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Jocaste et Œdipe : Analyse du Personnage de la Reine de Thèbes

Jocaste, Reine de Thèbes, mère et épouse d'Œdipe

Jocaste, Reine de Thèbes

Jocaste et Œdipe — Jocaste est la reine de Thèbes et l’épouse du roi Laïos, qui reçut une prophétie selon laquelle elle donnerait naissance à un fils qui tuerait son mari et l’épouserait. Par conséquent, elle et son mari décidèrent de tuer l’enfant en l’exposant sur le mont Cithéron. Beaucoup l’ont décrite comme une mère cruelle, tandis que d’autres considèrent que ses actes étaient dictés par de bonnes intentions.

Cet article examinera le personnage de Jocaste et la manière dont elle fait avancer l’intrigue de la pièce.

Qui est Jocaste dans la tragédie d’Œdipe ?

Jocaste est la mère et l’épouse du personnage principal, Œdipe, dans la mythologie grecque. C’est une femme qui fait preuve d’un naturel posé, calme et pacificateur au sein de la famille en temps de tourmente. Elle meurt tragiquement en découvrant qu’elle a eu des enfants avec son fils, le roi Œdipe.

Jocaste fut cruelle

Jocaste se montra cruelle envers son premier fils en acceptant de le mettre à mort. Lors d’une prophétie antérieure, elle et son mari avaient été avertis de ne pas engendrer d’enfant, sous peine que celui-ci ne tue Laïos et ne l’épouse. Jocaste aurait pu éviter cela en recourant à l’un des contraceptifs de l’époque. Pour rendre justice à la reine de Thèbes, une version du mythe affirme que l’enfant fut conçu par accident alors que Laïos était en état d’ébriété.

Une fois enceinte, elle savait ce qui l’attendait et s’y prépara mentalement. À la naissance de son fils, le couple se rendit à l’oracle pour connaître l’avenir de l’enfant et apprit qu’il tuerait son père et épouserait sa mère. Les dieux recommandèrent également de mettre l’enfant à mort afin de conjurer son destin maudit. En acceptant de perpétrer cet acte atroce, Jocaste révéla qu’elle n’était pas digne de son fils.

Jocaste et son mari percèrent alors les pieds du nouveau-né avec des pointes, ce qui les fit enfler — c’est ainsi que l’enfant reçut son nom. Le couple regarda ensuite l’un de leurs serviteurs, Ménoethès, emporter le garçon pour le faire périr sur le mont Cithéron, sans rien faire. Les cris incessants du nourrisson ne parvinrent pas à amollir le cœur de pierre de la reine, car elle était résolue à se protéger ainsi que son mari.

Jocaste maintint la paix dans la famille

En dépit de sa cruauté apparente, Jocaste appelait toujours au calme au cœur de la tourmente familiale. Chaque fois qu’il était irrité et fulminait feu et fureur, la présence apaisante de Jocaste le calmait, et ses mots choisis avec soin le pacifiaient. Durant la violente altercation entre Créon et lui, Jocaste s’interposa en tant que médiatrice et éteignit les braises entre les deux hommes. Il avait accusé Créon de conspirer avec les assassins de Laïos et de dissimuler le meurtrier.

Il accusa également Créon de s’entendre avec le devin aveugle Tirésias pour le renverser. Cela faisait suite à la révélation de Tirésias, qui avait désigné le meurtrier du roi Laïos. Cependant, Créon affirma qu’il était satisfait de sa vie de luxe et n’avait aucune intention de s’ajouter les fardeaux de la royauté.

Jocaste intervint et tenta d’inspirer de la honte aux deux hommes en leur déclarant, dans l’une des citations de Jocaste : « N’avez-vous donc aucune honte ? Pauvres hommes égarés. De tels cris. Pourquoi cette dispute publique ? N’avez-vous pas honte, alors que le pays est si malade, d’attiser des querelles personnelles ? »

Le but de Jocaste était d’amener les deux hommes à cesser leurs récriminations et à chercher une solution amiable au fléau qui accablait le pays. Sans son intervention, ils auraient poursuivi leur dispute, ce qui aurait pu dégénérer en pugilat. Son intercession ramena cependant une forme de bon sens, les deux hommes mettant fin à leur altercation pour résoudre le problème. La présence de Jocaste contribua à maintenir la paix dans la famille, en particulier entre les frères, Œdipe et Créon.

Jocaste douta des divinités

Jocaste exprima son incrédulité à l’égard des divinités lorsqu’elle craignit que la prophétie ne fût en voie d’accomplissement. Le roi venait de raconter comment il avait reçu une prophétie de l’oracle de Delphes selon laquelle il tuerait son père et épouserait sa mère. Sa peur s’intensifia lorsqu’il apprit que le roi Laïos avait été tué au carrefour des trois routes, car il se souvint y avoir tué un homme par le passé. Il fut toutefois provisoirement soulagé lorsqu’on lui dit que le roi Laïos n’avait pas été tué par un seul homme mais par une bande de brigands.

Jocaste le rassura en affirmant que les dieux commettaient parfois des erreurs dans leurs prophéties et qu’il ne fallait donc pas y croire aveuglément. Elle raconta comment les dieux avaient prédit que son mari Laïos serait tué par son fils. Or, le roi Laïos avait été tué par une bande de brigands au carrefour des trois routes. Elle utilisa ce récit pour justifier sa conclusion selon laquelle toutes les prophéties des dieux ne se réalisaient pas.

Néanmoins, le destin voulut que la reine Jocaste finît par découvrir que Laïos avait été tué par son propre fils. Elle découvrit également qu’elle avait épousé son propre fils et qu’elle avait eu des enfants avec lui. La pensée de ces actes abominables la poussa au suicide à la fin de la tragédie. De la mort de Jocaste, nous retenons que les dieux avaient toujours raison et que leurs prophéties étaient infaillibles.

Jocaste fut une épouse fidèle

Jocaste aimait son fils d’un amour profond et faisait tout pour le protéger, y compris prenant son parti contre Créon. Lorsqu’il affronta Créon au sujet du meurtre du roi Laïos, Créon tenta de le raisonner, mais son fils voulait sa mort.

En tant que frère de Jocaste, on aurait pu penser que la reine prendrait son parti plutôt que celui de son mari. Ce choix s’explique par le fait que la relation entre Œdipe et Jocaste était fondée sur l’amour.

Pourtant, elle choisit de suivre son mari et tenta de l’apaiser après que Tirésias eut révélé qu’il était le meurtrier qu’il cherchait. Elle alla jusqu’à blasphémer les dieux en insinuant qu’ils commettaient parfois des erreurs dans leurs prophéties, tout cela dans le but d’apaiser son mari. Pas une seule fois elle ne questionna ou ne cria après son mari ; elle conserva toujours sa patience. Même lorsqu’elle comprit qu’il était à la fois son fils et son mari, elle tenta de le protéger en lui conseillant de cesser de fouiller le passé.

Cependant, la curiosité fut la plus forte et il enquêta, pour découvrir qu’il était le meurtrier du roi Laïos. Elle était plus âgée et plus expérimentée que lui, mais son amour pour son mari lui imposait de s’effacer.

Elle ne lui fit jamais valoir son âge ou son expérience, mais se soumit à ses volontés. Jocaste resta auprès de son fils jusqu’à la mort ; elle fut une épouse fidèle, bien que le destin ne lui ait pas souri.

Le Passé de Jocaste

Aussi connue sous les noms d’Iocaste ou d’Épicaste, Jocaste était la princesse de Thèbes du temps où son père, le roi Ménoecée, régnait sur la cité. Les épreuves de Jocaste commencèrent lorsqu’elle épousa le prince maudit de Thèbes, Laïos. Laïos avait été maudit pour avoir violé Chrysippe, le fils du roi Pélops de Pise. La malédiction stipulait qu’il serait tué par son fils et que celui-ci épouserait son épouse et engendrerait des enfants avec elle.

Ainsi, lorsqu’il épousa Jocaste, celle-ci fut touchée par la malédiction : son fils grandit et tua Laïos avant de l’épouser. Elle eut quatre enfants avec son mari et fils : Étéocle, Polynice, Antigone** et** Ismène. Plus tard, elle se donna la mort après avoir découvert que la malédiction pesant sur son mari s’était finalement accomplie.

Au vu de la chronologie des événements dans le poème épique, on pourrait se demander : « Quel âge a Jocaste dans Œdipe Roi ? » L’âge de Jocaste et celui des autres personnages ne nous sont pas indiqués, mais nous pouvons affirmer avec certitude qu’elle était d’une génération plus âgée que son mari. La fille de Jocaste, Antigone, n’hérita pas du calme de sa mère ; elle choisit plutôt l’entêtement de son père et le paya cher.

Conclusion

Jusqu’ici, nous avons analysé le personnage de la reine thébaine, Jocaste, et mis au jour quelques traits de caractère admirables. Voici un récapitulatif de tout ce que nous avons lu :

Jocaste et Œdipe - tout ce qu'il faut savoir sur la Reine de Thèbes

Jocaste et Œdipe - tout ce qu'il faut savoir

  • Jocaste fut une mère cruelle qui accepta de mettre à mort son premier fils parce que les dieux avaient recommandé de le sacrifier afin de détourner le destin maudit qui l’attendait.
  • Bien qu’elle fût cruelle, Jocaste maintint le calme et la paix dans la famille en temps de tempête, notamment lorsque Créon et Œdipe s’affrontaient violemment.
  • Elle fut une épouse fidèle qui prit le parti de son mari en toute circonstance et tenta de l’apaiser, même si cela impliquait de blasphémer les divinités.
  • Jocaste estimait que les dieux commettaient parfois des erreurs dans leurs prophéties et le lui fit savoir lorsqu’il craignait que la prophétie de l’oracle de Delphes ne se réalisât.
  • Le passé de Jocaste révéla qu’elle ignorait la malédiction jusqu’à son mariage avec Laïos, qui avait été frappé d’une malédiction pour avoir violé Chrysippe, le fils de Pélops.

Jocaste était une femme intelligente, patiente et équilibrée dont la patience servait de repoussoir au tempérament fougueux. Elle fit tout en son pouvoir pour protéger son fils et sa famille, même de la vérité, bien que la vérité finît par triompher.

Créé : 16 février 2024

Modifié : 28 décembre 2024