Unas : diriger la nation en plein déclin économique
Unas régna sur l’Égypte antique pendant environ trente ans (2345 – 2315 av. J.-C.), dans la seconde moitié de la Ve dynastie. Les érudits supposent qu’il succéda à son père sur le trône à un moment où l’Égypte connaissait déjà de graves difficultés économiques.
Dans cet article, vous découvrirez son rôle en tant que pharaon à une époque de crise majeure et comment il parvint à diriger l’Ancien Empire pendant trois décennies malgré les turbulences.
Qui était Unas ?
Reconnu comme le dernier roi de la Ve dynastie d’Égypte (2465 – 2325 av. J.-C.), Unas fut couronné au cœur d’une crise économique liée à l’insatisfaction grandissante du peuple envers la monarchie. Il dirigea donc le pays durant une période particulièrement critique de l’histoire de l’Égypte antique, lorsque la décentralisation du pouvoir annonça le déclin de son influence et prépara la dissolution de l’Ancien Empire.
Il était appelé à opérer une refonte majeure des politiques économiques, mais la plupart de ses stratégies échouèrent, précipitant la fin de la dynastie. Il n’en demeure pas moins capable de mener à bien certaines réformes qui aidèrent le royaume à retrouver une certaine sécurité économique en s’efforçant de préserver ses relations commerciales avec le Levant côtier, le sud de Canaan et la Nubie.
Ce fut un défi considérable, mais il convient de souligner qu’il fut le premier pharaon à innover dans la construction de nouvelles pyramides. De manière remarquable, il fit graver sur les parois intérieures de sa pyramide à Saqqarah des formules religieuses et magiques, qui devinrent par la suite les célèbres Textes des Pyramides.
Il se distingua également par l’utilisation de blocs prélevés sur les monuments de ses prédécesseurs pour ériger de nouvelles pyramides en son honneur. Cette entreprise audacieuse scella son règne comme la transition entre la fin de la Ve dynastie et le début de la VIe.
La pyramide d’Unas
Le pharaon Unas fut reconnu pour avoir introduit des innovations dans sa chambre funéraire et les salles de sa pyramide. Les textes des pyramides découverts sur les murs furent décrits par les archéologues comme des guides religieux et magiques destinés à accompagner le pharaon défunt dans son voyage vers l’au-delà.
Par exemple, ces incantations gravées sur les parois de la pyramide étaient associées à des rituels anciens, constituant une collection inestimable des vénérables traditions et croyances égyptiennes.
Il faut également mentionner la chaussée d’Unas, une chaussée couverte de 800 mètres reliant son complexe pyramidal au temple de la vallée. Les murs de cette chaussée revealed d’brillantes inscriptions retraçant la vie quotidienne des populations anciennes. Ils représentaient également les symboles de sa royauté, ses écrits et des récits confirmant les événements de son règne, gravés sur les murs et les monuments.
Les récits dans les Textes des Pyramides
Le plus marquant parmi la longue série de récits gravés sur les murs de la pyramide d’Unas fut la construction de son temple à l’aide de blocs monumentaux provenant d’Assouan. Il fit également connaître la première bataille d’Égypte, relatant une expédition contre les Bédouins de la région septentrionale.
Son règne fut également documenté et soigneusement gravé sur les murs de sa pyramide, notamment les échanges commerciaux de l’Égypte avec la Syrie et la Palestine. Ce partenariat avec les pays voisins joua un rôle déterminant dans le transfert de populations, qui s’installèrent ensuite en Égypte en tant que résidents étrangers. Un autre événement significatif figurant sur les murs fut la représentation dramatique d’une famine qui frappa le pays, montrant des personnes émaciées secourues par Unas.
Un fait remarquable consigné dans la pyramide d’Unas est son association avec les dieux Rê et Osiris, dont la popularité s’affirma sous la VIe dynastie. Convaincu que leur puissance spirituelle pouvait le guider dans son voyage vers l’au-delà, Unas rendit un culte à ces divinités. Vous pouvez désormais comprendre son héritage, car sa vie fut profondément ancrée dans le culte des dieux Rê et Osiris.
La famille d’Unas
Un nouveau roi s’avérait nécessaire après la mort du roi Djedkare Isési, que l’on suppose être le père d’Unas. C’est ainsi qu’il monta sur le trône, bien qu’il n’existe pas de preuves suffisantes pour affirmer que les deux pharaons étaient apparentés.
Vous pourriez vous demander si l’identité de sa reine est établie avec certitude. Les archéologues affirment en effet qu’il eut deux épouses, Nebet et Khenout.
Il eut ainsi plusieurs filles et deux fils, tous décédés avant lui. On suppose que la reine Nebet donna naissance à un fils nommé Unas-Ânkh, qui mourut dix ans avant la fin du règne d’Unas. Le trône se retrouva donc sans héritier.
Il eut cinq filles, nommées Hémétré Hémi, Khentkaous, Néferout, Nefertkaous Ikou et Sesheshet Idout. L’une de ses filles épousa Teti, son successeur sur le trône, reconnu comme le fondateur officiel de la VIe dynastie.
Il faut savoir que les cultes funéraires étaient courants à cette époque, et Unas fonda également le sien. L’influence de son culte s’étendit même au Moyen Empire (2050 – 1650 av. J.-C.), mais ne fut malheureusement pas épargnée par les destructions perpétrées par les dynasties suivantes.
L’héritage d’Unas
Historiquement, le roi Unas laissa des sources attestant son règne durant la Ve dynastie d’Égypte. Il fut célèbre parmi les souverains du Nouvel Empire et fut explicitement mentionné par trois anciens pharaons.
Il figure également dans la liste royale d’Abydos enregistrée sous le règne de Séthi Ier (1290 – 1279 av. J.-C.), sur la Table de Saqqarah et dans le Canon royal de Turin. Ce dernier mentionne qu’Unas régna pendant trente ans.
De même, Unas apparaît dans l’Aegyptiaca — l’histoire d’Égypte — rédigée sous le règne de Ptolémée II (283 – 246 av. J.-C.). Le prêtre Manéthon témoigna du règne d’Unas dans la Ve dynastie, comme en attestent ses écrits.
Outre les sources écrites relatives au règne d’Unas, sa présence dans l’histoire est attestée par une inscription gravée sur un rocher de l’île d’Éléphantine, en Nubie. On peut y ajouter les classiques vases en albâtre portant son nom gravé. Les vases, coupes, flacons à onguent et vases en calcite furent autant de témoignages précis de l’héritage d’Unas.
Le commerce et la guerre sous le règne d’Unas
Plusieurs sources expliquent clairement que le commerce fut renforcé sous le règne d’Unas, principalement en raison du déclin continu de la puissance égyptienne à cette époque et de la nécessité qui en découlait d’importer des biens.
Les Égyptiens mobilisèrent toutes les ressources possibles pour pallier la pénurie économique, y compris les relations commerciales avec les pays voisins, tels que Byblos. Des secours parvinrent également pour aider la nation grâce à une expédition via la route de la côte levantine.
Dans le cadre d’un accord commercial, Unas se serait rendu auprès du roi de Basse-Nubie pour conclure un pacte commercial. Par la suite, les expéditions furent représentées comme des opérations de secours destinées à aider le pays.
Malgré cette situation, l’Égypte continua d’importer des pierres pour la construction du complexe pyramidal du roi. Les documents officiels font état de l’arrivée de colonnes palmitiformes de dix mètres en granite rouge, depuis Éléphantine jusqu’à Saqqarah. Le transport des pierres ne prit que quatre jours, à la grande satisfaction du souverain.
On peut en déduire qu’Unas avait l’ambitieux rêve de construire sa pyramide malgré les difficultés économiques de son époque. Certains historiens considérèrent même son règne comme une période désastreuse, car les ouvriers furent contraints de travailler malgré la faim.
En fait, les représentations antiques montrent que la plupart d’entre eux avaient un aspect émacié, en raison d’une période de disette. Les sources révèlent que ces affamés étaient principalement des nomades et des vagabonds du désert, non des citoyens égyptiens.
La religion au temps d’Unas
Djedkare Isési et Unas furent tous deux des souverains charismatiques de l’Égypte. Ainsi, à leur mort, le peuple réclamait un nouveau leader solide. Cependant, il régnait une confusion quant à la manière dont la religion était embrassée par le peuple.
Par exemple, certains vénéraient Horus. Le peuple apprit progressivement la valeur du sacrifice et de la persévérance, si bien qu’on lui enseigna à partager avec autrui.
Par la suite, le peuple vénéra également Osiris, le dieu solaire. Son culte gagna en importance sous le règne d’Unas, tandis que la popularité de Rê déclinait. Ce changement religieux ouvrit également la voie à l’affaiblissement du pouvoir royal. Fait intéressant, le peuple demeurait néanmoins animé par sa foi envers les dieux, Rê étant perçu comme le donateur de vie et Osiris comme le seul guide vers l’au-delà.
Dans le prolongement de la religion antique, Unas se fit construire une pyramide à Saqqarah ornée de nombreux textes des pyramides illustrant le mode de vie des populations anciennes. Dotée d’un vaste complexe mortuaire, la pyramide d’Unas constituait un ensemble complet dédié au culte royal, avec une chaussée reliant le temple et la pyramide. Grâce à une petite ouverture dans le toit de la chaussée, la lumière pouvait pénétrer et illuminer les parois.
La mort d’Unas
Le prêtre égyptien Manéthon rédigea un vaste manuscrit sur Unas, rapportant notamment sa mort sans qu’un fils ne lui succède sur le trône. On peut imaginer le dilemme posé par le choix de son successeur. Néanmoins, son gendre Teti s’empara du trône en tant que parent du roi par sa fille Ipout.
Bien que la Ve dynastie prît fin et qu’une nouvelle dynastie naquît, le peuple affirma qu’il n’y avait aucune rupture entre les deux. Après la mort d’Unas, les responsables du gouvernement poursuivirent leur service.
Ils ne craignirent pas de perdre leurs titres, et en fait le vizir et les gouverneurs des provinces égyptiennes demeurèrent en poste.
Conclusion
Le pharaon Unas régna pendant trente ans dans la dernière partie de la Ve dynastie, période considérée comme l’une des plus critiques de l’histoire d’Égypte en raison du déclin économique qui la frappa.
Son leadership fut largement reconnu dans les annales historiques de l’Égypte, comme en témoignent les vases, coupes et artefacts retrouvés portant ses symboles et son nom. Il mourut malheureusement sans héritier pour lui succéder, le trône revenant à Teti, son gendre.
Cependant, son règne fit également l’objet de critiques pour sa détermination audacieuse à bâtir sa pyramide, dotée d’une longue chaussée illustrant les activités quotidiennes des anciens Égyptiens. Cette construction monumentale suscita la controverse, car le pharaon importa des pierres de granite et des matériaux coûteux d’outre-mer alors que la plupart de la population souffrait de famine.
Il est essentiel de comprendre que le leadership d’Unas fut entaché par les souffrances engendrées par la crise économique. Néanmoins, il fut reconnu pour sa dévotion envers Rê et Osiris, les divinités dont il vénéra les cultes tout au long de son règne. Diriger la nation en plein marasme économique constitua un revers majeur pour Unas. Bien qu’il tentât de relancer l’économie, celle-ci n’en déclina pas moins.



