Draugar

Norse

Un draugar était un fantôme ou un mort-vivant. Il ne s’agissait pas véritablement de fantômes au sens habituel d’esprits ou de spectres : les cadavres étaient bel et bien animés et se remettaient à marcher. Ils hantaient les tumulus funéraires regorgeant de trésors, d’où leur appellation d’habitants des tertres.

Contrairement aux fylgjur, ils constituaient davantage une abomination, un fléau. On les décrivait parfois dotés d’yeux luminescents et funestes. Leur silhouette était généralement gonflée et leur corps en état de décomposition, dégageant une odeur de chair putréfiée.

Parfois, les draugar passaient pour inoffensifs, car ils choisissaient parfois de hanter leur ancien lieu de vie. Cependant, cette proximité avec les morts troublait généralement les vivants, en particulier les proches et les membres de la famille.

En d’autres occasions, ils représentaient une menace sérieuse pour les vivants, car ils attaquaient les humains et les animaux à proximité de leurs tertres, particulièrement en plein milieu de l’hiver. Le seul moyen de tuer ce qui était déjà mort consistait à décapiter le draugr, à placer sa tête sur ses propres fesses, puis à incinérer le cadavre.

Selon l’Eyrbyggja saga, une querelle opposa deux voisins en Islande — Snorri le goði et Thorolf Twist-foot. Thorolf s’était rendu coupable de trahisons et de meurtres envers ses anciens esclaves et divers voisins. Thorolf était tellement courroucé contre son fils Arnkel, qu’il avait lui-même trahi, qu’il refusa de lui porter secours contre Snorri cette nuit-là, demeurant assis sans bouger. Arnkel eut toutes les peines du monde à enterrer son père, car son corps était d’un poids inhabituel et le cadavre effrayait le cheval.

On découvrit bientôt que Thorolf hantait ses propriétés, surtout la nuit. Chevaux et bétail périsseaient, apparemment morts de peur. Les personnes surprises à l’extérieur au milieu de la nuit pouvaient mourir de manière inattendue. Parmi les victimes figurait la veuve de Thorolf, décédée en raison de ses assiduités spectrales. Finalement, Arnkel fut contraint de déplacer le corps de son père vers un lieu isolé et d’ériger un haut mur autour de sa tombe.

Informations complémentaires

Nom

Draugar — « morts-vivants ».
Draugr (singulier).

Sources

L'Eyrbyggja saga a été rédigée au milieu du XIIIe siècle.

Créé :17 août 2002

Modifié :9 mai 2024