Cérès
Cérès : Mythe de la déesse des moissons. Cérès, déesse des grains, est l’équivalent romain de Déméter dans la mythologie grecque, et était la déesse de l’agriculture et des récoltes. Elle était la patronne des agriculteurs et la déesse des plébéiens, c’est-à-dire de la classe laborieuse. L’essentiel de sa renommée est lié à l’enlèvement de sa fille, Proserpine.
Cet article retrace l’intégralité de l’histoire de Cérès, depuis ses origines, jusqu’au récit tragique de Proserpine et de la manière dont Cérès la perdit au profit du monde souterrain.
Qui était Cérès dans la mythologie romaine ?
Cérès est la déesse romaine de l’agriculture. Elle fut la championne des classes inférieures. La plupart de ses fêtes étaient donc célébrées par les plébéiens. En tant que sœur de Jupiter, elle occupait l’une des places les plus éminentes parmi les douze divinités principales du panthéon romain. Le culte de cette déesse, comme celui de toutes les autres, perdura jusqu’aux alentours du IVe siècle de notre ère, époque qui marqua l’adoption du christianisme.
Cérès fait partie de la triade plébéienne de l’Aventin. Il s’agissait d’un groupe de divinités vénérées par la classe laborieuse. Ce groupe comprenait Cérès, Liber et Libera. Comme Cérès, Liber était un dieu de la fertilité et des moissons. Quant à Libera, elle n’était autre que la fille de Cérès, Proserpine. Au fil du temps, le mythe de Libera se confondit avec celui de Proserpine, dont l’équivalent grec était Perséphone.
En raison de son haut rang, Cérès était également la patronne et la déesse protectrice des magistrats plébéiens élus. Dans l’État romain, il existait une charge réservée aux plébéiens, appelée le tribunat de la plèbe. Cette institution permettait de contrebalancer le pouvoir des classes supérieures au sein du Sénat.
La déesse romaine des moissons était si vénérée que la personne élue à cette fonction bénéficiait d’une protection sacrée. Il devint loi qu’il était impie et illégal de porter atteinte à quiconque occupait cette charge. Elle figurait parmi les douze divinités principales du panthéon romain, les Dii Consentes. Mais avant tout, elle était la déesse du peuple.
On lui attribue le don de l’agriculture apporté aux peuples du monde romain. Avant cela, les hommes ne se nourrissaient que de glands et erraient sans se fixer. On la associait également à la découverte de l’épeautre, au labourage des champs, à la culture des semences et bien d’autres arts agricoles. Elle était louée et vénérée à certaines périodes de l’année afin d’assurer une récolte abondante et fructueuse.
Cérès et Proserpine
Son mythe est étroitement lié à celui de sa fille, Proserpine. Curieusement, Cérès fut engrossée par son propre frère, Jupiter. Les récits abondent sur les « incartades » de ce dernier avec diverses déesses et mortelles. Proserpine était la seule fille de Cérès. Il ne semble pas exister de récit significatif sur d’autres relations amoureuses de Cérès.
Proserpine fut arrachée à sa mère par le dieu du monde souterrain, Pluton. Cérès, dans un élan de vengeance et de désespoir, punitt les moissons pendant certaines périodes de l’année. C’est l’histoire des Saisons, et qui mieux que la déesse des grains elle-même pouvait les gouverner ?
Les origines de l’histoire de Cérès
Cérès était l’une des six enfants de Saturne et Ops. Ses frères et sœurs comprenaient :
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Jupiter (Zeus) — dieu du tonnerre, divinité suprême du panthéon
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Neptune (Poséidon) — dieu de la mer
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Pluton (Hadès) — dieu du monde souterrain
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Vesta (Hestia) — déesse du foyer et du foyer domestique
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Juno (Héra) — déesse de l’accouchement, épouse de Jupiter
Leurs parents étaient Saturne et Ops. Au commencement des temps, les Titans peuplaient le cosmos. Mais ils peinaient, car le monde était livré au chaos et ils ne parvenaient pas à le dompter.
À l’époque, un dieu nommé Caelus régnait sur l’univers. Dieu du ciel, il avait un fils nommé Saturne. Ce dernier finit par renverser son père et s’emparer du cosmos. Il s’unit à une déesse nommée Ops, et ensemble ils engendrèrent six enfants. Mais, hanté par son propre forfait, Saturne craignait sans relâche que l’un de ses enfants ne le renversât à son tour.
Comment Cérès naquit-elle ?
Saturne, terrifié à l’idée d’être renversé, dévora ses enfants dès leur naissance, l’un après l’autre. Mais il n’en avala que cinq avant que son épouse Ops ne conçût un stratagème. Elle enveloppa une pierre dans un linge, espérant que Saturne la prendrait pour un nouveau-né. Par chance, il s’y trompa, et Ops cacha Jupiter.
Lorsque la pierre heurta l’estomac de Saturne, il la vomit, et les cinq autres enfants en furent expulsés, bien vivants ! Après des années de lutte contre les Titans, les enfants de Saturne triomphèrent. Ils ramenèrent l’ordre dans le Cosmos.
Le récit de l’enlèvement de Proserpine
Bon nombre de ces récits furent consignés par des poètes romains. Une grande partie de la mythologie que nous connaissons aujourd’hui fut mise par écrit par le poète Ovide. La version qu’Ovide donne du mythe de Cérès et de Perséphone/Proserpine compte parmi les plus célèbres. Même ceux qui ne sont pas familiers avec la mythologie grecque ou romaine connaissent vraisemblablement cette histoire.
Cérès était généralement représentée comme une jeune femme. Pourtant, contrairement à sa consœur Vénus, elle n’était pas associée à l’amour ni à la sexualité. Elle s’unit cependant au moins une fois à son propre frère Jupiter, de quoi naquit une fille. On la nomma Proserpine, et elle devint une jeune femme d’une grande beauté, réputée pour sa pureté.
Le dieu du monde souterrain, Pluton, vivait dans la solitude. Vénus, percevant sa détresse, eut pitié de lui. Elle chargea son fils Cupidon de lui rendre visite pour lui tenir compagnie. Durant sa visite, Cupidon décocha ses flèches sur Pluton, et le désir amoureux de ce dernier s’enflamma.
Revenu alors sur terre, il aperçut Proserpine. Il tomba éperdument amoureux de sa beauté (bien qu’elle fût sa nièce) tandis qu’il l’observait sur l’île de Sicile. Il la kidnappa donc et l’emmena avec lui dans le monde souterrain. On comprend la fureur de Cérès. Ignorant ce qui s’était passé, elle se mit à parcourir le monde à sa recherche.
L’origine des Saisons
Le récit raconte qu’elle ne la trouva point, mais qu’elle finit par atteindre l’île de Sicile. C’est là qu’elle découvrit la ceinture de Proserpine. Pour se venger des habitants, elle jeta une malédiction sur leurs récoltes. Les dieux, du haut des cieux, voyant la douleur maternelle de Cérès, eurent pitié d’elle.
Jupiter envoya un message à Pluton, lui ordonnant de libérer sa fille et de la renvoyer sur terre. Pluton accepta, mais à une condition. Proserpine pourrait revenir, à la seule condition qu’elle n’eût rien mangé du jardin du monde souterrain. Malheureusement pour Proserpine, elle avait déjà avalé sept graines de grenade. Elle ne pouvait donc être libérée.
Cérès eut le cœur brisé, mais les dieux ne renoncèrent pas. Finalement, un compromis fut trouvé. Proserpine partagerait son temps entre le monde des vivants et le monde souterrain. Elle passerait la moitié de son temps sur terre, au printemps, et l’autre moitié dans le monde souterrain, en hiver.
Ce récit illustre l’alternance des saisons. Cérès, accablée de chagrin par l’absence de sa fille, empêchait toute croissance durant l’hiver. Mais dès le retour de Proserpine sur terre, Cérès permettait à nouveau la floraison. Le printemps généreux pouvait alors renaître. En raison de son amour indéfectible pour sa fille, Cérès était également vénérée comme déesse de la maternité.
Les fêtes de la déesse des moissons
Les Romains célébraient Cérès seule ou en compagnie d’autres divinités. La première fête se tenait en janvier. Elle visait à s’assurer que Cérès protégât les semences lors des semailles. Le peuple espérait qu’elle les guiderait dans leur croissance vers une bonne récolte au printemps. La fête suivante avait lieu le 19 avril et s’appelait les Cerealia. La troisième, nommée Ambarvalia, se déroulait en mai.
La fête de janvier marquait le début de la saison des semailles. Le peuple offrait des sacrifices à Cérès, espérant obtenir sa bénédiction. Généralement, ce sacrifice consistait en une truie pleine. Bien que cette déesse fût une fervente promotrice de la vie et de la fertilité, Cérès détestait les porcs. Ces animaux déracinaient les plantes et les racines, ruinant tout son œuvre.
Lors des Cerealia, se tenait une joyeuse assemblée de jeux et de réjouissances. Une course était organisée au Circus Maximus, et l’on relâchait des renards. Ces renards portaient une torche attachée à la queue, marquant ainsi la fin de la fête. Toutes les festivités étaient supervisées par les plébéiens, Cérès étant leur déesse patronne.
Cérès dans l’art
Bien qu’elle fût jeune, Cérès n’était pas représentée comme d’une grande beauté. C’était une déesse d’apparence plutôt simple, car ses préoccupations se portaient ailleurs. Dans les œuvres d’art, elle était souvent figurée au milieu de sa quête pour retrouver sa fille. Elle pouvait donc porter une torche ainsi que son bâton. On la voyait aussi parfois conduire un char tiré par des serpents.
De nombreuses représentations la montraient entourée de gerbes de blé, couronnée d’épis ou portant des fruits. Avec l’intérêt croissant pour la mythologie au fil des siècles, son image fut reproduite à de multiples reprises.
Le symbole de Cérès
Les symboles de Cérès étaient son bâton, sa torche et les gerbes de blé. Bien qu’elle fût la déesse des récoltes, elle était principalement associée aux céréales et aux grains, d’où son nom. Son bâton témoignait de son lien avec la terre ainsi que du grand pouvoir qu’elle détenait au sein du panthéon.
Sa torche, ou ses torches, représentait sa recherche éperdue de sa fille. Elle pouvait également symboliser l’illumination.
Cérès dans la culture populaire
Comme pour nombre de dieux et déesses d’autrefois, l’influence de Cérès perdure. Son nom est à l’origine du mot « céréale », que nous connaissons tous aujourd’hui. Elle inspira également le nom de la planète naine Cérès, découverte en 1801 par le père Giuseppe Piazzi.
L’élément chimique cérium fut également nommé en l’honneur de cette déesse. Il fut découvert simultanément par plusieurs savants dans différentes régions du monde. On peut également trouver des statues de la déesse des moissons dans de nombreuses villes.
Elle se dresse fièrement au sommet du bâtiment du Chicago Board of Trade. On peut également l’admirer sur le Capitole de Jefferson City.
Conclusion
Voici un récapitulatif des thèmes abordés dans cet article :
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Cérès était la déesse des grains dans la mythologie romaine. Elle était également la déesse des moissons, de la fertilité, de la maternité et des récoltes.
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Son équivalent grec est Déméter, et elle était la patronne des plébéiens. Elle était la divinité par excellence du peuple.
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Elle faisait partie des Dii Consentes, l’un des douze dieux principaux des Romains. Ceux-ci avaient adopté le panthéon grec pour leur propre compte.
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En tant que déesse patronne des plébéiens, elle avait la charge du tribunat de la plèbe. Il s’agissait de la seule magistrature réservée aux plébéiens au sein du Sénat romain.
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On lui attribue d’avoir offert le don de l’agriculture aux Romains, ainsi que la découverte de l’épeautre.
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Cérès était l’une des six enfants de Saturne et Ops.
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Saturne tenta de tuer ses enfants en les dévorant, mais il n’y parvint pas totalement.
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Ses frères et sœurs étaient Jupiter, Junon, Vesta, Pluton et Neptune.
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Cérès eut une fille nommée Proserpine, ou Perséphone. Son père était Jupiter.
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Proserpine fut enlevée par Pluton et retenue dans le monde souterrain. Cérès partit à sa recherche, et les dieux finirent par intervenir.
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Pluton permit à Proserpine de revenir sur terre pendant la moitié de l’année (le printemps). L’autre moitié, elle la passait dans le monde souterrain (l’hiver).
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Le peuple vénérait Cérès lors de nombreuses fêtes durant la saison printanière. Il y avait des jeux, des courses et des sacrifices de truies pleines. La plupart des fêtes étaient supervisées par les plébéiens.
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Dans l’art, elle était représentée comme une femme d’apparence simple. On la dépeignait souvent entourée de grains et de céréales. Elle porte un bâton et une torche ou des torches. Ces torches représentent le plus souvent sa quête pour retrouver sa fille.
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Le nom de Cérès se retrouve également dans la planète naine découverte en 1801. Elle inspira aussi le nom de l’élément chimique cérium.
Cérès était la déesse de tout ce qui croît. Les Romains dépendaient de sa bienveillance pour obtenir des récoltes abondantes. Elle fut la première déesse à qui l’on sacrifia des animaux en son nom. Ses fêtes étaient empreintes de allégresse, de gaieté et d’espérance.
En tant que déesse des plébéiens, elle était la patronne du peuple. Et pourtant, elle comptait parmi les divinités les plus importantes du panthéon. Elle témoigna de son amour pour sa fille en pleurant son absence pendant la moitié de l’année. Elle refusait de laisser pousser quoi que ce soit, exprimant ainsi sa dévotion maternelle.
Avec une histoire fascinante et une « vie » dramatique, il n’est pas étonnant que Cérès soit encore célébrée aujourd’hui. Sa statue et son image se trouvent partout dans le monde. On les retrouve notamment sur les édifices consacrés aux moissons et à l’agriculture. Certains croient peut-être encore qu’elle peut apporter santé, richesse et prospérité à nos terres.



