Kymopoleia : La méconnue déesse marine de la mythologie grecque
Kymopoleia comptait parmi ces divinités rarement évoquées, voire totalement passées sous silence. Bien qu’elle ne soit guère célèbre ni souvent mentionnée dans la littérature grecque — à l’exception de la Théogonie d’Hésiode —, Kymopoleia, par ses pouvoirs et son lignage, s’est révélée un personnage essentiel dans d’autres œuvres littéraires.
Elle avait aidé d’autres personnages à surmonter leurs épreuves, contribuant ainsi au succès de leurs entreprises. Découvrez cette déesse marine puissante, pourtant si peu connue des anciens Grecs, et laissez-vous émerveiller par ses capacités.
Qui est Kymopoleia ?
Kymopoleia est la déesse des mers violentes et des tempêtes, d’où son surnom de déesse du temps orageux. Elle était à la fois nymphe et déesse, statuts hérités de ses parents — un dieu et une Néréide. Elle possédait le pouvoir divin d’apaiser les mers d’un simple commandement ou d’un murmure.
Les pouvoirs de Kymopoleia
Kymopoleia compte parmi les divinités maritimes les plus puissantes. Elle peut invoquer et maîtriser les tempêtes, les ouragans et les typhons. De ce fait, elle sait également manipuler l’air. Elle est insensible aux températures glaciales sous-marines. Grâce à sa force prodigieuse, elle parvint à mutiler l’un des géants les plus renommés de la mythologie grecque, Polybotès.
Elle aida Poséidon à capturer le géant Polybotès en lançant un disque qui le blessa, mettant fin à la poursuite. Toutefois, sa puissance ne saurait être comparée à celle des Olympiens, tels que Zeus ou son père Poséidon.
Une nymphe et une déesse
Certains considèrent Kymopoleia comme une divinité marine mineure, car elle n’apparaît pas dans les vastes et longs récits de la mythologie grecque, ni même dans son arbre généalogique. Néanmoins, la plupart des œuvres littéraires la désignent comme une halie, c’est-à-dire une nymphe marine. En tant que nymphe, elle possédait la beauté et l’éclat d’une jeune femme capable d’enchanter non seulement les mortels, mais aussi les demi-dieux et les dieux.
Parallèlement, elle est également reconnue comme l’une des déesses marines les plus puissantes en raison de son pouvoir de susciter et d’apaiser les tempêtes et les mers déchaînées. Elle tient ce pouvoir vraisemblablement de son père, un dieu, et de sa mère, une Néréide elle-même déesse de la mer, ce qui fait de Kymopoleia un être immortel.
La famille de Kymopoleia
Issue d’une lignée illustre, Kymopoleia est l’une des filles de Poséidon, dieu souverain des mers, et d’Amphitrite, reine de la mer et épouse de Poséidon. Ainsi, Gaïa et Ouranos étaient ses grands-parents paternels, tandis qu’Océan et Téthys l’étaient du côté maternel.
Comme l’autre dieu souverain, Zeus, son père se signalait par ses aventures avec des déesses et des nymphes ; Kymopoleia avait donc de nombreux demi-frères et demi-sœurs. Le plus célèbre était Persée — aujourd’hui appelé Percy Jackson à l’époque moderne —, Triton et Polyphème, entre autres.
Par ailleurs, elle partageait des aptitudes voisines de celles de Benthesicyne, sa sœur de même père et même mère, également appelée déesse des Vagues ou Dame des Houles Profondes. Kymopoleia et sa sœur Benthesicyne étaient des déesses maritimes puissantes, bien que demeurées inconnues dans l’ensemble du corpus mythologique. Elles n’en étaient pas moins reconnues comme des divinités marines investies d’une force considérable, encore que moins puissantes que leur père Poséidon.
Le mari de Kymopoleia était Briarée, un géant des tempêtes doté de cent bras et de cinquante têtes. Briarée (aussi appelé Égéeon parmi les mortels), fils primordial d’Ouranos et Hécatonchire, est son époux. Il est le plus éminent des trois Hécatonchires qui aidèrent les Olympiens à remporter la guerre contre les Titans. Il choisit de demeurer dans la mer, tandis que les deux autres géants furent chargés de garder les portes.
On raconte qu’elle l’épousa à contrecœur, n’éprouvant aucune affection pour cet homme à qui elle fut donnée contre sa volonté. C’est avec Briarée qu’elle eut sa fille Oiolyka, son unique enfant. Selon les sources, c’est précisément la fille de Kymopoleia, Oiolyka, qui possédait la ceinture que Héraclès devait rapporter lors de son neuvième travail.
Une fille peu aimée
Les écrivains et les amateurs de mythologie décrivent cette déesse marine comme une créature jeune et d’une grande beauté, qualité partagée par l’ensemble des nymphes. De fait, les artistes modernes la représentent comme une beauté haute de six mètres, à la peau blanche et lumineuse.
Ses cheveux sont réputés briller comme une méduse sous l’eau, et elle possédait une beauté éthérée aux traits délicats, vêtue d’une longue robe fluide verte. Une chose toutefois : elle ne sourit jamais. On dirait qu’elle porte en elle un fardeau qui l’empêche à tout jamais de sourire.
D’autres écrits dépeignent Kymopoleia comme un être imposant et maladroit. Il semble que partout où elle passe, la destruction suive bientôt. C’est peut-être la raison pour laquelle Poséidon, son père, ne la portait guère dans son cœur. Il la donna ainsi à Briarée, un Hécatonchire laid mais robuste.
Certains textes révèlent que Kymopoleia n’était pas la favorite de ses parents. En outre, ces derniers restreignaient l’usage de ses pouvoirs, accroissant encore son désarroi. Le fait d’être donnée par son père, Poséidon, à Briarée constitua une autre douleur qu’elle dut endurer.
Ce malheur la transforma en un personnage rebelle et vengeur, ce qui explique certains désordres. Elle devint ainsi une errante solitaire des mers, atteignant même les contrées abandonnées par la loi de son père. Ces épreuves auraient contribué à faire d’elle un sujet interdit dans les récits des Grecs, lesquels ne mettaient généralement en lumière que les visages et les corps embellis dans leurs histoires.
Kymopoleia dans la Théogonie d’Hésiode
Comme on l’a mentionné, le personnage sombre de Kymopoleia ne figure pas dans la longue tradition mythologique grecque. Cependant, Hésiode, poète grec, la mentionne dans ses 1 022 vers de poésie didactique, composés vers 700 av. J.-C. Il convient de rappeler que cette œuvre est aujourd’hui connue sous le nom de Théogonie.
La Théogonie d’Hésiode relate les relations, les complexités et les conflits entre les nombreux dieux et déesses grecs, leurs origines ainsi que leur condition.
Dans les 140 premiers vers de la Théogonie d’Hésiode, un certain personnage nommé Kymatolège, variante de Kymopoleia — signifiant aux pieds légers —, est décrit comme ayant apaisé les eaux ouvertes et fait taire le souffle des vents, aux côtés d’une autre nymphe marine nommée Kymodoké et d’Amphitrite, sa mère.
Le vers 817 de la Théogonie mentionne quant à lui brièvement comment Kymopoleia fut effectivement donnée en mariage à Briarée en guise de récompense.
Briarée était l’un des fils anciens d’Ouranos, les Hécatonchires (géants aux cent mains) qui habitent les mers. Avec leur aide, Zeus et les autres Olympiens remportèrent la bataille contre les Titans, connue sous le nom de Titanomachie. Celle-ci se déroula afin de déterminer qui régirait l’univers — les Olympiens ou les Titans. Ainsi, en récompense, Poséidon, frère de Zeus, offrit sa belle fille à Briarée, à son grand désespoir.
Kymopoleia et Percy Jackson
Une version moderne du personnage de Kymopoleia a été immortalisée dans le roman contemporain intitulé The Blood of Olympus de Rick Riordan.
Il est important de noter que Kymopoleia y est présentée comme une personne proche de son demi-frère Percy Jackson, ou Persée, l’un des fils de Poséidon. Ensemble, ils vécurent diverses aventures et accomplirent de nombreuses tâches mettant à contribution les capacités et les pouvoirs de Kymopoleia.
Contrairement à son personnage dans la littérature grecque antique, Kymopoleia dans cette série fut véritablement célébrée, ce qui donna lieu à de nombreuses œuvres de fanfiction écrites à son sujet.
Kymopoleia et la signification de son nom
Le nom de Kymopoleia et son équivalent romain Cymopolée dérivent de deux mots grecs, kyma et poleo, signifiant « celle qui dompte les vagues ». D’autres sources indiquent que son nom signifie « marcheuse des vagues ». La prononciation de Kymopoleia et Cymopolée est identique : kim-uh-po-ly-a.
Par ailleurs, elle est également connue sous le nom de Kymatolège ou Cymatolège en romain, qui signifie celle qui apaise les vagues.
Conclusion
Kymopoleia était l’une de ces déesses, un personnage presque inconnu, mais qui possédait une force et un pouvoir comparables à ceux des dieux les plus éminents. On se souvient d’elle particulièrement pour les raisons suivantes :
- Elle est la déesse des tempêtes violentes et des mers déchaînées, c’est-à-dire qu’elle pouvait aussi bien apaiser que déchaîner les flots.
- Elle est mariée à Briarée, l’un des êtres les plus puissants du récit ; grâce à son aide, les Olympiens défendirent leur règne sur l’univers.
- Elle n’apparaît que brièvement dans la Théogonie d’Hésiode.
- Elle n’aurait eu qu’une seule fille, Oiolyka, dont la ceinture fut rapportée par Héraclès.
- Dans la série Percy Jackson, elle est la sœur de Percy Jackson (Persée), qui l’appréciait beaucoup.
Malgré son ampleur et sa portée, la mythologie grecque a omis certains dieux et certaines déesses, dont la très existence apporte une saveur supplémentaire et une plus grande cohésion à la vaste légende. La prochaine fois que vous contemplerez la mer, qu’elle soit calme ou déchaînée, songez que cela pourrait bien être l’œuvre de la peu connue déesse Kymopoleia.

