Tiamat : La déesse primordiale de la mer morte de sa propre vengeance
Tiamat était une déesse de la mer qui existait au commencement des temps. Son époux était Apsu, le dieu des eaux douces souterraines, avec lequel elle engendra d’autres divinités. Toutefois, sa colère et son esprit vindicatif la poussèrent à tuer son propre mari, et, in fine, à périr elle-même.
Pour découvrir comment ces événements se déroulèrent et bien plus encore, poursuivez votre lecture.
Qui est Tiamat ?
Tiamat était une divinité mésopotamienne qui personnifiait la mer salée et symbolisait le chaos régnant avant la création. Elle était souvent dépeinte comme une figure malveillante cherchant à déstabiliser l’ordre de l’univers.
Son adversaire n’était autre que Marduk, la divinité suprême babylonienne, qui la vainquit et préserva l’ordre cosmique. Tiamat était également connue comme la déesse des dragons, qu’elle avait elle-même engendrés et imprégnés de fluides mortels.
La signification de Tiamat et sa comparaison avec Nammu
Les spécialistes estiment que le nom Tiamat dériverait du terme « tiatum », signifiant « mer ». Ainsi, Tiamat pourrait signifier « celle qui incarne la mer ». Tiamat est principalement mentionnée dans l’Enuma Elish, le mythe de la création babylonien. Tiamat était souvent considérée comme l’équivalent babylonien de la déesse-mère sumérienne Nammu.
Cette assimilation s’explique par le fait que les deux divinités participèrent à la création de dieux plus jeunes. Toutes deux furent également vaincues par des divinités suprêmes et, dans le cas de Tiamat, elle périt de ce fait. En outre, aucune des deux déesses ne possédait de temple attitré ni de culte dédié. Cette affirmation est toutefois contestée depuis la découverte d’un temple consacré à Nammu, également connue sous le nom de Ninhursag.
Malgré cela, ces déesses présentaient également des différences marquées qui infirment l’hypothèse d’une identité commune. Par exemple, Nammu était une déesse créatrice qui nourrissait sa progéniture, tandis que Tiamat était la divinité du chaos, cherchant à rompre l’harmonie de l’univers.
Comparaison entre Tiamat et Inanna
Outre Nammu, la déesse mésopotamienne Inanna est souvent comparée à Tiamat en raison de certaines similitudes. Inanna était la déesse de l’amour, de la beauté, de la guerre et de la sexualité dans la religion mésopotamienne antique. Également connue sous le nom d’Ishtar, elle était appelée la Reine du Ciel. Bien qu’Inanna n’ait pas donné naissance aux dieux, sa nature présentait plus d’un point commun avec celle de Tiamat.
Inanna partageait la nature sournoise de Tiamat et était prête à tout pour parvenir à ses fins. À l’instar de Tiamat, elle s’éleva progressivement pour devenir la divinité la plus vénérée de Sumer. Par la suite, les Assyriens l’assimilèrent et la placèrent au sommet de leur panthéon, même au-dessus de leur dieu national Ashur. Comme Tiamat, Inanna était ambitieuse et luttait pour accroître un pouvoir déjà considérable ; on la considérait comme l’instigatrice du chaos.
Toutefois, bien que ces deux divinités féminines présentassent des traits communs, des différences notables les séparaient. Malgré toutes ses conquêtes, Inanna ne fut jamais considérée comme une déesse-mère, contrairement à Tiamat.
Elle possédait également ses propres temples et un culte dédié, dont le centre principal était le temple d’Eanna. Tiamat et Inanna furent toutes deux des divinités féminines qui dominèrent les sociétés mésopotamiennes pendant des millénaires.
La description de la divinité
Tiamat était souvent représentée sous les traits d’un dragon ou d’un serpent marin, bien que certains érudits contestent cette description. Bien que Tiamat fût la mère des dragons, aucun document mésopotamien ne la décrit explicitement comme telle.
Selon l’épopée babylonienne de la création, l’Enuma Elish, Tiamat possédait plusieurs parties du corps, parmi lesquelles une cuisse, un ventre, un cou, des côtes, une tête et une bouche. Les Grecs la représentaient comme une femme dotée de serpents à la place des jambes.
Les Chaldéens décrivaient également Tiamat comme un dragon pourvu de quatre pattes et d’ailes, dont le corps était entièrement couvert d’écailles. Les sculptures babyloniennes représentaient Tiamat sous la forme d’un dragon marin à tête de tigre, doté de deux ailes, de quatre pattes, de griffes et d’un corps couvert d’écailles. Sur un sceau néo-assyrien du VIIIe siècle av. J.-C., Tiamat figurait sous l’aspect d’un immense serpent à la peau écailleuse et à la tête draconique.
Au vu de ces observations, on peut conclure que l’image la plus répandue de Tiamat est celle d’un dragon. Ce choix iconographique visait probablement à représenter Tiamat à la fois comme puissante et malfaisante. Après tout, c’était bien le rôle qu’elle jouait — la déesse primordiale du chaos — dans l’Enuma Elish. Le symbole de Tiamat demeurait également ambigu, car impossible à déterminer avec certitude : s’agissait-il d’un dragon, d’un serpent ou de la mer salée.
Sa famille
Comme nous l’avons déjà établi, le parèdre de Tiamat était Apsu, le dieu des eaux douces souterraines. Les premiers enfants de Tiamat et d’Apsu furent des jumeaux, Lahmu et Lahamu. Lahmu était l’aîné, une divinité protectrice qui chassait le mal. Il était également le gardien de la porte du temple d’Enki dans la cité d’Eridu.
Sa sœur Lahamu était la gardienne de la porte de la mer. D’autres sources mentionnent également la divinité mésopotamienne Mummu et Kingu comme enfants d’Apsu et de Tiamat. Mummu était le dieu du savoir et de l’habileté, tandis que Kingu était la divinité chargée de commander l’armée de Tiamat. Les jumeaux Lahmu et Lahamu engendrèrent Anshar et Kishar.
Anshar et Kishar incarnaient respectivement la totalité du ciel et la totalité de la terre. Ils engendrèrent à leur tour le dieu des cieux et roi de tous les dieux et démons, Anu.
La sœur d’Anu était Antu, qui faisait également office de son épouse, et le couple engendra les Anunnaki et les Uttuki. Les Anunnaki étaient un groupe de divinités qui déterminaient les destins des humains, tandis que les Uttuki étaient des démons capables de faire le bien comme le mal.
Le mythe de la création chez les Mésopotamiens
Comme c’était le cas dans la plupart des cultures, les Sumériens possédaient également leur propre mythe de la création. Un mythe de la création est un récit destiné à expliquer l’origine de l’univers et des formes de vie qui le peuplent.
Le mythe de la création sumérien est consigné dans l’Enuma Elish, également appelé Les Sept Tablettes de la Création. Il fut découvert en 1849 sur le site de l’antique bibliothèque mésopotamienne d’Assurbanipal, à Ninive.
Les origines de Tiamat et d’Apsu
Selon l’Enuma Elish, au commencement de la création, les eaux se mêlaient et s’agitaient dans un chaos tourbillonnant. Ces eaux se séparèrent en eau douce et en eau salée : l’eau douce devint Apsu et l’eau salée devint la déesse Tiamat. Ces deux divinités s’éprirent l’une de l’autre et leur union produisit d’autres divinités plus jeunes.
Les divinités mineures troublent la paix
La paix régna pendant quelque temps, jusqu’à ce que les divinités les plus jeunes se mettent à faire un tapage infernal. Elles dansaient et faisaient tant de bruit que cela agaça profondément Tiamat. Bien que ce bruit incessant mît Tiamat en colère, elle décida de n’y point remédier. Apsu, lui aussi, fut irrité par le vacarme des dieux mineurs et sollicita les conseils du dieu du savoir pratique, Mummu.
Tiamat est consultée au sujet du tapage des divinités mineures
Mummu conseilla à Apsu de ne rien entreprendre avant d’avoir parlé à Tiamat, la mère des dieux. Apsu et Mummu se rendirent donc ensemble dans les appartements de Tiamat pour s’entretenir du comportement des dieux mineurs.
Apsu se plaignit amèrement du bruit des dieux, qui perturbait ses activités quotidiennes et le tenait éveillé la nuit. Il proposa de détruire les dieux afin que la paix puisse régner dans sa demeure.
Tiamat intercède en faveur de ses enfants
Cela courrouça Tiamat, qui ne comprenait pas qu’Apsu pût souhaiter la mort de leurs créations. Elle pleura et entra dans une rage folle à l’idée qu’on projetât d’anéantir ses enfants. Elle demanda à Apsu de renforcer la discipline plutôt que d’exterminer les dieux. Ses instincts maternels ne pouvaient supporter de voir mourir sa propre progéniture.
Tiamat sollicite l’aide d’Enki
Toutes les supplications et les larmes de Tiamat demeurèrent vaines, car Mummu poussa Apsu à se débarrasser des divinités mineures. Tiamat décida alors de mettre en garde les jeunes divinités contre le danger imminent. Toutefois, avant de les avertir, elle se rendit auprès du dieu de la sagesse et de la magie, Ea, pour solliciter ses conseils. Ea, autre nom d’Enki, échafauda un plan pour venir en aide à Tiamat et aux dieux mineurs.
Ea jeta un sort sur Apsu qui le plongea dans un sommeil profond. Il le tua ensuite et se lança à la poursuite de son conseiller, Mummu. Il le rattrapa et le jeta en prison, et Apsu fut transformé en eau douce dans la demeure d’Ea.
La naissance de Marduk
Une fois l’ordre rétabli après tout le tumulte suscité par le meurtre d’Apsu, Ea s’établit avec son épouse Damkina. Ils donnèrent naissance au dieu Marduk, qui devint la divinité suprême de Babylone. À sa naissance, Marduk fut décrit comme puissant et plus redoutable que tous les dieux l’ayant précédé.
Les dieux anciens cherchent vengeance
Les dieux anciens, enfants de Tiamat, apprirent la mort de leur père Apsu. Ils furent stupéfaits que leur mère fût restée inactive en apprenant l’assassinat de leur père et se rendirent dans ses appartements pour exiger des explications. Ils racontèrent à Tiamat comment Marduk et les autres dieux vivaient désormais à leur guise en l’absence de leur père.
Les dieux anciens supplièrent Tiamat de venger la mort de son époux et de mettre fin au vacame des autres dieux. Ils allèrent jusqu’à manipuler émotionnellement Tiamat, lui reprochant de n’avoir rien fait parce qu’elle ne les aimait pas.
La ruse fonctionna et Tiamat résolut de venger la mort de son mari et de mettre un terme au tapage des autres dieux. Elle décida de donner naissance à onze démons qui devinrent connus sous le nom de Créatures de Tiamat.
Les créatures de Tiamat
Ces monstres furent créés pour aider Tiamat et les dieux anciens à vaincre les dieux plus jeunes.
Les noms des créatures de Tiamat étaient les suivants :
- Lahamu – un homme-bête velu
- Ugallu – un démon ayant l’apparence d’un lion
- Kusariku – un homme ayant l’apparence d’un taureau
- Girtablullu – un homme ayant l’apparence d’un scorpion
- Umu-dabrutu – une tempête violente
- Musmahhu, Usumgallu, Basmu – des serpents à trois cornes
- Mushussu – un dragon-serpent
- Uridimmu – un démon mi-lion, mi-homme
- Kulullu – un homme-poisson
La vengeance des dieux anciens
Après la naissance des onze démons, Tiamat convainquit Quingu, dieu du travail non qualifié, de mener les démons à la guerre contre les dieux plus jeunes et leurs alliés. Afin de donner tout son pouvoir à Quingu (parfois orthographié Kingu), elle lui confia les Tablettes du Destin. On croyait que quiconque possédait les Tablettes du Destin était le dieu suprême régnant sur les cieux, la terre et le monde souterrain.
La bataille s’engagea et les dieux plus jeunes ne purent résister à la puissance et à la force de Kingu et de ses alliés. Avec Kingu et ses démons, Tiamat combattit les divinités les plus jeunes et les subjugua, mais refusa de les tuer.
Informé de la détresse des jeunes divinités face à Tiamat et à ses forces, Marduk se porta volontaire pour leur porter secours. Toutefois, avant de venir en aide aux dieux plus jeunes, il posa une condition : il serait fait souverain suprême s’il remportait la victoire.
Les dieux vaincus acceptèrent la condition de Marduk et remirent une masse d’armes et une matraque pour son expédition.
Marduk tue Tiamat et ses démons
Marduk fabriqua alors un arc et invoqua la foudre des cieux pour l’assister dans son combat contre Tiamat et son armée. Il affronta Kingu, qu’il terrassa avec facilité, et s’empara des Tablettes du Destin.
Marduk rencontra ensuite Tiamat au cœur du chaos et la frappa à la tête de sa masse. Il décocha alors une flèche sur Tiamat qui la fendit en deux, faisant ainsi de Marduk le meurtrier de Tiamat.
Marduk affronta ensuite les créatures de Tiamat, les vainquit et attacha les démons à ses pieds en signe de triomphe. Après la guerre, Marduk rétablit l’ordre en façonnant le ciel et la terre à partir du cadavre de Tiamat. Les larmes des yeux de Tiamat devinrent les fleuves Euphrate et Tigre, et sa queue fut identifiée à la Voie lactée.
Les suites de la bataille
Afin de maintenir l’ordre dans le nouvel univers, Ea conseilla à Marduk de créer des auxiliaires pour assister les dieux dans la préservation de la loi et de l’ordre. Marduk décréta donc que les humains seraient créés à partir des cadavres des dieux anciens qui avaient combattu aux côtés de Tiamat.
Fort de cette déclaration, Ea utilisa le sang de Kingu pour créer le premier être humain. Marduk entreprit ensuite de réorganiser l’univers tout entier, y compris le monde souterrain.
Une autre version du mythe
Dans une autre version du mythe, Ea soupçonnait qu’Apsu projetait de détruire les dieux les plus jeunes en raison du chaos qu’ils engendraient ; aussi captura-t-il Apsu et l’enchaîna-t-il sous son temple, le tuant probablement.
Kingu, fils de Tiamat, découvrit ce qu’Ea avait fait et en informa sa mère. Cela courrouça Tiamat, qui résolut de venger la mort de son amant, Apsu. Tiamat donna alors naissance aux onze monstres qui l’aideraient à combattre Ea et les autres divinités.
Tiamat s’empara des Tablettes du Destin et les remit à Kingu, son amant. Les autres divinités, terrifiées par Tiamat et son armée, sollicitèrent l’aide d’Anu, le dieu suprême. Anu leur fit promettre qu’après sa victoire sur Tiamat, les autres divinités le révéreraient comme dieu suprême. Anu affronta Tiamat et ses démons et les vainquit.
Il fracassa le crâne de Tiamat à coups de matraque et la tua, fendant le cadavre de Tiamat en deux et créant le ciel et la terre à partir de ses côtes. Les larmes de Tiamat devinrent l’Euphrate et le Tigre, et sa queue devint la Voie lactée. Anu s’empara alors des Tablettes du Destin et les autres dieux honorèrent leur promesse en le vénérant comme roi des dieux.
Kingu fut tué au cours de la bataille et son sang fut mêlé à l’argile pour façonner le corps de l’humanité.
Les interprétations du mythe
De nombreux érudits interprètent différemment la signification et le symbolisme du récit de Tiamat. Certains considèrent que Tiamat symbolisait le chaos ayant précédé l’établissement de l’ordre dans l’univers, tandis que d’autres y voyaient simplement une mère aimante désireuse de protéger ses enfants.
Tiamat comme chaos antérieur à la création
Tiamat fut interprétée comme la représentation du chaos existant avant la création de l’univers. Toutefois, certains spécialistes ne souscrivent pas à cette interprétation. Ils percevaient Tiamat comme une divinité moins violente, qui cherchait initialement à régler les conflits de manière pacifique. Selon eux, ce furent les actes d’Apsu et l’intervention des dieux anciens qui la poussèrent à la violence.
Tiamat comme mère aimante
Certains érudits estiment que le brusque changement de caractère de Tiamat résulte d’une évolution de la religion sumérienne. Sous le règne d’Hammurabi, les divinités féminines perdirent leur rang de divinités suprêmes au profit des divinités masculines. On considère donc que le personnage de Tiamat fut altéré afin qu’elle subît la défaite et fût ravalée.
Résumé de l’histoire d’Inanna
Ces spécialistes s’appuyèrent sur les similitudes entre les récits d’Inanna et de Tiamat. Inanna était une déesse paisible qui devint violente par la suite. Dans l’Épopée de Gilgamesh, Ishtar (autre nom d’Inanna) était éprise du héros Gilgamesh et souhaitait l’épouser. Toutefois, Gilgamesh repoussa sa proposition, car Inanna avait abandonné tous ses amants précédents.
Cela la rendit furieuse et elle envoya le Taureau céleste attaquer Gilgamesh et son compagnon Enkidu. La bataille qui s’ensuivit entraîna la mort du Taureau céleste, tandis qu’Enkidu fut plus tard sacrifié pour son rôle dans la mise à mort du Taureau céleste.
Ces récits dépeignaient les femmes comme amères et vindicatives, ce qui contribua au déclin du culte des divinités féminines. Ils illustraient également la transition progressive d’une théologie matriarcale vers une théologie patriarcale au moment où le souverain babylonien Hammurabi accéda au pouvoir.
Toutefois, d’autres érudits contestent l’affirmation selon laquelle une théologie matriarcale aurait existé dans la Mésopotamie antique. Ils soutiennent que, s’il y avait de nombreuses divinités féminines en Mésopotamie, nullement il n’existait de théologie matriarcale. Les divinités masculines avaient toujours dominé les mythes mésopotamiens et occupé les rangs les plus élevés du panthéon mésopotamien.
Une autre interprétation de l’Enuma Elish
Certains spécialistes interprètent également l’Enuma Elish comme représentant l’émergence des cités-États et des chefs tribaux. Cette interprétation repose sur l’ascension de Marduk au rang de dieu suprême et son exigence que les autres dieux le reconnaissent comme tel.
À mesure que Marduk s’élevait en suprématie, instaurait l’ordre et protégeait l’univers, les chefs tribaux devinrent également les protecteurs des cités-États. Selon cette lecture, le rôle de Tiamat constituait une menace violente pour la stabilité et l’ordre de la société et de l’univers tout entier.
L’Enuma Elish fut l’une des versions les plus anciennes d’un récit mettant en scène un antagoniste violent et un héros protecteur. Ce fut également l’un des premiers récits à établir la théorie du « chaos antérieur à la création et à l’ordre ».
L’histoire de Tiamat pourrait ne pas représenter la transition d’une société matriarcale vers une société patriarcale ; l’auteur s’est peut-être contenté d’écrire ce qu’on lui avait commandé d’écrire. Marduk était un dieu mineur qui devint une divinité majeure sous le règne d’Hammurabi.
Le règne révolu de Tiamat et l’avènement de Marduk
Inanna était la divinité majeure avant Marduk, mais tout changea lorsqu’Hammurabi monta sur le trône. Hammurabi désigna sa divinité tutélaire, Marduk, pour devenir le dieu principal du panthéon babylonien. Bien qu’elle eût perdu son statut au profit de Marduk, Inanna continua d’être vénérée à Babylone. Par conséquent, la mise à l’écart de Tiamat dans l’Enuma Elish visait à céder la place à Marduk en tant que divinité principale.
Ainsi, l’histoire de Tiamat pourrait ne pas traduire une transition d’une société matriarcale à une société patriarcale, ni symboliser l’émergence des cités-États et des chefs tribaux. Le récit de Tiamat pourrait n’être que l’annonce d’une nouvelle divinité majeure du panthéon babylonien.
Résumé
Dans cet article, nous avons découvert l’histoire de Tiamat et la manière dont les spécialistes modernes l’ont interprétée. Voici un rappel de ce que nous avons appris :
- Tiamat était une déesse primordiale de la mer, initialement calme et éprise de paix.
- Elle épousa le dieu primordial des eaux douces, Apsu, et leur union engendra plusieurs divinités.
- Leurs enfants (les dieux les plus jeunes) firent grand bruit et semèrent le chaos, troublant le sommeil et la quiétude d’Apsu.
- Sur les conseils de son vizir, Apsu décida de détruire les dieux plus jeunes afin de rétablir l’ordre.
- Tiamat apprit le projet d’Apsu et le supplia d’épargner ses enfants.
- Apsu refusa et Tiamat, avec l’aide d’Ea, tua Apsu.
- Les dieux anciens convainquirent Tiamat de venger la mort d’Apsu, ce qui aboutit à sa propre mort de la main de Marduk.
- Certains spécialistes estiment que l’histoire de Tiamat illustre une transition d’une société matriarcale vers une société patriarcale, tandis que d’autres considèrent qu’elle servit simplement à ériger Marduk en divinité suprême.
Les versions modernes du récit introduisent la corne de Tiamat comme l’arme qu’elle utilisa lors de son combat contre Marduk. Toutefois, les versions les plus anciennes ne mentionnent rien de tel.



