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Ismène dans Antigone : la sœur qui survécut

Ismène dans Antigone : qui est Ismène - la sœur prudente d'Antigone

Qui est Ismène dans Antigone ?

Ismène dans Antigone est la sœur d’Antigone et la plus jeune fille d’Œdipe et de Jocaste. C’est une sœur loyale mais prudente. Contrairement au caractère impétueux d’Antigone, Ismène est raisonnable et connaît sa place. Craignant Créon, elle se retire du conflit entre Antigone et Créon, laissant à sa sœur le soin de prendre les commandes et le châtiment.

Qui est Ismène dans Antigone ?

Ismène agit comme la voix de la raison auprès de sa sœur, Antigone, alors qu’elles peinent à accepter les termes du décret de Créon. Au début de la pièce, on la voit tenter de raisonner Antigone, la priant de craindre pour sa vie autant que pour celle d’Ismène. Elle supplie sa sœur aînée de céder et de ne pas se rebeller contre les lois des hommes ; de redouter les conséquences pour leur famille déjà touchée par le malheur. Sa peur reflète celle du peuple de Thèbes, mais pour bien comprendre qui elle est en tant que personnage et ses craintes, il faut examiner en détail la pièce et les événements qu’elle et sa famille ont traversés.

Antigone

La pièce s’ouvre sur une dispute entre Antigone et Ismène au sujet de l’absence de sépulture pour leur frère, Polynice. Créon avait promulgué une loi interdisant à leur frère de recevoir des funérailles dignes, et quiconque enterrerait le corps serait lapidé à mort. Antigone fait part de son intention d’enterrer leur frère malgré les menaces de mort imminentes et demande l’aide d’Ismène. Ismène vacille, craignant pour sa vie, et sur ce, Antigone décide d’enterrer son frère seule.

Antigone se rend sur les terrains du palais avec l’intention d’enterrer Polynice, mais ce faisant, elle est surprise par les gardes du palais qui la conduisent devant Créon pour son acte de désobéissance. Créon la condamne à être emmurée vivante, transgressant ainsi une autre loi divine. Ismène, présente au tribunal, clame sa participation au crime, affirmant qu’elle aussi avait projeté d’enterrer son frère. Antigone réfute cela et souligne qu’elle et elle seule fut surprise dans l’acte simple de l’ensevelissement. Ismène s’approche d’Antigone et déclare : « Non, ma sœur, ne me déshonore pas, mais laisse-moi mourir avec toi et honorer celui qui est mort. » Antigone secoue la tête et dit à Ismène que sa propre mort suffisait. Antigone est ensuite conduite dans la grotte où elle doit être emmurée, dans l’attente de sa mort.

Hémon, le fiancé d’Antigone et fils de Créon, plaide pour la libération de sa bien-aimée, mais se heurte au refus du roi de Thèbes. Résolu dans son amour, Hémon se rend auprès d’Antigone pour la libérer. Arrivé dans le tombeau, il découvre Antigone pendue et froide comme un cadavre — elle s’était donné la mort. Hémon, accablé de douleur, décide de se donner la mort pour suivre son amour dans les enfers.

Au même moment, Tirésias, le prophète aveugle, avertit Créon du danger de provoquer la colère des dieux. Il a vu des présages dans une vision qui annoncent le courroux divin. Créon tente d’expliquer son point de vue à Tirésias, mais celui-ci le réfute et l’avertit de la tragédie qui attend son destin. Après mûre réflexion, Créon se précipite immédiatement vers la grotte où Antigone est emprisonnée. Il découvre le cadavre de son fils, figé par le chagrin. Il ramène le corps d’Hémon au palais, pour voir sa femme se donner la mort à son tour.

Antigone et Ismène

Ismène dans Antigone - représentant le devoir familial dans la pièce de Sophocle

Ismène dans Antigone

Ismène et Antigone représentent toutes deux le devoir familial dans la pièce deSophocle, mais Antigone pousse le rôle héroïque plus loin. Contrairement à Antigone, Ismène semble jouir d’une vie et d’un psychisme stables. Elle ne partage pas la nature impétueuse d’Antigone, qui se lance tête baissée dans la gueule du tigre.

En dépit de la dévotion d’Ismène envers sa famille, ses actes n’égalent pas les sacrifices qu’Antigone a consentis dans la pièce et, ce faisant, elle reste constamment dans l’ombre de sa sœur.

Les différences entre Antigone et Ismène se manifestent dès le début de la pièce ; Ismène semble paralysée par son identité de femme, tandis qu’Antigone, enracinée dans ses convictions, fonce tête baissée vers sa version de la justice. Ismène est émotive, contrastant avec le caractère passionné de sa sœur, et se soumet à l’autorité. Dès le début de la pièce, la peur qu’Ismène ressent à l’idée de défier Créon et ses lois l’empêche de se joindre à Antigone dans ses plans audacieux. Cela scinde les chemins qu’empruntent les deux sœurs et la nature contrastée de leurs destins. Dans la pièce, nous sommes témoins de la relation étroite entre les sœurs ; les paroles et les actes d’Ismène illustrent l’amour et le soin qu’elle porte à Antigone.

Malgré leurs caractères contrastés et leurs différences, elles s’aiment profondément, prêtes à tout sacrifier pour protéger l’autre. Cela se voit dans la façon dont Ismène clame sa participation au complot bien qu’elle n’y ait pris aucune part, et dont Antigone refuse de laisser Ismène mourir pour ses crimes. Ismène, la seule sœur survivante après la mort d’Antigone, semble disparaître à la fin ; c’est la réalisation que sans Antigone, elle n’a plus rien pour quoi vivre qui la pousse à s’effacer dans le décor.

Antigone et Ismène établissent l’un des thèmes centraux de la pièce, la loi mortelle contre la loi divine. Ismène, craignant le décret de Créon, souligne que la loi promulguée est désormais la loi du pays ; cela contraste avec la conviction inébranlable d’Antigone en la divinité. Antigone estime que les lois des dieux sont plus importantes que celles des hommes et se précipite tête baissée pour corriger cette erreur, sans tenir compte des conséquences.

Les traits de caractère d’Ismène

Ismène est décrite dans la pièce comme une femme blonde, rayonnante et pleine de vitalité, considérée comme la « fille sage » de la famille. Elle est dite raisonnable, comprenant sa place dans la guerre et s’inclinant devant les figures d’autorité. C’est précisément cette caractéristique qui la pousse à tenter de dissuader Antigone et d’exprimer la raison, craignant la mort de sa sœur bien-aimée. Elle est l’exact opposé d’Antigone et agit comme son faire-valoir. La dévotion d’Ismène envers sa famille se manifeste lorsqu’elle supplie de partager le sort mortel de sa sœur. Antigone refuse de laisser Ismène se joindre à elle dans la gloire de sa mort, mais s’adoucit en voyant les larmes de sa sœur. Elle lui déclare qu’il serait inutile de mourir pour un acte dont elle n’était pas responsable alors qu’elle est traînée vers le tombeau. Leur amour mutuel est une fois encore illustré dans la pièce.

Conclusion

Nous avons examiné Ismène et son implication dans la pièce de Sophocle. Passons en revue les points clés de cet article :

  • Ismène est la plus jeune fille d’Œdipe et Jocaste, la sœur cadette d’Antigone, et la « fille sage » de la famille.
  • Ismène est décrite comme une femme blonde, d’une beauté rayonnante, dévouée à sa famille.
  • Ismène est connue pour être émotive et craintive face à l’autorité, cédant aux lois oppressives de Créon et comprenant sa place dans le chaos.
  • Ismène semble paralysée par son identité de femme ; elle utilise les émotions comme moteur, se soumettant à ceux qui détiennent le pouvoir ; cela contraste avec le caractère passionné de sa sœur Antigone, qui recherche activement la justice.
  • Dès le début de la pièce, nous voyons Ismène tenter de raisonner l’inébranlable Antigone et de la dissuader de ses projets de rébellion, la suppliant de craindre pour sa vie.
  • Antigone refuse et projette d’enterrer leur frère mort malgré les ordres de Créon ; elle est surprise sur le fait et condamnée à être emmurée vivante dans l’attente de sa mort.
  • Ismène pleure en suppliant de partager la culpabilité et la mort avec sa sœur bien-aimée ; Antigone refuse, ne voulant pas qu’Ismène meure pour un acte dont elle n’était pas responsable.
  • La dévotion des sœurs envers leur famille était profonde ; elles s’aimaient et se protégeaient mutuellement, seule famille qui leur restât.
  • Malgré les caractères contrastés d’Antigone et d’Ismène, elles s’aiment profondément, prêtes à tout sacrifier pour protéger l’autre.
  • À la mort d’Antigone, Ismène réalise qu’elle n’avait plus rien pour quoi vivre ; elle n’avait plus de famille à sienne, car chaque membre de sa famille avait été emporté aux enfers, et c’est ainsi qu’elle s’efface dans le décor.
Antigone et Ismène - les sœurs contrastées dans la tragédie grecque

Antigone et Ismène

En conclusion, Ismène dansAntigone** incarne le personnage de la logique et de l’émotion,** contrastant avec l’entêtement et la passion d’Antigone. La nature contrastée des deux sœurs équilibre la pièce, révélant les diverses représentations du thème central, les lois mortelles face aux lois divines. La direction de l’œuvre aurait été altérée ou compromise sans la sœur contrastée de notre héroïne, qui apporte peur et raisonnement au public.

Ismène offre au public un regard neuf sur ce que traversent les citoyens de Thèbes : un tumulte intérieur. Les lois promulguées par leur roi s’opposent directement à celles des dieux, mais s’ils s’y opposent, leur vie est en jeu. Le chaos et la peur manifestés par Ismène reflètent ceux des citoyens de Thèbes. Malgré leurs profondes croyances en la divinité et leur dévotion à la famille, on ne peut simplement sacrifier sa vie dans l’espoir de la justice, et c’est précisément ce qu’Ismène incarne.

Créé : 16 février 2024

Modifié : 16 février 2024