Sire Érec (Gauvain)
Érec était le héros de la romance arthurienne Érec et Énide, composée par Chrétien de Troyes. Le poème gallois du Mabinogion intitulé Gereint et Enid offrait un récit parallèle à la version française de Chrétien.
Érec était le fils du roi Lac d’Ester-Gales. Érec était le nom français sous lequel on connaît plus communément Geraint ou Gereint dans les versions anglaises et galloises. Dans la légende galloise, il était fils d’Erbin et frère d’Ermid et de Dywel ; ils figurent dans Culhwch et Olwen (Mabinogion).
Selon l’Érec et Énide de Chrétien, Érec n’était dépassé que par Gauvain comme meilleur chevalier de la Table Ronde, se classant devant Lancelot.

Le vaillant Geraint (Geraint
et Enid ou Érec et Énide)
Arthur Hughes
Huile sur toile, 1860
Lady Anne Tennant
Érec s’éprit d’Énide, une damoiselle et nièce du comte de Laluth, lorsqu’il combattit Yder, fils de Nut, connu sous le nom de Chevalier de la Crécerelle. Érec épousa ensuite Énide à la cour du roi Arthur avant de la ramener dans le royaume de son père.
Le temps considérable qu’Érec passait auprès de son épouse suscita des murmures sur son manque de participation aux tournois et aux aventures. Lorsqu’Énide eut vent de ces propos, elle en fut accablée, car on la rendait responsable d’avoir ensorcelé leur seigneur. Quand elle révela à Érec ce que l’on disait, celui-ci crut que sa propre femme mésestimait sa prouesse et son habileté.
Érec lui prouva qu’il n’avait rien perdu de la vaillance dont il avait fait preuve en vainquant Yder et en conquérant la main d’Énide, alors qu’ils traversaient la forêt assaillis par des brigands, des géants et des comtes traîtres. Énide prouva également son amour et sa fidélité à Érec en endurant toutes les épreuves de leur aventure.
Le plus glorieux des exploits d’Érec eut lieu lorsqu’il arriva dans la ville de Brandigan et mit fin à la coutume maudite connue sous le nom de Joie de la Cour. L’enchantement ne fut rompu que lorsqu’il vainquit le chevalier et sonna du cor. Érec acquit une gloire encore plus grande et s’imposa comme l’un des plus grands chevaliers de la Table Ronde à l’issue de cette aventure.
Voir Érec et Énide pour le récit complet de l’aventure d’Érec avec Énide.
Selon la version post-vulgate de la Queste del Saint Graal, Érec prit part à l’aventure. Comme les autres chevaliers, il s’y illustra mal, et l’entreprise tourna au drame et à la disgrâce. Érec fit une promesse à une pucelle malfaisante sans réaliser le prix qu’il devrait payer. Lorsqu’Érec retrouva sa sœur, la pucelle exigea la tête de celle-ci. Saisi d’horreur devant une telle requête, il tenta de persuader la demoiselle de demander toute autre chose, car il aimait sa sœur. La pucelle refusa d’écouter la moindre supplique. Érec tua donc sa sœur et remit sa tête à la cruelle demoiselle. Cette dernière ne quitta pas les lieux vivante : la foudre la frappa et la tua sur-le-champ.
Plus tard, Érec rencontra un autre chevalier, et aucun des deux ne put reconnaître l’autre car ils portaient des armures différentes. Érec blessa mortellement le chevalier, puis découvrit qu’il s’agissait d’Yvain aux Blanches Mains, un compagnon de cette quête doloriste (à ne pas confondre avec Yvain le Vaillant, fils du roi Lac). Érec fut accablé de douleur d’avoir tué son ami. Yvain avait également gravement blessé Érec au cours du combat.
Lorsque Gauvain arriva et constata qu’Érec avait tué Yvain, il provoqua Érec blessé en combat singulier. Érec fut stupéfait que Gauvain l’attaquât alors qu’il était blessé. Gauvain tua le chevalier d’Érec, qui lui reprocha cet acte lâche. Gauvain blessa ensuite mortellement Érec là où il gisait. Le croyant mort, Gauvain s’éloigna.
Hector et Meraugis survinrent et trouvèrent Érec évanoui. Lorsqu’Érec revint à lui, il raconta comment Gauvain l’avait combattu de façon honteuse et traîtresse. À la mort d’Érec, les deux chevaliers portèrent son corps à Camelot. Ils n’annoncèrent pas la mort d’Érec au roi Arthur, mais la rapportèrent à roi Baudemagus.
Informations complémentaires
Nom
Érec (français).
Geraint, Gereint (anglais et gallois).
Guerec (breton).
Eric (anglais).
Erek (allemand).