Atlas

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Atlas : Titan de la Force et de l’Endurance

Atlas, Titan de la force, joua un rôle singulier dans la mythologie grecque, mais il existe une idée reçue tenace à propos de son histoire. On croit souvent qu’Atlas portait le poids du monde. En réalité, c’est le ciel qu’il soutenait sur ses épaules massives.

Dans l’art pré-Renaissance, le ciel était souvent représenté comme une « sphère céleste », un orbe colossal gravé des symboles des constellations. Cette représentation était souvent confondue avec un globe terrestre. Avec le temps, l’idée d’Atlas portant le monde devint la version la plus répandue de son image, bien qu’elle n’ait aucun rapport avec le mythe originel. Le roman du XXe siècle Atlas Shrugged perpétua également ce malentendu.

Statue d'Atlas portant le monde à Rome

Sur le plan psychologique, le mythologique Atlas prête son likeness à un état appelé « la personnalité Atlas » ou « le complexe d’Atlas ». Ces termes décrivent des personnes accablées par une responsabilité inhabituelle dès un âge précoce. Devenues adultes, ces individus peuvent se sentir poussés à assumer des fardeaux superflus, à prodiguer des soins et à veiller aux sentiments d’autrui, négligeant souvent leur propre bien-être.

Quand on pense à Atlas, on dépasse rarement les connexions artistiques et psychologiques. Cependant, l’histoire qui explique pourquoi Atlas portait son fardeau est l’une des plus importantes de la mythologie grecque.

Les origines d’Atlas : Sa naissance et sa vie familiale

Atlas était l’un des 12 Titans, une race de géants qui régissaient le monde avant les dieux olympiens. Son père était Japet, frère de Cronos, et sa mère était une nymphe océane, soit Clymène soit Asie, selon les sources. Il était le frère de Prométhée, Épiméthée et Ménœtios, qui jouèrent également des rôles importants dans le mythe grec. Il avait une sœur, Ankhihalé.

Bien que les épouses d’Atlas fussent rarement mentionnées, les noms de ses filles sont aisément reconnaissables. Avec Pléioné, il engendra ses filles les plus célèbres, les sept Pléiades, dont l’une fut la mère d’Hermès. Ils furent également les parents de la nymphe Calypso, qui figure en bonne place dans l’Odyssée d’Homère. Les Hyades et les Hespérides étaient également ses filles, nées d’autres unions.

Symboles et attributs d’Atlas

Le symbole le plus connu d’Atlas était la sphère céleste ; on dit aussi qu’il portait une lance. On peut se demander comment il pouvait manier une lance tout en maintenant le ciel en place. Certaines sources suggéraient qu’il avait quatre bras, ce qui lui permettait peut-être d’en disposer d’un lorsque nécessaire.

Les Grecs considéraient Atlas comme le plus puissant des Titans, même avant qu’il ne prît le poids du ciel sur ses épaules. En raison de sa tâche interminable, Atlas fut également associé à la douleur et à la souffrance, mais davantage encore à l’endurance. Dans certaines régions, on l’appelait Atlas Telamon, « l’Atlas endurant ». Ses traits d’impétuosité et de crédulité sont moins souvent considérés, mais ils pesèrent lourdement dans ses récits.

Outre son statut de symbole de force et d’endurance, le Titan grec Atlas était également associé à d’autres disciplines. Puisqu’il soutenait le ciel, il devint naturellement le Titan dieu de l’astronomie et des cieux. Il était également un expert en mathématiques et en philosophie.

Atlas donna son nom à plusieurs traits géographiques, notamment l’océan Atlantique, les monts Atlas dans le nord-ouest de l’Afrique et, selon Platon, la mystérieuse île de l’Atlantide. Il fut associé à la cartographie au XVIe siècle lorsque Gérard Mercator dédia son recueil de cartes au Titan. Dès lors, de tels ouvrages furent appelés des atlas.

Atlas dans la mythologie grecque : La Titanomachie et le châtiment d’Atlas

Statue d'Atlas portant le globe

La Titanomachie, ou Guerre des Titans, fut un moment charnière de la mythologie grecque. Cette bataille de dix ans marqua la fin du règne des Titans et l’avènement des dieux olympiens. Le conflit trouva ses racines dans les luttes de pouvoir familiales qui remontaient aux origines de la création.

Le premier dieu primordial fut Ouranos, qui engendra les douze premiers Titans et d’autres races. Cronos renversa son père et s’empara de son trône. Craignant que ses propres enfants ne lui fissent subir le même sort, il les dévora. Son fils Zeus échappa à ce destin et fut caché en Crète. Revenu à l’âge adulte, il trompa Cronos pour qu’il vomisse ses enfants, qui émergèrent pleinement grown.

Les lignes de bataille furent tirées. Certains Titans, tels que Prométhée, Épiméthée et Thémis, se rangèrent du côté de Zeus. En raison de sa force prodigieuse, Atlas mena les Titans au combat. Sa nature impétueuse fit de lui un adversaire redoutable, mais aussi un ennemi marquant de Zeus.

Les forces étant équilibrées, la bataille dura dix ans, et le monde souffrit. En fin de compte, Zeus se rendit au Tartare et libéra les Cyclopes et les Hécatonchires, enfants d’Ouranos. Les Cyclopes forgèrent des armes puissantes pour Zeus et ses frères, et les Hécatonchires aux cent bras lancèrent des montagnes et des rochers sur l’armée des Titans. Bientôt, les Olympiens assurèrent leur victoire.

En punition, Zeus emprisonna les Titans dans le Tartare, à quelques exceptions près. Ceux qui avaient combattu aux côtés des Olympiens furent épargnés. Pour avoir mené l’armée des Titans et outragé Zeus, Atlas reçut la tâche de soutenir le ciel sur ses épaules, l’empêchant de s’effondrer et d’écraser la terre et tous ses habitants.

On s’est demandé pourquoi Atlas accepta son châtiment, pourquoi il ne s’éloigna pas simplement et ne laissa pas le ciel s’effondrer. Certains avancent qu’il le fit pour empêcher le ciel d’écraser ses filles, ou plus noblement, l’humanité tout entière. Ou peut-être était-il simplement trop obstiné pour abandonner. D’autres suggèrent qu’en raison de sa nature crédule, il ne considéra tout simplement pas cette option.

Atlas et Héraclès : Le demi-dieu et le Titan crédule

Puisque la tâche d’Atlas exigeait qu’il restât en un lieu fixe, peu de mythes postérieurs à la Titanomachie le mirent en scène. Dans le plus célèbre de ces récits, il tenta de tromper Héraclès (Hercule) mais fut trompé en retour.

Lors de l’un des célèbres Douze Travaux d’Héraclès, le roi Eurysthée exigea qu’Hercule volât trois pommes d’or du jardin d’Héra à l’occident. Le jardin était gardé par les filles d’Atlas, les Hespérides, et le dragon cent-tête Ladon. Héraclès déduisit qu’Atlas aurait peut-être plus de facilité que lui à obtenir les pommes de ses propres filles.

Atlas fut disposé, mais il ne pouvait quitter son poste, sinon le ciel s’effondrerait sur la terre. Il convainquit Héraclès d’échanger temporairement leurs places ; Héraclès soutint le ciel pendant qu’Atlas allait chercher les pommes. La force d’Héraclès était presque aussi célèbre que celle d’Atlas, et il était le seul à pouvoir soulager le Titan de son fardeau. Certaines sources racontent qu’Athéna prêta assistance à Héraclès.

Atlas rapporta les pommes mais comprit fort bien qu’il serait peu enclin à reprendre sa place. Il dit à Héraclès qu’il apporterait lui-même les pommes au roi Eurysthée et laisserait Héraclès soutenir le ciel. Malicieusement, Héraclès accepta, demandant seulement qu’Atlas prît sa place un instant le temps qu’il pliât son manteau pour s’en faire un coussinet pour les épaules. Niaisément, Atlas accepta. Lorsque les épaules d’Atlas portèrent à nouveau le poids de la sphère céleste, Héraclès ramassa les pommes et s’enfuit.

Dans une version du récit, Héraclès fit preuve de clémence envers Atlas en créant deux immenses piliers pour le soulager de son châtiment. Héraclès libéra également le frère d’Atlas, Prométhée, d’une autre punition décrétée par Zeus. Il semblait qu’Héraclès avait pris l’habitude de libérer les prisonniers de son père.

Atlas et Persée : La fin d’Atlas

Le seul autre héros grec à rendre visite à Atlas fut Persée, et il mit un terme à l’histoire d’Atlas. Persée était le fils de Zeus, qui vainquit la gorgone Méduse et sauva Andromède du monstre marin Cétos.

Persée demanda l’hospitalité et un passage sûr à Atlas, alors qu’il traversait ses terres. Atlas, méfiant à l’idée d’être trompé une fois de plus, laissa éclater sa nature impétueuse. Il refusa rudement de l’accueillir, ce qui constituait une grave insulte. En représailles, Persée plongea la main dans sa sacoche et en tira la tête de Méduse, la montrant à Atlas et le pétrifiant. Ce mythe passait pour être à l’origine des monts Atlas dans l’actuel Maroc.

Certaines sources ajoutèrent à ce récit des éléments en contradiction avec la mythologie générale d’Atlas. Au lieu de son rôle de porteur du ciel, il est dépeint comme un berger par le poète Polyidos et comme un roi par Ovide.

Conclusion

Statue d'Atlas à New York

Bien que son histoire complète soit souvent méconnue ou mal comprise, l’image d’Atlas soutenant le ciel est l’une des plus reconnaissables de la mythologie grecque. Récapitulons ce que nous avons appris.

  • Atlas était le plus puissant des Titans de la mythologie grecque, mais peut-être aussi le plus crédule.
  • Zeus le condamna à porter à jamais le poids du ciel sur ses épaules.
  • L’art et la littérature post-classiques ont popularisé l’idée erronée qu’il porte le monde sur ses épaules plutôt que les cieux.
  • Il fut le patron de l’astronomie et de la cartographie.
  • Il fut trompé par Héraclès et pétrifié par Persée.
  • Il prêta son nom à un océan, une chaîne de montagnes, une île mythique et un recueil de cartes.

Les récits associés à Atlas nous rappellent que la grande force ne garantit pas la victoire, et qu’une mauvaise attitude cause souvent des ennuis. Cependant, Atlas sera à jamais admiré pour son endurance et sa persévérance dans une tâche que personne d’autre n’aurait pu accomplir.

Créé :2 avril 2002

Modifié :23 septembre 2024