Pourquoi les Mésopotamiens ont-ils créé des systèmes d'irrigation : voici la vérité
Nous comprenons l’importance des systèmes d’irrigation en Mésopotamie grâce aux témoignages anciens qui attestent de la créativité des Mésopotamiens dans l’invention, le développement et l’entretien de ces ouvrages. Les premières tentatives de maîtrise des eaux sont apparues en Mésopotamie et en Égypte. Bien que cela remonte à quelque 6 000 ans, les vestiges des ouvrages d’irrigation préhistoriques de cette époque existent encore aujourd’hui.
Cet article examine les raisons qui ont poussé les Mésopotamiens à créer des systèmes d’irrigation et tente de répondre à une question : en quoi l’irrigation a-t-elle aidé les premières civilisations ?
Les Mésopotamiens ont-ils inventé l’irrigation ?
Les Mésopotamiens n’ont pas inventé l’irrigation. Ce mérite revient à un souverain égyptien nommé Menès, vers 6 000 av. J.-C. Menès utilisa des barrages et des canaux pour détourner les eaux du Nil vers les terres agricoles.
Le problème majeur de ce système d’irrigation résidait dans la difficulté à prévoir le moment des crues du fleuve. Un instrument appelé le nilomètre fut ensuite mis au point pour mesurer le niveau du Nil et indiquer le moment probable de la crue.
Cependant, les Mésopotamiens introduisirent plusieurs inventions qui constituaient des premières dans le domaine de l’irrigation. La construction de digues, par exemple, est une innovation propre aux Sumériens qui occupèrent la Mésopotamie à une certaine époque. Pour les ériger, ils surélevaient la terre le long du fleuve et perçaient des ouvertures dans les digues au moment opportun pour alimenter les cultures en eau.
Pourquoi les Mésopotamiens ont-ils créé des systèmes d’irrigation ?
Les Mésopotamiens ont créé des systèmes d’irrigation pour protéger leurs terres et leurs productions agricoles contre les dégâts des eaux. Le système d’irrigation était également crucial pour garantir un approvisionnement régulier en eau pour les cultures et le bétail.
Grâce à ce système, l’approvisionnement alimentaire en Mésopotamie ne posait généralement pas de problème.
L’irrigation en Mésopotamie fut d’abord pratiquée en puisant l’eau du système fluvial Tigre-Euphrate directement sur les champs au moyen de petits canaux. Les Mésopotamiens utilisaient également des chadoufs, des dispositifs de levage d’eau semblables à des grues, présents en Mésopotamie depuis 3 000 av. J.-C. L’irrigation était d’une importance capitale pour la Mésopotamie. Elle constitua le premier exemple d’ingénierie réalisé par les Mésopotamiens.
Outre les murailles et les temples, les Sumériens creusèrent les canaux du sud de la Mésopotamie, ce qui représente le premier ouvrage d’ingénierie au monde. Des archives mentionnent des conflits successifs relatifs aux droits sur l’eau, témoignant de l’importance vitale de l’irrigation pour les populations mésopotamiennes.
Le modèle d’irrigation de la Mésopotamie antique
Le modèle d’irrigation mésopotamien antique fut un développement qui continue d’influencer l’irrigation agricole moderne. Les premiers habitants de la région asséchèrent les terres marécageuses et construisirent des canaux à travers les zones arides pour irriguer les sols.
Ce modèle existait également en quelques autres endroits avant l’époque mésopotamienne. Ce qui fit de la Mésopotamie le berceau de la première culture de l’irrigation, ce fut que le système fut conçu selon un plan établi. Une main-d’œuvre organisée était indispensable et disponible pour assurer l’entretien du réseau.
Les Sumériens avaient creusé des canaux entre les deux fleuves qui encadraient la Mésopotamie, le Tigre et l’Euphrate. Ces canaux mésopotamiens prélevaient l’eau d’un fleuve et la distribuaient à de nombreux champs agricoles.
Les canaux se déversaient ensuite dans l’autre fleuve. Les Mésopotamiens construisaient ces canaux en creusant une tranchée, puis en accumulant la terre des deux côtés tout en ménageant des brèches selon les besoins pour arroser les plantations.
Plus tard, les Sumériens édifièrent leurs digues. Les digues sont des remblais formés par les crues et élevés au fil du temps. Elles sont perpendiculaires à la surface de l’eau.
Les Sumériens reproduisirent ce procédé en construisant de petits murs en roseaux durcis au feu, qu’ils liaient ensemble avant de remplir les bords de boue. Ils fixaient ensuite des briques d’argile sur l’extérieur. Enfin, ils construisirent des canaux menant vers l’intérieur des terres. Ce système d’irrigation constitue le fondement de ce que nous connaissons aujourd’hui sous le nom d’irrigation moderne.
Quelle est l’importance de l’irrigation pour l’agriculture mésopotamienne ?
L’importance de l’irrigation pour l’agriculture mésopotamienne fut considérable, alors même qu’ils avaient appris à domestiquer les plantes et les animaux il y a environ 10 000 ans. Grâce à l’irrigation, l’agriculture en Mésopotamie devint plus aisée, avec moins de craintes liées à un excès ou à un manque d’eau.
Au contraire, l’eau abondante des deux puissants fleuves inondait le sol chaque printemps, déposant des limons riches en nutriments sur cette terre déjà fertile. En conséquence, les principales cultures comprenaient l’orge, les dattes, le blé, les lentilles, les fèves, les olives, les raisins et les légumes ; en somme, tout ce qui était nécessaire à une alimentation riche et équilibrée.
Sans le système d’irrigation, la Mésopotamie n’aurait tout simplement pas existé. Il fut le socle sur lequel la civilisation mésopotamienne s’épanouit. Lors des crues, ils détournaient l’eau provenant du fleuve, sauvant ainsi leurs cultures de la destruction. Cette opération était nécessaire car les fleuves charriaient suffisamment de limon pour nuire aux récoltes.
Cependant, les travailleurs modifiaient chaque année le tracé des canaux et nettoyaient les limons accumulés dans les précédents. Bien que ce système fût efficace, il pouvait être facilement altéré, ce qui signifiait qu’il risquait d’être détruit sans difficulté.
Les problèmes du système d’irrigation en Mésopotamie
L’un des problèmes majeurs du système d’irrigation en Mésopotamie était l’envasement. Ce problème découlait du fait que le Tigre et l’Euphrate charriaient d’énormes quantités de limon lorsque les eaux se déversaient dans les bassins creusés.
Il en résultait que les alluvions comblaient les bassins, réduisant ainsi la quantité d’eau stockée. Les agriculteurs devaient alors soit recreuser les bassins, soit faire face à la pénurie d’eau.
Un autre problème était le gel des fleuves en hiver. Ce phénomène réduisait également le volume d’eau s’écoulant dans les canaux. Les agriculteurs devaient en outre composer avec l’accumulation de sel sur les terres agricoles, un processus appelé salinisation, qui diminuait la fertilité du sol.
Selon certains témoignages historiques, l’excès de sel dans les terres agricoles de Mésopotamie serait la cause ayant finalement conduit à la fin de la civilisation de la région, les sols autrefois fertiles devenant de plus en plus stériles.
Pourquoi les contacts avec les terres voisines étaient-ils importants ?
Les contacts avec les terres voisines étaient nécessaires car les ressources naturelles des Mésopotamiens étaient limitées. Bien que la Mésopotamie disposât d’un approvisionnement alimentaire stable grâce à son système d’irrigation, elle devait néanmoins commercer avec les régions limitrophes pour obtenir d’autres ressources. Parmi les ressources acquises par le commerce figuraient des bijoux, des ornements et des armes.
Les Mésopotamiens établirent des routes commerciales d’importation et d’exportation pour faciliter l’échange de ressources. Par exemple, tandis que les Mésopotamiens exportaient leurs céréales, leurs paniers et leurs textiles de qualité, ils importaient du cuivre arabe, de l’or égyptien et de l’étain perse.
Lorsque les Mésopotamiens inventèrent la roue et la voile, les activités commerciales connurent un essor considérable. Grâce à la roue, diverses marchandises parcouraient de longues distances sur terre. La voile fut déterminante pour les échanges traversant les étendues d’eau. Cependant, l’essentiel du commerce à longue distance reposait sur l’utilisation de caravanes. Les ânes servaient de bêtes de somme dans ces caravanes qui s’étendaient sur des kilomètres.
Les caravanes étaient efficaces car les ânes pouvaient parcourir quatre à cinq miles par jour en portant de lourdes charges. Si cette distance semble dérisoire comparée aux systèmes de transport actuels, elle représentait beaucoup à l’époque. En outre, ce mode de voyage en longues files de marchands servait également de défense contre les voleurs.
Le climat et la géographie de la Mésopotamie
Le climat de la Mésopotamie et sa géographie jouèrent également un rôle déterminant dans la construction des systèmes d’irrigation, en raison des activités agricoles de la région. Alors que le climat connaissait des étés chauds et des pluies sporadiques, d’autres caractéristiques telles que la présence des deux fleuves jumeaux rendaient ces conditions difficiles supportables.
Les fleuves jumeaux, le Tigre et l’Euphrate, encouragèrent également l’établissement des habitants dans cette région. Ces deux fleuves descendent des monts Taurus et se jettent dans le golfe Persique.
Cependant, les conditions climatiques de la Mésopotamie actuelle ne correspondent plus au climat semi-aride d’autrefois. La région se situe aujourd’hui entre la Syrie, l’Iran, la Turquie et l’Irak modernes.
Le climat est désormais caractérisé par des étés chauds et secs et des hivers courts et frais. Il en résulte une diminution de l’approvisionnement en eau provenant des fleuves qui assuraient autrefois l’irrigation. Certaines théories ont même suggéré que ce changement climatique drastique serait responsable de l’effondrement de la civilisation mésopotamienne.
La civilisation de la Mésopotamie fut l’une des plus avancées de son époque, réputée pour ses nombreuses innovations, dont le système d’irrigation. Bien que certaines théories avancent que le changement climatique, culminant dans une terrible tempête de sable, ainsi que les tensions et conflits internes, auraient provoqué le déclin des civilisations mésopotamiennes, leurs réalisations et inventions conservent une pertinence considérable dans le monde d’aujourd’hui. On les retrouve sur des tablettes cunéiformes et dans plusieurs technologies modernes.
Conclusion
Voici un rappel de certains points essentiels abordés dans cet article, particulièrement en ce qui concerne les systèmes d’irrigation en Mésopotamie.
- La Mésopotamie n’a pas créé l’irrigation ; c’est l’Égypte qui l’a fait sous le roi Menès.
- La Mésopotamie a cependant introduit plusieurs inventions pour faire progresser l’utilisation de l’irrigation.
- Les habitants de la Mésopotamie ont créé l’irrigation dans le but de protéger leur agriculture, leurs terres et leurs habitations contre les excès d’eau indésirables.
- La Mésopotamie est également considérée comme le berceau de la première irrigation parce que sa construction répondait à un plan établi.
- Les Mésopotamiens ont rencontré des problèmes avec le système d’irrigation, tels que l’envasement, l’accumulation de sel sur les terres agricoles et le gel de l’eau en hiver.
Auriez-vous imaginé que les peuples de l’Antiquité disposaient de techniques et d’instruments agricoles aussi avancés ?
Le fait que leurs inventions soient toujours d’actualité de nos jours compense en partie la fin malheureuse de ces peuples glorieux du passé.


