu’il fut introduit plusieurs siècles plus tard. Bien que les informations à son sujet soient clairsemées, nous avons rassemblé tout ce qu’il est possible de savoir sur ce personnage secondaire de la mythologie grecque.

Le mythe d’Ampélus

Il existe deux sources du mythe d’Ampélus, chacune proposant un dénouement différent. Les deux versions s’accordent sur un point : c’était un jeune satyre d’une grande beauté qui attira le regard des dieux. Il n’était guère surprenant que Dionysos fût tombé amoureux de lui, car il passait son temps à faire la fête avec les satyres. Les satyres étaient des créatures dotées d’oreilles et d’une queue de cheval, mais d’apparence humaine.

Ils aimaient la fête et excellaient comme musiciens, comédiens et danseurs ; ils étaient aussi grands séducteurs — des traits qui les rapprochaient de Dionysos. Les satyres étaient représentés en érection permanente et tentaient de séduire les mortels, souvent sans succès.

Dans l’ensemble, il n’était pas étonnant que Dionysos les eût pris pour compagnons habituels ; ensemble, ils parcouraient les bois et les champs verdoyants. Il importe de savoir qu’il aimait arpenter les plaines de sa patrie, la Thrace, souvent accompagné de Dionysos.

Néanmoins, il se rendit aussi tristement célèbre par son comportement imprudent, qui causa sa mort dans les deux versions du mythe, comme nous l’avons vu précédemment. Le jeune satyre prenait souvent des risques inutiles sans se soucier de sa sécurité, comme le raconte le poète romain Ovide.

Selon Ovide

Ovide rapporta qu’Ampélus cueillit les grappes sacrées de Dionysos et tenta même de saisir des fruits hors de sa portée. Se rendant compte qu’il n’y parviendrait pas, il grimpa sur un grand orme, mais malheureusement il glissa et fit une chute mortelle.

Le dieu Dionysos fut accablé de douleur à la vue de son corps inanimé et le pleura longuement. Il décida alors de l’immortaliser en le transformant en l’une des étoiles de la constellation qui fut appelée Vindemitor, communément désignée sous le nom de Bootes.

Cette version du mythe se transmit de génération en génération pendant près de quatre cents ans, jusqu’à ce que Nonnos proposât un récit différent.

Selon Nonnos

Dans son ouvrage, les Dionysiaques, qui relate les aventures et les guerres de Dionysos, le satyre périt par orgueil plutôt que par accident. Dans cette version du mythe, Nonnos imputa à Séléné, déesse de la Lune, un rôle dans la mort du satyre.

Il raconta que, chevauchant un taureau féroce sous le clair de lune, le satyre lança un défi à Séléné et la somma de faire de son pire. Séléné passait pour porter des cornes et commander de grands troupeaux de taureaux, d’où ce défi arrogant.

En relevant et en exacerbant ce défi, il venait de commettre l’un des plus grands « péchés » de la mythologie grecque : l’hubris, et il en paierait cher le prix. Séléné décida de le punir en envoyant un taon piquer le taureau sur lequel il chevauchait. Après plusieurs piqûres de l’insecte, le taureau perdit la raison et le désarçonna, mais ce n’était pas fini. Il pourchassa le jeune homme et le tua, le sang coulant abondamment de son corps.

Cette vision plongea Dionysos dans les larmes et il pleura la mort de son amant. Pour l’immortaliser, Dionysos transforma le sang du satyre en une vigne. Le fruit de cette vigne servit à élaborer le premier vin, lequel n’était autre que le sang de l’amant de Dionysos.

La signification du mythe

Le mythe du satyre et du vin, selon Nonnos, avait pour objet d’expliquer l’origine de la vigne et du vin qu’elle produit. Le terme technique désignant l’étude de l’origine de quelque chose est l’étiologie, et ce procédé est très courant dans la mythologie grecque.

Par exemple, le mythe de Cyparissos explique l’origine du cyprès et de la sève qui coule le long de son écorce. Un autre mythe étiologique est la ruse que Prométhée joua à Zeus en lui offrant des os recouverts de graisse au lieu de viande, ce qui explique pourquoi l’on offre aux divinités de la graisse et des os plutôt que de la viande.

La version qu’Ovide donna du mythe du satyre visait à expliquer l’origine de la constellation Vindiatrix, ou Bootes, qui abrite la quatrième étoile la plus brillante. Vindiatrix était une constellation très importante dans l’Antiquité, car elle comprenait d’autres étoiles brillantes facilement visibles.

Dans son poème l’Odyssée, Homère mentionne Vindiatrix comme point de repère pour la navigation en haute mer. Un autre mythe étiologique de constellation est celui de la Grande Ourse (Ursa Major), où Zeus transforma son amante, Callisto, en la constellation de la Grande Ourse, visible encore aujourd’hui.

Certains critiques littéraires soutiennent que la mythologie du satyre et les circonstances de sa mort ne constituèrent pas un tableau qui s’imposa durablement dans l’histoire, d’où la coexistence de versions différentes. D’autres, au contraire, saluent la valeur de l’auteur, qui s’efforça d’expliquer, au moyen d’un récit inédit, un fait concernant la disposition des étoiles et les amants, ainsi que les conséquences de cette mort.

Le mythe dans la tradition européenne

Le mythe demeura méconnu tout au long du Moyen Âge et de la Renaissance en Europe. Cependant, l’intérêt pour ce récit fut ranimé après la publication de diverses traductions des Actes de Dionysos au XVIIe siècle.

D’autres ouvrages importants sur la mythologie grecque et romaine, parus au cours du même siècle, illustrèrent les images et le mythe d’Ampélos. La relation entre Dionysos et Ampélos inspira également l’écrivain André Gide, figure honorée de la littérature homosexuelle.

Prononciation d’Ampélus

Le nom se prononce |am-pé-los|

FAQ

Quel lien entre Lore Olympus et Ampélus ?

L’histoire de ce satyre a inspiré certaines mythologies modernes, notamment Lore Olympus, un webcomic actuel. Dans l’ensemble, ce récit est encore une narration centrée sur le satyre vue sous un angle différent, mais il demeure considéré comme un mythe grec, tout comme le satyre lui-même.

Dans le webcomic, Ampélus est une nymphe qui sert Aphrodite sur le mont Olympe ; cependant, sa véritable identité est Psyché, une princesse mortelle. Bien que le personnage original grec soit masculin, la version moderne est féminine. Psyché se déguise en nymphe car le mont Olympe est interdit aux mortels. Elle porte une peau violet foncé, des oreilles de cheval, des yeux dorés et des cheveux indigo.

Ampélus-Psyché est aimable et curieuse, mais manque de force de caractère, ce qui la rend facilement manipulable. Tout comme l’Ampélus de la mythologie grecque, elle est d’une grande beauté, mais cherche constamment à plaire aux autres au détriment de sa propre estime. Sa nature mélancolique n’arrange rien, car elle a toujours peur de s’affirmer ou de se battre pour ce qu’elle désire.

Sur le mont Olympe, Éros et Ampélus tombent amoureux l’un de l’autre, et il la traite mieux que quiconque elle ait jamais rencontré. Avec Éros, Ampélus se sent en sécurité et commence à acquérir une forte confiance en elle et une volonté affirmée.

Elle devient plus hardie et indépendante, capable de lutter pour ses aspirations. Néanmoins, des traces de sa crédulité refont parfois surface, ses sœurs parvenant à la convaincre de s’éloigner d’Éros.

Conclusion

Nous avons examiné le mythe d’Ampélus, son rôle dans la société grecque antique et la manière dont les auteurs modernes l’ont adapté à la société contemporaine. Voici un résumé de ce que nous avons lu :

  • Selon le poète Nonnos, il fut un satyre d’une grande beauté mais d’humeur pétulante, qui tomba amoureux de Dionysos, dieu du vin et de la fête.
  • Une nuit, chevauchant un taureau à travers les bois, il lança un défi à la déesse de la Lune, Séléné, la sommant de faire de son pire — ce qu’elle fit en tuant le jeune et orgueilleux Ampélus.
  • Accablé par la mort d’Ampélus, Dionysos le transforma en vigne et son sang devint le premier vin jamais produit.
  • Toutefois, le poète Ovide rapporta qu’Ampélus mourut en tentant de cueillir des grappes hors de sa portée sur la vigne sacrée de Dionysos.
  • Ampélus fit une chute mortelle et Dionysos décida d’immortaliser son amant en le transformant en la constellation Vindiatrix, communément appelée Bootes.

Les deux versions du mythe constituent des mythes étiologiques — ou mythes d’origine — expliquant les débuts de la vigne et du vin qu’elle produit, ainsi que l’origine de la constellation Vindiatrix. Une autrice australienne de webcomics a repris le nom d’Ampélus dans sa série Lore Olympus.

Créé : 15 février 2024

Modifié : 22 octobre 2024