1. Accueil
  2. Récits
  3. Les femmes de la Perse antique : l'émergence du féminisme dans la Perse ancienne

Les femmes de la Perse antique : l'émergence du féminisme dans la Perse ancienne

Les femmes de la Perse antique ne jouissaient pas de la même liberté que les hommes persans. Elles devaient lutter âprement pour leur existence et pour se faire un nom. Les civilisations antiques sont bien connues pour leur patriarcat et l’oppression des femmes, mais même dans de telles conditions, certaines femmes accédèrent au pouvoir et s’élevèrent au-dessus des patriarches.

Femme persane en tenue traditionnelle

Nous vous présentons ici un récit complet sur les femmes de la Perse antique et leur gloire.

Les femmes dans la Perse antique

L’analyse des femmes de toute époque, civilisation ou royaume ancien constitue une tâche ardue et souvent déplaisante. En raison du fort taux d’analphabétisme et du niveau de patriarcat, les femmes étaient considérées comme de simples objets. Des objets que l’on pouvait vendre, acheter, manipuler et finalement jeter. Tel était le sort de la plupart des femmes ordinaires vivant dans les conditions financières les plus précaires.

Les femmes des familles nobles et de la royauté constituaient une tout autre réalité. Elles représentaient la véritable définition des princesses et des reines. Elles menaient une vie de privilèges, sans le moindre souci au monde.

Les deux situations décrites ci-dessus illustrent les deux conditions extrêmes des femmes au sein de toutes les civilisations antiques. L’une de ces civilisations est le grand empire perse.

Cependant, cet empire aurait pu ressembler aux autres en ce qui concerne les femmes, mais les femmes persanes étaient uniques et courageuses. Nous décrivons ici les femmes persanes de différentes extractions sociales, afin que vous puissiez apprécier leurs similitudes et leurs différences en matière d’opportunités.

Hiérarchie

La Perse antique suivait un modèle patriarcal. Néanmoins, le cadre législatif accordait certains droits aux femmes.

Il existait également un statu quo bien établi parmi les femmes, fondé sur leur situation financière :

  • La mère du roi
  • L’épouse principale / La mère de l’héritier du roi
  • Les filles du roi
  • Les sœurs du roi
  • Les épouses secondaires / Les concubines du roi
  • Les nobles (épouses et parentes des courtisans, satrapes et militaires)
  • Les femmes militaires
  • Les femmes d’affaires
  • Les travailleuses
  • Les servantes / Les esclaves

De la plus haute à la plus basse, cette hiérarchie féminine était respectée dans toute la Perse antique. Les hommes persans ordinaires traitaient la plupart des femmes avec respect, mais n’accordaient pas la même considération aux femmes d’affaires, aux travailleuses, aux servantes et aux esclaves. Cela s’expliquait par le fait qu’ils savaient ne courir aucun risque de sanction, la société les considérant comme des femmes de rang inférieur.

Normes sociales et culturelles

Dans toute société, les femmes sont réparties en deux catégories génériques : les bonnes femmes et les mauvaises femmes.

Si la femme s’habille selon les goûts des hommes, si elle obéit à tout ce qui lui est ordonné, si elle accomplit toutes les tâches ménagères et, enfin, si elle ne prononce pas un seul mot pour se défendre, elle est qualifiée de bonne femme.

En revanche, si la femme exprime ouvertement ses sentiments et ses besoins, se défend elle-même et refuse de rester enfermée, elle est étiquetée comme une mauvaise femme. Cette réalité était vraie pour la plus grande partie de la civilisation perse antique.

Les femmes étaient perçues à travers le regard des hommes et non comme des êtres humains égaux.

L’évolution des droits des femmes dans la Perse antique

Cette norme fut brisée par de nombreux hommes de bien. Dans les dernières années du règne perse, de nombreux droits furent accordés aux femmes. Ces droits des femmes persanes garantissaient leur sécurité et leur bien-être. C’est pourquoi, parmi toutes les civilisations antiques, la Perse est considérée comme la plus clémente et la plus compréhensive en matière d’autonomie féminine.

Tout d’abord, les femmes des rangs supérieurs — qui jouissaient déjà d’une grande liberté — reçurent des droits supplémentaires.

Les femmes de la cour pouvaient signer et mettre en œuvre de nouvelles règles. Elles possédaient leurs propres sceaux, ce qui leur permettait de conclure des accords sans l’intervention d’aucune autre personne. Enfin, elles avaient un accès illimité au roi.

Les femmes des rangs inférieurs pouvaient vivre seules et n’avaient pas besoin d’être accompagnées par des hommes lorsqu’elles quittaient leur domicile. Elles pouvaient gérer leurs propres entreprises et voyager seules vers d’autres contrées du monde.

Les droits des femmes dans l’empire perse révolutionnèrent la civilisation perse, car avec l’intégration des femmes, la force de travail doubla, le taux de criminalité connut une diminution progressive, et les habitants devinrent plus sensés et responsables car ils se trouvaient presque toujours en présence d’une femme.

Ces droits brisèrent les rôles de genre de la Perse antique et offrirent l’égalité à tous. On peut donc affirmer que le succès de l’empire perse dépendit dans une large mesure des femmes.

Caractéristiques des femmes persanes

Les femmes de la Perse antique étaient d’une grande beauté. Elles possédaient des traits fins et magnifiques. L’une des caractéristiques les plus fascinantes des femmes persanes était leur chevelure.

Les femmes de la Perse antique avaient de longs cheveux noirs et luxuriants. Elles ornaient leurs cheveux de fleurs et de bijoux pour les rendre encore plus beaux.

Après l’acceptation révolutionnaire de l’égalité entre hommes et femmes dans les dernières années, les femmes persanes étaient présentes dans chaque secteur de la société. Elles participèrent aux batailles. L’histoire conserve de nombreux exemples où les femmes de la Perse antique combattirent aux côtés de leurs hommes sur le champ de bataille.

De nombreux postes de gouvernance officiels étaient occupés par des femmes. Celles-ci furent administratrices et juges dans bien des cas. Elles s’engagèrent dans le commerce, l’architecture, les arts et également la navigation.

Les femmes royales et nobles

La mère de l’héritier assumait le rôle de reine régnante en cas de décès du roi. Elle conservait cette position jusqu’à ce que son fils atteigne l’âge requis et soit prêt à prendre le pouvoir. Les épouses tenaient leur propre cour, où elles discutaient et résolvaient les problèmes des femmes persanes ordinaires.

Les filles et sœurs des rois jouaient un rôle primordial dans la formation d’alliances avec d’autres royaumes. Leurs mariages avec des monarques et des souverains importants forgeaient des alliances durables et garantissaient la loyauté.

Les femmes militaires persanes

L’armée perse comptait de nombreuses femmes courageuses et fortes. Celles-ci détenaient leurs propres grades et commandaient leurs bataillons. Le même respect et les mêmes salaires étaient accordés aux femmes militaires qu’aux hommes. Les pierres tombales de nombreuses guerrières de la Perse antique peuvent encore être trouvées dans la région de nos jours.

Les femmes d’affaires

Les femmes persanes étaient des marchandes et des commerçantes réputées. Elles se rendaient dans des terres lointaines pour y acheter des marchandises exotiques qu’elles revendaient ensuite sur leur sol natal. De nombreux exemples de femmes d’affaires figurent dans les textes et les écritures de la Perse antique.

Ces femmes devaient assurément faire preuve de caractère, afin de mener leurs affaires avec succès sans se laisser intimider. Les femmes d’affaires persanes voyageant par voie maritime, beaucoup d’entre elles maîtrisaient également l’art de la navigation.

Les femmes dans les arts

Les femmes persanes apprenaient les compétences ménagères de base dès leur plus jeune âge. Elles maîtrisaient l’art de la broderie, de la confection de vêtements, de la cuisine et de la pâtisserie. Par la suite, les femmes devinrent des peintres et des écrivaines célèbres. L’élégance et la complexité que l’on retrouve dans les peintures et les écrits des femmes de la Perse antique n’ont pas d’équivalent.

Esclaves, servantes et travailleuses

Il s’agit de loin de la catégorie la plus malheureuse des femmes de la Perse antique. Les femmes qui étaient esclaves, servantes et travailleuses n’étaient pas traitées correctement et n’étaient pas suffisamment rémunérées pour pouvoir changer le cours de leur existence. La raison principale en était que les esclaves, les servantes et les travailleuses n’étaient pas considérées comme l’égale des autres femmes.

Le concept d’esclavage était profondément enraciné dans chaque civilisation antique et la Perse antique ne faisait pas exception. Les esclaves et les servantes s’occupaient de l’ensemble du ménage. Elles cuisinaient, nettoyaient, faisaient la lessive et nourrissaient même les enfants de leurs maîtres. Si elles commettaient une erreur ou n’obéissaient pas aux ordres de leur maître, elles étaient sévèrement punies.

Les vêtements des femmes de la Perse antique

Vêtements des femmes persanes

Les vêtements des femmes de la Perse antique étaient un mélange de tenues modestes et décoratives. Ils se caractérisaient par des couleurs vives aux motifs floraux.

De nombreux vêtements étaient ornés de pierres précieuses et de gemmes. Les matériaux utilisés pour les vêtements des femmes persanes étaient superposés les uns aux autres afin de ne pas trop révéler les formes de leur corps.

Les femmes portaient de nombreux accessoires différents, notamment des ceintures, des colliers, des foulards, des boucles d’oreilles et des bracelets de cheville. Chaque vêtement et accessoire était confectionné avec un soin et un savoir-faire particuliers.

Nombre de ces accessoires furent mis au jour lors des fouilles archéologiques sur les sites iraniens.

Les grandes femmes de l’empire perse

L’histoire relate la grandeur de nombreuses femmes de la Perse antique.

La liste suivante présente un aperçu des femmes importantes et illustres de la Perse antique et de leurs contributions :

  • Cassandane Shahbanu
  • Atusa Shahbanu
  • Artunis
  • Irdabama
  • Artémise Ire de Carie
  • Youtab Aryobarzan
  • Musa
  • Sura
  • Apranik
  • Banu, épouse de Babak

Cassandane Shahbanu

Elle était l’épouse de Cyrus le Grand, le fondateur de la Perse. Elle était également la mère du deuxième roi de Perse, Cambyse II. Elle était connue pour sa bonté et ses nobles qualités. Cassandane fut la raison pour laquelle chaque reine qui lui succéda reçut le plus grand respect, indépendamment de son origine culturelle et religieuse.

Elle était aimée du peuple et sa mort plongea la région dans une vague de tristesse. Un tombeau fut érigé en sa mémoire bien-aimée.

Atusa Shahbanu

Atusa Shahbanu était la fille de Cyrus et de Cassandane. C’était une femme forte et indépendante qui donna naissance à l’un des souverains les plus célèbres de l’empire perse antique, Xerxès Ier. Elle disposait de sa propre armée et de sa propre cour, où elle gérait ses affaires en toute autonomie.

Artunis

Dans l’armée de Cyrus le Grand, Artunis était l’un des commandants en second les plus redoutables. Elle était la fille de l’un des généraux, Artebaz. Elle était réputée pour être une excellente combattante qui participa à de nombreuses guerres. Elle commandait son propre bataillon et se vit même confier le commandement de l’armée lors d’un conflit.

L’exemple d’Artunis incita de nombreuses femmes à rejoindre l’armée et à servir leur pays. De nombreux tombeaux ont été mis au jour, appartenant aux célébrées femmes militaires de la Perse antique.

Irdabama

Elle était la commerçante la plus renommée de son époque. Elle commerçait dans le vin, les céréales et les terres. On estime qu’environ 500 travailleurs œuvraient sous ses ordres. Elle supervisait les ventes, la production et les livraisons. Elle commerçait en Syrie, en Irak, en Babylonie et en Égypte. C’était une figure impressionnante qui se déplaçait avec une nombreuse suite.

Artémise Ire de Carie

Artémise était la guerrière navale la plus célèbre de l’armée de Xerxès. Elle était en contact étroit avec le roi et le conseillait sur les questions militaires. Le roi Xerxès Ier lui confia la vie de ses fils lors de la bataille de Salamine, menée contre les Grecs. Ses stratégies militaires s’avérèrent très fructueuses pour la Perse.

Youtab Aryobarzan

Youtab était une autre figure importante parmi les femmes de la Perse antique. Elle était une guerrière sous le règne de Darius III. Elle combattit aux côtés de son frère pour défendre les portes de l’empire lorsque l’armée d’Alexandre le Grand marchait vers la ville de Persépolis.

Youtab et son frère, Ariobarzane, défendirent les portes avec une force inébranlable pendant plus de 40 jours, après quoi ils furent submergés par le nombre et les Grecs les contournèrent. Néanmoins, la bravoure et la force de Youtab sont assurément admirables.

Musa

Elle était une reine parthe. Elle fut offerte au roi en cadeau de la part de l’empereur romain Auguste. De nombreux récits différents existent au sujet du personnage de Musa. Certains affirment qu’elle empoisonna le roi et s’empara du trône pour elle-même. D’autres sources racontent qu’elle fut une épouse loyale qui donna un héritier au roi.

En dépit de toutes ces controverses, elle était une étrangère qui travailla d’arrache-pied pour s’adapter et vivre selon les règles de l’empire perse.

Sura

Sura était une princesse et une chef militaire. Elle est connue pour avoir été une conseillère importante auprès de son père, Artaban V. Elle livra de nombreuses batailles à ses côtés. Lors d’un combat en 22 apr. J.-C., son père trouva la mort. Elle vengea son père en abattant son meurtrier. Elle sortit victorieuse de la bataille aux côtés de ses compagnons d’armes.

Apranik

Elle était la guerrière sassanide qui combattit en première ligne contre l’invasion arabe de la Perse. Les Arabes progressaient régulièrement sur les territoires perses.

Apranik élabora des stratégies et des ruses pour gagner du temps et rassembler davantage d’hommes pour repousser les Arabes. Elle connut un certain succès, mais l’armée arabe finit par surpasser en nombre l’armée perse et prit le contrôle de l’empire.

Banu, épouse de Babak

Babak Khorramdin était un combattant de la liberté. Il s’éleva contre les atrocités du califat abbasside. Banu était l’épouse de Babak et resta à ses côtés dans toutes ses épreuves.

Ils formèrent une cellule de résistance qui lutta contre les dirigeants musulmans qui percevaient la Jizya (un impôt que seuls les non-musulmans devaient payer) auprès des zoroastriens et ne leur accordaient pas les mêmes droits.

Conclusions

Femme persane

Il ne fait aucun doute que les femmes de l’empire perse antique furent d’abord opprimées et traitées de manière inégale. Mais à mesure que l’empire progressait, les hommes comprirent l’importance des femmes et leur accordèrent les droits qui leur étaient dus.

Cela changea le cours de l’empire perse.

On peut affirmer sans risque que les femmes de la Perse antique ajoutèrent de la grandeur à l’empire par leur bravoure et leurs sages conseils.

  • Les femmes de la Perse antique furent opprimées et maintenues sous contrôle.
  • Après que l’État eut accordé leurs droits aux femmes, elles s’élevèrent vers les sommets du succès et de la gloire.
  • Les épouses des rois tenaient leurs propres cours et audiences où elles écoutaient les problèmes des femmes ordinaires.
  • Les femmes participèrent aux affaires militaires ainsi qu’au commerce, à l’architecture et aux arts.
  • En tant que conseillères, gouverneures et responsables militaires, les femmes furent les pierres angulaires de l’empire perse antique.

Saviez-vous que les femmes de la Perse antique pouvaient détenir un tel pouvoir ?

Références

  • Katouzian, H. The Persians: Ancient, Mediaeval, and Modern Iran. Yale University Press, 2010.
  • Women i. In Pre-Islamic Persia – Encyclopaedia Iranica – by Maria Brosius
  • Women’s Lives in Ancient Persia by Massoume Price
  • Salisbury, J. E. Encyclopedia of Women in the Ancient World. ABC-CLIO, 2001.
  • Persians are Not Arabs: Persian Women

Créé : 11 janvier 2022

Modifié : 11 mars 2024