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Les métaphores dans Beowulf : kenning, imagerie et signification

Éblouissement solaire comme métaphore dans Beowulf

Les métaphores dans Beowulf enrichissent le célèbre poème d'une imagerie saisissante

Les métaphores dans Beowulf constituent une figure de style employée pour doter le célèbre poème d’une imagerie plus vive et plus suggestive. Elles prennent la forme de personnages, de lieux ou de kenning, et aident les lecteurs à mieux saisir la portée de l’œuvre.

Le langage figuré dans son ensemble est abondamment utilisé dans Beowulf, et les métaphores n’en constituent qu’un aspect. Lisez ce qui suit pour découvrir comment les métaphores sont mises en œuvre dans le célèbre poème et de quelle manière elles éclairent le lecteur.

Exemples de métaphores dans Beowulf

L’un des exemples de métaphores dans Beowulf est l’usage des kenning. Les kenning sont des mots composés ou des expressions employés pour décrire une réalité de manière originale. C’est précisément ce que fait une métaphore, si bien que les kenning peuvent être considérés comme relevant du champ métaphorique.

« Voici quelques exemples de kenning dans Beowulf : » (tous tirés de la traduction de Seamus Heaney)

  • « heavy war-board » : ce terme désigne un bouclier
  • « breast-webbing » : une cotte de mailles
  • « sun-dazzle » : la lumière du soleil

D’autres métaphores sont également présentes dans Beowulf, et elles nous offrent une vision plus nette de la véritable nature des personnages et des lieux. Les métaphores abordées dans cet article concerneront Heorot, Beowulf et Grendel. Heorot est considéré comme le centre de toute chose, et de nombreuses descriptions renvoient sans cesse à cette métaphore, telles que « wonder of the world ». Il est le cœur battant d’un lieu, le centre protecteur des âmes, et Beowulf doit le défendre.

Les métaphores associées à Beowulf le présentent comme l’incarnation de la bonté et de la lumière, venant protéger son peuple. Il est assimilé en quelque sorte à Dieu, au travers de métaphores telles que « the shepherd of the land ». Quant à Grendel, il est le mal incarné, presque semblable au diable ou à un démon, qualifié d’« the Lord’s outcast » parmi bien d’autres expressions liées à la méchanceté.

Qu’est-ce qu’une métaphore ? Le langage figuré dans Beowulf

Une métaphore est un procédé de langage figuré consistant en une comparaison indirecte entre deux réalités. De même qu’une comparaison explicite établit un parallèle au moyen de « comme » ou « tel » (léger comme une plume), la métaphore procède de manière analogue, mais sans ces outils de liaison (Il est la lumière de ma vie). Les métaphores confèrent une description plus ample et plus puissante, et pour le lecteur, elles enrichissent considérablement l’expérience de lecture.

À la lecture de Beowulf, on pourrait être tenté de forger des métaphores à propos du protagoniste, telles que : « Beowulf is a god, removing evil from the world. » Beowulf n’est évidemment pas un dieu, mais dans cette métaphore ou comparaison, il apparaît comme doué d’une puissance, d’une force et d’une resolution extraordinaires. Les métaphores peuvent s’avérer complexes, car elles ne sont pas toujours d’une clarté immédiate et peuvent être difficiles à repérer. Il existe parfois des métaphores implicites, et le lecteur doit lire avec attention pour les saisir.

Le langage figuré crée des rapprochements de manières singulières. Dans Beowulf, l’allitération constitue l’un des moyens par lesquels le langage figuré est mis en œuvre. Les métaphores, les comparaisons et la personnification sont autant d’exemples de langage figuré dans Beowulf.

Les métaphores de Heorot : la salle des salles et merveille du monde

Si une grande partie des métaphores de Beowulf se rapporte à des personnages, il existe également quelques métaphores liées à Heorot, la salle du méad. Ce ne sont pas des métaphores aussi frappantes que certaines autres, mais elles suggèrent ce que Heorot est censé représenter dans le poème.

« Examinons quelques-unes des descriptions et métaphores de Heorot : »

Métaphores associées à Heorot

Heorot est décrit comme la merveille du monde et la salle des salles

  • « wonder of the world » : c’est ce que le roi des Danois espère que Heorot deviendra, et ce qu’il fut un temps. Cette métaphore pour Heorot nous révèle son importance dans le récit et la profondeur de sa chute sous l’influence de Grendel
  • « hall of halls » : là encore, la prééminence de Heorot dans le conte est mise en lumière. Il est le centre de toute chose, la salle par excellence
  • « the lofty house » : cette métaphore apparaît au moment précis où Grendel surgit des ténèbres pour la première fois afin de semer la destruction. Elle nous rappelle la bonté de Heorot

Les métaphores de Beowulf : de nature divine ou véritablement Dieu ?

Dans le poème, de nombreuses métaphores associent Beowulf à une puissance bienveillique, allant même jusqu’à l’assimiler à Dieu.

« Voici quelques-unes des métaphores appliquées à Beowulf : » (toutes tirées de la traduction de Seamus Heaney)

  • « prince of goodness » : il est ainsi qualifié avant d’affronter Grendel, son tout premier monstre
  • « shepherd of the land » : un de ses proches l’appelle ainsi lors de son combat contre le dragon, à la fin de sa vie
  • « the lord » : ses hommes le désignent ainsi après son accession au trône
  • « their treasure-giver » : devenu roi, il est ainsi nommé comme celui qui souffrirait de la puissance du dragon

Chacune de ces expressions s’inscrit dans une métaphore filée tout au long du poème et nous offre un éclairage plus profond sur la personne de Beowulf. Parallèlement, elle nous indique sous quel angle les lecteurs sont invités à le considérer. Il est tout ce qui est bon et lumineux, et il aspire à éradiquer le mal du monde. Son personnage pourrait constituer une métaphore de Dieu, lui qui vient sauver la terre des ténèbres.

Les métaphores de Grendel : Satan en personne ou simple démon ?

Les métaphores associées à Grendel sont sans doute les plus saisissantes du poème, car elles dépeignent sa méchanceté pure. Il est pour l’essentiel le mal incarné, et les lecteurs n’éprouvent guère de pitié pour ce villain d’une noirceur absolue.

« Examinons ces métaphores consacrées à Grendel : »

  • « He was the Lord’s outcast » : créature malfaisante, il s’oppose à Dieu, mais cette expression renvoie également à l’histoire de Satan. Satan lui-même fut chassé par Dieu ; Grendel serait-il donc une métaphore de Satan ?
  • « the God-cursed brute » : là encore, Grendel est comparé à un être rejeté et maudit par Dieu, à l’instar de Satan et de ses légions
  • « the demon » : cette métaphore est plus directe, montrant toute la noirceur de Grendel par cette simple qualification

Bien d’autres métaphores sont parsemées dans le poème, mais celles-ci contribuent à nous révéler ce que le personnage de Grendel était censé incarner. Là où Beowulf est le personnage quasi divin, pétri de bonté, Grendel est la figure satanique, imprégnée de ténèbres et de mal. Tout comme dans la Bible, Dieu et Satan s’opposent, et le bien et le mal sont en lutte perpétuelle.

Informations abrégées sur le célèbre poème épique

Se déroulant en Scandinavie au VIe siècle, le poème épique raconte les aventures de Beowulf, un jeune guerrier. Ce héros dut affronter trois monstres tout au long du poème. L’œuvre, rédigée en vieil anglais par un auteur anonyme entre 975 et 1025, fut à l’origine un récit oral transmis de génération en génération.

Il vint en aide aux Danois qui subissaient les assauts du monstre depuis douze années. Puis, il affronta la mère du monstre et en retira honneur et récompenses. Devenu roi de son propre pays, il dut ensuite combattre un dragon. Le poème constitue un remarquable témoignage de l’importance du code héroïque et de la chevalerie** dans la culture de l’époque**.

Il a offert aux chercheurs un éclairage précieux sur le passé de cette région du monde. Ce poème unique et captivant est devenu l’une des œuvres les plus importantes de la littérature du monde occidental.

Conclusion

Le prince de la bonté comme métaphore dans Beowulf

Beowulf est appelé le prince de la bonté, représentant tout ce qui est bon et lumineux

Voici les points essentiels sur les métaphores dans Beowulf abordés dans cet article :

  • Les métaphores dans Beowulf se repèrent aisément pour qui sait les chercher
  • Les métaphores sont des comparaisons établies entre deux réalités. Elles contribuent à conférer plus de profondeur à une œuvre littéraire et permettent au lecteur de percevoir davantage dans le récit et les personnages
  • Le langage figuré, tel que l’allitération et la métaphore, est très couramment employé dans ce poème
  • L’un des moyens d’utiliser les métaphores est le recours aux kenning. Les kenning sont des mots composés ou des expressions remplaçant le terme d’origine : « whale-road » pour désigner la mer
  • D’autres métaphores établissent des parallèles entre les personnages et les lieux et autre chose
  • Si de nombreuses métaphores parsèment le poème, cet article examine celles qui concernent Heorot, la salle du méad, Beowulf, le héros, et Grendel, le monstre
  • Heorot est la « wonder of the world », le centre du poème et son cœur et son âme au commencement
  • Beowulf est le « prince of goodness », présenté comme quasi divin dans ses capacités. Il est l’incarnation de tout ce qui est bon
  • Grendel est « the Lord’s outcast » et un « powerful demon »
  • Il s’agit également d’un affrontement entre le bien et le mal, mis en lumière par les métaphores !
  • C’est l’une des œuvres les plus importantes de la littérature du monde occidental

Beowulf regorge de métaphores, et celles-ci aident les lecteurs à mieux comprendre les personnages et leur dessein dans le récit. Sans les métaphores, nous ne verrions en Beowulf qu’un guerrier puissant, mais grâce à elles, nous pouvons le percevoir comme la représentation de Dieu et de la bonté. Même si les métaphores peuvent être délicates et parfois frustrantes, sans elles, la littérature et la vie seraient un peu moins colorées.

Créé : 16 février 2024

Modifié : 3 janvier 2025