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Peinture de guerre celte au pastel des teinturiers : rituels et identité guerrière

Les Celtes sont unanimement reconnus pour leur goût prononcé pour la guerre et les combats, d’où la place centrale de la peinture de guerre celte. Grâce à leurs prouesses martiales, les Celtes sont sortis victorieux à de nombreuses reprises face à leurs adversaires.

Qu'est-ce que la peinture de guerre celte

L’une de leurs tactiques pour remporter de nombreuses batailles résidait dans l’usage de peintures de guerre. Les historiens ont avancé de nombreuses raisons pour expliquer cette pratique.

Les peintures de guerre étaient largement répandues, en particulier parmi les peuples natifs d’Europe, parmi lesquels figuraient les Celtes. Dans cet article, découvrons davantage sur ce groupe de personnes significatif et leur usage des peintures de guerre.

Qu’est-ce que la peinture de guerre celte ?

La peinture de guerre désigne la peinture traditionnelle du visage, du torse et du corps des guerriers en préparation aux batailles. Cette pratique fut observée parmi de nombreux groupes tribaux en Amérique, en Asie et même en Europe.

Tout au long de l’histoire, de nombreuses explications ont été avancées concernant l’usage de ces marques corporelles. Les peintures de guerre servaient à rendre les guerriers plus farouches, plus sauvages et plus puissants en apparence, ce qui pouvait les rendre plus intimidants et terrifiants aux yeux de leurs ennemis.

Les peintures de guerre pouvaient également servir à exalter les guerriers, en les persuadant qu’ils possédaient véritablement des qualités telles que la férocité, la force, l’intimidation et la bravoure. Un seul regard sur leurs frères d’armes suffisait à renforcer la confiance des guerriers et à les convaincre de leur victoire au combat. Ces qualités sont essentielles dans toute bataille, au même titre que l’endurance physique et mentale. Les posséder pouvait garantir une victoire certaine dans n’importe quel affrontement.

Les Celtes ne sont pas aussi largement connus pour leurs tactiques et stratégies militaires que leurs envahisseurs plus célèbres. Néanmoins, ils faisaient preuve d’initiatives propres à leur groupe.

L’usage de la peinture de guerre celte

En tant que l’un des groupes tribaux d’Europe, l’usage des peintures de guerre par les Celtes fut également observé par les envahisseurs. Nul autre que le grand chef romain Jules César lui-même décrivait souvent l’apparence des Celtes au combat, d’autant que les Romains les affrontèrent à maintes reprises en temps de guerre.

Ainsi, en temps de guerre, les Celtes enduisaient leurs visages et leurs corps d’une peinture teintée de bleu. Ces « peintures de guerre » servaient à tracer différentes formes et figures, mais les plus marquantes étaient celles d’animaux. Ces décorations corporelles étaient notamment arborées par les Celtes de Britannia, c’est-à-dire la Grande-Bretagne actuelle. Cela contrastait avec les Celtes continentaux, ou Gaulois, qui n’arboraient pas ce type d’art sur leurs corps.

Par ailleurs, d’autres témoignages affirment que les figures et formes visibles sur le corps nu d’un guerrier celte étaient des marques corporelles permanentes. Ces marques étaient apposées sur le corps en raison de traditions et rituels religieux. Cette thèse s’oppose à l’idée répandue selon laquelle ces figures n’étaient peintes qu’en préparation des batailles.

En outre, il est à noter que des tatouages de couleur bleue furent observés sur les corps des guerriers celtes à l’allure féroce, ce qui explique pourquoi les Celtes se peignaient en bleu.

La peinture de guerre celte, ornement cutané

Ornement cutané celte, peinture de guerre

Comme mentionné précédemment, les notes historiques indiquent que Jules César décrivit dans son ouvrage, les Commentaires sur la guerre des Gaules, que la peinture de guerre celte n’était pas portée par tous les groupes du peuple celte.

De manière distinctive, les peuples autochtones engagés dans les guerres celtes qui provenaient des îles de Grande-Bretagne, c’est-à-dire les Bretons, étaient ceux que les Romains observèrent avec la peau ornée.

D’autres appelaient ces Celtes à la peau décorée des Pictes, car le nom lui-même signifiait peint ou tatoué. En revanche, les peuples autochtones de la Gaule continentale, ou Celtes continentaux, ne pratiquaient plus cette tradition au moment où Jules César et ses soldats arrivèrent en 55 et 54 av. J.-C.

Il est possible qu’à l’époque antique, tous les peuples celtes aient eu coutume de peindre leurs corps. Cependant, aucune preuve concluante ne vient étayer cette hypothèse, compte tenu de l’absence de textes écrits mentionnée précédemment.

Les Celtes vus par les Romains

Les Celtes étaient souvent qualifiés de barbares par les Romains. Cette description pouvait s’expliquer par de multiples facteurs. Elle tenait notamment à leur manière de combattre, dépourvue de la finesse des armées romaines et grecques modernes. Dans une guerre celte, les combattants ne formaient pas d’alignements militaires organisés et étudiés ; ils attaquaient en formation désordonnée avec pour seul objectif de mettre leurs ennemis à mort.

Un autre aspect de la guerre celte qui amena les Romains à considérer les Celtes comme des barbares était le fait qu’ils allaient au combat nus, ce qui constituait indéniablement un acte de sauvagerie. La seule chose qui les recouvrait était l’art corporel peint sous forme de peinture de guerre ou de tatouages.

Les Celtes et leur peinture de guerre bleutée

Les marques corporelles et tatouages pouvaient rendre les guerriers plus dévastateurs et plus féroces, semant la terreur parmi les envahisseurs étrangers.

Les marques relevées sur les corps des guerriers celtes nus étaient de couleur bleue, selon les observations de Jules César. Cependant, d’autres témoignages affirmaient qu’il s’agissait d’un vert, d’un bleu clair, voire d’un turquoise.

Il convient de noter que toutes ces nuances appartiennent à la famille du bleu. Cette coloration provenait du pigment d’une plante alors largement disponible appelée le pastel des teinturiers.

Le pastel des teinturiers (Isatis tinctoria) est l’ingrédient principal de la peinture celte. Appartenant à la famille des brassicacées, cette plante à fleurs possède des feuilles qui produisent le pigment bleu utilisé pour teindre des matériaux tels que les vêtements, les cheveux et autres.

De nombreux historiens estiment que les Celtes utilisaient le pastel comme ingrédient de leur peinture de guerre non seulement parce qu’il offre une belle teinte bleue, mais aussi en raison de ses propriétés curatives. Le pastel était appliqué sur le corps pour soigner les blessures infligées aux guerriers pendant les combats.

Par ailleurs, d’autres sources soulignent que le pastel posséderait des effets hallucinogènes. Son application sur le corps procurerait aux guerriers un état d’euphorie, les incitant ainsi à se livrer à des tueries effrénées, caractéristiques des combats barbares entre ces tribus et avec leurs ennemis.

Aujourd’hui, le pastel des teinturiers est communément appelé la plante des teinturiers. En outre, il existe désormais une nuance de bleu appelée « bleu celte ».

Les Celtes : contexte historique

Les Celtes ou le peuple celte ne possédait pas sa propre langue écrite et transmettait essentiellement ses traditions, ses connaissances et son mode de vie par la tradition orale. Ainsi, les chercheurs durent formuler leurs propres interprétations à partir des divers fragments de preuves historiques relatifs à ce groupe de personnes fascinant d’Europe.

Conformément à l’adage selon lequel l’histoire appartient aux vainqueurs, la plupart des chercheurs s’appuyèrent sur les textes existants issus des œuvres survivantes des historiens grecs et romains.

Les Celtes, également connus sous d’autres noms tels que Keltoi par les Grecs, Celtae en latin, Galates, Gallois, Pictes et Gaulois, désignent un groupe de peuples autochtones mais non homogènes vivant en Europe. Ces peuples étaient liés entre eux de manière lâche, la langue celte constituant leur dénominateur commun le plus évident. De nombreux Celtes vivent encore dans l’Irlande moderne telle que nous la connaissons aujourd’hui. On considère cependant qu’ils auraient commencé à s’établir près du Danube, en Europe centrale, dès 12000 avant notre ère.

La littérature sur les Celtes

Les Celtes n’ayant laissé aucune documentation textuelle, la plupart des récits historiques reposent sur les anecdotes et les écrits des Grecs et des Romains qui avaient rencontré cet ensemble largement désorganisé de peuples au cours de leurs multiples invasions. Les envahisseurs étrangers notèrent que les groupes celtes, tribu par tribu, vivaient de manière indépendante. Ils avaient leurs propres chefs, vivaient sur leurs propres territoires avec leurs propres modes de vie.

Ces tribus indépendantes étendaient souvent leur territoire par la conquête. En réalité, l’image populaire des Celtes est celle de pillards et de sauvages.

C’était un peuple qui tuait et anéantissait ses ennemis sans le moindre remords, tâche facilitée par des armes d’une sophistication redoutable, forgées à partir de métaux et d’autres matériaux. Les chars de combat utilisés dans chaque guerre celte furent souvent copiés par les conquérants émergents, notamment les Grecs et les Romains.

Pour quoi les Celtes étaient-ils connus ?

En dépit de leur réputation peu flatteuse et peu accueillante, les Celtes étaient fort admirés pour leurs compétences guerrières, plus encore que pour leur maîtrise des métaux. En tant que guerriers, ils concevaient des armes et autres outils en métal aux motifs complexes, ce qui était considéré comme très avancé pour l’époque.

Les boucliers de corps aussi hauts que le guerrier lui-même, ainsi que ceux protégeant les parties intimes, leur étaient attribués. Les Celtes sont également crédités de l’introduction de l’usage de la cotte de mailles comme armure principale portée par les soldats au combat. Autre sujet de fierté : leur génie dans la manœuvre du char de combat. Que ce soit sur un terrain plat ou escarpé, les Celtes démontraient une maîtrise remarquable de ces instruments militaires essentiels.

Cependant, la caractéristique la plus intrigante de ce peuple celte était son incapacité à s’unir en un groupe distinct. Les historiens s’accordent à dire que l’échec des tribus celtes à s’unir entre elles — malgré les efforts de quelques chefs de tribus — et cette incapacité à trouver un terrain d’entente commun conduisirent à la chute de nombreuses et puissantes tribus de combattants et de guerriers celtes.

Les Celtes eux-mêmes se faisaient si souvent la guerre que leurs ennemis finirent par identifier cette faiblesse. Cette vulnérabilité servit de porte d’entrée permettant à leurs conquérants de triompher.

Conclusion

Peinture de guerre celte

Les Celtes ont peut-être été qualifiés de barbares et d’incivilisés d’après les descriptions laissées par les vainqueurs étrangers. Cependant, leur férocité et leur détermination dans chaque bataille qu’ils menèrent firent en sorte que le mode de vie celte devint mondialement connu, de l’Antiquité jusqu’à nos jours.

  • Les Celtes étaient profondément dévoués à la guerre ; celle-ci était leur moyen d’étendre leurs territoires.
  • En allant au combat, certaines tribus du peuple celte utilisaient des peintures de guerre colorées.
  • Ces peintures de guerre étaient de couleur bleue, tirées du pigment du pastel des teinturiers.
  • Isatis tinctoria, ou pastel des teinturiers, était la source principale de la peinture de guerre bleue des Celtes.
  • Leurs divisions internes conduisirent à la disparition de nombreuses tribus composant le peuple celte.

Les Celtes ne se sont peut-être pas unifiés en une nation tribale, au grand dam de certains, mais ils ont prouvé qu’un mode de vie pouvait être amélioré ou perfectionné lorsque des groupes distincts s’efforçaient d’être les meilleurs parmi tous. Leur influence sur l’histoire qui a façonné l’Europe ne saurait être sous-estimée.

Créé : 9 mai 2022

Modifié : 19 mars 2024