L'esclavage en Mésopotamie : Une terrible tragédie antique du pouvoir
Les témoignages sur l’esclavage en Mésopotamie constituent une lamentable succession d’événements. Des mutilations aux meurtres et aux viols, les maîtres étaient légalement habilités à exercer les formes les plus barbares de cruauté envers leurs esclaves, communément appelés Moorey.
Poursuivez la lecture pour découvrir les récits malheureux de l’esclavage et des lois qui le régissaient dans les anciennes civilisations de Mésopotamie.
L’esclavage en Mésopotamie antique
Les récits abondent sur l’esclavage dans les premières civilisations. En Mésopotamie antique, l’esclavage était aussi courant que les feuilles sont vertes. À l’image des marchés de producteurs pour les denrées alimentaires, les anciens peuples de Mésopotamie possédaient des marchés où s’achetaient et se vendaient des hommes, des femmes et des enfants. Chaque homme possédait des esclaves et était appelé leur maître.
On pourrait penser que le maître gardait des esclaves, leur fournissait un toit, de la nourriture et des vêtements. En retour, ils travaillaient pour le maître et l’aidaient dans ses affaires. Malheureusement, il n’en était rien.
Chaque empire qui s’éleva en Mésopotamie perpétua la culture de l’esclavage. L’esclavage en Mésopotamie antique se déclinait en trois formes :
- L’esclavage pour dettes
- L’esclavage comme châtiment pour un crime
- L’asservissement des prisonniers de guerre
Tels étaient les motifs génériques de l’asservissement, mais en dehors de ceux-ci, un homme de haut rang dans la société pouvait réduire quiconque en esclavage. Hommes, femmes, enfants, personne n’était à l’abri des mailles de l’esclavage.
L’origine de l’esclavage
La pratique inhumaine de l’esclavage était si profondément enracinée dans la culture mésopotamienne que son origine exacte demeure inconnue. L’esclavage a constitué une part intégrante de chaque empire, nation ou royaume ayant jamais existé sur cette planète. Les historiens ont établi un lien entre l’avènement de l’esclavage et l’avènement de l’agriculture en Mésopotamie.
Le premier témoignage écrit de l’esclavage provient toutefois de l’empire sumérien. Ce récit expose les droits accordés aux esclaves en Mésopotamie. Examinons à quoi ressemblait la vie des hommes, des femmes et des enfants réduits en esclavage, avant d’expliquer comment le Code de Hammurabi réglementait la question de l’esclavage.
Les esclaves de Mésopotamie antique : Les hommes
Les systèmes de travail mésopotamiens étaient principalement composés d’hommes. Ces hommes étaient des débiteurs, des défaillants, des prisonniers de guerre, des exclus, ou simplement incapables de défendre leur droit à vivre. Les empires de Sumer, d’Assyrie et de Babylone étaient centrés sur l’agriculture. L’agriculture exigeait un grand nombre d’hommes pour les tâches quotidiennes et quiconque possédait des terres à ensemencer avait besoin d’esclaves.
Les autres corps de métier requérant des esclaves à l’époque mésopotamienne comprenaient :
- Bouchers
- Tailleurs de pierre
- Pêcheurs
- Ouvriers de domaines
- Tanneurs, tisserands
- Constructeurs de bateaux
- Orfèvres
- Métallurgistes
- Potiers
- Brasseurs de bière
- Boulangers
- Mégissiers
- Fileurs
- Tisserands
- Fabricants d’outils et d’armes
- Bijoutiers
- Menuisiers
Les marchés d’esclaves offraient toutes sortes d’hommes à la vente. Les hommes dotés d’une compétence quelconque se vendaient au prix le plus élevé. Par exemple, un homme sachant par chance lire et écrire avait une valeur bien supérieure à celle d’un homme illettré. Pour trouver des hommes qualifiés à asservir, les rois envoyaient des bandes d’hommes dans les villages voisins pour acquérir de nouveaux esclaves.
À mesure que l’on s’enfonce dans l’histoire, on découvre que les esclaves masculins jouèrent un rôle essentiel dans la construction de la société. Presque tous les travaux manuels étaient accomplis par des hommes. L’architecture, l’agriculture, la métallurgie et bien d’autres domaines étaient l’œuvre des esclaves. Ces derniers jouèrent donc un rôle important dans l’édification d’une société à laquelle ils ne pouvaient participer.
Les esclaves de Mésopotamie antique : Les femmes
Si les esclaves masculins étaient employés principalement aux travaux de force, les femmes étaient affectées essentiellement aux tâches domestiques. Chaque foyer disposait de travailleuses esclaves qui se consacraient aux occupations quotidiennes. La cuisine, le nettoyage et la couture comptaient parmi leurs tâches les plus courantes.
Une autre fonction importante confiée aux esclaves féminines était l’éducation des enfants de leurs maîtres. Les femmes esclaves travaillaient le plus souvent comme nourrices.
Les femmes tombaient dans l’esclavage soit de naissance, soit par des événements malheureux qui ne leur laissaient d’autre choix que de devenir esclaves. Il convient de noter ici que les femmes esclaves lettrées étaient traitées beaucoup mieux que les femmes illettrées. Les femmes d’une grande beauté se vendaient à un prix nettement supérieur. De nombreux témoignages de harcèlement à l’encontre des esclaves féminines parsèment l’histoire.
Les esclaves de Mésopotamie antique : Les enfants
À l’instar du diabète qui se transmet dans les familles, l’esclavage se perpétuait de semblable manière. La forme d’esclavage la plus tragique était celle des enfants, envoyés dès la naissance sur cette voie funeste. Il s’agissait des enfants de générations d’esclaves précédentes, incapables de briser le cycle de l’asservissement.
Une autre voie importante par laquelle les enfants entraient dans l’esclavage était la crise financière. Les familles de l’Antiquité avaient pour habitude de constituer des familles nombreuses. Lorsqu’elles faisaient face à une crise financière et ne pouvaient plus nourrir leurs enfants, elles les vendaient contre de l’argent ou de la nourriture.
Les enfants esclaves n’étaient pas soumis aux travaux les plus rudes. Toutefois, ils travaillaient dès leur plus jeune âge et dépendaient du foyer de leur maître.
La pratique mésopotamienne du marquage des esclaves
La population mésopotamienne comptait une proportion importante d’esclaves. Ce nombre considérable d’esclaves était difficile à gérer et à recenser. Les autorités administratives mirent au point une pratique macabre consistant à marquer les esclaves. Cette pratique les étiquetait à vie comme esclaves.
Les esclaves étaient marqués au fer rouge ou bien des mots descriptifs étaient gravés sur leurs corps. Ces inscriptions précisaient la catégorie à laquelle appartenait l’esclave, qu’il s’agisse de prisonniers de guerre, de personnes expiant un crime ou simplement victimes de la pauvreté.
Cette pratique spécifique de marquage des esclaves était d’une pure cruauté. Même lorsqu’une personne, victime de circonstances malheureuses, avait été réduite en esclavage, cette marque atteignait sa volonté et ses chances de retrouver la liberté.
L’agriculture mésopotamienne et les esclaves
Les Mésopotamiens travaillaient en grande partie dans le secteur agricole. L’irrigation, la production et la vente de récoltes constituaient le moyen de subsistance des anciens peuples de Mésopotamie. Il s’agissait d’une tâche considérable qui ne pouvait être l’œuvre d’un seul homme. Les historiens estiment que l’avènement de l’agriculture a engendré une recrudescence de la pratique esclavagiste et une mutation des systèmes de travail en Mésopotamie.
Les foyers ordinaires commencèrent à garder des esclaves pour leurs services et leur aide dans les champs. Les esclaves aidaient à labourer les terres, à arroser les cultures, à semer les graines et, enfin, à participer aux moissons. La saison des moissons constituait la période la plus importante de l’agriculture. Certains maîtres concédaient une très petite part de leur récolte à leurs esclaves si ceux-ci avaient une famille.
Le Code de Hammurabi
Les mauvais traitements infligés aux esclaves et d’autres atrocités sociales atteignirent leur apogée en Mésopotamie antique. De 1792 à 1750 av. J.-C. — selon la « chronologie moyenne » — le sixième roi de Babylone, Hammurabi, promulgua un recueil exhaustif de lois et de justice.
Il couvre les domaines juridiques des infractions au droit administratif, des délits contre les biens, du commerce, du mariage, de la famille, des voies de fait, des affaires, de l’agriculture et de l’esclavage. Le Code de Hammurabi est considéré comme le plus ancien ensemble de lois parvenu jusqu’à nous. Même l’élaboration d’un recueil de lois et de justice, aussi imparfait fût-il, représentait à l’époque une réalisation majeure.
Si l’on examine attentivement le Code, on y relève des règles d’une grande sévérité à l’égard des esclaves. Il est par exemple stipulé que le maître a le droit de couper l’oreille de l’esclave si celui-ci n’obéit pas à son maître.
Le Code dicte également les conditions des mariages d’esclaves, de la possession de biens et d’entreprises par les esclaves. L’une des lois les plus importantes énoncées dans le Code de Hammurabi dispose qu’un esclave peut épouser une femme libre. Cette loi s’avéra alors fort controversée.
La voie vers la liberté
Un être humain ne peut endurer la souffrance et l’injustice toute sa vie. Un jour, il briserait ses chaînes et revendiquerait ses droits. Le moyen le plus répandu pour un esclave d’échapper à sa condition était la fuite. Occasionnellement, un esclave était affranchi après avoir été acheté, en signe de bonne volonté de la part de l’acquéreur.
Bien que la pratique de l’esclavage en Mésopotamie soit une succession d’événements tragiques, de nombreuses personnes démunies trouvèrent un toit, un lit pour dormir et de quoi se nourrir. Ces hommes, ces femmes et ces enfants auraient sans cela été réduits à la mendicité dans les rues et seraient bientôt morts.
Conclusion
Voici les principaux enseignements sur la pratique de l’esclavage dans la civilisation antique de Mésopotamie :
- Les esclaves pouvaient être réduits en esclavage pour dettes, être des prisonniers de guerre ou perdre leur liberté en raison d’un châtiment
- Il existait de véritables marchés d’esclaves où les personnes étaient achetées et vendues contre de l’argent
- Les esclaves ne disposaient que de droits minimaux
- L’esclavage se transmettait de génération en génération
- Certains maîtres établiaient des contrats d’asservissement interdisant aux esclaves de se marier
- Les esclaves étaient marqués au fer rouge
Maintenant que vous connaissez tous ces faits sur l’esclavage, quelle idée vous faites-vous de cette pratique antique ?


